Essais sur la situation des Américains noirs, par James Baldwin et Toni Morrison

J’ai eu trois lectures qui se sont pas mal suivis au niveau du thème, et qui plus est des essais écrits ou énoncés devant un auditoire par deux auteurs renommés : James Baldwin et Toni Morrison.

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Toni Morrison et James Baldwin.

Si les deux auteurs ont en commun une lucidité et une intelligence énormes et qu’il est très intéressant de les lire, ils ont aussi une différence qui peut paraître majeur : l’époque à laquelle ils s’expriment. Il est donc intéressant de comparer ce qu’ils ont à dire et surtout de réaliser… qu’on en est toujours au même point, malgré quelques petites concessions par-ci par-là. Que les lois, c’est bien, que le changement des mentalités, c’est mieux. Ils abordent et analysent des choses différentes, mais qui se rejoignent.

Mon but dans cet article ne sera pas forcément de réaliser un parallèle, mais de récapituler ce que chaque livre a à apporter. Si vous voulez effectuer un rapprochement, ce sera avec votre voix personnelle. Je pense que chacun y verra des choses qui le marqueront, alors que d’autres lecteurs s’attarderont sur d’autres éléments. Je décris juste ce qu’ils contiennent afin de vous donner une idée… et de vous inviter à les lire, bien sûr.

Une petite présentation rapide de ces auteurs s’impose. James Baldwin est un auteur du milieu du XXe siècle, et un américain noir, ce qui va énormément influencer son oeuvre. (j’explique comment j’ai découvert ce formidable monsieur ici) Celui-ci sera un des modèles de Toni Morrison, qui aura surtout publié des livres à la fin du XXe siècle (et elle aura obtenu le prix Nobel en 1993, première femme noire à remporter la distinction) mais est toujours présentement active, notamment avec son recueil de textes que je vais aussi vous présenter.

Allez, c’est parti !


La prochaine fois, le feu (James Baldwin)

G01783_La_prochaine_fois_le_feu.inddCelui-ci est un essai publié en 1963. Cette date est importante car la cause des noirs bougea énormément cette année (notamment avec la campagne d’action non-violente à Birmingham, ville sudiste où la ségrégation était à son paroxysme, sous la houlette de Martin Luther King). Cet essai a été ré-édité par Folio cette année avec une préface de Christiane Taubira, qui comporte une certaine justesse sur le sujet (dame que beaucoup admirent mais que je ne connais pas tant que ça, en-dehors de sa loi sur le mariage pour tous et de son départ du gouvernement à cause de la déchéance de nationalité). Par la suite, la voix de James Baldwin se fait entendre : tout d’abord, on découvre une lettre assez courte, écrite pour son neveu (« Et mon cachot trembla… », lettre envoyée lors du centenaire de l’émancipation), afin de le rassurer, mais pas seulement. Cela ne m’a pas forcément parlé tant que ça en tant que blanche, mais si vous êtes noir (américain ou non, je pense que ça peut marcher), James Baldwin encourage à ne pas se laisser écraser son ambition par la société (majoritairement blanche) et à ne pas les détester, car ils ne sont pas supérieurs aux noirs, ils sont surtout cruels et inquiets. On le verra par la suite, mais James Baldwin n’appelle jamais à la violence envers les blancs. Il espère que son neveu ne tombera pas dans cette spirale infernale non plus, qui peut lui faire perdre, comme à beaucoup d’autres, de très belles choses comme son humanité.

Au sein de l’essai qui suit cette lettre (« Au pied de la Croix »), Baldwin nous offre un texte basé sur son expérience personnelle. Bien évidemment, il ne raconte pas seulement sa vie, mais à partir de son histoire et de celle des autres Américains noirs, il démontre comment leur destinée est commune, quasi inévitable, et surtout extrêmement cruelle.

Le rôle de la religion chrétienne a aussi joué un rôle primordial dans sa vie. Il y explique son embrigadement (c’était ça ou le banditisme, la drogue, bref, que des vocations positives) et comment il s’en est finalement échappé. Il nous fait part de ses observations et critique la religion chrétienne (en particulier catholique), surtout la façon dont les blancs l’utilisent et sont hypocrites à souhait avec un tel outil entre les mains. Il remet en question leur morale (ou manque de morale ?) et expose la façon dont les noirs sont finalement manipulés à cause de cet instrument.

