Écologie : la perte de temps n’est plus permise

Cet article sonnera un peu « donneur de leçons » à certain·e·s mais il faut être honnête et réaliste. Je me suis intéressée au sujet de l’écologie en 2018 à travers deux livres sur la décroissance qui étaient très bien, là n’est pas le problème. Le problème, c’est le reste : ce qu’on nous conseille (très fortement) de lire. Franchement, comme j’étais perdue au début, je pense m’être laissée avoir (et je ne suis probablement pas la seule).

Lire Pierre Rabhi (ok, ça, je n’ai jamais fait à part à travers des articles), des collapsos ou d’autres livres sur l’écologie individuelle (qui ne remettent pas en question le système politique), tout est inoffensif et quelque part, culpabilisant envers l’individu. Il faut quand même rappeler que le consommateur/citoyen est responsable entre 25% et 30% de ce qui arrive (je donne une fourchette car c’est différent selon les sources).

Attention, je ne dis pas que les livres sur l’écologie individuelle sont absolument inintéressants : pour respecter une certaine cohérence avec ses valeurs, c’est justement cool d’avoir des astuces sous la main. Mais il faut être conscient que ça ne fera jamais tout, même si tout le monde s’y met dans le pays, qu’on ne peut pas tout faire non plus selon notre situation matérielle et financière. Et c’est là que vient l’action (politique).

Les livres incitant à l’action ne sont pas très connus mais leur réputation fleurit depuis quelques temps (je pense notamment à Ecologie sans transition ou à un autre livre que je n’ai pas encore lu, Comment saboter un pipeline d’Andreas Malm). Ceux qui étaient déjà sortis depuis un moment auraient dû être mis en avant quelques années auparavant ceci dit… Je suis du genre à réfléchir et j’ai eu la chance de ne pas me faire complètement avoir mais pour d’autres personnes, elles n’avaient sûrement ni l’énergie ni d’autres ressources pour donner un contrepoids à ce qui est mis en avant dans les lectures sur l’écologie. Et c’est quelque chose qui se comprend : de plus, ce qui est souvent offert est un point de vue masculin blanc privilégié.

Pourtant, la situation est grave. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin, les articles sur le sujet sont nombreux malgré que le sujet soit peu mis en avant par les médias mainstream et par les politiques eux-mêmes. Est-ce vraiment le moment de prendre du retard dans nos réflexions, dans nos actions qui ne font rien avancer, voire sont contreproductives.

Quand je prends du recul sur ma découverte du sujet en 2018, je suis un peu frustrée. C’était déjà très moyen de perdre du temps comme ça à cette époque-là, c’est carrément désespérant et dangereux en 2022.

Je vais donc vous parler rapidement de deux livres que j’aurais aimé lire à mes débuts, ça m’aurait aidé pour la suite. Le premier est sorti en 2022, le deuxième en 1994 (réédité en 2018 avec des ajouts) mais il est symptomatique du fait qu’on ne met jamais des livres aussi essentiels en avant, j’ai découvert son existence en 2020.

Tout d’abord, Nos mythologies écologiques de Renaud Duterme. Comme son titre l’indique (et c’est marqué plus clairement en sous-titre), l’objectif est de déconstruire les idées reçues sur le changement climatique, comme « L’humanité est destructrice par nature », « Nous sommes trop nombreux sur Terre » ou encore « La technologie nous sauvera » ou « La décroissance, c’est le chômage et la pauvreté pour tous ».

Ces préjugés, nous les connaissons tou·te·s. Peut-être même en avons-nous eu, ce qui serait hautement probable vu ce qui peut tourner sur le sujet à l’attention du grand public. Les réponses à ces présentations faussées sont rangées en quatre parties : mythologies historiques, spatiales, technologiques et futurologiques.

Bien sûr, même si je l’ai beaucoup aimé, je lui ai aussi trouvé des défauts, mais tellement minimes que je ne vais pas en parler ici. Y a des livres dans les inspirations à la fin de l’ouvrage, mon dieu… Heureusement que je n’en ai repéré que deux ou trois.

Globalement, je trouve qu’il ressort du positif de ce livre qui met les choses au clair alors que rien ne l’a été sur des éléments qui peuvent pourtant paraître basiques… Un livre nécessaire pour un début. A recouper avec d’autres ouvrages plus complets évidemment, là c’est juste la base.

Le deuxième livre, c’est L’écologie politique de Dimitri Roussopoulos. Rien qu’avec le titre, on sait qu’on va parler sérieusement. Il est moins accessible à lire mais il est aussi loin d’être compliqué. Les deux ouvrages font une centaines de pages si ça peut vous rassurer sur chacun. Quant à celui-ci, il est surtout plus dense en informations.

L’auteur va aborder la gestion étatique de l’environnement de ses débuts (milieu du XXe siècle) à aujourd’hui. C’est pas très glorieux, vous allez le voir ! Nous sommes actuellement dans un cadre qui n’était déjà pas le bon il y a 70 ans, alors maintenant… Je parle de l’environnementalisme (vous aurez plus d’explications par l’auteur), tellement inoffensif que les grandes entreprises, le système capitaliste, n’en ont que faire et s’en contentent très bien : ils s’en servent, même ! Très pratique pour faire croire qu’on fait quelque chose…

Dimitri Roussopoulos va aussi lister et expliquer les différents mouvement écologistes : l’environnementalisme bien sûr, mais aussi le conservationnisme, l’écologie profonde, le biorégionalisme, l’écoféminisme, etc… Dans l’histoire, on voit ce qu’ils ont donné, quelles sont leurs idées, et ainsi de suite. L’auteur se prononce sur le bien-fondé de chacun, ce qui risque d’en faire reculer certain·e·s, mais comme je le dis au début de l’article, l’heure n’est plus aux atermoiements.

Voilà, j’espère que ça vous donnera envie malgré un ton un peu abrupt au commencement de l’article. Mon objectif est aussi de vous guider vers deux très bons livres plutôt que de nager en eaux troubles comme cela a été mon cas.

Mais sinon, je vous encourage à aller voir chez deux blogueuses qui m’ont encouragé par leurs propos à aller voir plus loin :

J’espère que cet article vous questionnera et vous aiguillera en partie !

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4 réflexions sur “Écologie : la perte de temps n’est plus permise

  1. Je me souviens que j’avais eu un vrai tournant de perte illusions « écolo gentilles » en lisant deux livres, celui de Nicolino, Qui a tué l’écologie, et petit livre d’Aurélien Bernier, Ne soyons pas des écologistes benêts… je sais plus quand c’était, en 2013 ou 2014 je pense. Je suis à peu près sûre que maintenant j’aurais aussi des choses à critiquer dans ces bouquins, mais je suis contente d’être tombée dessus malgré tout, avant la grande mode autour de la collapsologie etc ! Merci pour les recommandations, les deux bouquins ont l’air super.

    Aimé par 1 personne

    • Oh, je savais pas que Nicolino avait écrit ce genre de choses, tu m’en apprends une !
      Ouais, sûrement pareil pour le premier dans quelques années, je trouverai des trucs à critiquer même si je le trouve très pertinent, mais comme les choses ne vont pas vite, les critiques ne seront pas très nombreuses à mon avis…
      Et de rien, merci d’être passée !

      Aimé par 1 personne

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