Profanes, de Jeanne Benameur

profanes-cover.jpgQuatrième de couverture

Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.

Critique

Après avoir lu cette critique d’un livre de cette auteure, je me suis souvenue que j’avais Profanes dans ma PAL depuis un peu moins d’un an et que ça commençait sérieusement à bien faire de laisser traîner des bouquins aussi longtemps sans les lire. J’avais eu l’intuition (fortuite) de le prendre lors d’une visite dans un Emmaüs et je ne regrette pas, bien que ce ne soit pas un coup de coeur non plus.

Si vous avez bien lu le résumé, vous savez qu’Octave Lassalle est un ancien chirurgien, proche de la fin de sa vie, bien qu’il soit encore assez en forme. Celui-ci embauche néanmoins quatre personnes, trois femmes et un homme et il fracture la journée en quatre moments où chacune de ces personnes vient s’occuper de lui dans sa maison à tour de rôle. Maison qui est un véritable pied-à-terre pour eux – ils ont chacun leur chambre.

Cette situation va créer des liens entre eux, bien qu’ils ne soient pas forcément visibles à l’œil nu, et bien évidemment, avec le vieil homme. Celui-ci a une histoire bien à lui et il cherche quelque chose à travers les relations qu’il tisse tout doucement avec ses quatre « accompagnateurs ». Il a besoin de guérir de quelque chose et il compte aussi sur la demande un peu excentrique à la seule peintre de la bande pour l’y aider. Mais bien sûr, elle n’est pas la seule à lui être utile. D’ailleurs, ces quatre personnes, toutes singulières et ayant leur histoire propre, ne sont pas les seuls à aider Octave Lassalle : ce dernier les aide aussi, peut-être même sans le savoir. Chacun d’entre eux a une partie du passé assez lourde, pour des raisons différentes et donc, des blessures différentes. Eux aussi ont besoin de passer au-dessus de certains éléments de ce même passé, et leur présence dans cette maison, avec une ambiance assez sereine, les soutient en partie.

Ce livre nous démontre juste à quel point des liens peuvent être tissés assez facilement quand les conditions sont réunies, la force des relations humaines, leur simplicité, de ce qu’elles peuvent apporter à chacun. Le livre s’appelle Profanes car l’ancien docteur se pose aussi la question de la foi. A partir de la comparaison avec un autre personnage du roman, il se demande bien ce qui l’anime et on entrevoit depuis le début ce qu’il en est et d’ailleurs, au milieu du roman, on a droit à ce magnifique passage :

Les quatre l’ont secoué, lui ont donné la force qu’aucune foi en un dieu, fût-il d’amour, ne lui a jamais donnée. Lui, sa foi, elle est dans les êtres humains, c’est tout.

C’est étrange de voir à quel point ce passage du livre le résume très bien. On pourrait croire qu’Octave Lassalle est le personnage principal et effectivement, beaucoup de choses le concernent et les principaux évènements gravitent autour de lui, mais les quatre autres personnages, leur histoire et leurs émotions sont aussi parfaitement représentées. C’est d’ailleurs souvent effleuré, l’auteure ne force pas les traits, ce dont je lui suis reconnaissante. On reste un peu en surface pour certains personnages, et ce n’est pas plus mal car ce sont aussi ceux à qui je me suis le plus souvent attachée, bien qu’on ressente de l’empathie pour tous.

L’écriture est empreinte d’un certain lyrisme, qui a eu le défaut durant ma lecture de soit me combler, soit m’agacer, ce qui est bien dommage car ce livre a pourtant été une bonne lecture mais il a manqué un cran pour que je le considère comme un très bon livre. Par contre, l’émotion a quand même été au rendez-vous et j’y ai aussi trouvé une certaine justesse qui a rendu ma lecture très agréable. Une certaine paix se dégage de cette fameuse maison, de ce jardin, ce n’est pas le genre d’histoires où l’action ne fait que s’enchaîner. On est dans la contemplation pure des sentiments et de l’évolution des personnages.

Si j’ai encore un jour l’occasion, je lirai sans problème un deuxième livre de Jeanne Benameur, celui-ci était apaisant et je suis quand même curieuse de voir ce qu’elle a fait avec ses autres livres. (mais ce ne sera pas ma priorité)

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2 réflexions sur “Profanes, de Jeanne Benameur

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