Il mentionne aussi une rencontre avec Elijah Muhammad. Qui est cet homme ? Tout simplement le chef de Nation of Islam, groupuscule religieux musulman qui prône la supériorité raciale des noirs par rapport aux blancs. (grosso modo) Malcolm X en était le porte-parole, jusqu’à un certain point. (il quitte Nation of Islam en 1964) Ils n’ont pas du tout été méchants, mais James Baldwin a été mal à l’aise, ce qui tenait beaucoup à des raisons personnelles. Il explique leurs principes mais n’y adhère pas. Ils ne seront d’ailleurs pas les seuls à bénéficier de cette indulgence.

Difficile de parler du reste sans en dire trop. L’auteur évoque des tas de problématiques que peuvent traverser les noirs dans ce pays qui ne veut pas d’eux, alors qu’il est aussi le leur. Il décrit la façon dont les blancs se sont construits en tant que… « blancs », sur le dos des noirs. La manière dont ils falsifient leur histoire qui ne comporte que de la violence. Le comportement des immigrés européens qui ont vite compris qu’il fallait qu’ils deviennent « blancs » pour s’intégrer à la société. Il raconte tout avec une grande clairvoyance, à laquelle sont couplés deux principes qui semblent pourtant opposés : la sévérité et la bienveillance.

La sévérité, parce qu’il dit les choses sans ambages. Il ne va pas forcément mettre les formes pour nous plaire à nous, les blancs. Il nous dit les choses telles qu’elles doivent être dites. La bienveillance, parce qu’il l’est aussi dans ses propos, dans sa façon de voir les choses :

Les gens étant les énigmes qu’ils sont et manifestant si peu d’enthousiasme à regarder en face les difficultés de la vie, peut-être en sera-t-il toujours ainsi. Mais, au fond de mon cœur, je n’en crois rien. Je pense que les hommes valent mieux que cela et je sais qu’ils sont capables de progrès. Nous sommes capables de supporter un lourd fardeau une fois que nous avons découvert que ce fardeau c’est la réalité et que nous renonçons à chercher l’impossible.

(un homme qu’on ne mérite pas, donc)

Et surtout plus que tout, on peut sentir l’immense tristesse, la grande souffrance que cet homme vit, à la fois pour lui bien évidemment, mais aussi pour ses compatriotes américains noirs. Ce n’est pas péjoratif ce que je dis, son intelligence mêlé à son tourment surpassent notre scepticisme éventuel. Il a aussi de la peine pour les américains blancs, pour leur apathie, leur mort morale. (sans forcément leur pardonner tout et n’importe quoi, le monsieur n’était pas naïf et stupide, ça le met même plutôt en colère, une indignation saine) Il y a eu des passages où c’était assez complexe, dont deux que je ne suis pas sûre d’avoir réellement compris : un appel (enrichissant) à la relecture.

Bien évidemment, le titre est aussi un avertissement, qu’il aurait préféré ne pas donner, mais qui aura des chances d’arriver au train où vont les choses. (ce n’est pas forcément celui que vous croyez, mais il n’a rien de réjouissant non plus pour l’humanité, loin de là) C’est une issue qu’il regrette mais ce serait idiot de l’ignorer. Cet essai signe un éclaircissement de la situation des noirs et des blancs aux États-Unis et des responsabilités de chacun (surtout de ces derniers). Il est donc important d’en passer d’abord par là, et si l’obstination continue à se maintenir du côté des blancs, ben… Bref, j’aimerais dire que c’est un grand homme, mais je vais garder ça pour le prochain livre. (ah mince, je l’ai dit)

