Albert Camus, un écrivain brillant et un homme intègre

Aaah, il fallait bien qu’il vienne un jour, celui-là ! Comme beaucoup de monde le sait, Albert Camus est mon auteur préféré. Je fais savoir à maintes occasions que c’est le cas et il était temps de faire cet article-déclaration d’amour ! Je souhaitais faire un article plus ambitieux, mais c’est pas plus mal de le faire plus court. (après l’avoir entièrement écrit, je me dis que c’est une vaste blague et je vous conseille d’ailleurs de le lire en plusieurs fois…)

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Et aujourd’hui, le jour de sa publication, nous sommes le… 7 novembre ! Le jour de sa naissance. D’ailleurs, un petit résumé de sa vie (rien de barbant, je vous rassure) est de la plus grande utilité.

Avant ça, le menu de cet article sera fort utile pour savoir si vous allez zapper cet article, n’en lire que quelques parties ou y aller en fonçant tête la première.

Tout d’abord, comme vous l’avez compris, on va parler un peu de ce qu’a été sa vie. ses oeuvres marquantes à mes yeux, ce qu’il représente pour moi. On parlera de son défaut majeur à mes yeux mais aussi ce qu’on lui reproche le plus souvent et qui me laisse mitigée… Et dans la dernière partie, la plus courte d’ailleurs, je parle de mes doutes quant à la récupération de l’auteur par certains. (attendez-vous à ce que je rage dans cette partie)

Mais quoi qu’il en soit, cet auteur reste l’homme brillant et exemplaire qu’il est à mes yeux. Pas besoin de perfection, je suis et resterai toujours en admiration.

Sa vie, pas toujours joyeuse, mais bien remplie quand même

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Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie, dans une famille plutôt pauvre. Il vit avec sa mère, sourde-muette, son grand frère et sa grand-mère, celle qui les a élevé tous les deux (la méthode Montessori n’était pas très populaire à l’époque). Il ne connaîtra pas son père, décédé durant la Première Guerre Mondiale. Il ne verra que des photos de lui et une anecdote qui jouera un grand rôle par la suite dans sa vie : le dégoût de son père face à une scène d’exécution publique. (on n’était pas encore à l’abolition de la peine de mort)

C’est donc dans une banlieue populaire d’Alger qu’Albert Camus grandit. Il va époustoufler son instituteur de l’époque, Louis Germain, qui va l’encourager à continuer l’école, en opposition vive avec sa grand-mère, qui voulait aller le faire travailler. Il commence à sentir au lycée la différence de classe. C’est aussi un passionné de foot (il était gardien) mais devra stopper cette pratique en raison de sa tuberculose. Il s’engage par la suite dans des études de philosophie. Il ne pourra d’ailleurs pas aller au bout en raison de sa maladie… Un de ses professeurs de l’époque, Jean Grenier, avec qui il restera proche par la suite, l’encourage à se lancer dans une carrière d’écrivain.

Ensuite, il fait un mariage (et un divorce) avec une première femme, s’inscrit au Parti communiste et s’en fait jerter deux ans plus tard (grosse poilade si vous voulez mon avis, encore une preuve que la politique, c’est de la merde). Il rejoint la rédaction d’un journal, Alger républicain. Sa passion pour le théâtre se concrétise aussi durant la fin des années 30, comme tout le reste.

Mais bon, l’arrivée de la Seconde Guerre Mondiale gâche pas mal de choses. Alger Républicain est interdit et Camus se retrouve sans le sou, alors qu’il doit se marier une deuxième fois. Il envoie le manuscrit de L’Étranger à Gallimard, sous la recommandation d’André Malraux. Celui-ci, ainsi que Le Mythe de Sisyphe (un essai philosophique), seront publiés en 1942, ayant passé le test de la censure qui n’y voit que du feu. Le roman rencontre un fort succès (of course). Albert Camus se trouve depuis le début de la guerre en France métropolitaine et rejoint la direction de Combat, un journal clandestin. Des pièces de théâtre seront également publiées et il travaille aussi à la rédaction de La Peste. Il rencontre Jean-Paul Sartre durant cette période et les deux hommes se lient d’amitié. Il est aussi le seul éditorialiste français (et occidental ? A vérifier) à dire que la bombe atomique, même si elle permet la fin de la guerre, est une catastrophe et à quel point cela questionne le devenir de l’humanité.

Après la guerre, le journal Combat ne se porte pas très bien, non seulement financièrement, mais aussi pour des divergences de points de vue, et ce sont ces dernières raisons qui amènent Camus à en quitter la rédaction. La Peste est publiée en 1947 et rencontre un grand succès, ce que Camus ne comprend pas (oui, parce qu’il trouve ce livre raté, il n’a rien compris à son propre livre, c’est merveilleux). Bon, après, on va pas y passer trois plombes, alors on va résumer en quelques mots : tuberculose, autres publications, dénonciation d’actes nuls, le communisme c’est de la merde (bah quoi ?). Vous ai-je aussi parlé de sa dépression ?

En 1951, il va publier son deuxième essai philosophique (que je n’ai toujours pas lu, honte à moi), L’Homme révolté. Ce livre va précipiter la rupture déjà débutée entre Sartre et lui, notamment sur des questions liées au communisme soviétique de l’époque. Sartre tient un journal qui s’appelle Les Temps modernes. Dans celui-ci, la tâche de critiquer cet essai revient à Francis Jeanson, qui ne mâche pas ses mots (euphémisme). Camus contre-attaque et s’adresse même directement à Sartre (« Monsieur le Directeur »…). Ce dernier est piqué au vif et réagit de même. Si vous voulez mon avis sur cette sombre affaire, c’est tout bonnement pitoyable, d’un côté comme de l’autre. Éventuellement, vous pouvez sortir le popcorn, je ne vous en voudrai pas. D’ailleurs, avec cet essai, Camus est loin, très loin de faire l’unanimité, ce qui va pas mal l’isoler par la suite. Sartre et lui ne se parleront plus.

Mais le foutoir, c’est pas fini. En-dehors de ses publications, un évènement a lieu sur sa terre d’origine : la guerre d’Algérie. S’il voulait plus de solitude qu’auparavant, il ne pouvait pas faire mieux. Il se fait à la fois détester des colons (qui l’ont carrément menacé de mort), mais aussi des indépendantistes algériens. Sa position nuancée ne passe pas à une époque où il faut choisir son camp et basta. Il souhaite que l’Algérie reste française, mais souhaite aussi accorder des droits aux « indigènes » et que ceux-ci soient aussi français que les autres, et donc traités en égaux. (les cris d’orfraie se font encore entendre aujourd’hui de la part des colons qui tiennent à conserver leurs privilèges) Il dénoncera les violences de chaque camp, ce qui ne passera guère car, comme je l’ai dit, il faut être d’un côté ou de l’autre à cette époque. Bref, là encore, il se retrouvera seul et arrêtera de mentionner le sujet quelques années plus tard car tout ceci le touche énormément et il se fait attaquer de part en part.

Mais vient une année importante. 1957. Celle de son prix Nobel de littérature ! Camus est très gêné de l’obtenir, car il pense qu’André Malraux le mérite plus que lui. Mais ce n’est pas la décision du jury (bien que Malraux ait effectivement fait partie de leur sélection à plusieurs reprises) et ce qui a décidé ses membres sont la publication de La Chute en 1956 et celle de L’Exil et le Royaume en 1957. Il est aussi désigné « pour son importante œuvre littéraire qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes« . Classe.

