Bilan lectures #42 – septembre 2020

Bon, y aura pas eu grand-chose… Mais comme je suis satisfaite de mes lectures (voire plus), ça passe mieux.

Frère d’âme (David Diop)

Je sais que beaucoup ont été déçus par ce livre. Ils s’attendaient à plus et peut-être qu’avec l’avertissement en tête que ce ne serait pas le cas, je l’ai mieux apprécié. Une chose est sûre : je comprends pourquoi il a eu le prix Goncourt des lycéens. C’est typiquement le genre de roman que j’aurais adoré étant lycéenne. C’est l’histoire d’Alfa Ndiaye et de son ami mort dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale, Mademba Diop, tirailleurs sénégalais tous les deux. On y croise la violence, celle du sang en particulier, l’amitié, les remords, les superstitions et la conséquence sociale qui en découle souvent. Il finit par effrayer ses camarades, noirs et blancs, pour une raison bien précise. Il est envoyé à l’Arrière quelques temps pour se « reposer » (comprendre : le mettre à l’écart) et on a le temps de voir défiler son passé dans son pays. Tout ceci prend la forme d’un conte. L’écriture de l’auteur a aussi ses défauts selon moi mais ça reste plaisant à lire. Ne vous attendez pas à en savoir plus sur les tirailleurs sénégalais, ce ne sera pas le cas. Mais à mon sens, ce n’est pas bien grave. Je pense au contraire qu’on a besoin de ce type de romans. Qu’il ne soit pas là pour apprendre aux personnes blanches ce qu’il y a à apprendre (y a des livres de non-fiction pour ça). David Diop, a, de mon avis, juste écrit l’histoire d’une personne dont aucun ne s’intéresse réellement à l’histoire des siens, à part pour écrire un essai. Il en fallait une. J’ai trouvé ce livre plutôt bien, sans plus. Et il a eu raison de l’écrire tel quel.

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Les besoins artificiels, de Razmig Keucheyan

Quatrième de couverture

Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s’acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d’à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l’épuisement des ressources naturelles et les pollutions.

À l’âge d’Amazon, le consumérisme atteint son « stade suprême ». Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s’appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins « authentiques » collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le cœur d’une politique de l’émancipation au XXIe siècle.
Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins « authentiques » ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx, « une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ».

Critique

Ce livre est une occasion de prendre du recul sur l’espèce humaine, ou du moins une partie de sa vie. Les besoins qu’on connait tous à l’heure actuelle viennent-ils tous de nous ? Si les anti-consuméristes du coin se diront « lol, facile », peut-être ne connaîtront-ils pas tout. Pas la peine de se percher sur un piédestal.

L’introduction de l’auteur peut paraître assez curieuse au premier abord : il y parle de la pollution lumineuse. On se demande ce qu’il fabrique à ne pas aborder le sujet de manière frontale, on se demande où il veut en venir.

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Clit Révolution : Manuel d’activisme féministe – les livres féministes #24

Rajoutons les noms des deux autrices (car sinon, ça faisait un titre à rallonge) : Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles. Le livre a été illustré par Alice Des. Les deux premières susmentionnées sont aussi les créatrices de la websérie, en replay sur France tv, Clit Révolution. Celle-ci décomplexifie les sujets autour du sexe féminin. Ça vous dit peut-être quelque chose maintenant.

Les autrices ont décidé de répondre à une demande croissante chez les personnes féministes : comment agir concrètement ? Quelles actions militantes entreprendre ? Comment être bien préparée ?

Elles vont donc donner des pistes d’actions, qui ne seront pas forcément applicables pour tout, mais ce sera à vous de réfléchir et d’agir en fonction. Mais avant tout, il faut, comme elles le disent, « se révolutionner soi-même ».

C’est-à-dire ? Changer d’avis sur soi-même au-delà des règles imposées chaque jour par le patriarcat (donc sur son corps, souvent). Oser s’affirmer (le plus dur, je pense que quelques-unes d’entre vous seront d’accord avec moi, c’est un travail qui peut prendre du temps). Changer aussi sa conception du consentement (on a trop tendance à faire des concessions qui tombent souvent dans la fameuse « zone grise » du viol). Bref, se changer soi et son intimité car c’est ça qui nous rendra plus forte pour militer.

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