Prise de recul sur d’anciens articles

Comme vous l’avez déjà lu dans certains articles, j’ai un peu évolué sur mes lectures et, même si je reconnais ma patte sur des vieux posts, sur ma rédaction d’articles. Du coup, certaines chroniques m’interpellent aujourd’hui.

Je vais faire un petit retour sur certaines d’entre elles. Je suis assez mitigée : l’impression d’avoir été plus « calme » auparavant mais d’avoir eu aussi beaucoup moins de recul, surtout sur le premier article que je vais vous présenter. J’assume mes bêtises, je laisse tout en ligne, même si ce n’est pas l’envie qui manque d’en désactiver un ou deux.

Allez, c’est parti pour un moment désagréable (pour moi) !

Saga La Passe-miroir (Christelle Dabos)

A l’époque où j’ai rédigé ça, il n’y avait que les deux premiers tomes de sortis. Mon problème avec cette chronique ? Y a marqué « fangirl » tout le long comme message subliminal, je ne sais pas quoi dire tellement j’ai honte. Et puis genre la note… (je donnais des notes au tout début de mon blog) 10/10 ? Non mais faut arrêter le délire, Ada, bien sûr que non.

La preuve que la prise de recul sur ces deux livres était inexistante. En plus, ça n’existe pas, une note parfaite comme ça (sauf pour L’Étranger d’Albert Camus bien sûr, avec toute l’objectivité dont je suis capable avec ce livre, c’est-à-dire aucune). Avec le temps qui a passé et les relectures des trois premiers tomes avant de lire le quatrième et dernier, mon avis sera toujours positif mais différent. Il y a des choses à critiquer en plus de ce qui est à acclamer…

Rosa Candida (Audur Ava Ólafsdóttir)

J’ai relu cette chronique pour l’occasion et il n’y a pas grand-chose à critiquer. L’idylle n’a pas eu lieu entre nous et je pense même qu’en ayant eu plus de « sagesse » en lisant ce livre, ça n’aurait pas changé la donne.

J’ai dit qu’il y avait de la romance. On sait tous que j’ai horreur de ça (si vous cherchez quelqu’un de romantique, passez votre chemin) et je pense que ça a pas mal joué dans mon appréciation du livre. Est-ce que c’était réellement de la romance bête et méchante comme je l’imagine souvent ? Non. Et j’ai l’impression de ne pas avoir su transmettre l’idée que c’était beaucoup plus nuancé que ça. Que ma chronique est sûrement plus négative que ce que je souhaitais. Elle l’est un peu, ne vous méprenez pas, mais je ne sais pas, ai-je été injuste ou pas ? Ai-je donné une image qui correspond bien au contenu ? N’hésitez pas à lire cet ouvrage malgré tout.

La violence des riches (Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot)

C’est sûrement le cas dans des articles plus récents (je ne suis pas allée au-delà de mi-2019 pour trouver des articles à critiquer) mais on sent l’excitation de dénoncer des choses en mettant des mots dessus. Du coup, j’ai des doutes sur ma prise de recul (je n’avais pas beaucoup d’expérience de lectures d’essais à l’époque, ça devait me sembler formidable).

Je suis cependant satisfaite de voir que j’avais noté (et que ça m’avait déplu) leur prise de position très favorable envers le Parti de gauche, ancien parti où se trouvait Jean-Luc Mélenchon. Que les auteurs soient de gauche, ok, ça me paraissait assez évident. Mais parler uniquement d’eux comme s’ils étaient les seuls et uniques représentants d’une gauche véritable, non, non et non. Ce que je reproche à mon article du coup ? Bien sûr (mais c’est encore le cas aujourd’hui) de ne pas être capable de voir les défauts de ce livre en-dehors du point susmentionné sur lequel il ne me semblait pas avoir assez insisté à l’époque.

Amusant de voir que dans ce bilan lectures, je conseille de commencer par Sociologie de la bourgeoisie en premier. Je vous conseille aussi de regarder cette vidéo de Darah pour savoir quelles sont les œuvres des sociologues Pinçon-Charlot à lire d’abord et qui sont des valeurs sûres.

