Découverte : la décroissance

Le mois dernier, j’ai découvert deux essais sur la décroissance, un sujet dont j’avais beaucoup entendu parler mais sans rien savoir de concret. Curieuse, j’ai voulu en avoir le coeur net.

Bon, en fait, c’est à moitié un mensonge : sur les deux livres que je vais vous présenter, j’en ai juste croisé un à la librairie dont la couverture m’a attiré l’oeil. Mais plus que ça, c’est un des visages sur la couverture qui a éveillé mon attention : Albert Camus ! Si, effectivement, j’aime beaucoup sa simplicité, son amour pour la nature, sa revendication d’une certaine intégrité et le devoir de ne pas aller trop loin, je ne l’avais jamais relié à la décroissance. Lui non plus ne l’a jamais formulé ainsi, mais on verra ça plus tard dans l’article. En attendant, une petite explication s’impose.

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Qu’est-ce que la décroissance ? Il est difficile d’en donner une définition précise. En effet, cette idée s’est construite sur la base de plusieurs grilles de lectures, qui vont favoriser l’aspect écologique, économique, politique, éthique ou social selon ceux qui vont dénoncer ce qui ne va pas dans notre mode de vie industriel. Je crois, avec le peu de ce que je viens de dire et le nom « décroissance » lui-même, que vous avez peu ou prou deviné de quoi il s’agit : l’idée est de vouloir faire disparaître la production et la croissance. Ces dernières sont connues dans le contexte libéral actuel pour être la porte au bien-être d’un pays, mais aussi des gens qui y vivent. Seulement, la décroissance démontre l’inverse : au contraire, la société capitaliste est génératrice d’inégalités et de pollution. Que la croissance pourra bien provoquer des conflits encore plus importants qu’aujourd’hui, voire pire : l’extinction de l’humanité.

La décroissance a donc pour but de faire comprendre que notre rythme de vie ne pourra pas continuer ainsi car les ressources ne sont pas illimitées. (et la population augmente) Chaque personne qui a eu des cours d’économie le sait, et pourtant, je n’ai pas l’impression que ça ait activé les neurones de beaucoup, qui continuent de souscrire à la croissance, encore et toujours. (ce qui, selon moi, relève d’une certaine irresponsabilité, d’un manque d’imagination envers le monde qu’on pourrait construire autrement – ça, c’est bibi – et surtout, de l’égoïsme assumé ou non de certaines personnes qui, dans le fond, savent très bien ce qui ressortira de leur comportement) Seulement, il est évident que ça ne pourra pas continuer indéfiniment ainsi. A voir si on prendra la décision de diminuer notre consommation (et on va même plus loin avec la décroissance car il s’agit de changer notre style de vie, de retourner à la simplicité, donc la consommation n’a plus lieu d’être) et notre rythme de vie de plein gré… ou s’il nous sera imposé de force par la logique des choses. Je suis même plutôt pessimiste quand je vois le comportement des riches…

Bah, et le développement durable ? Soyez bien conscients de ce que ça veut dire : polluer moins pour consommer (et donc, polluer) le plus longtemps possible. Ce principe n’est donc qu’une chimère.

Ça vous semble quand même un peu exagéré, un scénario d’apocalypse ? J’ai bien peur qu’il faille regarder la vérité en face : il y a de grosses chances que ça arrive, et ces livres amènent des raisonnement peu réfutables, en particulier avec les éléments dont nous avons connaissance à l’heure actuelle, et qui ne nous permettent pas vraiment d’être optimistes.


la-décroissance-coverLe premier que j’ai lu, ce fut La décroissance, dix questions pour comprendre et débattre, des éditions La Découverte (je le précise d’autant plus que c’est une très bonne maison d’édition, je trouve). Il a été rédigé par trois personnes spécialisées dans un domaine chacune, l’économie, la philosophie et l’environnement, ce qui permet un balayage assez large de ce que la décroissance prône ou conteste. Les dix questions sont les suivantes :

  1. Que signifie « décroissance » ?
  2. La décroissance, une idée neuve ou une vieille idée réactionnaire ?
  3. Pourquoi la décroissance, et pas le « développement durable » ?
  4. La décroissance, est-ce la fin du progrès scientifique et technique ?
  5. La décroissance est-elle malthusienne ?
  6. La décroissance, privation ou joie de vivre ?
  7. La décroissance, c’est la récession, le chômage, la fin de l’économie de marché ?
  8. La décroissance concerne-t-elle les pays du Sud ?
  9. La décroissance n’implique-t-elle pas une vision dirigiste ou autoritaire de la politique ?
  10. Pour conclure, que signifierait concrètement une politique de décroissance ?

Comme vous pouvez le constater, cet essai répond à nombre de questions, dont certaines auxquelles je n’avais moi-même pas pensé (« La décroissance est-elle malthusienne ? ») ou d’autres que j’attendais avec impatience (« Pour conclure, que signifierait concrètement une politique de décroissance ? »).

Ce n’est pas céder à l’apologie des « sociétés primitives », que la modernité tient pour la forme la plus antimoderne de vie collective, oubliant qu’entre « primitif » et « moderne », il existe un ensemble immense de possibilités qui sont loin d’avoir toutes été explorées.

Ce livre retrace un certain historique de la décroissance (le terme est apparu pour la première fois dans un rapport du Club de Rome en 1971) et il aborde différentes publications et sources sur la décroissance, dont deux noms reviendront assez régulièrement : Ivan Illich et Nicholas Georgescu-Roegen. (mais il n’y a pas qu’eux)

Il ne parle pas que d’une seule vision de la décroissance et n’hésite pas à en relayer des différentes, ce qui rend cet essai plutôt neutre : les auteurs n’essaient pas de nous vendre leur conception seule. Ces derniers abordent les différentes problématiques avancées par les objecteurs de croissance (comme ils s’appellent) mais aussi les réponses les plus courantes qui essayent de contester les arguments en faveur de la décroissance. Cet essai répond à énormément de préjugés qu’on peut avoir sur ce sujet (moi la première) ou justement, en confirmer certains… Il met pas mal les choses au clair et vous donnera d’ailleurs une définition de la décroissance plus sérieuse, moins manichéenne et plus nuancée que celle que je vous ai donné en début d’article.

Donc non seulement ce discours est encore extrêmement présent mais surtout nul n’imagine que l’avenir puisse être différent du passé. Nul n’imagine de « progrès » qui passe par le « renoncement » aux fusées interplanétaires, à la civilisation automobile, etc. – et cela sans même avoir débattu publiquement du pour et du contre d’une telle thèse : c’est scientifique. La décroissance rétorque alors : face à de telles assertions, dénuées de toute analyse sérieuse, confisquées par l’expertise officielle, où est la raison ? Où est la démocratie ? Qui est superstitieux ?

Avec tout mon blabla auparavant, vous vous dîtes que j’ai largement été convaincue par cet essai. Et non, il m’aura fallu lire le deuxième livre que je vais vous présenter ! Et même là… Je réfléchis. Il va me falloir des ressources supplémentaires. Il va me falloir des témoignages d’expérience de la décroissance. (pour encore pluuus de concret)


Mais effectivement, le deuxième m’a beaucoup plus impliqué dans le sujet. J’irais même jusqu’à dire que c’est une révélation.

Aux-origines-de-la-de´croissance-coverAux origines de la décroissance est donc le deuxième livre de ma découverte sur la décroissance. Il compile 50 penseurs sur la décroissance, sachant qu’eux-mêmes n’ont souvent pas posé le mot « décroissance » sur leurs théories et opinions. En effet, je le rappelle, ce mot est apparu pour la première fois en 1971 et beaucoup de penseurs étaient vivants au XIXème siècle… ou au XXème siècle, certes, mais même si certains sont en effet nos contemporains ou ont vécu non loin de notre époque actuelle, le début de ce siècle est beaucoup représenté en termes d’intellectuels, de journalistes et d’écrivains.

Deux exceptions toutefois avec un personnage fictif (Ned Ludd) relié à des questions de combat contre l’avancement de la technologie dans les lieus de travail des ouvriers au début du XIXème siècle et un économiste peu porté sur l’idée de décroissance (Stanley Jevons). Qu’est-ce qu’il fout là, celui-là ? Il avait beau théorisé la croissance d’une manière positive et souhaitable, il s’est mis à dos une bonne partie de ses contemporains avec juste ceci : il était tout à fait conscient que cette période serait limitée en fonction des ressources limitées. Il n’en fallait pas beaucoup pour se faire mal voir, décidément.

