Bilan lectures #30 – août 2019

Salut ! J’espère que vous avez passé un bon été de lectures ! Le mien peut paraître court, mais j’ai passé une semaine sans lire vu que j’étais ailleurs. Donc c’est finalement pas mal malgré mon absentéisme ! La lecture du premier essai que je vous présente (et que j’ai chroniqué) m’a aussi pris un temps de dingue (mais la biographie de l’auteur juste après était pas mal dans le genre).

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A31537_Metamorph_Trav.inddMétamorphoses du travail (André Gorz) Lire la chronique

Un essai très complet sur le travail, son histoire, son évolution, comment est-ce que sa place actuelle détruit la société. C’est assez terrifiant de lire ça mais pourtant nécessaire pour comprendre que la structure de notre société est centrée sur le travail et que toute décision passe par ça.

andré-gorz-une-vie-coverAndré Gorz, une vie (Willy Gianinazzi)

Une biographie sur l’auteur mentionné plus haut pour son brillant essai. André Gorz (qui n’est pas son vrai nom, il en a d’ailleurs utilisé plusieurs) est né en Autriche et y a grandi. S’en est suivi des études en Suisse pendant la guerre (à laquelle il a pu échapper alors qu’il est Juif, même si cette religion n’avait aucune place dans sa vie, on sait que ça n’arrêtait pas les nazis…) et par certaines circonstances, il s’est retrouvé en France pour travailler, pays dans lequel il est resté et dont il a, on va dire, épousé la langue (il refusait de parler allemand le plus possible). Bref, un philosophe et journaliste autodidacte qui en a bluffé plus d’un avec sa perspicacité et son intelligence. Personnellement, c’est sa capacité de remise en question, son ouverture d’esprit, qui m’ont impressionnée. Il était connu pour être solitaire et a provoqué l’incompréhension de beaucoup, alors que je criais en mon for intérieur « LA SOLITUUUUUDE, TROP BIEN ! ». Je me suis aussi reconnue dans son rejet, assez tôt, du travail et de ce qu’il implique. Voilà peut-être pourquoi il a analysé principalement le travail : ce n’est pas comme s’il tenait une place centrale dans la société… Je pense qu’il n’était pas forcément très heureux, heureusement que sa femme était là… D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur leur relation, lire Lettre à D. d’André Gorz lui-même sera plus pertinent, car cette biographie explore surtout les idées de l’homme et son évolution. Il y a des moments où c’est un peu lourd, notamment quand il y a des énumérations de sigles de syndicats, mais globalement, c’était très intéressant.

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Comment suis-je devenue féministe ?

Il était obligatoire que cet article sorte un jour. Je vous fais chier avec une série d’articles sur des livres féministes quand même… Mon parcours est assez classique ceci dit. Et comme beaucoup de femmes, à quelques exceptions, j’ai commencé par penser que le féminisme était nul en plus d’être inutile (ça commence bien, cette affaire). Pourtant, j’aurais dû réfléchir plus tôt. Pas comme si je subissais le sexisme comme toutes les femmes, d’autant plus quand tu es considérée comme une fille laide par la société (du coup, tu vis aussi des choses différemment).

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(si vous vous demandez si j’ai lu tous les livres sur les photos, la réponse est non – il y en a un que je n’ai pas lu sur chaque photo)

Subir le sexisme sans pouvoir le nommer

Ça a commencé tôt pourtant, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je ne me souviens pas de tout, bien sûr. Mon premier souvenir marquant est survenu quand j’avais 7 ans.

C’est cette règle de grammaire qui dit que « le masculin l’emporte toujours sur le féminin »… Ca m’avait tellement outrée ! Alors les gens qui disent qu’on s’en fout, que ça n’a aucune incidence… Oh que si ! C’est même assez incompréhensible, alors qu’on t’avait dit qu’un des principes de ton pays, c’est « égalité »… Et quand on dit qu’à cet âge, les garçons ont autre chose à foutre que de s’en réjouir… Encore une fois, si, ils en étaient très contents ! Ils ont très bien compris, parmi les innombrables indices qui leur étaient donnés dans leur quotidien, que leur sexe les rendait supérieurs aux filles… Ils jubilaient, même ! Vous êtes bien naïfs ! On a protesté mollement (que pouvions-nous faire au CE1 ?) et j’ai « oublié » cet épisode…

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Métamorphoses du travail, d’André Gorz

A31537_Metamorph_Trav.inddQuatrième de couverture

Cela ne s’appelait pas encore la «mondialisation libérale», que déjà André Gorz, voilà bientôt vingt ans, en pionnier critique d’une rare intelligence analytique, dénonçait la croyance quasi religieuse que «plus vaut plus», que toute activité – y compris la maternité, la culture, le loisir – est justiciable d’une évaluation économique et d’une régulation par l’argent.
Gorz détermine les limites – existentielles, culturelles, ontologiques – que la rationalité économique ne peut franchir sans se renverser en son contraire et miner le contexte socioculturel qui la porte.
Le lecteur découvre pourquoi et comment la raison économique a pu imposer sa loi, provoquer le divorce du travail et de la vie, de la production et des besoins, de l’économie et de la société. Pourquoi, sous nos yeux, elle désintègre radicalement la société ; pourquoi nombre d’activités ne peuvent être transformées en travail rémunéré et en emploi, sans être dénaturées dans leur sens.

Critique

Un essai compliqué à lire, mais passionnant ! Faut dire qu’André Gorz est un philosophe autodidacte, et vous connaissez mon rapport à cette discipline… Là, on est sur quelque chose qui flirte avec la théorie politique et la critique sociale. Le vocabulaire m’était donc accessible, même si j’ai eu quelques moments de doute (on est sur un style universitaire après tout). Mais je ne regrette pas cette lecture !

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Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult – les livres féministes #15

ainsi-soit-elle-coverBenoîte Groult, l’autrice de ce livre, est une féministe de la deuxième vague. Elle est assez connue par ces dernières, donc vous croiserez forcément son nom à un moment ou à un autre.

Elle a reconnu son féminisme assez tardivement : en tant que femme dans cette société patriarcale, même si on se rend compte de choses, on les réalise inconsciemment, et elle n’a pas dérogé à la règle. De plus, même entre femmes, on n’en parle pas, c’est tacitement interdit, contraire aux bonnes moeurs, etc.

C’est un sujet qu’elle dénoncera… parmi ceux qu’elle va aborder. En effet, les conséquences du patriarcat sur les femmes sont multiples. On pourrait croire que ce livre est daté (il est sorti en 1975) mais il est toujours tristement d’actualité sur certaines choses, notamment certains comportement des hommes à notre égard, le système forcément à notre détriment parce qu’on a un vagin entre les jambes, etc.

L’autrice va parler de tout en quelques 200 pages et elle réussit à aborder avec brio le problème du système pour les femmes, la haine des hommes (oui oui, la haine, la guerre des sexes n’est pas faite par les femmes à la base) à l’encontre des femmes, leur peur de nous dont découle cette volonté de garder le pouvoir à tout prix. Je n’ai pas encore lu Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé mais ça m’a donné très envie de le lire rapidement car Benoîte Groult parle du sujet de la virilité sans concession. Le sujet reste non exhaustif dans son livre en raison du nombre de pages mais il recense toutes les abominations qu’on a fait subir aux femmes sous des prétextes fallacieux… et qui sont toujours réelles dans certaines parties du monde.

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