Foire du Livre de Brive 2017 : récit et bilan

Ce fut intense mais génial ! J’ai pu y aller seulement en toute fin d’aprem vendredi, et puis samedi. Durant tout ce temps, j’ai pu rencontrer les auteurs que je voulais (j’en avais déjà parlé ici) et même être présente pour deux rencontres. Par contre, je vais tout vous raconter. (même les trucs qui m’ont énervée)

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Mon principal problème était tout d’abord de surmonter ma timidité et mon gros manque d’aisance sociale quand je suis angoissée eeeeeet… je n’ai pas réussi dès la première autrice. Ce fut Alice Zeniter (qui est gentille, là n’est pas le problème) mais il a fallu que je passe encore mon temps à m’excuser (de quoi ? Personne ne le sait) et que je vive aussi un moment de solitude qui a dû, là encore, me faire passer pour la fille bizarre de la journée. (je n’en dirai pas plus, inutile de demander)

Après cette déconvenue qui m’aura pris la tête parce que je suis une angoissée qui réfléchit trop, Gilles Marchand m’aura quand même bien remonté le moral. C’est un homme vraiment très sympa ! Bon, comme d’habitude, je dis des choses qu’il ne faut pas (« On vous a comparé à Pérec, Gary et Vian, vous avez la pression, là ») mais il ne l’a pas pris mal (et ce n’était pas méchant de ma part, mais je peux être maladroite…), on a un peu discuté par rapport à ça, voilà, vraiment agréable. J’ai hâte de lire son livre qui m’a l’air d’avoir un style assez particulier et un sujet pas facile à traiter.

Je n’ai pas tout fait ce vendredi soir parce que j’avais eu une journée bien chargée et j’avais faim, je suis donc revenue le lendemain. Il y avait une queue monstre dès 9h du matin ! J’ai eu très peur de louper la rencontre entre Eric Vuillard et Laurent Gaudé qui commençait à 10h, sachant que je devais arriver en avance pour avoir une place…

Mais je suis finalement arrivée à temps ! Et alors que j’aurais dû juste être en admiration totale envers Gaudé (c’est pour lui que j’étais là à la base), ce que disait Eric Vuillard était vraiment très intéressant ! Tout ce qu’il disait sur l’histoire, sa place dans le roman, comment il choisissait tel thème historique et pas un autre… Vraiment, je l’ai trouvé fascinant et capable d’un certain humour, nul doute que je lirai un de ses livres un jour.

Mais il était clair que ça n’allait pas être ce samedi, car la queue à son stand pour les dédicaces était très longue, et celle à côté de sa place était pas mal non plus car il s’agissait de… Laurent Gaudé ! L’animateur de la première rencontre (qui n’était autre que Julien Bisson, membre de la rédaction en chef d’America) avait dit dans le brouhaha de la sortie à la fin qu’ils allaient faire une séance de dédicaces juste après, alors je me suis naturellement précipitée vers le stand d’Actes Sud. (et je n’étais pas la seule)

L’attente pour la dédicace fut assez longue. (entre trois quarts d’heure et une heure) De plus, les gens qui voulaient s’incruster dans la file l’air de rien pour doubler étaient légion, et si un couple a effectivement réussi à gruger tout le monde, ils se sont fait applaudir en sortant avec des exclamations ironiques. Ça s’appelle se faire taper l’affiche… (mais c’était mérité, ils ont doublé une femme en fauteuil roulant, aucun respect)

