Bilan lectures de l’année 2020

2020 était une année pourrie, n’est-ce pas ? Il faut croire que mon rythme de lecture s’est adapté à l’angoisse permanente qui m’habite. Même encore maintenant, je ne peux pas prétendre m’en être sortie.

Je viens de relire mon bilan lectures de l’année 2019 et j’ai envie de rire. Je me plaignais du peu de romans qui m’avaient énormément plu… Cette année, je n’en ai qu’un à proposer ! Par contre, pas mal d’essais intéressants, donc vous aurez un top 10 comme en 2018, il n’y a pas à chipoter, surtout que je n’ai rien à dire pour les romans du coup. J’en ai peu lu et si certains ont été appréciables, je ne peux pas dire qu’ils m’ont marqué. Sauf un… Bien évidemment, je vais vous le présenter ! (et certaines personnes auront peut-être deviné duquel il s’agit)

Les essais, ça n’a pas manqué par contre, comme vous l’avez compris ! Une sélection digne de ce nom !

Top romans

Les raisins de la colère, de John Steinbeck

Le seul roman de cette catégorie et il a été vraiment magistral ! Ça a rattrapé ma frustration côté romans. Un grand classique qui retrace un voyage en famille à travers l’Ouest des États-Unis qui cherche à survivre comme elle peut, avec le capitalisme et ses méfaits qui ne sont même pas en arrière-plan tellement ça a une influence sur tout ce qu’il s’est passé. Je vous conseille ma chronique sur ce livre.


Top essais

10 – Le génie lesbien (Alice Coffin)

Un essai féministe qui a fait polémique. Dans ma chronique, vous verrez que ça a beaucoup parlé pour rien. Un livre où l’autrice exprime ses raisons personnelles d’être féministe (et dans lesquelles on se retrouve, c’est d’ailleurs assez émouvant, tu la sens la fameuse sororité) et qui m’a appris de nombreuses choses sur le lesbianisme.

9 – Les corps abstinents (Emmanuelle Richard)

Ce livre a été un véritable soulagement. Si vous considérez votre abstinence sexuelle anormale selon les jugements de la société, cet essai est fait pour vous. L’autrice y a recueilli de nombreux témoignages de personnes qui ont été abstinentes (qu’elles l’aient choisi ou subi) et leur rapport à cette période de leur vie… qu’elle soit terminée ou non d’ailleurs.

8 – Le capitalisme patriarcal (Silvia Federici)

Un essai pas très accessible mais très éclairant sur le sujet du capitalisme qui utilise largement les chaînes de l’oppression genrée à son propre profit. Sans compter qu’il les renforce ! Difficile de ne pas être outrée à sa lecture. Les passages avec Marx ont été plus difficiles à lire me concernant mais j’ai envie de dire : comme d’habitude.

7 – Chassés de la lumière (James Baldwin)

James Baldwin, c’est sûr, il fait partie de la masterclass. Cet essai l’a prouvé une nouvelle fois : dans ce livre du début des années 70, il a fait part d’idées qui ne m’ont pas surprise. Ce qui a changé : le ton. Il est plus intraitable. Ce livre s’est fait critiquer pour ça. Il dit toujours que la vérité sur la condition noire , que ça plaise ou non…

6 – Les hommes lents (Laurent Vidal)

Un livre très intéressant qui retrace l’évolution du mot lenteur à travers les siècles, et pour quelles raisons on en est arrivé là. Si vous le feuilletez, vous serez peut-être surpris.e.s par les petits chapitres : au premier abord, ça peut paraître léger. Ce n’est qu’une impression : cet essai a été très instructif et nous permet de prendre du recul sur notre rapport à la lenteur qui n’est pas innée (le capitalisme a encore sa part de responsabilité).

5 – Backlash (Susan Faludi)

Un essai féministe magistral. Mais s’il n’est pas plus haut dans le classement, c’est qu’il a été lourd à lire en raison de la foison d’informations à lire, sans compter qu’il faut encaisser autant de violence dans les faits… Il n’est pas simple à lire donc je comprends si vous l’avez abandonné. Ceci dit, il décrit bien le phénomène du backlash misogyne. La suite : bah pas grand-chose n’a changé…

4 – Né pour la liberté (Simone Weil)

Simone Weil, comme vous le verrez plus tard, est la grande gagnante de ce top. Petits textes, mais grande réflexion. Dans celui-ci, elle explique que, pour qu’un homme soit libre, il faut qu’il ait accès à sa pensée, sans influence extérieure. Je vous laisse en conclure que, du coup, personne ne l’est…

3 – Le pouvoir noir (Malcolm X)

Si vous voulez démonter les clichés que vous avez sur cet homme car, pour beaucoup, c’est le grand méchant loup, ce recueil est fait pour vous ! Ce livre rassemble des textes oraux qu’il a donné lors de conférences, mais aussi des interviews. Il parle de la question noire, de la solidarité qui doit absolument se construire entre toutes les personnes noires de la planète face à l’Occident… Il est violent ? Bah non, pas vraiment… sauf si vous considérez que ne pas tendre l’autre joue en est une, mais dans ce cas-là, vous êtes soit l’oppresseur, soit l’oppresseur vous a convaincu du bien-fondé de sa violence.

