Les souffrances invisibles, de Karen Messing

les-souffrances-invisbles-cover-1Quatrième de couverture

Karen Messing a consacré sa vie à la santé des travailleurs et des travailleuses et à « l’invisible qui fait mal ». À travers le récit de son parcours professionnel, d’abord de généticienne puis d’ergonome, l’auteure démontre comment certains environnements de travail rendent les gens malades, en particulier les femmes. Des ouvriers d’usine exposés à des poussières radioactives aux préposées au nettoyage, en passant par les caissières, les serveuses ou les enseignantes, elle s’est employée à porter leur voix dans les cercles scientifiques.

L’écart entre la réalité des scientifiques et celle des travailleurs et travailleuses de statut social inférieur est d’ailleurs à l’origine de graves problèmes de santé qui sont généralement ignorés, soutient l’auteure. Pour combler ce « fossé empathique » qui empêche les scientifiques d’orienter correctement leurs recherches, il est primordial d’écouter attentivement les travailleurs et travailleuses parler de leurs difficultés et de tenir compte de leur expertise. Karen Messing plaide également en faveur d’une pratique scientifique davantage interdisciplinaire.

Lier l’intime au politique, voilà le vaste défi auquel nous invite Karen Messing dans cet essai très personnel qui devrait interpeller autant les employeurs et les scientifiques que les syndicats et le grand public.

Critique

Comme d’habitude, j’ai vu ce livre dans une librairie et je me suis dit « Oh, ça a l’air intéressant ! » et j’ai laissé tomber tous les achats que j’avais donc prévu. Et effectivement, ça l’était. Karen Messing est une ergonome, dont le métier est de faire de la prévention contre les accidents au travail et d’améliorer les conditions dans lesquelles les employés travaillent. Vous l’avez deviné, ce n’était pas facile. (et ça l’est même encore moins aujourd’hui, ce qui est carrément flippant, les syndicats patronaux sont au taquet)

Avant tout, remettons les choses dans leur contexte : Karen Messing est canadienne. Elle a principalement bossé au Canada et parle donc majoritairement de son expérience et de la situation dans ce pays, et ce n’est pas sa toute petite expérience avec la SNCF qui contrebalance vraiment les faits ou prouve quoi que ce soit quant à la situation en France. Avant qu’on ne me rétorque que le Canada est un pays bien plus libéral que la France et qu’on ne peut pas comparer, il serait naïf de croire que la situation est idyllique en France : on a bien dû rencontrer le même type de difficultés. (on vit dans le même monde capitaliste après tout) Mais gardez quand même bien à l’esprit qu’elle parle du Canada.

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