Par pénible exemple, les Blancs américains se félicitent de la décision de la Cour suprême de 1954 rendant illégale la ségrégation dans les écoles. Ils imaginent, en dépit de la montagne de preuves du contraire qui s’est accumulée depuis, que c’était là un signe d’une transformation profonde des sentiments du public – ou, comme ils aiment à le dire, de progrès. Peut-être. Cela dépend entièrement de ce qu’on entend par le mot « progrès ». La plupart des Noirs que je connais sont convaincus que cette immense concession n’aurait jamais été accordée sans les surenchères de la guerre froide et le fait que l’Afrique était manifestement en train de se libérer et devait donc, pour des mobiles politiques, être courtisée par les descendants de ses anciens maîtres. S’il s’était agi d’amour ou de justice, la décision de 1954 aurait sûrement été prise plus tôt. Si ce n’avait pas été pour les réalités du pouvoir en ces temps difficiles, il se pourrait très bien qu’elle n’ait pas encore été prise.


Retour dans l’oeil du cyclone (James Baldwin)

retour-dans-oeil-cyclone-coverNous allons commencer par un détail très superficiel, mais qui m’a frappée quand j’ai vu la couverture pour la première fois, et il m’arrive de la contempler encore, avec plaisir et admiration, pour la même raison. James Baldwin a un sourire magnifique. Et une certaine classe, mais je suppose que ce sont des choses un peu subjectives. Mais je pense que la beauté de son sourire est universellement reconnue. (la prétention à propos d’autrui, nouveau concept)

Bien que ces nombreux textes, publiés entre 1960 et 1985 dans des journaux et des revues, comportent moins une vue personnelle que l’essai ci-dessus, Baldwin nous offre quand même des esquisses de sa vie et de ce à quoi la vie des autres noirs a ressemblé. Il parle d’un mouvement étudiant noir dans une ville sudiste, de la violence policière envers les noirs, de Martin Luther King (je veux bien qu’on parle de moi comme ça…), de la place (dérisoire) des noirs dans la société américaine, pourquoi les américains noirs sont-ils antisémites (très intéressant celui-là, il interroge encore l’identité blanche et comment les Juifs sont intégrés au schéma dominant américain malgré eux), le mythe du rêve américain, du danger qu’il y a pour la société américaine à garder ce statu quo qui n’en est pas un. On y trouve aussi une conférence pour les enseignants (à propos des élèves noirs), un article sur sa vie d’écrivain et un autre sur l’homosexualité (on y parle aussi de masculinité).

Bien sûr, on retrouve sa justesse incroyable sur ces sujets. Et ce qui est assez remarquable, c’est son écriture. Il est vraiment plaisant de lire ces essais pour cette raison. Il n’y a pas le ton habituellement universitaire qu’on peut souvent tenir pour acquis dans ce genre d’ouvrages, ni même une sorte de pédantisme parce qu’on est face à un pseudo-spécialiste sur la question, ah ça non (si ça avait été le cas, j’en aurais de toute façon rédigé une chronique incendiaire).

On n’est bien évidemment pas sur de la fiction. Mais n’empêche que James Baldwin écrit très bien, et que l’intelligence de ses propos est sublimée par l’écriture, ce qui est un atout non négligeable pour le lecteur.

La diversité des sujets m’a permis d’apprendre énormément sur des sujets que je connaissais vaguement, voire pas du tout. Baldwin fait part de raisonnements qui ne m’ont jamais effleuré l’esprit. (le fameux privilège blanc) Comme je lis des personnes antiracistes sur Twitter, je ne suis pas non plus complètement ignorante sur la question. J’ai été frappée de voir que des choses qui se passaient régulièrement à l’époque (années 40-50-60) sont encore réelles de nos jours. Je le savais déjà, le lire de la plume de James Baldwin, à la fois inflexible et indulgente, ne rend pas forcément la lecture plus facile. Ça permet une immersion supérieure à celles d’essais plus neutres ou militants.

Un recueil d’essais que je vous conseille de par sa complexité et son authenticité.

La trahison puise son énergie dans le fait de trahir consciemment et délibérément une confiance – or, comme il ne nous était pas fait confiance, nous n’avions rien à trahir. Et notre souhait n’était pas d’être des traîtres, mais des citoyens.