Mais ce prix ne lui apporte pas que du bonheur. A une conférence à Stockholm, justement, un étudiant lui pose une question par rapport à la guerre d’Algérie, et sa réponse sera déformée, entraînant la colère de beaucoup. (j’en reparlerai peut-être plus tard) Il se murera dans le silence à ce sujet par la suite.

L’écrivain finira par décéder dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. (c’est même pas lui qui conduit, la frustration totale) Alors qu’on pensait qu’il allait mourir de sa maladie, cette mort correspond finalement à l’absurdité de la vie, sujet qu’il développait dans L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe. Tiens donc…

Ce résumé n’est bien évidemment pas exhaustif, et si vous me reprochez de ne pas avoir parlé de tel sujet, il y a Wikipédia (je suis à plus de 1000 mots, merde). Je sais que parler de ses amantes et de sa femme aurait été pertinent dans le sens où elles ont joué un grand rôle dans sa vie, mais je ne me sentais pas d’en parler. Passons à la suite maintenant.

Ses livres qui m’ont marqué

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Cette catégorie peut évoluer dans le futur car les goûts changent, et puis je n’ai pas non plus tout lu de lui, donc je ne parle que de ce que je connais.

Pour ceux qui connaissent bien ce blog, ils ne seront pas surpris de voir L’Étranger dans la liste. C’est son premier roman, et aussi mon livre préféré. Je l’ai lu en classe de première et ça a été une révélation. Ce livre m’a énormément marqué : déjà, il sortait de l’ordinaire par rapport à ce que j’avais lu : durant la première moitié du roman, on observe un mec apathique qui n’en a strictement rien à foutre de rien, il y a mieux comme entrée en matière. En plus de ce mystère totale autour de cet homme et de sa façon de fonctionner (il y en a que ça ennuie, personnellement ça m’a intriguée), je n’en ai pas mené très large une fois la fameuse scène au tribunal atteinte (et même avant). Pour en savoir plus, je vous dirige vers ma chronique.

Par les questions que l’histoire soulevait, par ce contexte un peu surprenant, je suis restée bouche bée. Il aborde des questions philosophiques qui font réfléchir, et même encore aujourd’hui. Dès que je le relis, ça tourne dans ma tête un moment. L’écriture de l’auteur ne m’aide pas des masses à m’en remettre. Ça peut paraître très froid, mais il y a des passages tellement beaux alors qu’ils sont si simples qu’on les garde aussi aisément en tête. J’en ai lu d’autres livres qui sont plus fournis, avec une écriture plus belle que celle-ci si on reste objectif, mais rien à faire : c’est celui-là et pas autrement.

Lettres à un ami allemand regroupe quatre lettres fictives envoyées à un ami allemand imaginaire. Quand je l’ai acheté, je me suis dit, en lisant la quatrième de couverture, que ça avait l’air extrêmement bateau. Et le thème l’est, effectivement. Mais c’est assez intelligent car ce n’est pas manichéen à mon sens. Il rappelle des choses qui peuvent sembler relever du bon-sens, mais qu’on a tous tendance à oublier, opportunément ou inconsciemment. Personnellement, ça m’a fait beaucoup de bien de les lire. Je me suis sentie moins seule face à l’injustice, enfin quelqu’un qui partage les mêmes idées que moi ! (ma chronique ici) Et il ne mâche pas ses mots : s’il y a des défauts à pointer du doigt, il le fait… J’ai apprécié qu’il nuance les choses.

Un livre magistral, qui a tendance à réconcilier celles et ceux qui n’ont pas aimé L’Étranger ou La Peste : La Chute. Un dialogue-monologue cynique de la part d’un homme imbu de lui-même. Au début, on a juste envie de lui foutre une volée de claques tellement celui-ci est insupportable, mais il va nous amener vers des pentes de réflexions bien plus intéressantes. C’est bien la première fois que je lisais un livre où je me sentais littéralement accusée. Accusée de quoi ? C’est propre à chacun. De plus, la forme m’a prise par surprise. Un livre que j’ai lu quand je n’étais pas en forme. Était-ce une bonne idée ? Pas vraiment, mais il a contribué à une réflexion sur moi-même et sur le monde en général, une réflexion profonde que j’ai rarement en lisant des livres. Ceux-ci peuvent m’amener à réfléchir sur un point particulier, alors que La Chute vous fait réfléchir sur… plein de choses. On ne chôme pas avec ce livre, quand il y en a plus, il y en a encore. Ce livre m’a confrontée avec moi-même comme jamais on ne l’avait fait. (là aussi, j’en ai fait une chronique)

Les livres suivants, je ne les ai pas chroniqué, mais je vais quand même dire deux mots dessus. Ils m’ont bluffé chacun à leur manière, alors ils ont largement droit à leur place dans cet article.

Tout d’abord, on va parler d’un des plus grands succès de l’auteur : La Peste. Un livre qui a pu sembler ennuyeux à certains, mais j’ai personnellement trouvé la construction de son roman intéressante. Et quand on prend du recul dessus, on se rend compte à quel point certaines scènes qui peuvent sembler anodines sont en réalité géniales ! J’aimerais bien le relire d’ailleurs… Il faut aussi partir du principe que ce n’est pas qu’une simple histoire de peste, sinon ça risque de vous énerver… Personnellement, je suis arrivée à la moitié du bouquin en mode « Euh, mais attends, il ne parle pas vraiment de la peste, si ? Ça me rappelle quelque chose d’autre… ». Et en effet, si l’auteur parle du fascisme à travers la peste, vous pouvez aussi trouver d’autres interprétations. Lui-même l’a dit : ça ne le dérange pas. Faîtes-en ce que vous voulez. De plus, ce livre est bien plus positif que L’Étranger : si vous n’avez pas aimé ce dernier, ça peut être une nouvelle piste de lecture.

Ensuite, on a Les Justes. Une pièce de théâtre sur un acte révolutionnaire qui nous fait réfléchir sur la notion de justice, comment l’appliquer correctement, la place du meurtre là-dedans (y a-t-il une justification morale à tuer ?). Il tombait plutôt bien, ce livre, car c’était un sujet qui me faisait justement cogiter à ce moment-là. Camus ne vous apportera pas de réponses, que des questions, mais dans un monde où on ne s’en pose pas assez, c’est plutôt salutaire… Ça rappelle que les choses ne sont pas si faciles, ni noires ni blanches.

Le Premier Homme est en réalité inachevé. Il avait le manuscrit sur lui lors de sa mort. Camus avait prévu trois thèmes dans son œuvre : l’absurde, la révolte et… l’amour. Vous pouvez considérer ce livre comme l’ébauche de la dernière partie. Dans ce roman, Camus raconte la vie d’un homme qui naît dans une famille pauvre (hmm hmm), qui grandit avec un talent certain (ah ?) et qui déborde d’un amour certain pour ses proches. J’ai lu ce livre après avoir lu une biographie de l’auteur et je peux vous dire que c’est extrêmement autobiographique. Néanmoins, ce livre est nécessaire pour nous faire comprendre quel est en réalité l’essentiel et ce roman est surtout beau et émouvant à souhait. Je regrette qu’il n’ait pas été terminé… RIP Camus.