Je ne vais pas vous faire une liste de qui s’y trouve, mais vous parler des personnes qui m’auront bien marqué à la fin de l’article. Je relirai sûrement leurs passages d’ailleurs. Oui, car environ 3 pages leur sont en général consacrées, dans lesquels on retrouve qui ils étaient, comment ils en sont parfois arrivés à penser ainsi, leurs idées sur la question… car effectivement, ils ne sont parfois pas tous d’accord ! Si l’idée principale est en effet présente chez beaucoup, ils n’ont pas forcément la même focalisation sur certains sujets (comme je l’ai dit, ça peut être économique, éthique, sociale, écologique…), ce qui donne des choses différentes mais très passionnantes. Ce qui est appréciable, c’est qu’on retrouve deux-trois citations de leurs propos et publications pour mettre en avant leurs idées, avec une très belle illustration de leur personne physique.

Une chose revient assez souvent : la « pauvreté volontaire ». Je vous vois déjà vous étouffer violemment (à défaut de hurler) et je n’en menais pas large non plus. Surtout que quelque chose m’avait déjà fait pleurer intérieurement dans l’essai précédent : il se peut que ce soit aussi la fin d’Internet… Ce dernier a joué un rôle très important dans ma vie et on ne peut nier sa grande efficacité et son incontestable côté pratique (sans compter que ça relie les gens malgré les critiques qu’on peut faire sur la façon dont les réseaux sociaux font évoluer les liens – pas de la bonne manière). Donc là, j’étais plutôt réticente à l’idée en me disant que quand même, il ne fallait pas exagérer.

Seulement, serions-nous si malheureux que ça si on avait une vie plus simple ? A part la disparition d’Internet qui m’a clairement titillé, est-ce que les autres améliorations dans notre vie, mais qui sont aussi créatrices de pollution et de valeurs sociales peu utiles (voire contreproductives) si on veut remettre le collectif au centre de notre vie, est-ce que ce serait vraiment une grosse perte ? Les voitures, les produits électroménagers, les produits ménagers (qui sont souvent toxiques) mais aussi des constructions comme les barrages, les centrales nucléaires… Est-ce que leur disparition ou raréfaction ne serait pas plutôt un mal pour un bien ? Notre mode de vie (la société de consommation) entraîne clairement un épuisement beaucoup trop rapide de nos ressources (on en est quand même au point où on utilise le double des ressources que la Terre produit… en un an), sans compter que des espèces entières d’animaux disparaissent… Là dessus, certains prônent une éradication totale de la technologie, quand certains se demandent si en garder quelques-unes ne serait pas bénéfique : après tout, certaines avancées ne détruisent pas l’environnement, ni les liens sociaux, et il n’est pas forcément question de se débarrasser de tout ce qui peut rendre la vie plus facile. Les objecteurs de croissance souhaitent surtout qu’on réfléchisse un peu plus aux conséquences de nos actes.

De plus, la critique ne s’arrête pas là : notre société n’a pas pour but de favoriser le bien-être de chacun, mais que chaque citoyen soit un bon producteur-consommateur. Je pense qu’on sait tous à moins d’être convaincu qu’on sera récompensé par le système que le capitalisme n’a pas pour vocation que le monde aille mieux mais de faire profiter à quelques-uns des richesses (et de leurs revenus) produites par les autres. L’uniformisation des cultures est aussi un problème car elle dénie les différences existantes en faveur d’une seule supposée bonne culture, d’une seule bonne vision des choses (et de la politique, accessoirement), et ça s’applique à plusieurs choses comme la façon de s’habiller, de s’exprimer (et pas qu’oralement, mais aussi dans l’art), jusqu’à… la production. Comment être fier de son travail quand on produit tout à la chaîne, avec une certaine indifférence mais aussi celle des acheteurs, car tout est consommable mais aussi… jetable. Comment être fier de son travail quand il nous sert principalement à vivre/survivre ?

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Champ d’avoine aux coquelicots. Monet.

Certains remettent effectivement la valeur travail en question, et vu la place première qu’elle tient dans le monde entier, bon courage aux nouveaux représentants de la décroissance pour déconstruire tout ça.

Et vous vous dîtes aussi que ça ne diffère pas énormément des écologistes, des communistes et autres militants d’extrême-gauche. Mais si, il y a quand même une différence majeure : chez les militants habituels, il y a quand même la volonté de conserver un certain train de vie tout en respectant les droits des travailleurs, l’environnement, etc. Les objecteurs de croissance n’y croient absolument pas, et ne pensent même pas que ce soit préférable. Il y a une volonté de retourner en arrière… économiquement parlant seulement. Les détracteurs ne sont jamais très loin à ce niveau-là et prétendent toujours que la décroissance, c’est retourner au Moyen-Âge. A part que ce n’est strictement pas le but des objecteurs de croissance. Leur objectif est de vivre avec moins mais mieux. La décroissance n’est pas synonyme de privation, les objecteurs de croissance pensent en termes qualitatifs et non quantitatifs. Il n’est pas non plus question de se débarrasser de la médecine et du droit, comme j’ai vu revenir ces arguments assez souvent. Ils cherchent à valoriser des qualités qui sont considérées comme inutiles, futiles, dérisoires, comme la solidarité, la gentillesse, la remise en question. (c’est là que je me rends compte qu’on a que des gamins irascibles aux postes de pouvoir, que ce soit en politique ou dans les entreprises)

A priori, les objecteurs de croissance ne souhaitent pas un retour en arrière sur des questions morales. Cela dit, j’aimerais bien des précisions et certains des penseurs d’avant n’étaient pas très au fait des différentes discriminations. Et puis en tant que féministe, je pense que les hommes ne se sont pas réellement emparés de la question, car non-concernés, ou alors, pour faire comme la majorité des politiques ou des militants pseudo-alliés à la cause, pour que ça fasse joli sur le CV. Manque de bol, les gars, je ne compte pas faire la popote et le ménage, même si un retour en arrière sur nos valeurs et notre rythme de vie sont préférables. Du coup, j’ai cherché un livre qui relie ses deux principes en question et je n’ai pas trouvé, ce qui dénote d’un certain manque de considération sur la question. (j’ai juste trouvé un article qui ne répond pas à toutes mes questions) Je parle du féminisme car ça me concerne, à voir pour d’autres oppressions. Logiquement, il ne devrait plus y avoir d’exploitation des personnes racisées si on abat le capitalisme, mais je sens que je manque d’imagination…

J’ai remarqué une critique de la science, et une critique salutaire ! Beaucoup la mettent sur un piédestal, comme si elle allait résoudre tout nos problèmes, notamment celui des ressources limitées. Le problème de la science aujourd’hui est le suivant : il faut tout découvrir, tout doit être fait pour que la science progresse, quitte à rogner sur des valeurs morales qui nous auraient empêché d’arriver à certaines inventions qui amèneraient carrément à la destruction de la planète (lol la bombe atomique). Au nom de la science, tout est toléré, mais surtout les inventions un peu inutiles ou très dangereuses… Les scientifiques ne se posent jamais la question de ce qui pourrait être fait de leurs découvertes et de leurs inventions, ils se contentent juste de travailler au nom de la sacro-sainte science, ils se trouvent au-dessus de ces questions stupidement humaines. Alexandre Grothendieck est celui qui a le plus dénoncé ceci, ayant été lui-même mathématicien et ayant eu longtemps une vision un peu élitiste de son domaine. Mais vous connaissez la chanson, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et il appelle ses collègues à prendre leurs responsabilités. De manière générale, l’idéologie du « progrès » est montré du doigt par tous. La fusion de la technologie et de la science avec la création de nouvelles armes est sûrement le plus effrayant.

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Tolstoïïïïïï ?!?

Si j’ai parcouru les pages avec avidité, ce fut encore plus le cas avec l’apparition de… Tolstoï ! Depuis le temps, vous devez savoir que je déteste Guerre et Paix, ayant du coup mis l’auteur dans la case « grand bourgeois », ce qu’il était, pour ma défense. (d’ailleurs, on m’avait vendu son livre comme « représentatif de toutes les couches sociales de la Russie du début du XIXème siècle », j’attends toujours) Par contre, je pensais que l’auteur était définitivement casé, qu’il avait sûrement été comme ça toute sa vie. A ma grande stupéfaction, j’ai découvert que non ! Sa prise de conscience sur le sujet a été tardive, mais au moins, elle a eu lieu ! Il en est même tombé en dépression, et a travaillé à répandre ses idées, à changer son train de vie et à critiquer très sévèrement sa classe sociale. Personnellement, j’ai trouvé ça incroyable. J’ai redécouvert l’auteur sous un angle qui m’était plus appréciable, alors qu’en général, on tait ce passage de sa vie comme s’il n’y avait eu que sa grande période de romancier qui avait compté. Contrairement à ses admirateurs, je l’ai trouvé bien meilleur à la fin de sa vie. Malgré que j’ai toujours Guerre et Paix en travers de la gorge, Tolstoï est remonté dans mon estime, et croyez-moi, il revient de loin !