Je suis enfin arrivée devant Laurent Gaudé et je dois vous avouer que je ne croyais pas à ma chance. Une grosse vague d’angoisse m’est tombée dessus une fois avec lui et ma main tremblait quand je lui ai tendu le livre (je somatise beaucoup si vous trouvez ça curieux), ce qui m’a submergée de honte. Mais il a été absolument adorable ! Je ne lui ai pas fait particulièrement de compliments, mais ce que je lui ai dit en était indirectement un : « Voilà, je déteste la poésie (de but en blanc) et si je vous prends ce recueil de poèmes, c’est parce que j’ai l’espoir de changer d’avis avec vous. Je connais bien ce que vous faîtes, alors j’ai un peu plus confiance ». (grosso modo, c’était peut-être pas dit aussi bien) Ça lui a fait très plaisir, et il a même ajouté de ne pas forcément me fier au premier poème car il ne savait pas si ça me plairait du coup. (j’ai dû aussi passer pour une bille qui n’y connaît rien) Bref, il a été super sympa, même si j’ai senti le petit désaccord dans son regard quand j’ai évoqué le fait que ma détestation de la poésie provenait de mes lectures scolaires. (il faut que j’apprenne à me taire aussi) J’ai aussi fait signer un livre pour ma sœur car « c’est elle qui m’a offert un livre de vous pour la première fois, et elle va me tuer si elle sait que je vous ai vu sans rien lui prendre », ce qui l’a fait rire.

Je suis retournée chez moi pour manger après avoir fait une autre dédicace pour ma sœur et je suis revenue à 13h30 en pensant que tout le monde serait en train de manger, qu’il y aurait moins de gens… La queue était encore plus longue que le matin. J’ai eu une nouvelle fois un peu peur de ne pas arriver à temps pour faire la queue à une nouvelle rencontre (entre Gaudé et Alice Zeniter) mais finalement, tout allait bien car… ce n’est pas là que ça a cafouillé.

Le culot et l’impolitesse ont encore de grands jours devant eux. En nous alignant, quelqu’un nous a compté, j’étais la 40ème pour 180 places… J’étais donc large pour avoir une place ! C’était sans compter les personnes qui nous ont doublé l’air de rien (et on ne pouvait rien faire, ils faisaient semblant d’aller à un stand…) et je n’ai failli pas pu rentrer dans la salle. Je vous laisse compter, une centaine de personnes ont réussi à nous doubler… Big-up à la vieille peau qui m’a dit qu’elle ne comptait pas se laisser doubler par moi (j’étais venue du mauvais côté à la base) et qu’elle allait devoir faire la police… Franchement super efficace ! Donc, des gens qui n’ont même pas attendu 10 minutes sont passés sans problème, alors que ça faisait 40 minutes que je faisais la queue… Pour vous dire à quel point c’est passé à un cheveu, j’étais l’avant-dernière à entrer… Il y a eu un gros bazar quand les vigiles n’ont pas laissé passer les autres, ils ont crié au scandale et j’avoue qu’avant de pouvoir rentrer, j’ai gueulé qu’il y avait « des connards qui nous ont doublés » (et vu comment je suis discrète en temps normal, c’est vous dire la colère qui m’habitait). J’avoue que j’ai passé le premier quart d’heure de la rencontre à écouter, certes, mais aussi à fusiller du regard une fille qui était passée devant tout le monde cette fois-ci, mais aussi à la séance de dédicaces de Laurent Gaudé. (elle faisait trop la fière pour que je l’ignore complètement)

Bref, les guéguerres habituelles de ce genre d’évènements quand l’organisation est naze. (un système de tickets, était-ce trop compliqué ?) En-dehors de ça, la rencontre était passionnante, et j’ai ressenti ce que j’avais déjà remarqué dans ses livres : Laurent Gaudé possède une humanité certaine et une grande empathie. Il a plus discuté que durant la rencontre précédente, mais Alice Zeniter n’était pas en reste. Elle parlait comme n’importe quel jeune, ce qui m’a fait sourire car ce n’est pas tous les jours qu’on entend une écrivaine (ou même un écrivain) parler ainsi. Elle nous a parlé de ses origines, et qu’elle n’avait finalement pas attendu que l’histoire de sa famille (qui sont des Harkis, terme à jeter à la poubelle si vous voulez mon avis…) lui tombe tout cru dans le bec comme elle dit, et elle a voyagé en Kabylie pour tenter de mieux comprendre… C’était très touchant et j’ai eu de la peine pour elle qu’elle n’ait pas eu le Goncourt, bien que je n’ai pas encore lu son livre. (mais récemment, elle a eu le prix Goncourt des lycéens, c’est super cool pour elle)

Par la suite, j’ai attendu à nouveau pour une dédicace pour ma soeur et je me suis rendue au stand de Véronique Olmi, qui était aussi vraiment très gentille. Quand je lui ai dit qu’on me conseillait vivement de lire son livre, elle m’a dit de prendre mon temps pour le faire, qu’il ne fallait pas se mettre la pression. Franchement top !