2 – Conditions premières d’un travail non servile (Simone Weil)

Si vous avez lu La Condition ouvrière, les idées exprimées dans ce texte ne vous surprendront pas. Mais ça en fait un très bon rappel pas du tout désagréable (et plus court à lire). Je pense que le titre est très clair : l’autrice y explique ce qu’est le travail et sa place dans notre société actuelle. Et il rejoint aussi Né pour la liberté : accéder à sa pensée propre est très difficile, voire impossible en travaillant…

1 – Note sur la suppression des partis politiques (Simone Weil)

Celui-ci, aussi court qu’il soit, est la grosse claque de l’année (je l’ai relu d’ailleurs). Il confirme aussi pas mal d’idées anarchistes que j’ai pu lire jusqu’à présent, et comme Simone Weil a été en Espagne combattre avec les anarchistes, pas très surprise. Elle explique (mais pas que) que les partis politiques sont voués à grandir, quitte à déclencher la passion collective (et là, vous n’êtes vraiment pas libre), d’où la suppression nécessaire des partis politiques, qui sont d’abord là pour leur bien, et pas vraiment pour celui du peuple. Rien de nouveau sous le soleil mais plaider leur suppression… Il fallait oser. Ça ne paraît pas forcément révolutionnaire au niveau des idées mais l’écriture, le chemin de son raisonnement, à chaque fois, tout ça est magnifique.


Mention spéciale pour Vous ne pouvez rien faire, nous vous empêchons de vieillir (Collectif), un recueil de textes de lycéens des années 80 pour protester contre une réforme de l’époque. Ils en ont souligné le mépris social et j’ai trouvé leur expression franche et honnête, vraiment très forte.


Spécial BD

Je ne vais pas développer (il y aura les liens des bilans lectures si vous voulez en savoir plus) mais il était clair que je n’allais pas faire ce bilan sans mentionner trois BDs qui m’ont énormément plu et m’ont foutu une claque pour deux d’entre elles.


Objectifs

Je m’étais fixée quelques objectifs pour 2020 et… c’est moins catastrophique que ce que je pensais. C’est pas génialissime non plus mais je n’en ressors pas frustrée, alors ça va.

  • Lire Kenzaburô Ôe : fait
  • Lire plus d’essais : fait (en rapport avec la nature : très bof)
  • Lire des essais de James Baldwin : fait (option de lire un roman : non)
  • Je ne savais pas si j’allais lire plus de mangas : si si si, oh que si
  • Lire Svetlana Alexievitch : non, et c’est d’ailleurs très nul.

Et en 2021, quoi de prévu ? Ben avec mon challenge, je vais lire plus d’autrices, c’est sûr (je pense que je ne m’avance pas trop avec ça). Lire plus d’essais féministes aussi, j’en ai trop dans ma PAL, je trouve. Autant vous faire partager mes découvertes, non ? Au mois de février, j’espère lire des essais en rapport avec la condition noire, j’espère que ma vie ne sera pas trop bordélique à ce moment-là. Garder le cap avec les mangas puis quand même essayer de passer sous la barre des 100 livres dans ma PAL, ça commence à devenir ridicule…


Un bilan de l’année un peu plus court que les autres, sûrement, mais au moins, il est fait. J’espère que mes lectures de fiction seront plus satisfaisantes que cette année. Pas qu’elles m’aient déplu mais les coups de cœur, bah… Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

14 réflexions sur “Bilan lectures de l’année 2020

    • Merci beaucoup !
      Oui, si Simone Weil te fait un peu peur, des petits textes sont sûrement plus accessibles (attention, pas tous ! « La Personne et le sacré » est court mais pas très accessible – il est pas dans mon top ceci dit).

      Aimé par 1 personne

  1. Si la fiction n’était pas forcément au rendez-vous, ça reste une belle année pour les essais ! Tu me donnes toujours envie de franchir le cap, de passer de « tiens, il a l’air pas mal, celui-ci » à vraiment en lire de temps en temps. Tu donnes vraiment envie de les découvrir !

    Aimé par 1 personne

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