Je vais vous parler de deux livres de lui que j’ai apprécié alors que, soyons honnêtes, ce genre-là n’est absolument pas ma came. Pourtant, il a réussi à me les faire apprécier (en même temps, c’est Camus, quoi), ce qui n’était pas une mince affaire avec une lectrice sceptique dans mon genre. Je parle de Noces et de L’Été : deux livres qui parlent de la beauté de certains lieux, de certaines choses, de l’importance d’autres, avec un lyrisme très appréciable. Voilà, je viens de dire le mot qui me dérange en règle générale et qui fait que je fuis certaines œuvres : le lyrisme ! Ce n’est pas forcément une caractéristique que j’apprécie tout le temps. Rien à voir avec une belle écriture, hein, c’est juste qu’il y a une façon de raconter les choses qui me… brr. Parfois, il faut le dire, ça peut tourner à la niaiserie et au larmoyant. Avec Camus, c’est pourtant passé comme une lettre à la poste. Il arrive à rendre compte de la beauté avec simplicité et justesse, sans fioritures. Que dire d’autre ?

Il y a bien d’autres œuvres dont j’aurais pu parler : en général, Caligula est pas mal cité, mais l’ayant lu à une période peu bénéfique pour la lecture, j’en ai peu de souvenirs. (shame) L’Envers et L’Endroit est aussi un classique de son œuvre et sa préface dépasse toutes les autres préfaces du monde. J’ai lu il y a peu L’État de siège et si cette pièce de théâtre est loin d’être parfaite, j’ai su l’apprécier. Et non, bordel, j’ai pas lu L’Exil et le Royaume, et oui, je sais, ça craint.

Et pour moi, c’est qui Camus ?

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Vous connaissez le commencement de ma découverte de Camus avec L’Étranger… Mais vous connaissez vraiment le tout début ! Je pense que je vais vous étonner si je vous dis que je ne me suis pas penchée sur l’auteur tout de suite après cette lecture en classe de première. Je lisais beaucoup de mangas à l’époque, ce qui fait que mon attention s’est reportée entièrement sur eux. Plus tard, je me suis souvenue de ce livre formidable parce que ma sœur m’a offert le premier tome de l’édition La Pléiade sur Camus… Je croyais, en y réfléchissant par la suite, qu’elle me l’avait offert parce qu’elle avait sentie quelque chose, que son instinct lui a dit que cet auteur et moi, c’est pour la vie (on a le droit de rêver, non ?), mais pas du tout : elle voulait juste que je lise plus de classiques. Un mythe s’effondre. (edit : on m’a soufflé dans l’oreillette qu’en fait, c’est moi qui aurait demandé…)

Je ne sais pas trop par où commencer… Pour moi, Camus est l’auteur qui me parle le plus, tout simplement. Déjà, son écriture : j’ai tout de suite deviné, inconsciemment, que ce n’était pas un espèce de péteux, qu’il ne venait pas de la haute société. Mine de rien, c’est important de lire quelque chose de qualité mais qui ne vient pas des couches sociales supérieures. Ça redonne confiance dans la discipline littéraire ! Rien qu’avec L’Étranger, j’ai senti qu’il parlait à tout le monde, même si ça restait très vague dans ma tête à ce moment-là et que je m’en suis réellement rendue compte en lisant d’autres œuvres de lui. C’est peut-être pour ça qu’il parle à tant de personnes dans le monde : je ne dois pas être la seule à avoir ressentie cette proximité. Ce pressentiment s’est confirmé par la suite avec la lecture d’autres œuvres, et aussi la découverte de sa vie, de ses origines. Son écriture est simple et belle, deux qualités qu’on ne retrouve pourtant pas ensemble souvent. J’adore le lire, son écriture me fait craquer, à la fois douce et rude.

L’autre élément qui m’a frappée, c’est sa gentillesse. Je vous l’accorde, ce n’est pas avec L’Étranger que j’ai réalisé cet aspect-là de lui (sinon, expliquez-moi comment vous avez fait). C’est plutôt grâce à des œuvres comme L’Envers et l’Endroit et Noces que je l’ai repéré. Dans ces œuvres, on ressent toute la justesse et la sensibilité de l’homme, son indulgence aussi. Bon, d’une certaine manière, dans L’Étranger, il ne traite pas Meursault comme un pestiféré et je pense, vu que je l’ai ressenti moi-même pour ce personnage, que Camus avait une sorte de tendresse pour lui. A part que j’y ai réfléchi plus tard… Et en effet, en en apprenant plus sur lui, il était comme ça dans la vraie vie : chaleureux, généreux. Encore une fois, je ne me suis pas trompée.

De plus, on le voit dans ses œuvres majeures, il aborde des sujets qui peuvent parler à tout le monde, qui sont humanistes. Comme le disait le jury de son prix Nobel, « il met en lumière […] les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Bien sûr, on pourrait lui reprocher que c’est trop général, trop vague, que ce qu’il dit ne peut pas s’appliquer à tout. En effet, mais le but d’Albert Camus, c’est aussi de vous amener à la réflexion sur des sujets dont on oublie l’importance. (surtout aujourd’hui avec le fameux « on fait ce qu’on veut », euh non, n’importe quoi, ça dépend de la situation) Il rappelle qu’on a aussi des responsabilités, discours plutôt inaudible à notre époque d’ailleurs…

Et on en vient à la qualité première que je cite quand on me demande ce que j’aime chez Camus : l’intransigeance. Vous devez sûrement vous dire que c’est quand même sacrément un défaut : quelqu’un d’intransigeant est plutôt sévère, chiant, ne change pas d’avis, ne se remet pas en question, etc. Mais on parle de Camus, ok ? On ne peut pas dire que ces qualificatifs s’appliquent à lui. Camus, c’était surtout le doute personnifié. Cet homme doutait tout le temps de ce qu’il disait et faisait, de ses opinions, ce qui l’a parfois amené à un extrême, celui de la dépression. Quelqu’un d’intransigeant comme on l’imagine souvent, ce n’était clairement pas lui.

Alors intransigeant par rapport à quoi ? Par rapport à ses valeurs. C’était pas le genre à dire un truc super profond pour se la péter, laisser les autres réfléchir dessus et ne rien faire de son côté. Non non non, même s’il n’était pas parfait, il ne transigeait pas sur certaines choses. Quand le PCF de l’époque l’a viré, c’était bien simple : c’est eux qui ont merdé. Camus les avait à la base rejoint pour plein de choses, notamment les inégalités, et au sein de ce sujet… vient aussi celui de la place des Algériens de l’époque, ceux qu’on appelait les « indigènes ». Camus souhaitait les voir reconnus au même titre que les autres Français, et puis après tout, ils vivent dans le même pays, non ? Bref, cette injustice lui était insupportable. Le PCF, pour des raisons électorales, ayant justement constaté que ce sujet n’était plus prioritaire (l’était-il au moins ?) chez les électeurs en général, ont complètement passé ce sujet au second plan, que dis-je, au troisième… Camus a fait part de son désaccord, le PCF n’en a eu cure, et je vous laisse deviner que, comme la bonne personne bornée qu’il était, il n’en a pas démordu… Quand j’ai appris ça, j’ai applaudi mentalement.