Je me rends compte que je n’ai peut-être pas réellement parlé de ce qu’amène la décroissance comme idées. C’est encore un peu confus pour moi (tout en étant extrêmement clair), donc j’espère ne pas vous avoir perdus. Grosso modo :

  • disparition de la société capitaliste,
  • réduction des communautés à une échelle plus réduite afin qu’elle soit à taille humaine (et du coup, suppression de l’Etat-nation),
  • remise en valeur de certaines qualités et valeurs aujourd’hui traitées avec mépris,
  • remise en cause de la valeur travail poussée à son paroxysme,
  • suppression de l’idée de toute-puissance de la technologie,
  • la diminution, voire la fin, des inégalités,
  • etc.

Je vais vous nommer six penseurs sur la décroissance qui m’ont marqué (sachant qu’ils m’ont tous marqué à leur manière parmi les 50) et vous donner une citation de chacun d’entre eux, ou plutôt de leurs idées comme elles ont été présentées par les auteurs et les collaborateurs du livres.

(les illustrations sont tirés du livre, dessinées par Stéphane Torossian)

décroissance-camus-illuAlbert Camus

Bon, en vrai, je vous avoue que c’est une blague, je n’ai pas pu m’empêcher de le mettre. Mais il ne fait pas vraiment partie de mes préférés sur le sujet, c’est juste que mon admiration pour l’homme me mène à le rajouter ici. Néanmoins, je trouve qu’il est une bonne base sur l’esprit et les réflexions qu’il faut avoir sur le sujet.

C’est le thème de la pauvreté heureuse, qui résonnera familièrement aux oreilles des partisans de la décroissance, et que l’on trouve partout dans l’œuvre de Camus. En 1950 il se donne cette règle de vie : « Pauvre et libre plutôt que riche et asservi. Bien entendu les hommes veulent être et riches et libres et c’est ce qui les conduit quelquefois à être pauvres et esclaves. » Et huit ans plus tard, il écrit dans la préface de L’Envers et l’endroit : « Je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l’excès de biens. Le plus grand des luxes n’a jamais cessé de coïncider pour moi avec un certain dénuement. »

décroissance-arendt-illuHannah Arendt

Je ne connais pas encore cette philosophe très bien, n’ayant lu que Eichmann à Jérusalem. Cependant, elle est tellement reconnue dans le domaine par des personnes assez différentes que la précision et la pertinence de ses propos sur le sujet ne m’ont guère étonnée.

« C’est une société de travailleurs que l’on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. […] Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. »

décroissance-charbonneau-illuBernard Charbonneau

Je crois que c’est celui (l’ayant lu au début) qui m’a le plus impressionnée. Il a eu le temps de connaître l’avancée de la catastrophe, étant décédé en 1996… Choisir une citation a été difficile car ce qui lui est attribué est rempli de perles qui m’ont longuement fait réfléchir avant de continuer le livre.

Ainsi une organisation sociale fondée sur l’idée d’un développement indéfini nous expose à deux risques qui sont dialectiquement liés et que Charbonneau résumait par deux principes. Le premier : un développement indéfini dans un espace-temps fini est impossible. Ce qui signifie que le développement accéléré conduit au chaos. Le second : plus la puissance grandit, plus l’ordre doit être strict. Soit que le développement accéléré appelle une organisation totale, si ce n’est totalitaire, de la vie sociale, collective, et personnelle.

décroissance-goodman-illuPaul Goodman

Le mec est un des intellectuels majeurs des années 60 et on a oublié ce qu’il racontait. Que nous, Européens, l’ayons oublié est un peu logique, vu que ses publications n’ont pas trop fait parler chez nous, autant les États-Unis ont grave merdé. Le mec avait des choses très intéressantes à dire.

Notre auteur fut en effet à partir des années 1950 un théoricien et promoteur de la Gestalt-thérapie, qui considère que les conflits, les névroses et les pathologies psychiques s’enracinent dans une distorsion du rapport entre l’organisme et le milieu dans lequel il se trouve inséré. La notion de Gestalt, ou « forme » globale, suggère donc une interprétation élargie de la vieille idée de « nature humaine », qui fait primer la relation sur les pôles respectifs (le « sujet » et « l’objet ») qu’elle est censée relier. En réalité, le lien est toujours déjà là, nous sommes toujours ouverts à un environnement dans lequel seront amenées à se développer des capacités, ou puissances d’être, spécifiques et variées. En ce sens, lorsqu’il fait de la critique sociale, Goodman se conduit aussi bien en clinicien : si l’on ne saurait proposer de contenu positif et exhaustif d’une « nature humaine » essentialisée, il est à tout le moins possible de repérer, par la négative, ce qui dans l’organisation bureaucratique et centralisée de la société industrielle brise l’équilibre organique, en produisant frustration et souffrance sociale.

décroissance-coomaraswamy-illuAnanda K. Coomaraswamy

Enfin un penseur non-occidental ! En effet, cet homme est Indien (ou plutôt Sri-Lankais, mais à l’époque, ils vivaient encore sous le joug de l’empire britannique) et il n’y a bien que lui pour penser à ce que la société mécaniste apporte de mauvais au niveau culturel… et pas selon la vision occidentale !

Deux aspects dominent. [dans son livre Art and Swadeshi] Le premier est l’universalisme de notre auteur. Son nationalisme n’est pas chauvin. Le second aspect est sa critique de la résistance nationale indienne contre le colonialisme. Pour lui, cette résistance, telle qu’elle s’exprime par le mouvement Swadeshi, est inconséquente quand elle occulte les dimensions culturelles, spirituelles et psychologiques du processus d’émancipation, au profit des seules dimensions économiques et politiques : l’Inde ne peut résister à l’impérialisme si elle ne valorise pas les traditions sociales locales et le génie créateur des artisans et des paysans. Dans ces traditions, l’objet produit porte une double dimension, celle de l’utilité et de la symbolique. Dit autrement, on ne peut séparer le travail de la culture, et cette dernière ne saurait être réduite à des activités de loisir et de divertissement. Ce qu’il dénonce, c’est à la fois la réduction du culturel au loisir, et la mécanisation du travail.

décroissance-gorz-illuAndré Gorz

Voici l’intellectuel le plus jeune de ma sélection ! (il est décédé en 2007) Il s’est beaucoup inspiré de Jean-Paul Sartre et a travaillé pour sa revue Les Temps Modernes. Il était contre la valorisation du travail et de la production, ce qui en a fait sûrement un intellectuel à part parmi les marxistes dont il devait être entouré.

Société postindustrielle ne signifiait pas non plus pour Gorz désindustrialisation radicale par retour à une économie villageoise, artisanale et largement autarcique. Les techniques industrielles ne devraient pas être systématiquement rejetées mais choisies en fonction de leur capacité à faciliter une plus grande autonomie des individus et des communautés. Se réclamant toujours d’Illich, il insistait sur la nécessité d’une synergie entre mode de production hétéronome et mode de production autonome ; le premier doit être mis au service du second. Au contraire, à l’heure actuelle, par le biais de choix techniques – tel le nucléaire qui reflète une société centralisée et policière contre lequel il a fait croisade – nous sont imposés de véritables choix de société. Les maîtres-mots d’un projet de gauche de reconquête de l’accès aux moyens de production sont par conséquents appropriation et décentralisation. Les techniques doivent être respectueuses du milieu de vie et contrôlables par les producteurs et consommateurs associés au local du quartier, de la commune, de la région.

J’aurais pu citer directement leurs propos de cette fameuse page où on peut trouver des citations de leurs publications, qui sont de véritables pépites qui permettent d’avoir une idée sur la personne et ses réflexions avant de lire le reste. Très souvent, elles m’ont fait l’effet d’un électrochoc.


Bien évidemment, je peux aussi mentionner d’autres penseurs présents dans ce livre, comme Simone Weil (il n’y a que deux femmes dans ce recueil, c’est l’une d’elles), Aldous Huxley (enfin, on reconnaît son génie dans Le meilleur des mondes !), Ivan Illich, Georges Bernanos, Pier Paolo Pasolini (il m’intrigue d’autant plus qu’il est contre l’avortement et que je sens que ce ne sont pas les habituels arguments sur le sujet, peut-être ai-je tort…), Ernst F. Schumacher, Henry David Thoreau, Nicholas Georgescu-Roegen… En fait, je me sens limite injuste à ne mentionner que leurs noms alors que les autres sont eux-mêmes très intéressants.

