Bilan lectures #27 – mai 2019

J’ai été plus motivée pour m’occuper du blog, visiblement… Et en plus de vous avoir offert quelques chroniques/articles, j’ai aussi d’autres lectures à vous présenter !

bilan-lectures-mai

Une grande diversité de lectures… ce qui ne sera pas le cas le mois prochain ! Vous le comprendrez plus ou moins en fin d’article…

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Traité d’économie hérétique (Thomas Porcher)

Ce petit livre est un basique pour comprendre un peu mieux l’économie et déjouer certains clichés. Vous l’avez probablement remarqué (difficile d’y échapper de toute façon…) mais c’est la logique capitaliste qui domine le débat économique au point de faire l’unanimité partout dans la presse généraliste. L’économiste va démonter nombre de stéréotypes (notamment par rapport à la fonction publique qui coûte si cheeer) et va souligner quelque chose qui est peu réalisé par la majorité des gens car on nous le cache : les fameux experts… ne le sont pas forcément. Ils n’ont souvent pas de diplôme ou eu un cursus dans le domaine de l’économie, ce qui paraît être un peu arrogant à souligner, mais le problème, ce n’est même pas qu’ils se sont construit une culture économique crédible car ils sont en réalité d’une incompétence crasse (par contre, ils sont très bons pour faire croire le contraire et en manipulation communication auprès du grand public). Bref, de nombreux sujets sont abordés au sein de ce livre. Si vous vous y connaissez un peu en économie et dans l’actualité de celle-ci, ça ne vous apprendra rien (au mieux, ça peut servir de rappel). Si, par contre, vous vous sentez maladroit sur le sujet, je vous le conseille, c’est vraiment un bon livre pédagogique, vous ne serez pas largués.

crépuscule-du-tourment-coverCrépuscule du tourment (Léonora Miano) Lire la chronique

Un coup de coeur. Dans ce pays d’Afrique, on retrouve la voix de quatre femmes, toutes liées à un homme, mais ce sont leurs ressentis féminins, le rapport indulgent envers le mystique de leur pays (le Cameroun), l’apparition assumée de l’homosexualité et la beauté de l’écriture qui frappent.

de-sang-et-de-lumière-coverDe sang et de lumière (Laurent Gaudé)

Si vous connaissez mon rapport à la poésie, vous savez combien la présence d’une telle lecture dans ce bilan est miraculeuse. Si vous ne le connaissez pas, je vous invite à lire cet article. Mais voilà, c’était, au moins, exactement le genre de thèmes qu’il me fallait. Dans ses poèmes, Laurent Gaudé retrace la colonisation et ses blessures, le sujet si polémique de l’immigration, tout ça avec une grande sensibilité.

le-chevalier-inexistant-coverLe chevalier inexistant (Italo Calvino)

Ceci est un joli conte, avec la portée philosophique qu’il faut, même si avec l’absurde tout le long du récit, on peut passer à côté, je pense. Durant une guerre de Charlemagne, on a un chevalier, nommé Agilulfe, dont l’armure est… vide, qui croit exister alors qu’il n’existe pas, et son écuyer, désigné ainsi par Charlemagne, nommé Gourdoulou (mais ce n’est pas son seul nom, vous verrez…) qui ne pense pas exister alors qu’il existe. J’ai bien rigolé, c’est assez barré par moments. Les deux personnages que je vous ai décrits ne sont pas les seuls à se faire remarquer, et certaines situations sont assez cocasses. On peut lire ce roman sur deux plans au moins (peut-être plus, mais je ne suis pas une experte) : premièrement, vous pouvez le lire sans essayer de rien analyser, juste comme ça. L’histoire se suffit à elle-même ainsi, je trouve. Deuxièmement, comme pour n’importe quel conte, il y a un côté philosophique : la question étant « qu’est-ce que signifie être ? ». Je pense que vous avez deviné que les deux personnages principaux allaient être impliqués dans cette réflexion, mais pas que. Je trouve que la guerre en elle-même est questionnée, mais je peux me tromper car c’est pas hyper flagrant. Lu pour le challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

la-libération-animale-coverLa libération animale (Peter Singer) Lire la chronique

Un livre vraiment sérieux sur l’antispécisme, écrit par un philosophe qui est devenu une référence dans le domaine. Et pas pour rien : ce n’est pas comme si ce livre avait été un précurseur à l’époque ! (sorti en 1975) Je sais que le sujet fait polémique, mais si vous vous intéressez au sujet, je vous en conseille la lecture. Vous ne pourrez pas l’accuser de sensiblerie tellement il est rationnel !

rejoignez-nous-grève-pour-le-climat-coverRejoignez-nous : #grevepourleclimat (Greta Thunberg)

Je pense qu’on ne présente plus Greta Thunberg, jeune militante suédoise de 16 ans, qui a commencé ses grèves pour le climat en août dernier avec son seul carton, sa seule compagnie, sur les marches du Parlement suédois. Au sein de ce manifeste, on y trouve plusieurs de ses déclarations : il y en a une qui relate son parcours, répond aux critiques qu’on lui a adressé, mais ce n’est pas tout. Elle a exprimé (notamment devant la COP24, le discours avec lequel elle s’est fait connaître) ses craintes et sa volonté de façon absolument pas langue de bois. Au contraire, elle y a fait preuve d’une franchise qui peut désarmer pas mal d’adultes (j’en fais partie, mais je vous avoue que de ce côté-là, j’ai du mal à atterrir…) mais cette manière de dire les choses est salutaire et essentielle. Tenez, une citation :

Et pourquoi au juste est-ce que je devrais étudier pour un avenir qui pourrait bientôt ne plus exister parce que personne ne fait rien pour le sauver ? Quel est l’intérêt de suivre les enseignements du système scolaire quand les plus grands scientifiques issus du même système scolaire ne sont pas écoutés par nos politiques et nos sociétés ?