Encore une autre histoire à vous raconter, ou plutôt, c’est Jean Daniel, un ami journaliste de l’époque, qui l’a rapporté. Preuve aussi que la mentalité raciste et xénophobe de certains journalistes ne date pas d’hier, au cas où quelques petits naïfs feraient de la résistance sur le sujet. A l’époque, en 1956, Romain Gary publia Les Racines du ciel, qui obtint le prix Goncourt. Certains, dont une tribune publiée dans France-Soir, prétendirent que, comme Gary n’était pas français d’origine, il n’avait pas pu écrire aussi bien, insinuant que c’est Albert Camus et Jacques Lemarchand, les correcteurs, qui avait en réalité écrit le livre. Si Romain Gary n’a pas réagi, ça n’a pas été le cas de Camus. Jean Daniel se trouvait dans le bureau du co-directeur de France-Soir, Charles Gombault à l’époque, quand celui-ci ouvrit une lettre de Camus. Personne n’en connaît le contenu, mais ça devait être bien corsé, car il a dit : « C’est bon, on ne parlera plus de Camus dans ce journal que pour annoncer sa mort ». Autant dire qu’il n’a pas dû les épargner. (j’adore 😀 )

Encore un autre point chez lui qui m’a plu, c’est son optimisme. Certes, il avait ses moments de défaitisme comme tout le monde, mais aussi de profonde solitude (il n’a pas été en dépression à plusieurs reprises pour rien et en plus, il souffrait de sa tuberculose), mais globalement, ce qui ressort des témoignages de ses proches de l’époque, c’est ça. Il était très apprécié, très fidèle en amitié, encourageant et bienveillant quand quelqu’un allait mal. On la ressent aussi, en tant que simple lecteur, à la lecture de Noces ou de L’Été, cette attitude-là. On peut aussi largement retrouver cette perspective dans La Peste. Étant plutôt de nature pessimiste, ça me fait aussi un peu de bien de lire quelqu’un à l’opposé et j’essaye un minimum de tempérer mes analyses.

Et sa simplicité, parlons-en ! Ça va un peu de pair avec celle de son écriture. Il n’était pas du genre matérialiste et n’y comprenait d’ailleurs pas grand-chose, regardant cette tendance d’un mauvais œil. On le voit bien sûr dans certaines de ses œuvres, mais pas seulement : je suis en train de lire Carnets I (à petite dose, certes), et c’est très visible dedans. Vous pouvez aussi trouver cet aspect-là de lui dans Noces, par exemple. Pour lui, la pauvreté était rude, mais c’était aussi une richesse : c’est probablement ça qui a fait de lui un homme aussi gentil. Le soleil d’Alger lui suffisait.

Autre chose que j’admire presque autant que son intransigeance, c’est sa soif insatiable de vérité, presque… intransigeante (uhu). Comme tout le monde, il avait aussi son petit orgueil, ce qui fait qu’il avait parfois du mal à reconnaître qu’il avait tort. Mais contrairement à beaucoup de monde, il réfléchissait, il pesait les choses, choisissait prudemment ses mots par respect pour son interlocuteur, il se demandait parfois si un de ses adversaires par éditoriaux interposés n’avait pas raison. C’est ce qu’il s’est passé avec François Mauriac, il a reconnu son erreur une fois, et publiquement ! Il ne manque donc pas d’honnêteté, encore une qualité que j’admire chez lui.

Bref, je me retrouve assez en lui. On partage souvent les mêmes valeurs (mais c’est surtout en lisant ses articles à l’époque où il bossait pour Alger Républicain et Combat que je m’en suis rendue compte) et j’ai toujours un sourire imbécile quand je le lis. Il n’a pas pris la grosse tête durant sa carrière et je lui en suis reconnaissante. Ça se reflète d’ailleurs dans son écriture, qui est toujours aussi ardente et modeste. Cet homme est un exemple pour moi et j’espère garder une certaine constance dans ma vie sur mes valeurs, tout comme lui. Je me sens sur la même longueur d’ondes, et en même temps, il me fait beaucoup réfléchir sur des sujets qui ne m’ont pas effleuré l’esprit. Il développe mon esprit critique tout en donnant la part belle aux émotions au lieu de leur cracher dessus.

Camus était-il parfait ?

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Ahaha, non.

Aaah, on me lance sur un sujet sur lequel je vais enfin pouvoir parler car je ne vois cette idée nulle part. On parle tout le temps de son rapport à l’Algérie, et on y viendra, mais d’abord, il y a autre chose dont j’aimerais parler.

Son rapport aux femmes. Bon sang, c’est à lever les yeux au ciel parfois ! Bon, sans parler du fait que les femmes sont quasi absentes de ses œuvres ou qu’elles jouent le rôle de belles potiches (ah mince, je l’ai dit), il n’en parlait pas très bien non plus pour le peu que j’en sais. De sa part, on avait surtout du sexisme ordinaire, pas de la misogynie non plus. En même temps, sa femme était mathématicienne et ses amantes étaient loin d’être connes, alors qu’est-ce qu’il allait faire de toute façon ? En plus, il a aidé à publier Simone Weil, la philosophe, dans la collection Espoir de Gallimard, ce qui m’indique qu’il n’était pas complètement stupide et qu’il savait reconnaître le talent quand il l’avait devant les yeux, quel que soit le sexe.

Mais pourquoi s’énerver alors ? Déjà pour ce que j’ai dit par rapport à son œuvre. Rajouté à cela, il parle souvent des belles femmes. Si vous vous souvenez de ce que Jean-Baptiste Clamence dit à propos des femmes, qu’il ne peut pas s’empêcher de se retourner pour les regarder de haut en bas, sachez que c’est tout à fait ce qu’aurait pu dire Camus car il le faisait lui-même ! Et franchement, qu’on nous rabaisse tout le temps à notre physique, ça me fatigue. De plus, dans ma lecture actuelle, Carnets I, il a même parfois des propos un peu méprisants, et clairement, je pense que j’aurais pu me prendre le bec avec lui tellement ça m’a saoulée. A un moment, il déplorait qu’une femme remette un homme à sa place alors qu’il essayait de briller en société, et en a conclu qu’elle était jalouse. Alors personnellement, si c’est trop, je balance une ou deux piques au gars aussi, ça va bien deux secondes, je déteste ce comportement. Et puis… jalouse ? Oui, peut-être. Juste pour la raison ridicule qu’elle a un vagin, elle ne peut pas le faire elle-même sans être mal vue. (encore d’actualité aujourd’hui) Donc de mon avis, Camus n’était pas trop conscient des problématiques et des injustices liés au traitement des femmes. Je l’adore, mais je ne suis pas dupe.

Camus n’était clairement pas le pire homme sexiste de son temps (on a pire, bien pire parmi les écrivains, et pas qu’eux d’ailleurs) mais il faut être conscient de ce défaut aussi. Je ne l’enfonce pas là-dessus (sinon, je ne le lirai pas, figurez-vous) mais il est important pour moi de ne pas le glorifier. Je suis une femme après tout…

… Comment ça, je suis trop moche pour lui ? On se calme par ici, je sais supprimer des commentaires inutiles.