Je relirai sûrement ce livre pour me mettre les idées au clair et pour chercher des inspirations de lecture. Je vous conseille d’ailleurs celui-ci en premier, l’essai plus haut est un peu plus théorique, mais développe aussi la décroissance d’un point de vue contemporain très proche du nôtre. Donc je pense qu’il vaut mieux les lire dans cet ordre, afin de pouvoir éclaircir certains points par la suite.

Ceci dit, ça restera assez flou dans ma tête une fois que je les aurais relu, donc je vais partir à la recherches d’autres publications. (mon porte-monnaie n’est pas d’accord) Ces livres m’auront bien secoué, moi qui suis déjà dans une période instable, que ce soit psychologiquement ou matériellement d’ailleurs. Ça remet en question mon avenir, mes projets (lol j’en ai pas vraiment) et de nouvelles idées et inspirations me semblent nécessaires pour le futur.

On aura compris que je n’en suis pas ressortie changée mais que ces deux livres m’ont inculqué la volonté de changer, par contre. Je suis encore sous le choc, des idées m’ont parlé instantanément, d’autres où j’ai été un peu plus résistante (après tout, j’ai grandi dans cette société de consommation, je n’ai toujours connu que ça). Si vous vous posez des questions sur le sujet, je ne pourrai malheureusement pas y répondre, étant moi-même encore une novice. (le titre de l’article ne comporte pas le mot « découverte » pour rien) Il y a tellement de sujets à explorer que je ne sais moi-même plus où donner de la tête.

Mais si vous vous intéressez au sujet, si vous sentez que quelque chose ne va pas dans notre société actuelle, n’hésitez pas à vous tourner vers ces livres.

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26 réflexions sur “Découverte : la décroissance

  1. Quel chronique passionnante ! J’aime beaucoup ta façon de soulever les différents points qui t’ont interpellée, d’adhérer à certains, de douter parfois. Tu argumentes et nuances ton propos et c’est très agréable et instructif !
    Effectivement, je vais noter ces livres, je pense qu’ils m’intéresseront tout à fait !

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  2. Je suis une mini décroissante. Si cela t’intéresse, je suis dans un groupe FB qui vise à la décroissance notamment dans un but écologique. Pour beaucoup ce personnes sur ce groupe, cela part avant tout d’un intérêt économique. Mais ensuite, l’écologie prône et cela va assez loin. Certain.e.s vont jusqu’à faire du papier toilettes réutilisables ! C’est vraiment impressionnant.

    Je trouve ta chronique hyper intéressante et je pense aussi qu’il est important d’aller vers une décroissance. On consomme beaucoup trop et plein de trucs inutiles. Moi la première, je ne jette la pierre à personne x] Tout comme toi, ce qui m’embête le plus c’est internet. Je fais partie de la première génération à avoir grandis avec internet. Même si je n’y avais pas autant accès qu’ont les enfants de nos jours, j’ai appris à utiliser un ordinateur en primaire à l’école.

    Honnêtement, si on me dit que je dois me passer d’internet, je vais dire ok quelques temps, mais je dois pouvoir revenir dessus. Je m’agace profondément quand on me dit que « les jeunes peuvent pas lâcher leur portable, internet, etc. » sauf qu’internet cela permet quand même une sacré ouverture d’esprit. Si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à internet. Ne plus avoir internet serait une régression pour la société, car cela couperait la communication. C’est très bien les communautés, mais c’est encore mieux de ne pas cultiver l’entre sois. Je le vois bien au boulot, je travaille à l’inspection du travail, on est sensé être à fond sur les droits de chacun, etc. Sauf que moi avec mes idées je dénote, tout ça parce que je remet à la place des gens qui disent que les femmes n’ont pas le droit d’avorter, qu’elles n’ont pas le droit de jurer, que je rappel que non on se moque pas d’une personne au physique différent, que oui tel propos c’est hyper homophobe donc ça se dit pas. Et je crois que ça serait la fin du monde si je me lançais sur la question du racisme (ce que je ne fais pas, car je ne suis pas concernée donc je dis rien tant que personne n’est directement visée).

    L’idéal c’est de se tourner vers une énergie plus propre pour pouvoir continuer à utiliser internet. D’ailleurs, la décroissance ne peut pas marcher seule. Il faut mener d’autres actions en même temps : le contrôle des naissances pour éviter la surpopulation (qui passe à la fois par l’éducation sexuelle et celle que les enfants ne doivent rien à leur parent, ce qui supposerai un meilleur accompagnement des personnes âgées pour qu’on ne ressente pas le besoin d’avoir des enfants pour pouvoir mener à bien une vie âgée ou bien au lieu d’encourage un renouvellement de la natalité à tout prix, accepter la migration des populations qui fuient la guerre, les désastres écologiques, etc.), limiter, voir arrêter, la consommation de la viande qui provoque une déforestation massive, lutter contre le gâchis alimentaire (par exemple accepter que des personnes fouilles les poubelles pour se nourrir), etc. La décroissance est un levier, mais il ne doit pas être le seul.

    Je pense aussi qu’il faut garder à l’esprit que la décroissance concerne uniquement une certaine catégorie de la population. La décroissance va passer par exemple par le minimalisme : je m’achète peu d’objets, mais de bons objets (local, la personne est payer correctement, etc.). C’est très bien, mais à côté nous avons des personnes pauvres, qui elles achètent des objets un peu pourris, d’occasions, pas par choix, mais par obligation. Bien entendu, une personne avec peu de moyens peu y participer. Mais si on est sincère avec le mouvement tel qu’il est actuellement c’est avant tout un joli hastag de plus sur instagram. Bien entendu il existe des personnes très sincères, des personnes qui arrivent à réaliser des trucs dingues et merveilleux. Mais c’est une question de personnes qui ont les moyens surtout. (Pas que, mais surtout).

    Désolée je me suis un peu laissée emportée par mon commentaire >> »

    Aimé par 1 personne

    • Hé bien, quel commentaire ! Et tu n’as pas à t’en faire, il est très intéressant !

      Alors, je n’ai plus FB – enfin, j’ai un compte non officiel pour garder le contact avec mes anciennes collègues de la formation et une amie à l’étranger, mais j’évite au maximum de m’en servir. Je ne veux plus y retourner, donc c’est vraiment très gentil, mais ne te décarcasse pas pour me donner le nom. Par contre, si tu as des ressources autres, je suis toute ouïe !
      Du papier toilettes réutilisable… 😮

      Et pour Internet, tout à fait d’accord avec toi : tout le monde n’arrête pas d’en pointer les mauvais côtés, mais je ne suis pas d’accord, Internet m’a apporté plein de choses, je me sens bien moins seule grâce à ça. Une alternative plus économique comme tu dis, ça serait bien.

      Ca n’a pas l’air simple à ton boulot ! Je pense que je dénoterais pas mal aussi (je l’ai senti à mon ancien boulot et à ma formation), ce qui contribue très sûrement à mes problèmes psychologiques. Et non, ne parle pas du racisme, tu vas t’y casser les dents, parole de fille non-concernée qui a osé. Je disais à une fille (blanche, et moi aussi) qu’elle ne pouvait pas parler de racisme anti-blanc car ça n’existe pas vraiment et qu’en tant que blanche, elle n’est pas vraiment concernée, et elle m’a répliqué que je ne pouvais pas de racisme vu que je suis blanche aussi (c’pas faux) mais qu’elle, elle pouvait parler de racisme anti-blanc vu que justement, elle était concernée. J’ai fermé ma gueule après ça. Ne vis pas ce traumatisme stp xD

      Je suis végétarienne, alors je participe (en partie) à ce petit mouvement écolo. (bien que ma principale raison soit éthique) Mais oui, la valorisation de la natalité est à l’heure actuelle une mauvaise chose, je ne vois pas pourquoi on fait chier les childfree (dont je suis) avec ça, en plus de notre volonté de ne pas en avoir à titre personnel, on a raison sur le plan démographique. Y a aussi un peu de racisme là-dedans, les gens veulent bien que les blancs aient ds gosses, mais pas les autres… Pour la solidarité des gens envers leurs enfants, je n’y crois pas trop, soit ils sont dans un déni (volontaire selon moi), soit ils en ont rien à foutre et le revendiquent. « A chaque génération ses problèmes ». Sauf quand ils sont créés par nous, bourrique… Bref, extraordinairement égoïstes. (et c’est moi qui suis bizarre, hein…)

