America, la revue qui me fait découvrir l’Amérique !

america-revue-picJe pense que vous en avez tous entendu parler, la revue America a été créé conjointement par Le 1, journal hebdomadaire qui traite d’une question d’actualité en particulier chaque semaine, et François Busnel, présentateur de l’émission littéraire La Grande Librairie sur France 5.

Ce magazine trimestriel a pour but de traiter le premier mandat (et espérons-le, le dernier) de Donald Trump aux États-Unis. Seize numéros ont en effet été prévus, couvrant effectivement les quatre années de sa présidence. Au sein de cette revue, différents sujets sont abordés pour nous aider à comprendre comment l’Amérique en est arrivé là.

Tout d’abord, il faut savoir une chose : ce magazine a une portée très littéraire qui risque peut-être d’en rebuter plus d’un… ou d’en séduire d’autres ! J’aurais tendance à penser que des petits curieux lisant America voudront peut-être suivre les suggestions de livres (mais pas que), que des auteurs leur donneront envie, alors même qu’ils n’ont pas du tout l’habitude de lire… L’espoir fait vivre.

20171031_144524Mais bien évidemment, ce magazine ne se réduit pas à ça ! Si de nombreux auteurs contribuent à étoffer la revue, on y trouve aussi des sujets sociaux : le nombre d’armes circulant dans le pays, l’immigration, la révolte des blancs pauvres… Et dans le dernier numéro (le trois à l’heure actuelle), nous avons eu droit à un dossier brillant sur le FBI, son histoire, son évolution, et les rapports passés, actuels et potentiels avec un certain Donald Trump… Nous pouvons aussi trouver de très belles photos sur une situation donnée, qui sont très émouvantes et qui n’illustrent pas forcément les paysages de cartes postales, ce qui n’enlève rien à leur beauté.

20171031_144144Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est la participation assez nombreuse d’auteurs ! Tout d’abord, on commence par une grande interview d’un.e écrivain.e majeur.e : Toni Morrisson nous a fait l’honneur d’être la vedette du premier numéro, avant d’être suivie par Don DeLillo et James Ellroy. De sacrés personnages, si vous voulez mon avis… On a très envie de lire les trois, qu’on soit d’accord avec eux politiquement ou non (coucou James Ellroy !), et c’est peut-être ça la magie de l’écrivain…

20171031_144557Nous avons aussi des textes fictifs écrits par d’autres auteurs (je cite Chimamanda Ngozi Adichie et Laurent Gaudé, qui ont fait mon bonheur lors du deuxième numéro), toujours très pertinents, en rapport avec la présidence ou sur un pan du passé des Etats-Unis entre autres. Nous avons aussi droit à une partie du territoire de l’Amérique, avec des auteurs contemporains qui ont voyagé (ou habitent !) en Amérique dans différents recoins du pays. J’en ai apprécié la diversité, le voyage de Joël Dicker à Yellowstone était vraiment intéressant. Douglas Kennedy nous a fait aussi l’honneur par deux fois de partager sa culture cinématographique, qui m’a rappelé au combien j’étais une trèèès grosse inculte dans le domaine en général. (je ne suis pas une cinéphile, peut-être à tort)

20171031_144452Vers la fin de la revue, nous avons aussi un focus sur un grand auteur américain classique, avec un extrait d’un de ses livres. Et c’est comme ça que j’ai croisé ce beau gosse de Jack London sur lequel j’ai des vues depuis déjà un moment, en souvenir de Croc-Blanc. (l’extrait de Martin Eden était bien appréciable) Ça manque de femmes pour le moment par contre (pas forcément dans cette rubrique, je comprends que ça soit compliqué de sortir une autrice que personne ne connaît, mais c’est aussi à eux de nous faire découvrir des trucs, faut pas se reposer sur ses lauriers !), mais je ne leur en tiens pas rigueur pour le moment car ça ne fait que trois numéros, on va juste dire que ça sert d’avertissement.

20171031_144354A titre personnel, America me fait découvrir beaucoup de choses. Il faut dire que j’avais un certain désintérêt pour ce pays jusqu’à maintenant : à part les faits d’actualité (ce qui est déjà pas mal, dans un sens) et lire ce qui me tombait sous la main, je ne cherchais pas forcément à en savoir plus. Si mon apprentissage de japonais m’a finalement conduit à lorgner du côté de la littérature japonaise, je ne lisais finalement que quelques romans américains parce qu’on m’a dit qu’il fallait absolument les lire… Comme beaucoup de livres, me direz-vous, mais si je m’intéressais à la littérature de tel pays après avoir lu tel auteur, les Etats-Unis me laissaient globalement de marbre. Un fait que cette revue est en train de changer.