Ensuite vient le problème de l’Algérie. Comme vous le savez depuis que je vous l’ai présenté, Albert Camus est né en Algérie, française à l’époque, et il en a conçu un attachement particulier. Attachement qui va le porter à ne pas prendre de décision tranchée par rapport à la guerre d’Algérie.

Dans les années 50, lors de cette guerre, il faut bien se mettre d’accord sur quelque chose : l’ambiance de l’époque était plutôt au manichéisme. Soit tu étais dans le camp des colons français qui comptait bien conserver l’Algérie française et tous leurs avantages avec, soit tu étais pour l’Algérie indépendante, et donc, pour bouter tous les Français hors du pays pour qu’ils retournent en métropole et laisser les Algériens, les vrais, récupérer leur terre et leurs droits. On sait comment ça s’est finalement terminé.

Pour Camus, c’était un peu plus compliqué que ça. Comme vous l’avez déjà compris, il était pour un traitement égal des Algériens, il souhaitait abattre toutes les injustices qui sévissaient sur eux, mais… il voulait aussi garder l’Algérie française. Après tout, son amour pour ce pays ne pouvait que le conduire à un crève-cœur s’il en décidait autrement. C’est très visible dans ses ouvrages qui se passent souvent, à quelques exceptions près, en Algérie, d’ailleurs. Là sont les limites de son raisonnement. Peut-être avait-il raison : si les Français avaient réussi à aller au-delà de leur racisme et de leurs préjugés, cela aurait pu se passer mieux, peut-être. Mais ces derniers n’étaient absolument pas dans cette perspective-là, oh que non. Plus ils étaient violents envers les Algériens, plus ces derniers voulaient récupérer leurs terres (normal).

Si Camus condamnait les violences de tous les côtés (l’armée française, l’OAS et le FLN), il n’a jamais réussi à se sortir de ce dilemme. Il se faisait donc traiter de traître par tout le monde : par les colons qui ne le considéraient pas comme un vrai et bon Français du coup, et par les Algériens qui attendaient de lui, d’autant plus avec sa posture, qu’il les soutienne. Après tout, d’autres intellectuels français les soutenaient bien dans leur quête de l’indépendance, pourquoi pas lui ?

Deux problèmes se sont imposés à lui. Bien évidemment, son amour pour la terre algérienne, qui a rendu son raisonnement égoïste… et soit trop nuancé, soit trop utopique, choisissez ce que vous préférez. Mais ce n’est pas tout, il avait aussi un autre argument dans son sac qui m’a fait tiquer : les Français colons qui profitaient réellement des richesses de l’Algérie sont les vrais oppresseurs. Qu’en était-il des familles pauvres, modestes, comme la sienne ? Elles devaient partir aussi, trinquer pour les erreurs des riches ? Certains ne connaissaient même pas la métropole ! Ça m’a fait réfléchir, et aujourd’hui encore, je ne peux pas lui en vouloir d’avoir hésité.

Lors d’une conférence à Stockholm, deux jours après la cérémonie de remise du prix Nobel, Camus est interpellé par un jeune militant algérien. L’ambiance est tendue. L’écrivain finira par prononcer une phrase qui va le ranger définitivement dans les rangs contre les Algériens : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.« 

On arrête tout ! Phrase sortie de son contexte. On pourrait croire, avec cette simple phrase, que c’est une déclaration égoïste et que Camus privilégie sa mère (souvent interprétée comme étant la France dans ce cas-là) au détriment de la justice (la situation des Algériens qui souhaitent l’indépendance). Mais on va mettre les points sur les i tout de suite, voici ce qu’il a dit intégralement : »J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément dans les rues d’Alger, par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice.« 

Donc voilà. Quand il parlait de sa mère, il en parlait au sens propre, il parlait de sa vraie mère, qui aurait pu être atteinte par la violence des attentats commis par le FLN au nom de… la justice. On ne peut pas trop lui en vouloir de s’inquiéter pour ses proches, merde. Si vous êtes du genre à vous dire que ce n’est qu’un dommage collatéral indésirable mais inévitable, alors : 1) vous n’avez visiblement pas assez d’imagination pour imaginer vos proches touchés par la violence de la révolution, 2) si vous vous dîtes que c’est comme ça et que c’est un mal pour un bien, je n’aimerais pas vous avoir dans ma vie… Il était pour les droits des Algériens, mais les moyens employés le gênaient terriblement. Tiens donc, on se croirait dans Les Justes

Bref, je comprends le tiraillement de Camus sur le sujet, il considérait (en plus de voir sa terre natale rester française) les souffrances des personnes qui n’avaient rien demandé, d’un côté comme de l’autre (les attentats du FLN touchaient des Français, mais aussi des Algériens…). Et puis on va pas se mentir, lui aussi devait manquer d’imagination et ne devait pas réaliser toutes les implications derrière les injustices faîtes aux Algériens, d’autant plus qu’il y avait une vraie séparation physique entre les deux peuples. On ne peut pas lui en vouloir pour ça, même si on peut considérer que c’est effectivement dommage. Une autre preuve de son imperfection, de son mauvais jugement peut-être ? Celui-ci aurait peut-être dû évoluer avec celle de la situation…

La voix des Algériens est bien plus importante. Je vous laisse avec cet article où on trouve les paroles de Yasmina Khadra, Maïssa Bey et Boualem Sansal. Chacun ne se rejoint pas forcément, mais ils racontent bien tout ce qu’ils ont pensé de Camus avec une certaine justesse. Il n’était pas irréprochable, mais pas coupable non plus.

(un autre article très intéressant sur la relation que Camus entretenait avec l’Algérie et son influence sur ses positions durant la guerre)

Et les autres ?

BIO-CAMUS (406994)

Oui, les autres admirateurs de cet écrivain. On a tous aimé Camus pour des raisons similaires ou différentes. On n’a pas tous le même livre préféré, et quand on connaît l’homme, des pans de sa personnalité nous parlent plus quand d’autres vont être touchés par autre chose. C’est normal.

Mais… je vous avoue que… certains me titillent un peu. Très souvent des personnes médiatiques d’ailleurs, politiques ou non. Ont-ils vraiment compris ? N’est-ce pas de l’opportunisme ? Camus est souvent récupéré par certains. Ces derniers en tirent ce qui les arrangent et délaissent le reste, ce qui fait que je les repère assez vite (ou alors, je reste sceptique). J’admire Camus pour plein de choses et quand je vois le comportement de certains de ses admirateurs, cela me laisse assez perplexe. Je ne dis pas qu’il faut prendre exemple sur Camus pour tout, mais certains comportements, certaines façons de faire me laissent pantoises.

Je ne citerai pas de nom, et l’auteur de ce très bon article est moins lâche que moi sur le sujet (merci à La viduité de me l’avoir filé d’ailleurs). Et je suis très gênée quand on me parle d’untel et qu’on me dit qu’il est fan de Camus aussi car il y a de bonnes chances que cette personne soit une de celles incriminées par mon paragraphe précédent.

Camus est devenu un espèce de fourre-tout, une sorte de pâte à modeler. Chacun en fait ce qu’il veut, sort des citations de leur contexte et gomme ce qui pourrait paraître gênant. Il est quand même cité par des personnalités de droite ! Je trouve ça complètement aberrant. S’ils prenaient Camus dans son entier, ce serait comme pour Sartre, ils n’en parleraient jamais. Mais comme il a cette espèce d’universalité en lui, ils s’en servent, comme le dit Agnès Spiquel dans cet article.