      Il y a aussi un problème majeur : c’est qu’on manipule les masses les plus populaires à consommer. Donc ils achètent tout et n’importe quoi en pensant se faire plaisir, ça me fait beaucoup de peine. J’en connais qui se sont endettés juste pour avoir l’air plus cools avec un téléviseur ou un portable dernier cri. Et je ne sais pas trop comment agir, donc je regarderai tout ça. (et si je dois avoir les moyens comme tu dis, je ne suis pas sortie des ronces)

      Enfin voilà, tout ça m’intéresse mais j’ai besoin d’idées plus concrètes 🙂 Je chercherai donc l’inspiration parmi les 50 penseurs du dernier bouquin que j’ai présenté, mais je ne suis clairement pas contre des ressources plus contemporaines ! Après, dans quelques années, j’espère que j’aurais dépassé le stade du hashtag sur Instagram x)

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      • Haha tant mieux ♥

        Si tu n’es pas trop FB, tu peux regarder sur le forum Madmoizelle, il y a des sujets intéressants dessus. Sinon, on ne parle pas clairement de décroissance, mais ce sont des blogs de personnes normales (j’entend par là pas de l’instagrammeuse hyper sexy qui vit aux USA et aiment mettre ses déchets de l’année dans un bocal) : http://lasaladeatout.blogspot.com/ et http://www.sortezdevosconapts.com/ Elles ne vont pas définir les concepts, mais cela m’a permise de revoir mes préjugés. (Je tape beaucoup sur instagram, mais j’aime beaucoup ce réseau social. C’est juste qu’il est pour moi l’incarnation même de cette classe bobo qui fait plein de trucs très chouettes et en même qui est hyper culpabilisante et classiciste) Simonae un webzine que j’apprécie beaucoup propose des articles sur le zero déchet qui rejoint cette idée : http://simonae.fr/categorie/modes-de-vie/zero-dechet/ Niveau essai par contre je n’ai rien à te proposer :/

        Cela n’a jamais été simple dans le monde du travail pour moi, surtout depuis que j’ose m’affirmer et dire que cela me plait pas l’attitude des gens xD Mais j’ai arrêté de vouloir changer les mentalités, je me contente de planter une graine dans l’esprit des gens et l’arroser régulièrement (et après une plante sortira de leur tête haha) plus sérieusement et essayer de faire évoluer les mentalité ainsi que par une opposition plus direct.

        Moi aussi je suis végétarienne pour l’éthique avant tout ♥ D’ailleurs je suis bien embêtée avec Khaleesi à qui je donne des croquettes qui contiennent de la viande animale. Je veux pas lui imposer mon mode de vie et en même temps je suis en mode : moui mais bon quand même é_è Et je fais partie de la team child free aussi haha. Je suis d’accord sur tout le reste avec toi ♥

        Oui, on ne cesse de nous pousser à la consommation :/ Après on peut être dans la décroissance sans être riche pour autant. Par contre, il ne faut clairement pas viser la possibilité de mettre tes déchets dans un bocal en verre. Déjà il réfléchir est un premier pas, un énorme premier pas. On se met à revoir notre mode de consommation, on se demande si on en a vraiment besoin, on répare au lieu de jeter, on donne au lieu de jeter, etc.

        J’espère que les ressources vont t’aider et je sais que si un jour tu veux te lancer dedans tu vas y arriver ♥

        Et puis je sais que l’on discute surtout par commentaire interposé, mais je t’envoie plein de soutiens et de de rayons de joie pour te remonter le moral. Si tu as besoin d’une oreille attentive, n’hésite pas sur instagram ou bien par mail ♥

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      • Ah ben ça fait longtemps que je ne suis pas trop allée traîner sur Madmoizelle. (j’y vais surtout pour mes MP) Merci pour tous ces liens, je vais aller jeter un coup d’oeil ! (en plus, je connais Simonae, mais je n’y ai même pas pensé) Oui, je sais que t’aimes beaucoup Instagram, mais je pense qu’on peut aimer un RS en reconnaissant ses défauts. T’inquiètes pas pour les essais, je me débrouillerai 😉 (à la base, je cherchais même pas et je suis tombée sur ces deux-là xD)

        Que tu es optimiste 😮 (comme les gens ne me prennent pas au sérieux, je fuis xD) Mais c’est effectivement la bonne façon de faire, j’aimerais arriver à faire ça un jour ! (mais étant entourée de gens non-safes dans ma vie de tous les jours, c’est souvent compliqué)

        Copine ❤ Concernant la nourriture des animaux domestiques, je ne suis pas sur la même ligne que la majorité ds végéta*iens/vegans. Je vois (comme toi) que ça emmerde beaucoup de gens de donner des croquettes à la viande, mais moi, c'est l'inverse qui me ferait chier. J'en vois qui donnent des croquettes vegan à leurs animaux, et ça ne me plaît pas du tout. Les chiens et les chats sont surtout carnivores, et déjà que les croquettes industrielles sont remplies de céréales et que c'est mauvais pour leur santé… Ma soeur (qui mange toujours de la viande) donne de la viande direct à ses chats, qui ont beaucoup moins de problèmes de santé maintenant, c'est ahurissant. Je vois que tu hésites encore, et c'est normal, c'est leur régime à eux, on n'y peut rien. :/ (par contre, quand je la vois couper la viande, je grimace, alors de là à le faire moi-même… On verra)
        Copine childfree ❤ J'espère que tu n'as pas la même incompréhension dans ton entourage que moi. (mes parents ont mis du temps mais ça va mieux, c'est les autres membres de la famille qui saoulent)

        Je suis chez mes parents, donc c'est pas maintenant que ça commencera x) Mais je note, de toute façon, va falloir que je bosse le sujet avant.

        Et merci pour tes encouragements ❤
        Et aussi pour ton soutien, ça me touche beaucoup 🙂 (je note aussi)

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      • J’arrive à penser ainsi que depuis peu. Avant c’était loin, très loin d’être le cas. Mais quand on est pas dans un environnement très safe, on fait comme dans les avions on s’occupe d’abord de sois-même avant d’aider les autres ! (Ou alors si tu fais comme The Good Advice Cupcake, tu appuies sur un bouton éjecter pour les personnes toxiques :D)

        Même si cela m’embête de donner des croquettes avec de la viande à mon chat, je me vois pas pour autant donner des croquettes vegans. Je ne tiens pas à imposer mon mode de vie alimentaire, mais bon je ne suis pas à une contradiction prêt xD Après je sais que je ne passerai pas à la viande, car je ne suis vraiment pas bien devant de la viande maintenant et de toute manière Khaleesi n’a jamais aimé ça, même quand j’étais omnivore elle boudait les bouts de viandes que je lui donnais x) Mais vu qu’elle est dans une super santé je m’inquiète pas trop pour le moment :p

        Dans ma famille on me laisse tranquille avec mon non désir d’enfant. C’est plus au boulot qu’on me saoule avec ça, car on veut à tout prix que j’en ai et je dis que non et que si on m’en donne un je le balance par la fenêtre xD Cela a tendance à choqué et on me dit que je changerai d’avis, mais cela calme.

        C’est pas facile de changer de mode de vie quand on est chez ses parents, ça sera nettement plus facile et possible surtout quand tu auras ton chez toi ♥ Courage ! Il y a des périodes pas faciles, mais on finit toujours par les traverser on ne sait trop comment.

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      • Je veux bien des sièges éjectables. x) Plus sérieusement, il est vrai qu’il faut d’abord que je m’occupe de moi-même.

        Ah, elle est comme mon chat, elle n’aime pas la viande pure 😀 Elle a quel âge ?

        Ahaha, tu m’étonnes que ça les a choqué. xD Moi, je dis que je les aime pas, et si on insiste, je dis que je trouve qu’ils sont mal élevés par leurs parents… (suivez mon regard) Faut leur rentrer un peu dans le lard. Ginger Force avait raconté une fois que sa tante la faisait chier avec ça et qu’elle lui a demandé ce qui l’intéressait tant dans son vagin, et depuis, plus de nouvelles. Je crois que je vais faire pareil xD

        Quand j’ai voulu devenir végétarienne, j’ai attendu d’habiter chez mon ex pour le faire, sinon je savais que c’était impossible. Donc là, ce sera pareil. Et merci encore ! ❤

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      • Je te conseille vraiment le compte instagram de The Good Advice Cupcake, c’est plein de bons conseil et très drôle et cela fait du bien !