Et je sais, on avait dit une citation, mais la féministe que je suis a repéré ça :

Je trouvais que beaucoup des gens que je rencontrais se moquaient des femmes, et je ne voyais pas pour quelle raison. J’avais quant à moi, c’est certain, besoin de tous les amis possibles, hommes ou femmes ; et les femmes n’avaient strictement rien à voir avec la nature possible de mon trouble.

Voilà, beaucoup de choses sont dites avec ces deux citations seules, alors je vous laisse imaginer les réflexions qu’on trouve à foison dans ces essais.


L’origine des autres (Toni Morrison)

l'origine-des-autres-coverCeci est un recueil de six conférences prononcées à l’université de Harvard en 2016 (et ils avaient bien de la chance). Préfacé par Ta-Nehisi Coates, un écrivain noir américain que je ne connais pas comme d’hab, Toni Morrison y aborde des sujets plus larges que Baldwin.

Elle en revient à l’histoire de l’Amérique, et plus précisément à l’histoire de l’esclavage. Cette dernière a permis de nombreuses choses, dont la définition de ce qui est étranger ou non à la société américaine blanche. Elle aborde aussi la construction de la « noirceur », définie socialement, politiquement et même médicalement, mais aussi l’esclavage et son embellissement (on a la même chose avec la colonisation en France) à travers des œuvres de fiction, dont La Case de l’oncle Tom, ce qui va forcément avoir un impact sur la société blanche qui ne demande qu’à être rassurée et à ne pas se remettre en question. D’ailleurs, elles citent deux noms d’auteurs américains connus et reconnus (coucou Faulkner et Hemingway, je crois qu’elle parle de vous) et prouvent par des extraits de leurs livres qu’ils participent et encouragent le déni de l’individualité de « l’Autre ». Car les « autres », comme dans le titre, c’est tout simplement… ceux qui ne sont pas « blancs » : les « noirs ». Elle parle de la façon dont s’est construit l’identité de « l’Autre ».

Il y a un sujet qu’elle a évoqué dans une de ses conférences qui m’a assez étonné, mais qui n’aurait pas dû car il est dans la lignée des idées de Martin Luther King à la fin de sa vie quand il luttait contre les causes de la pauvreté et la guerre au Vietnam. Elle parle des méfaits de la mondialisation et surtout, de l’image fabriquée de l’Afrique par les Occidentaux.

Dans les romans occidentaux parus tout au long des années 1950, l’Afrique pourrait s’appeler « L’Étranger », comme le roman d’Albert Camus, puisqu’elle fournit l’occasion de connaître, tout en gardant intacte sa nature inconnaissable.

(je n’accepte aucun commentaire sur le choix de cette citation)

Tout le long, elle va faire preuve d’un sens de l’analyse assez impressionnant. Ne vous fiez pas au petit nombre de pages de ce recueil : vous en aurez pour votre argent. Difficile de résumer ce livre sans dévoiler ses idées, sans les déformer non plus. Si elle aborde bien sûr son expérience personnelle, elle est moins présente que pour James Baldwin : l’autrice va plus s’appuyer sur des faits connus, sur des actes historiques, les thèmes abordés sont peut-être plus généraux quant à l’histoire des États-Unis avec les noirs. Je l’ai trouvé brillante de perspicacité.

Elle va aussi nous livrer des extraits de ses livres, va apporter des précisions quant aux objectifs qu’elle voulait atteindre en tant qu’écrivaine à travers ses récits. D’ailleurs, ces passages m’ont amené la réflexion suivante : qu’est-ce que j’ai foutu pendant tout ce temps ? Ils étaient tellement bien écrits, tellement pertinents. Je n’ai lu que Love pour information, et si à la fin de ce roman, je savais clairement qu’il ne serait pas la seule oeuvre que je lirai de Toni Morrison, je me dis très clairement aujourd’hui que je passe à côté de quelque chose. Cette femme est étourdissante de sincérité et de raison. Nul doute que son essai est à relire.

Si l’usage continu du fouet fatigue celui ou celle qui fustige, et qu’il ou elle doit observer toute une série de pauses avant de poursuivre, quel bien la durée des coups fait-elle à la personne fustigée ? Une douleur aussi extrême semble être conçue pour le plaisir de celui qui manie le fouet.