Je pense notamment à deux personnalités qui en parlent avec une admiration grandiloquente, c’est d’un manichéisme outrancier, désagréable et ennuyeux, tout ce que n’était pas Camus en fait, c’est insupportable. (je vous avoue ne pas y aller par quatre chemins, mais il fallait que ça sorte) Alors je me sens parfois un peu à part car j’ai l’impression que leur façon de voir les choses, de piocher ce qu’ils veulent en omettant certains éléments, se généralise auprès de tous. Que je passe pour une sorte d’élitiste à râler pour si peu car chaque lecteur a le droit d’aimer ce qu’il veut dans une œuvre. Mais pas de là à modifier ses idées grâce au mensonge, par omission ou non. J’ai un certain goût pour la vérité, et admirant cet homme d’autant plus, je n’aime pas trop les dérives qu’il y a autour de son image.

Je ne dis pas que je suis dépourvue de ces défauts, mais je crois être plus mesurée que certains… Ça m’interroge, tout simplement.

Et dès que je vois une citation d’une de ses œuvres ou de ses écrits plus personnels, je fais la moue : quel est le contexte ? Je ne peux pas l’arracher à son travail et ses idées ainsi et dire bêtement, juste parce que j’aime cet auteur : « Je suis d’accord et il est d’accord avec moi ». Non, ce n’est pas aussi facile. On ne peut pas lui faire dire ce qu’on a envie, c’est malhonnête.


Je ne vais pas en dire plus car cet article fait déjà trois kilomètres. D’ailleurs, désolée pour la longueur indécente. Promis, je ne vous ferai plus chier avec Camus à l’avenir.

Je disais que Camus est un exemple, mais c’est à nuancer. Il n’était pas parfait (personne ne l’est) et je ne prends pas exemple sur tout. Mais son travail d’écrivain et sa personnalité m’ont énormément touchée. Parfois, c’est limite inexplicable. J’ai envie de respecter ce qu’il était et ce qu’il a fait le plus possible (d’où mon coup de gueule dans la dernière partie), envie de garder intacte sa parole, la richesse de son écriture.

Je ne sais pas trop ce que j’ai réussi à exprimer dans cet article, aha, j’espère que ce n’est pas trop confus. J’avais juste envie de parler de lui. Et si je ne m’arrêtais pas, ça durerait encore des heures.

Je ne prétends pas tout connaître de lui, loin de là. J’en découvre toujours plus, je remets aussi mes connaissances en question sur ses idées. Mais je ne pense pas m’être trompée sur l’impression générale que j’ai de cet homme admirable.

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27 réflexions sur “Albert Camus, un écrivain brillant et un homme intègre

  1. C’est un très bel article! On sent que Camus est pour toi beaucoup plus qu’un écrivain dont tu apprécies les livres, on dirait plus une relation qu’on peut avoir avec un mentor en fait, sans pourtant t’aveugler sur des aspects moins reluisants…
    Je ne suis pas du tout connaisseuse de Camus, n’ayant lu que L’Etranger et La Peste. Et je dois dire que je ne suis pas non plus une admiratrice, ces deux romans ne m’ayant guère touchée à l’époque. Mais tu es tellement passionnée, et tu mets si bien en avant des idées et des valeurs qui sont intéressantes chez l’auteur, que tu me donnes envie de lui redonner une chance.

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    • Merci beaucoup, ça me fait très plaisir :3
      Oh tu sais, si tu n’as pas aimé « L’Etranger » et « La Peste », faut pas te forcer non plus. Chacun a son rapport aux oeuvres, et peut-être que je n’aime pas quelque chose que tu adores ?

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    • J’ai oublié de répondre à un point de ton message : oui, Camus est une sorte de mentor comme tu dis ! Je vais être en mode « waouh » la plupart du temps, mais ça n’empêchera pas le mode « mais il fait chier, là ! » de s’activer de temps à autre, ahaha.

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  2. Article super intéressant. Personnellement, je n’ai lu que La peste quand j’étais au lycée et j’avais bien aimé. En tout cas, on sent l’impact que cet auteur a sur toi, cet article est vraiment bien rédigé. Pour la récupération, j’avoue que même moi sans connaître sa vie en détail ça m’avait étonné pour certains partis.

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    • Merci beaucoup pour tes beaux compliments ! 🙂
      Pour la récupération, je suis étonnée que quelqu’un s’en soit rendue compte, j’ai l’impression que ça passe crème à chaque fois ! Au niveau politique, ils font ça avec nombre d’écrivains de toute façon, mais je trouve que ça va plus loin avec Camus…

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  3. Un bel article, un hommage sincère ! Tu souleves de grandes questions, l’homme et l’oeuvre, le rôle de l’écrivain, et ce que devient l’oeuvre. Tu me rappelles un ouvrage que je n’ai toujours pas qui s’intitule Pourquoi Camus ? Dans cet ouvrage, il était demandé à des auteurs d’expliquer pourquoi ils considéraient avoir été influencés par Camus. As-tu lu le roman de Jamel Daoud  » Meursault contre enquête  » ? Il ne se réduit pas à une réécriture de l’étranger côté algérien, il donne aussi beaucoup à penser sur ce qu’est la littérature. Comme toi, j’ai découvert Camus par l’étranger. Cette lectures mise mal à l’aise et j’ai adoré ça. Je te rejoins sur La chute mais c’est vraiment Les Justes qui m’a le plus marquée. Je te rejoins egalement pour un ressenti d’une forme de tendresse, de douceur, sans complaisance ni compromis. Et le mythe de Sisyphe. En page de présentation de mon blog, il est écrit  » il faut imaginer Sisyphe heureux « …

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    • Merci beaucoup ! 🙂 J’ai entendu parler de « Pourquoi Camus ? » mais je ne l’ai pas en ma possession et ne l’ai pas lu non plus. « Meursault contre-enquête » est ma première chronique sur ce blog ! Donc oui, je l’ai lu 😀
      Tu as l’air de beaucoup l’aimer aussi, dis-moi !
      (pour ton blog, faudra que j’y fasse un tour quand j’aurais plus de temps devant moi)

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  4. Super ton Camus pour Les Nuls ! C’est pas si facile d’écrire un article sur un artiste qu’on admire autant. Je dois juste te préciser que concernant La Pléiade de Camus offerte par moi-même, c’est parce que tu m’avais dit que tu souhaitais lire d’autres oeuvres après ta découverte de L’Etranger…le mythe s’effondre donc toujours plus…et toujours plus bas…désolée ! En fait, j’ai moi-même lu l’Etranger au lycée mais n’en garde aucuns souvenirs (malheureusement) donc, si j’avais choisi de te faire lire plus de classiques, mon choix se serait orienté plutôt vers Victor Hugo, Emile Zola ou les soeurs Brontë, mes chouchous à moi. Voilà voilà pour l’anecdote historico-familiale ! P.S. : après la lecture de ce post sur Camus, je retenterai L’Etranger pour être sûre de ne pas passer à côté d’un truc de ouf ;-))))

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    • Merci beaucoup, très chère soeur !
      Bon, on en apprend tous les jours… Quand je t’avais posé la question, tu devais blaguer, je pense… En tout cas, pour tes choix de classiques, j’approuve !
      PS : je ne te garantis pas que tu vas aimer à la relecture, hein 😛

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  5. Le fameux article sur Camus ♥

    Bravo, parce que c’est vraiment super, tu arrives à donner envie de tout lire de lui sans omettre ses défauts !
    Je n’ai lu que l’Etranger (au lycée, mais je n’en garde aucun souvenir), La Peste et Caligula (j’ai beaucoup aimé les deux).

