Carnet de lecture #1 – mes observations

Le début du titre vous dit quelque chose ? C’est peut-être parce que j’ai copié le concept sur La viduité (blog que je vous conseille cent fois d’ailleurs), mais bien évidemment, mon article ne sera jamais à la hauteur de sa brillante prose et de ses raisonnements.

Je compte reprendre le principe mais à ma sauce. Je compte aborder de façon un peu aléatoire certains points que j’ai remarqué au fil de mes lectures qui se sont faites bien plus nombreuses depuis deux ans. Des choses changent et des remarques se font, et les poser « sur le papier » vous permet de me suivre un peu mieux, mais me permet aussi de faire un point.


En tant que lectrice

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La lectrice, Federico Faruffini.

Mes goûts évoluent

Et oui, même si ça reste peu perceptible, je me sens bien plus exigeante, ce qui influe pas mal sur mon jugement des livres que je lis. Je suis beaucoup moins satisfaite, beaucoup moins indulgente qu’avant, ce qui s’en ressent sur… ma PAL. J’en ai constitué la grande partie il y a deux ans en faisant une razzia dans les livres d’occasion. J’ai surtout suivi les conseils d’à peu près tout le monde, ce qui a provoqué une immense erreur avec Les derniers jours de Rabbit Hayes.

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Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro

auprès-de-moi-toujours-coverQuatrième de couverture

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes.

Critique

Voici un livre qui, je le pense, ne fera pas l’unanimité : je suis tout à fait consciente des défauts qu’on peut lui trouver, tout en pensant que ceux-ci étaient justement ce que je recherchais dans un récit en ce moment.

Après tout, celui-ci offre une écriture qui peut être considérée comme assez froide. A titre personnel, je n’ai pas trouvé, ça posait une certaine distance, mais pas non plus fataliste. J’ai trouvé que les descriptions de l’auteur (prix Nobel 2017, certes, mais non, je ne continue pas le #BookChallengeNobel) ont parfaitement retranscris les émotions que pouvaient ressentir les personnages – et nous aussi, face à ces situations en apparence normales, mais qui ne l’étaient pas.

En effet, le malaise grandit au fur et à mesure du récit. Il est juste palpable légèrement, même quand celui-ci se renforce, jusqu’à la troisième partie du roman, où le choc est assez terrible à mon sens. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages mais d’une certaine manière, ce n’est pas plus mal. Par contre, je me suis amarrée à leurs histoires, un peu comme une sorte de sangsue. Je n’ai pas décroché un seul instant et j’ai pris un réel plaisir à les lire.

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Découverte : la décroissance

Le mois dernier, j’ai découvert deux essais sur la décroissance, un sujet dont j’avais beaucoup entendu parler mais sans rien savoir de concret. Curieuse, j’ai voulu en avoir le coeur net.

Bon, en fait, c’est à moitié un mensonge : sur les deux livres que je vais vous présenter, j’en ai juste croisé un à la librairie dont la couverture m’a attiré l’oeil. Mais plus que ça, c’est un des visages sur la couverture qui a éveillé mon attention : Albert Camus ! Si, effectivement, j’aime beaucoup sa simplicité, son amour pour la nature, sa revendication d’une certaine intégrité et le devoir de ne pas aller trop loin, je ne l’avais jamais relié à la décroissance. Lui non plus ne l’a jamais formulé ainsi, mais on verra ça plus tard dans l’article. En attendant, une petite explication s’impose.

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Qu’est-ce que la décroissance ? Il est difficile d’en donner une définition précise. En effet, cette idée s’est construite sur la base de plusieurs grilles de lectures, qui vont favoriser l’aspect écologique, économique, politique, éthique ou social selon ceux qui vont dénoncer ce qui ne va pas dans notre mode de vie industriel. Je crois, avec le peu de ce que je viens de dire et le nom « décroissance » lui-même, que vous avez peu ou prou deviné de quoi il s’agit : l’idée est de vouloir faire disparaître la production et la croissance. Ces dernières sont connues dans le contexte libéral actuel pour être la porte au bien-être d’un pays, mais aussi des gens qui y vivent. Seulement, la décroissance démontre l’inverse : au contraire, la société capitaliste est génératrice d’inégalités et de pollution. Que la croissance pourra bien provoquer des conflits encore plus importants qu’aujourd’hui, voire pire : l’extinction de l’humanité.

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