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Et ce fut tout ! Il y a quand même quelque chose qui m’a interpellée : je n’ai attendu ni pour Alice Zeniter, ni pour Gilles Marchand, ni pour Véronique Olmi. Ça me pose question sur le nombre de gens présents qui s’intéressent à la littérature de près…Pareil pour l’âge des visiteurs : la grande majorité était des personnes âgées… Quel est l’avenir de ce type d’évènements ?

Bref, vous avez compris que si vous voulez voir un auteur ou une autrice non populaire, vous pouvez venir à Brive, il n’est pas très difficile d’obtenir une dédicace. (par contre, si c’est pour Agnès Ledig ou Amélie Nothomb, laissez tomber, il y a sûrement plus proche de chez vous)

Bref, ce fut très plaisant, en-dehors de mon énervement envers les grugeurs et autres gens impolis. J’espère pouvoir être plus à l’aise avec les auteurs dorénavant et par contre, je suis désolée, mais je n’ai pas suivi votre conseil… Je ne leur ai pas parlé de mon blog ! Je pense que ça n’aurait fait que me gêner, donc dans un sens, ce n’est pas plus mal… Je n’ai même pas osé dire à Alice Zeniter et Gilles Marchand que c’était mon anniversaire le jour où je suis venue les voir, ça aurait pourtant pu les inspirer plus pour la dédicace, mais je n’ai pas osé… Encore mon affirmation de soi à travailler !

Cette édition 2017 de la Foire restera un très grand souvenir car j’ai rencontré un de mes auteurs préférés et ça a eu le mérite de remonter mon moral qui était en berne.

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10 réflexions sur “Foire du Livre de Brive 2017 : récit et bilan

  1. C’est super que tu ai pu rencontrer Laurent Gaudé ! Malgré l’attitude de certain tu as pu bien profiter de ce salon. Je partage la même observation que toi au sujet de l’age des participants à ce genre d’événements. Je vais régulièrement à des rencontres avec des auteurs dans ma ville et je suis souvent la plus jeune, ça me surprend à chaque fois. Dommage que Brive soit si loin de chez moi car ce salon à l’air intéressant, surtout si il a pas grand monde devant certains auteurs !

    Aimé par 1 personne

    • Oui, je suis trop contente ! (même si j’ai l’impression que ça ne s’est pas vraiment passé, aha)
      Ah, je commençais à croire que ce n’était qu’à Brive, aha. Peut-être que c’est plus hétérogène au salon de Paris…
      Dommage, oui, mais il y a l’air d’y avoir des évènements intéressants près de chez toi aussi 😉

      J'aime

      • Au salon à Paris oui c’était très hétérogène. Mais quand un auteur vient faire un rencontre ou une dédicace chez moi à Dijon la moyenne d’age est assez élevé… hihi
        Je te comprend pour Laurent Gaudé, j’ai eu du mal à réaliser. C’est tellement bien d’aimer un auteur et de découvrir que c’est un homme abordable et chaleureux.

        Aimé par 1 personne

  2. Ohh merci pour ce compte-rendu 😀 J’aurais probablement été tout aussi énervée que toi devant les gens qui n’ont aucun respect -___- » Mais Laurent Gaudé a eu l’air adorable ! Trop contente pour toi que tu aies pu le rencontrer 😀 😀 😀

    Aimé par 1 personne

  3. Chapeau d’avoir tenu, me connaissant je me serais emportée au bout d’un moment et j’aurais poussé une braillante xD Déjà qu’à Limoges, vu le monde qu’il y a au salon du livre, je me sens oppressée comme pas possible et que ça m’angoisse, mais en plus si c’est pour avoir des gens irrespectueux c’est pas la peine…
    Mais bon le plus important c’est que tu ais pu rencontrer des auteurs que tu aimes et que tu ais échangé un bon moment avec eux. c:

    Aimé par 1 personne

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