        Elle va avoir 5 ans en août / septembre ! Je ne sais pas exactement, vu que je l’ai récupéré dans la rue x) Et la tienne ? 😀

        C’est pas mal aussi comme réplique haha !

        En ce moment je tombe sur pas mal de ressources pour le minimalisme, etc. Mais c’est qu’une forme de la décroissance. Je demanderai à une amie qui s’intéresse à ce genre de sujet si elle n’a pas des essais sur le sujet 🙂

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      • Merci ! Je vais aller la suivre pour voir de quoi il en retourne 🙂

        Elle est encore jeune ! La mienne a 17 ans 😀

        Merci ! Et d’ailleurs, merci pour le blog La salade a tout, je le trouve vraiment sympa et bien fourni 🙂

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  3. Bon j’ai enfin réussir à finir de tout lire, tu n’as pas fait les choses moitié :p Il y a du contenu.

    Juste deux remarques générales, négatives : C’est presque malhonnête de dire que Jevons est néolibéral puisque le terme n’a plus du tout le même sens aujourd’hui’hui qu’au XIXème siècle, on peut le considérer Néolibéral dans le sens où il enclenche (avec d’autres) le marginalisme et donc une nouvelle doctrine économique centrée autour d’une nouvelle notion de la valeur (qui passe de travail chez les libéraux classique à valeur utilité chez nos marginaliste, d’ailleurs on préfère ce terme). C’est un libéralisme sans intervention de l’état, parce que l’économie est parfaite, elle s’équilibre seule. L’état dérègle et ne sert à rien. Les néolibéraux actuels, modernes pensent strictement l’inverse : l’état doit aider à rendre le marché parfait, ce qui rendrait le fonctionnement plus optimal MAIS sans l’aide de l’état il ne le peut pas, puisque c’est justement la stratégie des acteurs (entre autre) de distordre le marché (par exemple en essayant de former des monopoles pour capter tout le profit). C’est de là qu’on a des politiques contre les trust, pro-concurrence, etc. Les libéraux marginalistes ont pas grand chose à voir avec les néolibéraux actuels, ces derniers reprennent la valeur utilité et l’idéologie de base autour du marché mais…c’est vraiment des trucs différents. De même attention avec les distinctions libéralisme et capitalisme. On ne parle pas du tout de la même chose, l’un est une doctrine politique et philosophique très large quant l’autre « n’est » qu’un système économique et social de production. Le libéralisme n’est pas forcement capitaliste, regarde les anarchistes libertaires, ils sont très très libéraux mais pas capitalistes. Mais en France ce sont des mouvements très limités…on confond vite du coup. Et le capitalisme n’est pas forcement libéral (Chine, URSS, etc.).
    Et sur la science, elle n’a jamais prétendue régler tous les problèmes en fait. Les chercheurs ne prétendent pas ça pour la plupart, ils essayent juste d’expliquer des phénomènes. Ils sont dans le comment, pas dans le pourquoi. Bien sur il y a un problème d’éthique dans la recherche ajd, parce qu’on a eu la super idée de n’enseigner la philosophie qu’aux étudiants en filière littéraire (et philo), ce qui est complétement idiot. L’éthique est une branche de la philo qui me semble nécessaire à tout chercheur.

    Après cet aparté, bel article. Fiou. Je devrais fouiller du coté de ces livres ! Sans être décroissant, je ne suis pas dans une optique de production et consommation effrénée cela dit être fauché aide pas mal). Plus que de nécessiter une explication rationnelle c’est une évidence qui est devant notre nez. Inutile de produire un excédent quand on est pas capable de nourrir toute la planète également. C’est une vraie perte de bon sens après des décennies de libéralisme économique idiot, déraisonné. Une croissance lente serait plus profitable au sens du bien-être qu’une croissance forte, et en même temps das un système capitaliste, croissante lente rime avec paupérisme et pauvreté des classes moyennes (c’est l’époque victorienne en fait, à ce sujet Piketty explique bien la chose).
    Avec plus de finesse tout de même, la production n’est pas un mal tant qu’elle est raisonnée ET durable. Par exemple le réseau internet est top mais son architecture est catastrophique, il n’a pas été prévu pour une aussi large utilisation, pourtant on en abuse. Un truc qui me fatigue : l’utilisation abusive des ressources internet. Chaque page moderne demande de plus en plus de librairies tierces, qu’on télécharge en boucle, des images d’illustration, etc…Ça ne sert à rien, et on consomme des ressources pour…rien. Il y a une question de responsabilité citoyenne, comme pour le covoiturage. Oui il est plus agréable de voyager seul, mais covoiturer c’est aussi respecter son habitat et ses voisins (en plus du partage du cout).
    Décroissance, deep-ecology, Marxisme, tout ça est un peu lieu en réalité.

    Je te lis dans un autre commentaire de parler des « Childfree », c’est marrant je suis en train de lire « The harm of coming into existence ». Personnellement je suis aussi pour une réduction de la population. Je ne parle pas de tuer des gens volontairement mais de réduire les naissances de manière citoyenne, parce que ce n’est pas durable avec notre rythme de vie. Il faut faire un choix.

    Gros sujet, je vais m’arrêter là…J’ai pas envie de t’ennuyer plus ahah.

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    • Aha, désolée. Si ça peut te rassurer, je ne ferai pas ça tous les mois. 😛 Et tu ne m’ennuies pas du tout, au contraire !

      Le pire, c’est que j’ai hésité à le qualifier de néolibéral ! Mais ils le nomment ainsi, et comme j’ai tendance à penser que tout le monde s’y connaît mieux que moi en économie (j’ai des bases, et encore, ça date d’il y a 3 ans), du coup, j’ai préféré les croire. Donc honte à moi de ne pas avoir vérifié, aha. Tiens, voici le passage en question : « C’est un économiste qui voit le monde comme un économiste, même s’il se pose des questions morales et éthiques. Jevons n’était rien moins qu’un des fondateurs de l’école néoclassique, autrement dit un néolibéral de la première heure. » (du coup, je fais quoiii ?) J’ai trouvé qu’ils ne faisaient en général pas de cadeau aux économistes (je suis plutôt dans l’esprit que les deux « camps » ont des choses intéressantes à dire) mais si celui-ci se trouve là, c’est bien qu’ils le reconnaissent aussi. Et merci pour toutes tes explications ! J’ai vraiment perdu beaucoup sur le sujet, il est temps de m’acheter un truc du genre « L’économie pour les nuls », ça me ferait pas de mal je pense. 😛 En plus, il y a des choses qui me paraissent évidentes quand tu les dis, alors que je n’y pense pas forcément de moi-même… A travailler !
      Concernant la science, ce n’était pas forcément une critique venant de tous, après, c’est quelque chose que j’ai remarqué, et c’est une mentalité qui m’énerve un peu. Après, je vois bien qu’il y en a qui ne sont pas comme ça, et heureusement ! Beaucoup d’objecteurs de croissance sont divisés sur la question, certains sont vraiment dans la perspective de supprimer tout ça, d’autres disent que la science et la technologie peuvent être utilisées à bon escient. (mon avis) Comme tu le dis, ça manque de philosophie chez eux ! (ils devraient lire Albert Camus 😛 )

      Tu fais bien de parler de Piketty, il faut que je le lise ! Tout le monde me dit « gnagnagna il est subjectif », mais ils le sont tous plus ou moins…
      Il y a toujours ce problème de ressources qui me titille, et je pense que c’est là-dessus que tu seras sûrement le plus en désaccord avec les décroissants. Néanmoins, je trouve que c’est un sujet intéressant, et de toute façon, être complètement décroissant est très difficile aujourd’hui. Changer le mode de consommation est une première chose à faire.
      Pour Internet, je ne sais pas du tout quelles seraient les solutions, tu as des choses à lire à conseiller ? Le covoiturage, je préfère ne rien dire de ma seule petite expérience qui m’a un peu refroidie. xD (mais en échange, je préfère payer plus et prendre le train, appelle-moi bourgeoise pas contente) Mais effectivement, il faut réfléchir plus à ce qu’on fait, revaloriser la marche (ce que je déteste, mais je déteste encore plus la voiture xD) et des façons de consommer plus eco-friendly. Je vais commencer par réfléchir à tout ça, même si on me dira que « ce n’est pas suffisant, blablabla ». Mais tout a un début. (même si je suis d’accord que le début aurait dû commencer il y a une dizaine d’années)

      Alors monsieur lit en anglais ! (et le livre est comment alors ?) Plus sérieusement, je suis d’accord avec toi, je suis pour une réduction de la population, mais pas de manière radicale comme tuer des gens (il y en a qui sont barges avec ça, sans compter le petit soupçon de racisme chez certains…). Quant au choix, il m’était personnel à la base, mais bon, apparemment, en tant que femme, je dois me réaliser en tant que mère… Comme tu dis, il faut faire un choix, et si on ne se sent pas capable d’élever un ou des enfants, on ne devrait pas nous ennuyer, c’est plutôt un bon choix !