Je pense que vous l’avez déjà observé avec les photos que je vous ai mis dans l’article, mais au niveau de l’apparence, on est sur quelque chose d’à la fois épuré, minimaliste et coloré. J’adhère totalement à leur choix.

Par contre, ça demande un certain investissement : 19€ la revue. Mais c’est trimestriel, et vu la qualité, c’est compréhensible.

D’ailleurs, pourquoi cette revue demande tant leur avis aux écrivains ? Pourquoi la littérature y a une place aussi grande ? N’aurait-il pas été plus simple (et plus crédible) de demander à des « experts » ? (comprenez tout sauf un écrivain) Peut-être parce que 20171031_144302justement, ils ont peut-être cerné de manière bien plus efficace et lucide la société américaine. Qu’ils ont même parfois anticipé des évènements… En gros, il fallait les lire un peu mieux que ça plutôt que de tout prendre par-dessus la jambe en mode « on s’en fout, c’est juste du divertissement ». On ne peut pas vraiment se plaindre… Parce que dans le fond, « ils vous l’avaient bien dit ».

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19 réflexions sur “America, la revue qui me fait découvrir l’Amérique !

  1. Je pense que les écrivains sont considérés comme des intellectuels dont l’avis compte.
    Ça me rappelle l’arrivée de Bush, beaucoup d’auteurs s’étaient prêtés au jeu de l’avertissement en écrivain des nouvelles d’anticipation. Ça n’a pas empêché un second mandat… mais qu’est-ce qui pourrait faire évoluer les électeurs – aux USA comme ici ? Peut-être pas des propos qui ne s’adressent qu’à des convaincus déjà…
    Merci en tout cas car je ne savais pas que cette revue avait été créée pour couvrir le mandat Donald Trump !

    Ps : j’aimerais tellement que tu ailles voir Detroit ! Et sinon on peut te mettre au défi de 1 film culte par mois ???

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    • Très franchement, ça dépend par qui :/
      Disons qu’avec la baisse flagrante de la lecture dans les activités des jeunes, je ne sais pas si c’est encore un bon moyen de dénonciation…

      PS : Detroit ? J’imagine que tu y es déjà allée ? Héhé, pourquoi pas, envoie-moi ta liste 😀

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  2. ça fait un petit moment que je vois cette revue et que je la feuillette rapidement mais je n’ai jamais sauté le pas de l’acheter pour vraiment prendre le temps de le lire (je sais pas pourquoi, le format revue me fait peur…). Du coup je n’avais pas vraiment poussé ma curiosité pour savoir de quoi il en était exactement et ce que tu en dis me donne bien plus envie !
    Je n’aime pas spécialement les Etats Unis non plus mais j’apprécie sa littérature et j’aimerais mieux connaitre son système politique. Et si’il y a en plus toute cette part belle laissée aux écrivain.e.s (je valide ton dernier paragraphe, très juste !) et à la culture en générale ça m’intéresse beaucoup pour le coup.

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    • Tu peux en tenter un, je pense, et après, tu vois si ça vaut le coup d’investir. (je les ai pas tous acheté d’un coup, je voulais d’abord essayer)
      Ah ben dans ce cas-là, ça risque effectivement de t’intéresser ! Et je veux bien un retour 😉

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  3. Je n’ai découvert cette revue qu’en janvier, mais quelle découverte !!! J’ai d’ailleurs hâte que le prochain sorte, d’ici quelques jours… Mais c’est quand même une sacrée claque. Bénéfique. ‘Va bien falloir que je rattrape les trois premiers ! 🙂

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  4. Mince, je viens de découvrir cet article! Je ne savais pas que tu avais aussi écrit sur America, je ne connaissais pas encore ton blog à l’époque… Je viens de lire le numéro 2 et j’ai beaucoup aimé l’extrait de « Martin Eden »! Je ne sais pas pourquoi j’avais l’impression que ce ne serait pas mon genre de livre, alors qu’en fait si, totalement!

    Et je suis comme toi, j’ai une très mauvaise culture cinématographique, surtout au niveau des classiques, alors j’aime bien les découvrir sous la plume de Douglas Kennedy. Les articles sur les séries sont très chouettes aussi pour ça je trouve.

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    • Oh, t’inquiètes, ça fait un moment, seulement trois de sortis à l’époque où je l’ai écrit. « Martin Eden », on m’en parlait tellement que cet extrait m’a permis de me faire une idée plus précise. Dans tous les cas, c’est bien utile !

      Bon, je vois que je ne suis pas la seule, aha. Oui, surtout que les films qu’il présente explore de façon travaillée des aspects des Etats-Unis pas toujours très glorieux pour le récit américain.

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