Bilan lectures #14 (février 2018)

J’avais dit que ce mois ne serait pas très glorieux non plus. Le mois prochain le sera encore moins…

tortues-à-l'infini-coverTortues à l’infini (John Green)

Je vais mettre les pieds dans le plat dès maintenant : John Green n’a pas su susciter l’engouement chez moi qu’il a provoqué chez beaucoup d’entre vous. Je regarde son succès à distance, ayant aimé Nos étoiles contraires sans comprendre pourquoi ce livre a une telle notoriété. Ce fut la même chose avec Tortues à l’infini : comme d’habitude, je trouve l’auteur assez juste dans sa façon de dépeindre certains aspects de l’adolescence. Quant à la maladie mentale dont il est question avec Aza, le personnage principal, il ne m’a pas semblé sonner faux non plus. (à voir avec des concernés) J’ai aussi beaucoup apprécié la fin, l’auteur a su ne pas se casser la gueule, c’était réaliste et très touchant. Je pense que si le roman ne m’a pas plus touché que ça, c’est parce que je suis à un âge où je cherche autre chose : en prenant du recul, je sais qu’il m’aurait énormément plu si je l’avais lu étant adolescente. Toutefois, ne croyez pas que je l’ai trouvé moyen, c’est un bon roman jeunesse ! Il valait quand même le coup et je l’ai en plus lu à un moment où j’en avais besoin, donc je suis assez reconnaissante envers cette lecture.

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C’est moi qui éteins les lumières (Zoyâ Pirzâd) Lire la chronique

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C’est moi qui éteins les lumières, de Zoyâ Pirzâd

c'est-moi-qui-éteins-les-lumières-coverQuatrième de couverture

Dans un quartier préservé d’Abadan, Clarisse, l’épouse et mère de famille à travers qui l’histoire se déploie, est une femme d’une profonde humanité, intelligente, d’une simplicité de coeur qui nous la rend spontanément attachante. Par ses yeux, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d’échecs et de politique, les deux filles, adorables et malicieuses jumelles, Armène, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence, et la vieille mère enfin qui règne sur la mémoire familiale. Pourtant la très modeste Clarisse, cuisinière éprouvée qui se dévoue sans compter pour les siens, va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien, au romanesque d’autant plus désarmant qu’il se montre on ne peut plus retenu. De nouveaux voisins se manifestent en effet, une famille arménienne débarquée de Téhéran qui va très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible. Tout l’art de Zoyâ Pirzâd est de brosser à petites touches impressionnistes d’une grande justesse visuelle le portrait d’une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes. Et de restituer la réalité de la vie des Arméniens d’Iran pris dans l’ambiance plus vaste d’un pays d’accueil, cette Perse à la fois moderne et antique dont ce beau et fort roman dévoile pour nous la complexité culturelle et sociale.

Critique

Il était temps ! J’ai reçu ce livre dans une box Exploratology que j’ai reçu il y a presque un an et j’ai mis mon temps pour le lire, mais c’est enfin fait !

Je vais peut-être être moins emballée que la quatrième de couverture qui, je trouve, exagère un peu. Certaines qualités qu’elle prête au livre me semblent plus subtiles qu’elle le prétend et vous risqueriez donc d’être déçus. La complexité culturelle et sociale de l’Iran ? Oui, d’accord, mais en partie seulement. On l’effleure, on la fréquente un peu et puis s’en va, et ça s’arrête là. Ce n’est pas une critique car cela apporte quelque chose de délicat et habile dans ce récit.

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L’Art de perdre, d’Alice Zeniter

l'art-de-perdre-coverQuatrième de couverture

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Critique

Un jour, j’ai parlé à un non-lecteur (grosse erreur) de l’achat de ce livre, par quoi on m’a répliqué de façon méprisante que ce roman allait me plaire vu qu’en parlant des Algériens, c’était forcément militant. Piquée au vif, je ne voyais pas en quoi c’était militant de vouloir connaître l’histoire de ce pays, et que de toute façon, ce livre était sûrement bien plus que ça. J’avais raison, et cette chronique va le prouver.

Ce roman a l’air de comporter pas mal d’éléments autobiographiques, le père d’Alice Zeniter étant algérien et sa mère française, rappelant étrangement le couple formé par Hamid et Clarisse, parents de la protagoniste de notre époque, Naïma. Mais si des gens ont sûrement lu ce livre avec ça en tête, j’ai oublié ce qu’il en était et j’ai lu cette saga familiale sur trois générations comme si un conte défilait devant mes yeux, avec tout le bonheur et l’horreur qu’il comporte.

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Turzi – tout en musique #5

Voici un groupe dans ma bibliothèque qui se fait toujours assez discret, mais qui est un véritable enchantement dès que je l’écoute. Très clairement, je suis assez étonnée qu’il ne soit pas plus connu que ça. Turzi mérite tellement mieux, et c’est pour ça que je vous le présente maintenant.

Et quand j’ai entendu parler de Romain Turzi, je me suis dit « Ah tiens, un artiste solo » et en fait non, on parle bien d’un groupe d’électronique.

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La preuve.

Le concept de leurs albums est assez intéressant car ils sont tous basés sur une lettre (A, B, C, une trilogie) et les titres de leurs chansons varient aussi en conséquence. Si le premier album, A, était beaucoup plus « fourre-tout » de ce côté-là (bien qu’on y retrouve une certaine thématique sur certaines pistes), on retrouve un thème commun dans les deux albums suivants : les titres de B sont composés de noms de villes, ceux de C de noms d’oiseaux. Et la musique correspond tout à fait à l’ambiance que les titres ont l’air de vouloir faire véhiculer. Bref, ce groupe fait des choses bigrement intéressantes.

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