Bilan lectures #32 – octobre 2019

Bon… Ce mois n’a pas été terrible sur tous les plans. L’avantage de toute cette merde, c’est que j’aurais – normalement – plus de temps pour lire, m’occuper de mon blog, etc. Oui, parce que côté lecture, ça n’a pas été très glorieux. Vive les livres courts, quoi, sinon mon bilan ne ressemblerait à rien.

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nos-richesses-coverNos richesses (Kaouther Adimi)

Ce petit roman a la qualité de présenter un travail de recherche de la part de l’autrice. Je vais expliciter : dans ce livre, on se trouve en Algérie, à deux époques différentes. La nôtre et celle en plusieurs dizaines d’années de la vie d’Edmond Charlot, de sa librairie Les Vraies Richesses (nom inspiré d’un livre de Jean Giono) et de sa période en tant qu’éditeur. On sera aussi amené à voir les troubles qui traversent l’Algérie grâce aux notes d’Edmond Charlot, inventées par l’autrice. Dans le présent, la librairie est devenue une bibliothèque de quartier très peu fréquentée qui a été rachetée pour être transformé en… un magasin de beignets. Pour débarrasser l’intérieur, Ryad est embauché (au titre de stagiaire) pour faire le travail. Il rencontrera Abdallah, un habitué des lieux… Ce petit roman est une déclaration d’amour faite aux livres (et puis on voit vite fait Camus, j’étais aux anges bien sûr), même si la fin ne me satisfait pas car elle comporte tout le fatalisme de ce monde selon moi (mais on ne peut pas lui reprocher d’être irréaliste). J’ai bien apprécié ce roman, qui aurait pu être un tantinet mieux selon moi.

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Bullshit Jobs, de David Graeber

bullshit-jobs-coverQuatrième de couverture

Dans la société moderne, beaucoup d’employés consacrent leur vie à des tâches inutiles et vides de sens. C’est ce que David Graeber appelle les « bullshit jobs » ou « jobs à la con ». L’auteur en cherche l’origine et en détaille les conséquences : dépression, anxiété, effondrement de l’estime de soi… Il en appelle à une révolte du salarié moderne ainsi qu’à une vaste réorganisation des valeurs, qui placerait le travail créatif et aidant au coeur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d’asservissement… assouvissant enfin notre soif de sens et d’épanouissement.

Critique

Qui c’est qui n’y croyait que moyennement avant de commencer ? C’est bibi ! Qui a changé d’avis ? C’est encore bibi !

David Graeber a écrit cet essai après le succès retentissant de son article On the Phenomenon of Bullshit Jobs publié dans le magazine Strike!. Dans celui-ci, il dénonçait la multiplication des emplois inutiles, en particulier au sein des administrations, publiques comme privées (et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le champ public n’est pas le pire…). Ne pas confondre les « jobs à la con » (dont il parle) et les « jobs de merde ». Les « jobs à la con » sont inutiles, superflus et néfastes, à tel point que le salarié lui-même s’en rend compte (si ce n’est pas le cas, il y a aussi des raisons derrière ce déni). Les « jobs de merde » sont des boulots dénigrants, souvent fatigants et au bas de l’échelle sociale, et à tous les coups mal payés, alors qu’ils sont souvent les plus utiles. L’auteur relèvera cette contradiction entre des jobs super bien rémunérés alors qu’on peut souvent remettre en cause leur utilité (avant qu’on me dise que la médecine est utile : oui, merci, mais c’est très rare que ce soit le cas pour d’autres domaines) et des emplois qui le sont peu alors qu’ils servent à quelque chose (agent d’entretien et aide-soignant par exemple).

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