Les trois principaux essais de Yuval Noah Harari

J’ai adoré Sapiens, j’ai beaucoup aimé les deux autres, Homo Deus et 21 questions pour le XXIe siècle. Quand je relis ma chronique, je vois sur la fin que je n’étais pas aveugle aux défauts des ouvrages, donc je suis assez contente de ces mises en garde. Mais je suis plus embêtée sur un point : ma naïveté face à mon coup de cœur de l’époque, Sapiens.

Je parle des trois livres dans l’article et concernant Sapiens, je débite les conneries de l’auteur sans problème. L’agriculture serait la plus grosse escroquerie de l’histoire ? Et ? Il y a des choses à dire contre cette vision simpliste des choses… Je ne me focalise que sur cet élément ici mais il y aurait d’autres choses à dire, vraiment. Sans compter le fait que j’étais ignorante sur pas mal de choses à l’époque (c’est toujours le cas aujourd’hui, mais un peu moins). Je pense que ce qui a énormément joué dans mon indulgence, c’est que ce livre fait partie des plus importants de ma vie (mieux qu’une prise de vue de la planète Terre vue de l’espace). Et si, aujourd’hui, je suis bien plus capable de nuancer son propos, je n’aime pas non plus qu’on l’attaque injustement (l’homme reste très sympathique et honnête en plus).

Je reviens aussi sur Homo Deus : certes je l’ai dit, mais l’auteur ne parle quasi jamais du changement climatique ! J’aurais dû plus insister là-dessus : aujourd’hui, c’est un scandale. Je veux bien que la possibilité du transhumanisme lui faisait plus peur à l’époque mais ça fait un peu tâche quand même. Pourtant, d’après ce que j’ai pu comprendre en lisant 21 leçons pour le XXIe siècle, la possibilité de l’écofascisme pourrait l’intéresser… (le nationalisme est un sujet qui le préoccupe)

Bref, mon éloge de Sapiens ne serait probablement pas le même aujourd’hui… ne serait pas un éloge d’ailleurs.

Mes lectures sur l’écologie

Je mets un titre général et pas un nom de livres en particulier car plusieurs d’entre eux sont englobés dans ma critique.

J’avais déjà parlé de mon évolution sur le sujet de l’écologie dans cet article, je ne vais donc pas m’étendre dessus. Mais certains livres que je regrette d’avoir encensés sont toujours là. Je ne vais pas tout modifier et mettre hors ligne mais je préfère prévenir.

J’étais positivement surprise de ma chronique sur Drawdown : j’y connaissais rien mais j’avais parfois un peu de bon sens, ce qui a permis non pas une chronique parfaite mais quelques critiques bien placées. Seulement, je me suis laissée embarquer par d’autres livres : celui de Cyril Dion, Petit manuel de résistance contemporaine. Malgré ma méfiance, je le conseillais encore, et aujourd’hui, pas sûre de le conseiller. Il faut un recul énorme pour lire ce livre : je ne l’avais pas à l’époque et je ne pense pas que la plupart d’entre vous l’ait non plus. De plus, ce que je reproche à Cyril Dion, c’est son implication subtile avec les Colibris (à qui on peut adresser énormément de critiques) dont il doit bénéficier d’un soutien moral et financier indéfectible, étant le cofondateur et n’ayant rien renié de ce point de vue-là. Bref, ça, c’est directement une critique du monsieur, parlons du livre.

Dans les noms qu’il donne en ressources, il y a clairement de quoi lever les yeux au ciel… dont deux personnes qui m’ont bien eu à l’époque (surtout sur leur deuxième livre) et dont les livres ont fini dans mon top essais 2018 : Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Porte d’entrée au sujet, certes, je suis toujours d’accord avec ça, mais il faut être capable de voir au-delà et ce n’est pas facile. On n’est plus à une époque où on peut se permettre une hésitation pareille sur le sujet. Bref, je les ai trop mis en avant, maintenant ça suffit, je les récuse. (pour la chronique sur L’entraide, l’autre loi de la jungle, je ne sais toujours pas quoi en penser)

Le syndrome de l’autruche m’avait forcé aussi à mettre de l’eau dans mon vin sur des critiques pas infondées et a réussi à me faire douter sur certains points (je pense d’ailleurs que c’est palpable dans ma chronique).