    En effet, ses propos ont été complètement déformés ! Ça et les récupérations politique, la pauvre Camus a dû s’arracher quelques cheveux.

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    • Oui, aha, il devait bien arriver un jour !

      Aha, t’es pas la seule à avoir lu L’Etranger sans te souvenir, mais bon, je préfère ça plutôt que tu me dises que tu ne l’aimes pas x) Et puis t’en aimes d’autres de très bonne qualité 😀

      Mais oui, le pauvre en a subi des vertes et des pas mures ! Pour les récupérations politiques, heureusement, il est mort…

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  6. Très intéressant cet article sur Camus, j’ai lu au Lycée L’étranger et La peste, et j’ai beaucoup aimé. Je me suis repenchée sur L’étranger récemment et avec plus de recul et de maturité, j’ai d’autant plus apprécié. J’aimerais me plonger dans Le Premier Homme bientôt ! Merci pour ton article, qui me semble très complet 🙂

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  7. Merci pour ce super article! Ca me donne très envie de lire les justes, ce qui pourra me faire réfléchir sur le militantisme.
    J’ai lu la peste, un peu plus jeune, et j’avais beaucoup aimé (la fin m’a vraiment marquée), même si je n’avais pas trop compris la métaphore ^^.
    Et continue de nous embêter avec Camus, j’ai appris plein de choses dans cet article, et j’ai envie de le lire à nouveau.
    Franchement, es gens de droite qui ressortent ses citations, allo, le mec était au parti communiste!

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    • Merci beaucoup ! Oui, « Les Justes » fait réfléchir, et justement, sur les questions du militantisme, peut-être qu’on serait à la fois indulgent et intransigeant ?
      Oh mais t’inquiètes pour « La peste », je n’aurais pas capté la métaphore aussi bien si je ne connaissais pas déjà un peu le raisonnement du monsieur 😀
      Merci beaucoup, mais je vous embêterai quand même un peu moins avec. (même s’il me reste des livres à lire de lui et que vous les verrez dans mes bilans lectures)
      Ahaha, mais c’est clair, et même quand il en est parti et qu’il a critiqué le communisme, ça veut pas du tout dire qu’il a viré à droite. (surtout qu’il avait des tendances anarchistes, on est loin des idées de la droite) Il a dit lui-même qu’il était de gauche !

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  8. J’aime beaucoup ton article, au vu de l’affection que j’ai pour Camus également ! Je suis totalement d’accord, on ne peut comprendre une oeuvre sans connaître son auteur, mais je suis assez surprise que tu n’aies pas lu les Lettres à Maria Casarès qui sont d’une époustouflante beauté ! Lis les sur mon site ;)) Félicitations et à bientôt, Elsa.

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    • Merci beaucoup ! Pour les lettres avec Maria Casares, je me sentirais un peu comme une intruse à les lire, je trouve ça vraiment très privé… Bizarrement, ça ne m’avait pas frappé avec la correspondance avec André Malraux et Louis Guilloux, mais là, j’ai bloqué.
      Merci encore pour ton commentaire ! 🙂

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      • Je vois ce que tu veux dire, j’avais également très peur de me sentir « voyeuse » en les lisant, mais elles sont d’une telle poésie et si lyriques qu’on dirait presques qu’elles sont factices ! Très contente d’avoir recontré ton blog !

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  9. Bon alors, déjà , notons que : J’AI ENFIN LU TON ARTICLE BOUDIOU ! (clap clap mooi)
    Ensuite ! Est-ce que tu avais Wikipédia sous les yeux ? Parce que bon, sa bio, moi je suis sur le cul. Que le premier nigaud qui dise que t’es pas une vraie admiratrice de Camus vienne juste lire la bio que t’en fais, on dirait que tu es une encyclopédie camusienne. Voilà quoi, on sent la maîtrise derrière. Et c’est bô.
    Tu pares de beaucoup de titre dont je n’ai jamais entendu parler (faut dire que je ne me suis jamais penchée véritablement sur Camus.) Je pense que ma prochaine lecture de lui sera Les Justes, comme j’aime bien le théâtre, ça tombe à pic, puis ça casse de al acsquette de romancier qu’on lui revêt le plus souvent. Je t’avoue que pour Noces et Eté, tu m’intrigues beaucoup et me fait bien envie. La beauté des lieux itout, ça me botte toujours pas mal. Et s’il t’a fait aimer son lyrisme, alors là, faut que je découvre !
    Sinon, ta soeur, en plus de la trahison de Karengal… Elle aurait quand même pu contribuer au mythe hein. Elle abuse un peu la fragine dit donc !
    « Cet homme doutait tout le temps de ce qu’il disait et faisait, de ses opinions, ce qui l’a parfois amené à un extrême, celui de la dépression » god damned, it’s us Ada !
    « Pour lui, la pauvreté était rude, mais c’était aussi une richesse : c’est probablement ça qui a fait de lui un homme aussi gentil. Le soleil d’Alger lui suffisait.’ J’ai relu ce bout trois fois en me disant que c’était beau. Autant lui et sa simplicité que toi qui la rend par l’écriture.
    « … Comment ça, je suis trop moche pour lui ? On se calme par ici, je sais supprimer des commentaires inutiles. » j’ai doucement ris parce que t’es concombre, moi je dis que t’es jolie ! (anecdote : hier, je parlais avec le fameux Etienne donc, et boum j’étais dans un moment d’effusion, comme il était chez moi je lui ai fais « Tu sais celle qui m’a envoyé toutes ces cartes, Camille, elle ressemble à ça, elle est jolie hein ? », puis après j’ai continué et j’ai fais « Y’a Ada aussi, je l’aime beaucoup, tu la verras si tu viens au salon du livre de Limoges ! Tu veux voir sa tête ? (cherche une photo insta) Tada ! Elle est belle elle aussi hein ? » Voilà ! Ca m’a fait plaisir de lui montrer les bouilles des gens que j’aime beaucoup à qui je tiens. Tout ça pour dire que t’es jolie :3 )
    Sinon, pour la phrase utilisée contre lui par rapport à la guerre d’Algérie, sur le coup je pigeais pas le mal parce que j’ai de suite compris sa mère (de famille quoi), et ok c’est égoïste mais on fait tous ou presque primer notre famille avant de grandes questions de toute manière, non ? Enfin, l’esprit de famille, et encore plus de défense envers celle-c est quoi qu’on en dise et quoi qu’on veuille souvent très fort, qui peut parfois aller au-delà de certaines de nos valeurs parce que la famille même est une valeur. Je suis pas très clair. Mais je voyais pas le mal de base, enfin bref. Après le soucis, c’est ce patriotisme français de bas étage (sorry not sorry) où l’on file la métaphore de la Mère Patrie… Quand ça arrange les bons p’tits français surtout. Enfin bref à nouveau.
    « si vous vous dîtes que c’est comme ça et que c’est un mal pour un bien, je n’aimerais pas vous avoir dans ma vie… » well said miss !
    Juste, je ne m’attendais pas du tout à un article d’Agnès Spiquel ! En même temps ça ne m’étonne pas, elle a fait un colloque sur L’Etranger (https://www.youtube.com/watch?v=e1M4yZebNrU cadeau). Je la connaissais surtout comme spécialiste de Victor Hugo (alors qu’après recherche elle est Présidente de la société des études camusiennes haha, enfin c’est génial elle s’ntéresse à pleins d’auteurs), avec un colloque passionant sur L’Homme qui rit. C’est ce genre de choses que j’aimerais faire plus tard, et je la trouve assez inspirante ! Mais bon là je bifurque.