Ce livre est le plus court des trois, donc je ne peux pas vraiment en écrire des tonnes dessus, mais je vous le conseille à 200%. J’en profite aussi pour vous filer une vidéo récente d’elle qui m’aura bien fait rire : son passage dans une interview de La Grande Librairie. En plus de son intelligence, je l’ai trouvé assez malicieuse et possédant une confiance en elle que je lui envie. Une grande dame qu’on ne mérite pas plus que les autres.


Pour résumer, je trouve ces trois essais presque complémentaires : pas forcément dans le sens où ils se complètent, mais dans celui où ils abordent des thématiques différentes et un point de vue semblable. Ils ont chacun quelque chose à apporter sur le sujet, avec une plume propre à chacun mais qui rend la lecture très agréable. (surtout pour La prochaine fois, le feu) Ces deux auteurs sont aussi impressionnants en-dehors de la sphère de la fiction.

Je suis assez contente de les avoir lu dans cet ordre, c’était absolument parfait. C’est donc une approche que je vous conseille aussi. (mais si vous ne le faites pas comme ça, ce n’est pas grave, hein)

C’est assez exceptionnel mais je termine cet article sur une chanson du dernier album tout frais de Janelle Monáe. Écoutez bien les paroles pour savoir à quel point on est dans le thème et dans la lignée de James Baldwin :

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18 réflexions sur “Essais sur la situation des Américains noirs, par James Baldwin et Toni Morrison

  1. (C’est clair que le monsieur a une certaine présence physique !)

    Pour le coup je ne connais pas du tout le sujet de l’esclavagisme et de la ségrégation aux USA, le strict minimum qu’on peut apprendre par-ci et par-là. Je voulais un peu me documenter dessus et puis…je n’en ai pas eu le courage. Les témoignages sont assez douloureux à lire/entre. J’ai déjà eu ma dose avec la Shoah. Je garde en tête si jamais un jour le courage me revient.

    En Europe on a vraiment une très faible culture de toute cette pensée, même du coté de la décolonisation, je ne connais aucun auteur…alors qu’il doit y avoir une pléthore d’auteurs Algériens (et autres) sur le sujet…C’est bien dommage de ne pas plus médiatiser tout ça. Souvenirs pas forcement joyeux mais ils sont importants dans le débat public.

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    • (ravie qu’on soit d’accord !)

      Ce ne sont pas des témoignages directs de l’esclavage, mais plutôt de ses conséquences après la libération qui n’en était pas une. C’est peut-être moins terrible que tu ne te l’imagines 😉

      Oui, je trouve que l’histoire des Européens sur la colonisation n’est pas assez étudiée. On n’y connaît globalement rien, et même encore aujourd’hui, je ne sais pas trop comment ça s’est passé. Par contre, pour dire qu’on en parle trop, il y a du monde… Je ne suis absolument pas d’accord, si on en parle, ça reste dans des cercles très fermés. Le grand public ne sait rien, ou pas grand-chose, de cette histoire. (moi y compris) Tu as raison, il faudrait médiatiser un peu plus ces souvenirs.

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      • Bah c’est clair, les seuls qui en parlent en Europe sont les noirs eux-mêmes, et n’ont aucun écho. Strictement aucun écho mais en même temps, c’est « logique », le passé est douloureux pour certains. Je trouve ce concept ridicule mais bon…Les Allemands ont bien réussi à se reconstruire après le nazisme et sortir de cette horreur. Pour l’Algérie ça semble pas bien avancer en France…

        Si tu veux, tu peux lire le petit texte d’H.Arendt sur Little Rock, c’est intéressant mais un peu choquant si on ne connait pas trop sa pensée. En tout cas c’est un éclairage particulier sur la ségrégation à l’école !

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      • Les Allemands ont la décence de commémorer, au moins. Et oui, pour l’Algérie, comme pour la colonisation, ça n’avance pas… Et il y a des pseudo-historiens qui viennent nous dire qu’on en parle trop dans les programmes d’histoire… Pour en avoir parlé avec des petits cousins lycéens, ils en avaient jamais entendu parler.

        Je vais voir si je le trouve, merci du conseil !

