Bilan lectures #61 – août 2022

A nouveau, ce mois-ci niveau lectures s’est bien passé. J’ai tenté de lire plus de romans, comparé à quelques mois où je n’en lisais pas du tout : c’est réussi !

Bref, le voici le voilà, le bilan d’août !

Une si longue lettre (Mariama Bâ)

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et je restais sceptique en lisant le début, qui me paraissait juste raconter des traditions injustes de la sociéré sénégalaise, quelque chose de somme toute assez classique. Le reste s’est révélé plus intéressant. Dans ce roman, Ramatoulaye envoie des lettres à son amie, Aïssatou. Un échange épistolaire dont on ne lit que les lettres de Ramatoulaye. On y lit à travers son histoire et ses réflexions la place de la femme au Sénégal à travers leurs mariages, la vie avec leurs maris respectifs, de la polygamie, etc. La narratrice est à la fois douce et implacable dans ses francs commentaires. Elle confie à son amie ses émotions, ses joies, ses doutes et l’injustice qu’elle ressent et qui fait que son amie est d’ailleurs partie du pays… Si on me demande mon avis (personne ne me le demande mais comme c’est mon blog…), les hommes sont tous lamentables à leur niveau, même les « hommes biens ». Y en a un qui savait que ce qu’il faisait n’était vraiment pas une bonne chose mais je pense qu’inconsciemment, il savait qu’en étant un homme, il pouvait se permettre d’être médiocre et de céder à la facilité… Et il a voulu se donner une image de mec bien et se donner des excuses avec des arguments essentialistes… (on connaît la chanson) Bref, peut-être le personnage à qui vous en voudrait le moins mais pas moi. En tout cas, l’écriture de l’autrice colle bien au récit de son personnage principal et on prend plaisir à lire ce roman.

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Écofascismes, d’Antoine Dubiau

Résumé

L’écofascisme semble réductible à sa fonction d’insulte politique. Cet usage masque les appropriations concrètes des enjeux écologiques par les idéologies et les organisations fascistes. Si l’extrême-droite paraît à première vue hostile à toute politique environnementale, il existe bien un risque écofasciste s’adossant à une véritable conviction écologique ainsi qu’à de robustes bases idéologiques. Contrairement à sa conception politique courante, l’écologie n’est donc pas naturellement de gauche. Le discours écologique doit être clarifié pour échapper aux différentes formes de fascisation de l’écologie.

Chronique

Ce livre retrace les dangers des écofascismes qu’on a tendance à sous-estimer car pour le moment, l’extrême-droite est plutôt carbofasciste. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut pas y rester vigilant·e car son arrivée est une possibilité qui va peut-être augmenter avec le changement climatique.

Antoine Dubiau va montrer comment l’écologie n’est pas naturellement de gauche. Et comment une partie de la fachosphère a repris des idées de l’écologie à son compte, en les reformulant comme bon lui semble. En même temps, la gauche n’est pas très claire et tend pas mal de perches… ce qui permet à une partie de l’extrême-droite de s’engouffrer dans la brèche, et ce, depuis les années 1970 avec la Nouvelle Droite.

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Une écologie décoloniale, de Malcom Ferdinand

Je ne vous mets pas le résumé qui est assez long, ma chronique ne va ressembler à rien sinon.

Un des meilleurs livres que j’ai lu cette année. Il m’a profondément fait réfléchir, ému et permet un recul nécessaire sur l’humanité et notre monde. La cruauté de certaines personnes depuis la fin du XVe siècle est toujours d’actualité.

L’introduction du livre s’applique à expliquer que la fracture entre l’histoire coloniale et l’histoire environnemental est très problématique (pas que, et le début du livre va rajouter des éléments à ce sujet), comme s’il y avait une différence entre les deux alors qu’elles sont liées. Elles se sont développées en partie sur cette fracture mais la réalité de l’histoire depuis 1492 est tenace et les deux sont indissociables pour certaines luttes. Malcom Ferdinand ne va pas décrire toute l’histoire coloniale (il y a bien assez d’ouvrages sur le sujet de toute façon), ce n’est pas le but de son livre. Mais il tient à ce qu’on soit au courant de ce que cela a impliqué pour le monde.

Dans la façon dont ça a impacté notre monde, il est nécessaire de parler du Plantationocène, et de la destruction de l’environnement que cela a engendré. Les colons ont tout coupé et rasé pour planter ce qu’ils souhaitaient sur des hectares de terre, détruisant ainsi l’écosystème, la biodiversité, anéantissant aussi tout ce qui fait la vie, qu’elle soit humaine ou non-humaine.

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Bilan lectures #60 – juillet 2022

Un peu en retard pour ce bilan, je n’étais pas chez moi et j’avais clairement d’autres priorités.

Mais j’ai quand même un sacré bilan à vous offrir, donc ça serait dommage de ne pas vous en faire profiter ! Je ne pensais pas pouvoir faire ça avec mon problème personnel, mais je m’adapte. Je suis ravie !

C’est donc parti !

A Journey Beyond Heaven, tome 5 et 6 (Masakazu Ishiguro)

Des tomes globalement de meilleure qualité que le troisième et le quatrième. C’est pas plus mal car j’avais peur de commencer à m’ennuyer. Par contre (je vais spoiler un peu), j’en ai marre du viol comme ressort scénaristique. Je vous avoue que ça m’a passablement énervé et qu’une remarque mesquine mais vraie m’est passé par la tête : ça se voit que ça a été écrit par un homme cis. Bref, je vais continuer la lecture de ce manga en restant sur mes gardes.

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