Bilan lectures #15 (mars 2018)

Encore un bilan lectures très loin d’être positif ! Comme vous allez le voir, Camus aura été la star de ce mois-ci, c’est bien le seul que j’arrivais à lire un peu. (avec une exception aussi à la fin du mois)

Si vous n’êtes déjà pas saoulés par avance, c’est parti !


albert-camus-pléiade-2-coverActuelles, chroniques 1944 – 1948

Si vous ne l’aviez déjà pas compris, c’est un recueil de chroniques, d’éditoriaux et d’interviews, souvent publiés dans Combat (journal résistant et puis libre de l’époque susmentionnée), sinon ailleurs. Parfois on a juste l’opinion de l’auteur sur des faits d’actualité, et parfois une réponse à l’opinion de quelqu’un d’autre. (Mauriac, pour ne citer que lui) A la fin du deuxième tome de La Pléiade, on trouve des notes pour chaque article, ainsi qu’une mise en contexte qui n’était clairement pas de trop. C’était un bordel sans nom à la Libération, les politiques étaient les mêmes qu’aujourd’hui, alors que l’époque aurait voulu un semblant d’intégrité. Camus était très honnête, il a choisi de publier des chroniques qui exprimaient des opinions qui n’étaient plus les mêmes que celles qu’il avait au moment de la publication de cet ouvrage, il n’est pas courant d’assumer ce genre de choses. Le plus marquant est son altercation avec François Mauriac (écrivain lui aussi détenteur du prix Nobel en 1952) à qui il finit par donner raison concernant l’épuration : une fois que Camus remarqua la débâcle et la justice qui n’en était pas une condamner les personnes qui ont collaboré (ou soupçonnées de collaboration) pour tout et n’importe quoi, il changea d’avis sur la question, lui qui était pour une justice sévère. Il finira par signer la pétition des écrivains réclamant la grâce de Robert Brasillach (écrivain collabo qui sera quand même exécuté) aux côtés de ce même Mauriac. (en précisant bien qu’il vomissait un tel être, mais que la peine de mort, c’était trop) Il aurait pu se taire et n’en rien faire, histoire de ne pas se donner la honte de donner raison à quelqu’un d’autre que lui, comme c’est très courant de le faire, surtout aujourd’hui. Mais il a reconnu ses torts, et c’est ce qui témoigne d’une certaine grandeur d’esprit. Je ne sais pas si c’est moi mais j’ai remarqué qu’il avait pas mal d’ennemis… alors que ce qu’il disait était l’évidence même ! Mais on me dira que je ne suis pas objective.

Articles, préfaces, conférences (1944 – 1948)

J’ai commencé cette partie avec les articles rédigés par Camus dans Combat. Ils sont vraiment très instructifs sur la situation politique et sociale du pays à la Libération et peu de temps après. Dans mes cours d’histoire (il y a un peu plus de 10 ans, donc), on nous donne l’impression d’un pays uni à la Libération, et ce fut pourtant loin d’être le cas ! Je m’en doutais, mais je suis toujours d’une naïveté sans bornes car j’avais l’espoir que ça ait été mieux que ce que je pensais… Et ça s’est plutôt révélé pire. (ma culture en la matière sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, est assez faible) Il y avait aussi des interviews (où l’on découvre que Camus peut être assez sec, puis malicieux la minute d’après), des conférences, des préfaces… J’avais déjà lu certaines choses car quand on se lance dans des recherches frénétiques sur son auteur préféré pendant deux bonnes journées, on déniche des trucs. On découvre les opinions de Camus qui sont à la fois connues et non connues. (dans le sens où les gens tirent ce qu’ils veulent de ses propos, quitte à les tirer hors de leur contexte, mais on en reparlera) Ce fut très instructif sur Camus, mais aussi sur la situation politique après la Libération.

Ecrits posthumesTextes épars (1945 – 1948), L’impromptu des philosophes

En fait, je n’ai pas fini les écrits posthumes, il me reste les Carnets à terminer, mais c’est looong. Pour en revenir aux autres écrits, les textes épars contiennent des lettres, des articles et des conférences non publiées de son vivant, assez complémentaires à ce que j’avais lu auparavant. L’impromptu des philosophes est une pièce de théâtre. Elle m’aura bien fait rire, l’ironie étant clairement la marque de fabrique de cette oeuvre. Il y dénonce l’hypocrisie de la société sur ses « valeurs », j’ai beaucoup aimé.

la-vie-aux-aguets-coverLa vie aux aguets (William Boyd)

C’est un roman d’espionnage durant la Seconde Guerre Mondiale, avec une alternance au présent de l’histoire (à chaque chapitre, on change d’époque). On y découvre l’histoire d’Eva Delectorskaya, simple citoyenne jusqu’à l’arrivée dans sa vie d’un dénommé Lucas Romer. A partir de là, elle devient espionne britannique. Jusque là, sa fille n’en savait rien, jusqu’à la paranoïa de sa mère qui l’amène à l’informer de son passé. Si j’ai appris un pan de l’histoire britannique et américaine qui fut en toile de fond à un moment donné de l’histoire, et que certains éléments furent intéressants, ça restait on ne peut plus prévisible, et c’est bien dommage. Une lecture agréable tout de même.


Je remarque que depuis le début de l’année, mon bilan lectures en général est assez mitigé. Au compteur, un seul gros coup de cœur (L’art de perdre d’Alice Zeniter) et deux autres livres que j’ai beaucoup aimé. J’ai lu plein de livres qui m’ont globalement plu, mais aussi d’autres que j’ai trouvé assez moyens. Ça me fait bizarre comparé à l’année dernière, il va falloir que je m’y habitue. Il y a aussi le fait que je n’ai pas pu lire tout ce que je voulais au rythme que je voulais, ça joue sûrement beaucoup. Je suis peut-être juste chiante difficile aussi.

J’espère toutefois changer ma perception grâce au mois spécial polar/thriller en avril !

(j’ai aussi parlé d’un livre féministe pas très remarquable mais assez utile, et j’ai publié un TAG aussi)

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10 réflexions sur “Bilan lectures #15 (mars 2018)

  1. Avec le blog, pas au début, mais au fil des mois, je me suis rendue compte que j’étais plus exigeante vis à vis de mes lectures. Je me retrouve plus ou moins à m’interroger sur ce que je lis durant ma lecture sans le vouloir pour autant. Cela augmente donc le nombre de déception ou tout du moins le nombre de livres que j’ai apprécié, mais sans plus. Parce que je remarque les défauts.

    Aimé par 2 personnes

    • Et ce ne sera pas mieux le mois prochain… Ni cette année, vu que mon but est de diminuer ma PAL, y a pas grande quantité de femmes dedans. Pourtant, parmi les auteurs contemporains, elles sont indéniablement celles qui me touchent le plus pour le moment…
      Je l’ai même pas encore lu, celui-là ! (prévu pour cette année ceci dit) Ah ben oui, je veux un rapport ! (c’est quelle classe d’étudiants que tu as ?)

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  2. Article intéréssant ! Je ne n’ai presque rien lu de Camus si ce n’est « l’étranger » que j’ai lu et étudié au lycée. Du coup je ne connaissais pas bien le Camus militant, humaniste et juste, pret à reconnaitre ses torts que tu décris. Et j’avoue ça me donne envie de plus, et mieux, le lire !

    Aimé par 1 personne

    • Tant mieux alors ! Oui, tout le monde le prend pour un bisounours mais je ne suis pas d’accord. Je te conseillerai d’abord La Peste, La Chute ou Les Justes, à toi de choisir 🙂

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