      Merci encore pour ton commentaire, j’espère ne pas avoir dit de bêtises.

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      • C’est surtout un problème d’histoire, le terme n’est pas faux, il est juste trompeur avec le sens commun et franchement malhonnête parfois. On l’utilise pour dire : regardez le méchant, il est néoclassique bouh, c’est un bourgeois exploiteur. Sinon effectivement on peut dire néoclassique mais suivant le public ce n’est pas pris de la même façon, et devant les différences entre ceux économiste, perso j’aime pas ce terme. Les écoles de pensée en économie sont très…particulières. La démarcation se fait sur la théorie de la valeur, des prix, etc…Mais si tu prends par exemple les travaux d’Arrow-Debreu qui reprennent les néoclassiques (anciens, jevons blabla) dans les années 50, ils épurent totalement le modèle en le rendant exclusivement mathématique alors qu’un type comme Walras propose bien plus, c’est une refondation de la société et justifie strictement tout les principes d’un point de vue philosophique. C’est pas un guignol. (Je connais mieux Walras que Jevons et Menger, et il est plus utilisé…).
        On prend trop les économistes pour des débiles en fait, et ça c’est pénible. Ok c’est parfois idiot mais souvent il y a une forte raison derrière tout ça, surtout avant la mathématisation massive de la discipline.

        Si tu veux il y a le Thouément/Boncoeur qu’est pas mal en HPE, ils expliquent aussi la distinction classiques/néoclassiques et le problème que ça pose, et puis ils parlent un peu des nouveaux courants. Par contre c’est 20€ * 2 tomes. Ouais ça pique.

        C’est justement parce qu’il n’a pas de problème avec sa subjectivité qu’il est intéressant. Il se cache pas derrière une objectivité ridicule. D’autant plus qu’il utilise le modèle de Solow pour parler de croissance, le truc le plus main-stream de l’univers en économie (mais il pousse plus loin avec la dynamique du capital, ce qui rend son livre génial 😉 ).
        Ouais le train c’est bien, juste plus cher pour moi que le covoiturage donc je préfère ça, ce qui compte c’est le transport en commun. En ville le vélo est top franchement, je préfère que le tram/métro. Finalement ce qui compte le plus à mon avis, c’est de faire les choses à son rythme mais sérieusement, pas en faisant le yoyo. On en parlait pour le végétarisme, là c’est pareil je crois.

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      • On prend les économistes pour des débiles ? Peut-être à gauche alors, parce que dans ma famille (de droite), on les prend pour tout sauf des débiles… (bon ok, juste ceux sur la ligne habituelle) Et puis, c’est justement… débile de considérer que l’économie, c’est débile. M’enfin… C’est pour ceux qui souhaitent juste faire des raccourcis pour arriver à leurs fins. (comment ça, j’ai des noms en tête ? Naaaan)
        Ah oui, la mathématisation de la discipline, une des raisons qui font que je me suis complètement plantée en licence, ça me rappelle des souvenirs x)

        Merci, je note. Je ne suis pas très ‘essais’ en ce moment, donc ça attendra. (surtout vu le prix xD) Ce mois-ci, ce sera romans !

        Bon, tu m’as convaincue, je le lirai, j’arrête pas d’hésiter devant ses bouquins à la librairie en plus. Autre question : je vois beaucoup les Insoumis (que je n’aime pas trop /tousse/) parler de Thomas Porcher, tu en penses quoi ? J’avoue qu’avec la horde d’économistes pro-LREM à « C dans l’air », ça me soulage de l’y voir de temps à autre, aha. Mais je m’en méfie un peu, alors je voulais savoir si c’est une ressource fiable. (je le suis sur Twitter, mais ça ne m’indique rien)
        Le vélo en ville ? Comment fais-tu ? Avec toutes les voitures qui te passent à fond à côté (et mon équilibre précaire par-dessus le marché), je trouve ça hyper dangereux. Il y aurait moins de voitures, ça me rassurerait. Et pour le train, je dois le prendre… très rarement maintenant. Le coût, sans compter que je n’en ai plus besoin.
        Nous sommes sur la même longueur d’ondes alors 😉

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      • On prend les économistes pour des débiles par rapport aux modèles parfois irréalistes qu’ils pondent oui. C’est d’ailleurs toujours l’irréalisme qui est reproché, sachant que c’est bien plus complexe que tout cela comme question. Très souvent tu vas avoir la critique contre l’économiste qui ne décrit pas le réel mais un monde parfait, fantasmé.

        Et pourtant ce qu’on voit en licence ce sont des modélisations très simples, après ça se corse (moi je fais pas ça mais je vois un peu les modèles). En statistiques aussi ouah ça monte vite en niveau. Pourtant ce n’est pas forcement mal, ça permet d’avoir un raisonnement logique plus difficile d’accès par la littérature et des résultats chiffrés.

        J’écoute très peu les médias, je fuis Twitter, mais j’ai un peu croisé Thomas Porcher, j’ai pas d’avis. S’il a un doctorat d’éco et qu’il est à gauche, alors il est intéressant à écouter oui. Disons qu’avoir des voix divergentes ne font jamais de mal…tout est question de jugement perso après en pesant les arguments. L’éco n’est pas vraiment une science exacte hein, surtout ce qui est présenté dans les médias, c’est la forme la plus politique.

        On s’y fait en ville…un peu flippant parfois mais les Lyonnais sont pas les pires avec les vélos je trouve, ils respectent encore assez les vélos quand on doit partager la route.

        (Et oui je lis en anglais, un peu…ce n’est pas ce que je préfère honnêtement surtout en philo…ça complique beaucoup les choses)

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      • Ca a l’air passionnant ce que tu fais ! En même temps, je dis ça mais je n’étais pas forcément très bonne en économie (je bloquais sur des concepts qui me paraissaient absurdes et injustes, alors je ne voulais pas les comprendre, pas dans le sens premier, mais dans celui où je ne les reconnaissais pas. (je ne me souviens plus exactement, mais j’aurais été un cas assez intéressant pour toi à l’époque, aha – dans le genre à qui foutre des claques)) Mais ça m’encourage à me repencher sur le sujet, bien que je pense surtout compter sur toi pour certaines choses 😛

        Il paraît que Thomas Porcher est assez reconnu, oui. Et il m’a eu l’air d’aborder des choses un peu différentes dans « C dans l’air ». (je suis encore assez maso pour regarder avec mes parents, bien que je fuis de plus en plus ce genre de séances) J’y regarderai de plus près, et merci pour ta réponse !

        Dans une aussi grande ville que Lyon… Je ne sais pas comment ça se passe, mais dans une petite ville comme la mienne, je n’ose pas.

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      • Ah mais je crois que l’étape « mais c’est débile et injuste ce truc » arrive à tous les étudiants normaux en éco 😉 La je prépare justement un article sur l’économie, plus précisément son caractère scientifique.

        J’ai abandonné la télé, sauf erreur de programme !

        Eh bah…étonnement j’ai plus confiance à Lyon que dans une petite ville, les gens ont vraiment plus l’habitude de rouler avec des vélos et les grandes rues permettent un espace suffisant pour doubler comme il faut. Maintenant je ne dis pas que c’est tout rose, parfois c’est chaud mais quand tu es en vélov, les gens flippent pour leur voiture. Un vélo en fonte de 20kg ça abime bien une carrosserie alors ils ne font pas les cons.

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      • Ca me rassure alors 😀 (et j’ai très hâte de lire ça !)

        Bah dis donc… Ma ville est une ville où il est considéré qu’avoir une voiture, c’est le minimum. (en plus d’être entourée par la campagne) Mon ex et le mari d’une de mes amies, la première fois qu’ils y sont venus, ils ont tout de suite commenté en substance « Mais il y a plein de belles bagnoles ! C’est une ville de bourges un peu, non ? » et on n’a pas pu répondre le contraire xD. Donc les vélos, y en a pas des masses… Et je vois que le pragmatisme empêche les Lyonnais de rouler sur les cyclistes 😛

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  4. Waouh, très envie de lire ces essais (surtout le second) !
    J’ai eu une grosse remise en question sur l’écologie en arrivant en études supérieures scientifiques et en découvrant que les ressources de la planète ne sont pas illimitées.
    Je suis moins engagée maintenant parce que… je ne vis plus toute seule. Et forcément, j’ai du faire des compromis sur ma façon de consommer, pour des raisons économiques ou parce que je n’allais pas tout imposer à mon mec (qui a fait également des compromis et s’achemine petit à petit vers un mode de vie plus écolo également, donc à terme ça s’équilibre, mais d’un coup c’est difficile d’adopter plein de nouveaux réflexes).