Bref, je m’excuse pour vous avoir induit en erreur. Je ne peux pas dire que ça ne se reproduira plus par contre…


Voilà, c’est tout et c’est déjà trop. Il y en a d’autres dont je pourrais parler mais je ne vais pas abuser de l’autoflagellation non plus, vous êtes assez intelligent·e·s pour comprendre certaines choses.

22 réflexions sur “Prise de recul sur d’anciens articles

  1. J’aime bien ton approche. De mon côté, je suis plutôt du genre à mettre en mode brouillon les billets avec lesquels je ne suis plus d’accord dans l’idée de les reprendre (ce que je ne fais évidemment jamais). Je ne crois pas que tu aies à t’excuser : tout visiteur sait bien que tes chroniques ne sont que ta vision des choses (à l’instant T), pas des vérités gravées dans le marbre et c’est à chacun de se faire une idée (quitte à venir t’engueuler parce que ton conseil était mauvais ^^). Par contre, je me dis que maintenant que tu as pris le temps de revoir tes positions et de rédiger ce billet, tu pourrais peut-être le linker aux billets d’origine pour que chacun ait aussi accès aux nuances que tu apportes ici. En tout cas, j’apprécie beaucoup ce type de billet qui n’est pas de l’auto-flagellation mais montre que l’expérience et la vie fait son œuvre.

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  2. Tu as eu une super attitude je trouve, en faisant un point dessus sans les supprimer pour autant 🙂 Et je trouve tes analyses ultra intéressantes. C’est aussi chouette de pouvoir constater le chemin parcouru, d’une certaine manière, et voir comme le regard s’aiguise à force de se documenter sur ces sujets.

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  3. Ta démarche est intéressante, je me dis qu’il faudrait que je me penche aussi sur d’anciens articles. D’un autre côté je crois qu’il ne faut pas être trop dur avec son « moi » du passé parce qu’il est normal que nos goûts et nos appréciations évoluent sur les livres, en même temps que l’on mûrit, que l’on évolue ou que l’on s’instruit davantage. Ce qui ne rendait pas notre avis moins valable à l’époque, après tout il s’agit d’un ressenti très personnel ! Et puis, être un peu trop passionné dans le coup de cœur et la critique lorsqu’on chronique à chaud, ça fait partie du jeu 😄

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    • Oui, tout à fait, tu as raison ! Comme je le disais à quelqu’un d’autre, ce sont les connaissances nouvellement acquises qui permettent ce recul. Et aussi l’habitude… C’est pour ça que certains romans vont moins passer que d’autres qu’on aura lu avant et qui nous ont plus marqués alors qu’ils ont les mêmes qualités.

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  4. Quel regard critique porté sur tes avis ! C’était vraiment très intéressant à lire, mais ne sois pas trop dure avec toi même, c’est normal que le regard change et évolue, sous l’influence de la maturité, des autres lectures… Je me dis que je n’ai clairement pas le bagage nécessaire à la lecture d’essai quand je vois les nuances que tu y apportes.
    J’avoue que cet exercice me serait sans doute difficile. Je serais sans doute embarrassée face à certaines choses. Après mes critiques sont quasiment toujours écrites dans la foulée de la lecture, elles traduisent donc des sentiments à un instant T encore tout enthousiasmé ou dépitée ou mitigé d’une lecture récente. Par exemple, je sais que ma chronique de La maison au milieu de la mer céruléenne dépeint un enthousiasme sans doute exagéré parce que cette lecture est arrivée à un point où elle m’a fait un bien fou.
    Bref, tout ça pour dire que cet article était très intéressant et bravo pour ce recul !

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    • Merci pour ton commentaire et tes compliments ! Oui, tu as raison, mais je préfère laisser une trace de mes objections, je rougis de honte face à mes relectures sinon. Pour les essais, ça dépend franchement de tes connaissances… La preuve, je me suis fait avoir.
      J’avoue que vu le temps qu’il me faut pour… trouver du temps à écrire une chronique, c’est rarement à chaud de mon côté en ce moment x). Mais du coup, je comprends ton avis. (était-ce mon cas pour La Passe-miroir ?)

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