A lire de toute urgence ! Et si vous trouvez que c’est osé… Vous n’avez pas fini d’être étonné. Je vous l’ai dit, elle n’a pas la langue dans sa poche.

accabadora-coverAccabadora (Michela Murgia)

Quand j’ai commencé cette lecture, j’étais très emballée. L’histoire a lieu en Sardaigne dans une cité encore assez éloignée de la société moderne sur certains plans. Les traditions, l’aspect mystique, les croyances, sont encore présentes. C’est l’histoire de Maria, quatrième enfant d’une femme qui aurait préféré ne pas l’avoir et qui le fait savoir devant sa fille et les autres sans aucun souci. C’est pour cela qu’elle accepte volontiers la demande de Tzia Bonaria, une vieille femme célibataire sans enfant (connu comme étant la couturière), de l’adopter. Mais elle n’est pas que ça… Elle est aussi l’accabadora, la « dernière mère ». Au début, le roman m’a charmée. Jolie écriture, contexte plaisant, l’histoire m’intriguait aussi. Mais j’ai grincé des dents sur un aspect validiste de l’histoire qui n’est pas tout à fait remis en question : il est rejeté par un personnage mais ça reste très superficiel à mon goût. D’ailleurs, en parlant de ça, le reste du roman va entrer dans certains stéréotypes, et forcément, vu que je le trouvais prometteur, j’ai été un peu déçue. C’est dommage, ça commençait bien…

bride-stories-9-10-11

Bride stories, tome 9, 10 et 11 (Kaoru Mori)

Ça se maintient toujours à un très bon niveau ! Pourtant, arrivé à ce nombre de tomes, on peut parfois sentir un essoufflement : ce n’est pas du tout le cas ici ! Même que les tomes peuvent se lire indépendamment : sans le faire exprès, j’ai lu le tome 11 avant le tome 10. A part la petite impression d’avoir loupé un truc au début du tome 11, j’ai pu lire la suite du tome sans aucun problème. Ce n’est pas le cas de tous les tomes de cette série, mais je vous garantis que pour ces trois-là, il n’y a quasi aucun problème. J’attends la suite !

maintenant-coverMaintenant (Comité invisible)

Les auteurs ont un nom que porte très bien leur groupe car on ne sait pas du tout qui ils sont. Et vu ce qu’ils racontent, tant mieux ! On est sur de l’appel très clair à l’insurrection. Ils nous expliquent très clairement pourquoi les « révolutions » n’ont pas fonctionné jusqu’à maintenant (car elles étaient constituantes et non destituantes – je vous laisse méditer sur cette phrase que vous n’avez peut-être pas comprise, ou sinon, vous pouvez lire leur livre), sur les formes de militantisme actuelles. Il y a un chapitre sur le travail, et vous connaissez les thèmes qui m’attirent, celui-là en est un bon, héhé. Ils parlent aussi de la police et de la « nécessaire » utilisation de la violence. J’ai mis entre guillemets car je suis encore très mitigée sur l’utilisation de la violence, et en même temps… N’est-ce pas ce que fait la police avec les gilets jaunes ? M’enfin… On en reparlera plus tard peut-être, c’est un sujet assez long à développer. J’ai eu deux-trois désaccords avec eux, mais globalement, ce sont de très bons textes (sept en tout). Ils font vraiment beaucoup réfléchir, il y a une portée philosophique sur le dernier texte qui m’a fait relire des passages histoire de bien comprendre. Par contre (et c’est habituel), personne ne parle des oppressions et quelles conséquences peuvent avoir une insurrection sur les personnes opprimées… Je les ai trouvé très bon, mais bordel, à chaque fois, ça manque !


Autres articles :

Du coup, le mois prochain, le bilan ne sera pas aussi diversifié qu’en mai ! Est-ce que je craquerai et lirai aussi un essai, américain ou non ? Ce n’est pas impossible. Je n’ouvre pas les paris sur moi-même cette fois-ci.

J’ai globalement eu un mois de lectures satisfaisant, donc je ne râle pas cette fois-ci, aha.

Au mois prochain !

8 réflexions sur “Bilan lectures #27 – mai 2019

  1. Haha je suis tellement d’accord avec toi pour la fonction publique, on fait un travail pour un salaire qui dans le privé est loin d’être génial et avec les suppressions de postes, on doit gérer la même masse de travail avec moins de moyens… Sinon j’adore la saga Bride Story ♥ Il faut vraiment que je me remette à cette série !

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