    Mais je crois que plus ça avance, plus je suis pessimiste. Je crois bien que la plupart des gens n’ont rien à cirer des conséquences futures tant que ça ne les concerne pas, et je me demande si maintenant ce n’est trop tard pour vraiment enrayer le processus. On peut le limiter et essayer de préserver ce qui l’est encore mais bon, même ça ça a l’air de gonfler les gens (j’ai vu un ami d’une connaissance qui parlait du conflit islamo-bobo-écolo et hurlait à la voiturophobie sur facebook il y a quelques semaines, LOL). De toute façon, si on veut que l’humanité survive, il faut soit changer le plus vite possible, soit commencer à coloniser l’espace rapidement 😀
    On ne peut certes pas être parfaitement écolo/éthiques/décroissants mais plein de petits pas faits par tout le monde, à mesure des moyens de chacun, ferait déjà une super différence (je ne parle pas des gouvernements parce que si on attend quelque chose d’eux on est pas dans la merde).

    Et ça me saoule parce que j’ai toujours voulu avoir des enfants ; mais quand je pense à tout ce qui va leur tomber sur la tronche je ne suis pas sûre que je leur ferait un cadeau (je pense de plus en plus à l’adoption pour ces raisons – et puis en tant que meuf bi, j’avais déjà envisagé la question des enfants si je voulais fonder une famille avec une meuf cis donc bon – mais c’est vrai que ça peut être des démarches très complexes et qui n’aboutissent pas toujours)(j’te raconte grave ma vie :p)

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    • Aha, j’ai fait du mieux que je pouvais pour que soit simple… et concis ? Non, je vais me foutre de ma propre gueule si je dis ça 😀

      Et ton mec, il en pense quoi maintenant ? T’as dû en discuter pas mal avec lui je pense. Et c’est vrai que c’est toujours compliqué de concilier ses valeurs et son copain, mon ex l’avait accepté, mais il a mis du temps avec mon végétarisme. (des concessions ? Oui, si on veut 😀 )

      Aha, je t’avoue que j’ai envie de foutre des maxi-baffes aux gens… et à moi-même aussi. Après tout, je conduis toujours une voiture. Mais par contre, je grogne contre les utilisateurs de SUV et de 4×4 en ville, en plus de polluer, ils sont insupportables. Les pires conducteurs que j’ai jamais vu ! A croire que la ville leur appartient… Oups, je m’égare. Mais ces gens en ont effectivement rien à foutre de polluer, avoir un SUV, c’est juste pour montrer qu’on a une bite plus grosse que les autres. (à défaut d’en avoir une, je suppose – encore oups) Mais ce sont ces gens-là qui ont une famille, qui tiennent tellement à leurs enfants mais qui, dans le fond, et je te rejoins, en ont rien à cirer, tant qu’EUX à titre individuel ont la belle vie, au détriment des autres. Coloniser l’espace, il y en a qui y pensent réellement, et je n’y crois pas du tout (à part pour faire survivre les plus riches, nous on n’aura qu’à crever) (putain, le paragraphe de frustrée de la vie, aha)
      Pour les petits pas, c’est déjà compliqué, j’habite encore chez mes parents et eux n’en ont rien à cirer, aha. Mais j’y songe fortement pour quand je vivrai seule. Il y a aussi le fait que je remets la valeur travail en cause alors… qu’il faudrait que je trouve un boulot. Ca me saouuuule. (et puis les politiques, poubelle, ça ne viendra que de collectifs de la population) (moi aussi, j’raconte ma vie 😛 )

      Pour la question des enfants, je n’en veux pas à titre personnel mais je t’avoue que cet argument est aussi présent maintenant. L’adoption, c’est une bonne idée ! Tellement d’enfants sans parents et des tas de gens qui ne pensent qu’à perpétuer leur « lignée » (oui, j’ai déjà entendu ça).

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  5. En même temps, tu as dit l’important et tu ne t’es pas éparpillée, donc en soit on peut dire que c’était concis :p

    Mon copain a en théorie les mêmes valeurs, c’est sur la pratique que ça pèche, il y a beaucoup de réflexes de consommation qu’ils n’avaient pas et qu’il trouve durs à appliquer (notamment sur le zéro déchet – ou au moins la réduction – et l’alimentation de saison -il passait son temps à manger des tomates en janvier par exemple-). Bon, et quand j’étais seule je n’achetais jamais de viande et de poisson (je n’étais pas végé car j’en mangeais chez les autres et au resto si pas d’alternatives) ; ça pareil, ça a changé ^^
    Mais je sais qu’à terme il aimerait passer végétarien ou au moins diminuer la consommation à une fois par semaine. Comme on a la flemme de faire deux repas et que j’ai eu des soucis de santé rendant mon alimentation plus complexe à l’époque de notre installation, pour le moment ça me va d’y aller à son rythme (et il a déjà diminué d’au moins 50% sa consommation de viande donc c’est cool).

    C’est plutôt quand je rentre chez mes parents que je frémis d’effroi, je compatis avec toi parce que pareil, ils en ont rien à cirer. Je passe ma vie à leur dire « c’est pas Versailles ici », « ferme l’eau quand tu te brosses les dents », « les restes du repas on peut les mettre dans un tupperware pour ce soir »… bref, le monde à l’envers :’)

    Et je vois que tu es aussi optimiste que moi dis donc !
    Je te rejoins pour les gens en 4×4 en ville. je me demande toujours ce qu’ils essayent de prouver (franchement ça doit être la merde pour se garer)(tu me diras ils ont probablement leur place de parking privée)

    Ahah, la lignée, tout un concept… la famille de ma grand-mère est… euh… artisto à particules lol, et je te jure que c’est vrai, ils ont envoyé une lettre recommandée à ma mère, mon oncle et ma tante parce qu’ils ont pris en photo des peintures de nos ancêtres pour nous les montrer, en les menaçants de poursuites judiciaires si on les diffusait en public. Parce que tu comprends, on est pas vraiment de leur famille à particules vu que ma grand-mère a épousé un immigré (qui venait du Caucase en plus ! horreur !). Genre on allait diffuser leurs portraits de sombres ancêtres inconnus, ils se sont pris pour les Windsors.
    Même si du coup, ça me va carrément de ne pas être considérée comme faisant parti de leur famille 😀

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    • Aha, vu comme ça, je vais accepter la réponse 😛

      Ahaha, je suis un petit peu comme ton copain sur les réflexes de consommation (à bosser donc !) Et le fait que je suis végétarienne, c’était à la fois réfléchi et irréfléchi, quand des non-végés me demandent comment je procède (avec le but de m’enfoncer souvent), je suis toujours gênée car je ne suis pas la végé avec une bonne alimentation. Mais il fait des efforts ton copain, c’est cool ! Diminuer sa consommation de viande, c’est déjà un bon début ! (pour certains, c’est no way)

      Ah, non, par contre, pour ce que tu as cité, mes parents sont impecs, c’est plutôt moi la mauvaise élève, aha. (à part que je ne fais pas couler l’eau du robinet, mais ça me semble un peu le b.a.-ba.) Mais quand j’aborde certains sujets, c’est limite si j’ai pas droit à un haussement d’épaules. De toute façon, j’ai encore des efforts à faire moi-même.

      Oui, il y en a qui m’énervent… Pour les 4×4/SUV, tu vois le côté « c’est difficile pour se garer » mais je les déteste tellement que je n’ai même pas vu ça, je vois juste qu’ils font chier sur la route. (je suis infernale en voiture, dès que j’en vois un qui est un tantinet chiant, je réagis au quart de tour, je deviens exécrable, ne croise jamais mon chemin si t’en conduis un, aha) Et puis ils polluent plus que les autres, le savent et en ont RIEN A CARRER ! Alors autant te dire que le regard noir fuse direct. Et j’ai déjà fait des commentaires à voix haute bien audible en plein centre-ville, il devait bien y avoir quelques conducteurs de ces véhicules-là dans le coin, ils ont pris cher xD (je crois que ma haine est bien palpable)

      Mais… Ta famille côté aristo est chelou, ils vous aiment pas et vous envoient quand même des photos de portraits de la famille… Je suis perplexe. C’est pour se faire mousser ?

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