Dieu n’habite pas La Havane, de Yasmina Khadra

dieu-nhabite-pas-la-havane-coverQuatrième de couverture

A l’heure où le régime castriste s’essouffle, « Don Fuego » chante toujours dans les cabarets de La Havane. Jadis, sa voix magnifique électrisait les foules. Aujourd’hui, les temps ont changé et le roi de la rumba doit céder la place. Livré à lui-même, il rencontre Mayensi, une jeune fille « rousse et belle comme une flamme », dont il tombe éperdument amoureux. Mais le mystère qui entoure cette beauté fascinante menace leur improbable idylle.

Chant dédié aux fabuleuses destinées contrariées par le sort, Dieu n’habite pas La Havane est aussi un voyage au pays de tous les paradoxes et de tous les rêves. Alliant la maîtrise et le souffle d’un Steinbeck contemporain, Yasmina Khadra mène une réflexion nostalgique sur la jeunesse perdue, sans cesse contrebalancée par la jubilation de chanter, de danser et de croire en des lendemains heureux.

Critique

J’ai été légèrement déçue par l’avant-dernier livre de l’auteur, La dernière nuit du Raïs, mais ma déception provenait plus du fait que je n’arrivais pas à aller au-delà de ma détestation du personnage – réel, puisqu’il s’agit de Mouammar Kadhafi – que de la faute de l’auteur et de l’histoire en eux-mêmes. J’attendais donc avec impatience son nouveau livre. (dont j’ai obtenu une dédicace à la Foire du Livre de Brive cette année grâce à une amie)

C’est un bon livre, vraiment, j’ai pris du plaisir à le lire, le style d’écriture de Yasmina Khadra me charme toujours autant. La première partie du livre (et vous vous doutez que j’aurais donc des critiques à faire sur la deuxième, aha) est vraiment très bonne, j’ai été happée tout de suite, le personnage de « Don Fuego » m’amusant et me touchant à la fois avec ses déboires. (viré du Buena Vista où il subsistait encore en donnant des concerts) L’univers de Cuba, de sa bonne humeur contrebalancée par toute sa misère et la corruption ambiante, m’a complètement ravie. La famille du personnage principale m’a aussi pas mal transportée, contrairement à Mayensi qui n’aura fait qu’attirer mes soupçons et pour laquelle j’ai légèrement manqué d’empathie, malgré sa non-confiance envers les hommes (où est passée ma fibre féministe ?). Et c’est bien cela qui est terrible, de voir « Don Fuego » s’accrocher à leur amour qui pourrait sembler impossible. Nous aussi, on a envie d’y croire et on sait, on se doute que ce ne sera pas aussi facile que ça en a l’air.

Et c’est bien évidemment à cause de la première partie que la deuxième m’a apportée des regrets. Il y avait du potentiel à développer certains personnages plus jeunes, comme les enfants de « Don Fuego », et le dénouement de leur situation n’est pas passée à la trappe, certes, mais qu’en était-il de leur développement ? Je pense que l’auteur aurait eu à gagner à le faire plutôt que de simplement les survoler. J’ai tout de même apprécié celui de Panchito, un vieillard génie de la trompette, probablement mon personnage préféré de ce roman. Mais quelques centaines de pages en plus n’auraient pas été de refus. (le livre contenant à peine 300 pages !) Sans compter que l’histoire d’amour ne m’aura pas autant plu que prévu.

Cependant, j’ai quand même un autre bon point à souligner car c’était quelque chose que je craignais avant d’entamer ce livre : que celui-ci nous dépeigne La Havane de façon carte postale. Et ça n’a pas été le cas. L’auteur a vraiment assuré sur ce point, ne s’attardant pas non plus sur la corruption tant décriée de ce pays. Celle-ci est présente, mais est loin d’en être le sujet principal. J’ai apprécié qu’il ne tombe pas dans l’exagération d’un côté comme de l’autre.

C’était donc un bon livre, mais malheureusement, je trouve que certains thèmes qui ont été plus ou moins abordés grâce aux personnages les plus jeunes (leur désœuvrement par exemple) ont vraiment manqué de profondeur. De plus, des questions restent toujours sans réponse concernant Mayensi, à moins qu’on ne doit deviner nous-mêmes ? Il manque malheureusement un petit quelque chose à ce roman qui l’empêche ainsi d’être un très bon livre.

7/10

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