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  2. Aaah voila le fameux article !
    C’est intéressant d’avoir ton point de vue sur les deux essais que j’ai lu, surtout que tu arrives à en parler de façon plus claire que moi je trouve, ça m’aide ! Et du coup j’ai aussi envie de lire l’oeil du cyclone.
    Pour revenir sur le commentaire où je disais que je n’avais pas réussi à lire un roman de Baldwin, je reconnais totalement la beauté de son écriture, comme tu le dis, et à quel point elle est un atout dans ses essais pour faire passer son message ; l’écriture est toujours aussi belle dans ses fictions mais peut être que, quand on vit dans un tel contexte, la réalité suffit.

    En tous cas super article et merci pour la découverte de la musique ! (même simon niveau d’anglais ne me permet pas d’apprécier le lien avec le thème mais je m’en doute)

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    • Je t’avoue que ce ne fut pas simple d’en parler ! Pas facile de mettre les idées au clair, justement. Mais merci beaucoup ! Et je te conseille « Retour dans l’oeil du cyclone », les sujets y sont plus variés 🙂

      Oh, tu es concernée ? Tu as peut-être raison, en tant que blanche, je ne me rends pas compte.

      Je te rassure, je n’ai pas compris TOUTES les paroles et j’ai dû aller regarder 😀

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  3. Non je ne suis pas concernée, je me permettais une supposition dans le sens ou la réalité suffit à sa plume et que peut être il se perd dans la fiction ; qu’il a suffisant de quoi dire avec ce qu’il vit au quotidien. Mais peut être que j’ai totalement tord (comme toi je ne peux pas me rendre compte réellement, juste supposer et m’excuser si je tombe à côté de la plaque) et que je devrais essayer un autre roman de lui pour voir.

    ça me rassure haha, et je note pour « retour dans l’oeil du cyclone », il a l’air en effet d’aborder d’autres sujets intéréssants (la masculinité notamment)

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  4. J’imagine à quel point cet article a dû te prendre du temps et la concentration de tous tes neurones et j’admire le résultat qui est aussi passionnant que passionné ! J’ai enfin acheté mes premiers Toni Morrison en début de mois, il va falloir que je me bouge le derrière pour les attaquer car tu me donnes énormément envie de la découvri ! 🙂

    J’ai aussi parcouru un peu les commentaires et je pense que ce qui différencie certains conflits et les actes qui les constituent de l’Allemagne après/depuis la Shoah c’est la reconnaissance de ces actes, la volonté politique pour les assumer et le travail de la justice (mais qui aura demandé un paquet d’années de latence). Mais les constructions nationales basées sur le déni ou la pseudo-reconnaissance sont amenées à se confronter un jour ou l’autre aux cadavres cachés dans les placards. Ces derniers ont encore beaucoup de choses à nous dire et les historiens sont là pour les écouter, si tant est qu’ils puissent travailler. *Déformation professionnelle, le retour* Après je ne suis ni juriste pénaliste ni historienne, alors c’est bien entendu discutable. ^^

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    • Aha, tu l’as dit, j’ai bien galéré ! Oh bah j’ai hâte que tu nous en parles ! T’as pris lesquels ? (je ne sais plus si t’en avais parlé)

      J’allais dire que c’est parce que l’Allemagne a perdu qu’elle a dû se sentir « obligée » de faire ce travail, mais en fait, rien à voir, la France a perdu la guerre d’Algérie et rien n’a été fait quand même… Et oui, je pense que ça va finir par nous claquer en pleine face si ça continue. :/ Aha, la déformation professionnelle pour ça, je veux bien 😀

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      • J’ai pris sans hésiter les deux en bon état qui étaient chez Emmaüs : « Home » et « Un don ». 🙂

        J’avoue que j’aime parler de ce type de sujets. Dans ma vie perso peu de personnes s’y intéressent alors j’ai du mal à me retenir quand j’en croise. Hehe.

        Je file me replonger dans le monde Indien, je te souhaite une excellente soirée ! 😉

        Aimé par 1 personne

  5. Pingback: Mille petits riens – Histoire naturelle de bibliophiles

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