    Ne t’excuse pas pour la « longueur indécente » car ton article est juste passionnant et empli de passion, d’où sa taille. 😉 Je suis ravie d’avoir enfin pu le lire (mon article d’auteur préféré fait carrément pâle figure haha), j’aime beaucoup la diversité entre biographie/réflexion/avis sur les oeuvres lues. C’est vraiment riche.

    « Mais son travail d’écrivain et sa personnalité m’ont énormément touchée. Parfois, c’est limite inexplicable. « , très chère, ça s’appelle l’amour ! (pas forcément romantique, je préfère préciser même si tu t’en doutes) Quand on aime quelqu’un, on se trouve bien en peine de l’expliquer. 😉

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    • Youpi o/
      Pour la bio, j’ai tout fait de tête, je suis allée sur Wikipédia pour vérifier si chronologiquement, j’étais bonne. (sachant qu’il n’y a pas tout ce que je raconte sur Wiki). Mais du coup, c’est limite inquiétant, je connais sa vie par coeur…
      Ah ben on peut pas tout connaître de Camus. Pour « Les Justes », Maned Wolf participe au même challenge que moi cette année et je lui ai donné cette pièce à lire, je pense qu’elle te plaira aussi. (et puis il adorait le théâtre, c’était une de ses passions) Pour « Noces » et « L’été », ça pourrait te plaire aussi, t’es moins chiante que moi sur ces questions, aha. Et oui, il m’a fait aimer quelque chose qui, normalement, me rebute ! Génie ❤
      Attends, c'est même pas ça ! Ma soeur m'a dit qu'elle allait encore briser le mythe… car c'est moi qui lui avait demandé plus de Camus ! Je m'en souviens même pas !
      Oui, c'est nous, je le plains d'avoir été comme ça, le pauvre, c'est trop chiant TT. Il a eu des périodes assez noires…
      La dernière phrase que j'ai écrite me dit quelque chose, j'ai dû lire ça quelque part et ça a dû s'inscrire dans mon cerveau. J'espère qu'il te plaira aussi !
      Arrête, je suis pas du tout son genre, il aime les filles bronzées en plus 😛 . Sinon, tu es bien mignonne ❤ Toi aussi, t'es jolie, au cas où tu l'oublierai ! (Camille aussi, vous êtes toutes les deux des anges de toute façon)
      Je te comprends, sur cette phrase, je voyais pas le problème non plus à la base, j'ai dû faire des recherches dessus. Pour le parallèle avec la "Mère Patrie", je me suis dit "Ils sont sérieux, là ?" mais malheureusement, c'était très nationaliste à l'époque, donc peu étonnant. On en voit des vertes et des pas mûres aujourd'hui nous aussi, je suis sûre que cette interprétation peut encore se faire. Et si t'es d'accord avec moi, tu devrais aimer "Les Justes"… Mais tu verras que ça fait réfléchir ! Tu sauras pas forcément sur quel pied danser !
      Ah, je sais qu'Agnès Spiquel est une spécialiste d'Hugo, mais j'ai jamais regardé ce qu'elle disait de peur de me faire spoiler. En tout cas, je la trouve très chouette ! (ça veut dire qu'il faudrait que je lise enfin Victor Hugo)

      Merci beaucoup :3 ! Et il était très bien ton article dans mes souvenirs, te déprécie pas comme ça ! Sinon, la diversité de l'article vient sûrement du fait que j'étais en mode "Il faut que je dise ça… et ça aussi… et ça" xD.

      Ah oui, mais ça doit être ça ! (t'inquiètes, j'avais bien compris que ce n'était pas dans la définition usuelle) C'est vrai que c'est tellement gros que j'ai vraiment du mal à mettre des mots dessus.

      Merci pour ton (long) commentaire et pour toutes ces belles choses, ça me fait très plaisir !

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      • Bah on ne peut pas dire que le monsieur ne te fascine pas quoi vu tout ce que tu sais sur lui !
        Oui j’avais vu ça dans l’article de Maned Wolf, ça m’avait fait sourire. En tout cas, tout est sagement rajouté à ma WL. :3 Ca me changerait en plus, comme c’est pas des genres que je lis beaucoup. Bordel, je réalise que j’ai envie de lire tellement de choses différentes.
        Bordel tout s’écroule là oui haha. Mais on peut dire que comme c’est toi qui lui avais demandé, tu sentais que c’était un auteur avec lequel tu allais accrocher ?
        Au cas où j’oublierais quoi ? Je peux pas oublier ce qui ne me concerne pas muhuhuhu ! (nah je te corrige : c’est toi et Camille les anges de toute façon ! )
        Oh oui l’interprétation à coup de Mère Patrie se retrouve encore aujourd’hui malheureusement… (tu sais, cette excuse pour justifier le racisme, lol) Arrête de m’intriguer comme ça avec les Justes ! Je compte pas lire ça tout de suite mais tu vas me donner trop enviiiie !
        Je me rappelle que son colloque sur L’Homme qui rit m’avait passionné (je passais mon bac de français peu de temps après, j’avais utilisé son analyse un peu quand la prof me demandait ce que j’avais lu dernièrement hahaha, j’étais trop à fond) Forcément que ça te spoile un minimum, surtout que c’est sur les figures du mal pour ce livre, mais, damn, c’est TELLEMENT génial. Si tu ne comptes pas le lire, ça peut peut-être te donner envie, sinon en savoir un peu plus sur l’oeuvre sans passer par la lecture. (et OUI, lit Victor Hugo ! Ca devrait beaucoup parler à ta sensibilité.)

        Hé bien merci réciproquement !

        Déso pour la longueur du commentaire oui haha, j’avais ouvert une page de bloc note à côté durant la lecture et pouf je réagissais pépouze, quand j’ai fais le CC je me suis dis que tu allais être assomée par la taille… Il fallait que je me rattrape de toute manière. :p

        Aimé par 1 personne

      • Le pire, c’est que je prévois d’acheter une autre biographie un jour xD
        Oui, c’était pas une lecture lourde, ça devrait te plaire à toi aussi 🙂
        Mais oui, tout s’écroule ! Non, je ne pense pas, j’étais consciente de rien, mais bon, je savais que « L’Etranger » m’avait beaucoup plu, donc je voulais continuer…
        Non mais le coup de « mère Patrie », ça a l’air indémodable on dirait. (et déso pas déso)
        Aïe, ben j’aimerais bien le lire quand même… Donc à ton avis, je peux quand même regarder ?

        T’excuses pas, limite je me dis que c’est parfois une bonne idée le bloc-notes…

        Aimé par 1 personne

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