Tous les hommes du roi, de Robert Penn Warren

tous-les-hommes-du-roi-coverQuatrième de couverture

Années trente, alors que dans la chaleur du Sud, ses ennemis manœuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, «l’enfant humilié» devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de découvrir la vérité, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose à déterrer ». Mais déjà le Temps agit, les trahisons du passé dessinent celles futur et tous les hommes du roi montent sur scène pour la tragédie à venir. De l’angélique Anne Stanton à la diablesse Sadie Burke, en passant par Adam l’esthète et Sugar Boy le porte-flingue, chacun jouera son rôle dans ce magistral roman à l’écriture époustouflante, qui de la vie donne son image la plus juste et poignante : celle de la fragilité.

Critique

Je ricane un peu car la quatrième de couverture vous laisse imaginer comment le scénario peut se dérouler… mais vous aurez probablement tort. On s’imagine qu’il va y avoir de l’action… mais pas de la manière que vous croyez ni décrit de la façon que vous imaginez. Est-ce que ça fonctionne quand même ? Complètement !

Ça commence comme un simple récit fictionnel politique dans les années 30 dans le Sud des Etats-Unis, à part que c’est bien plus que ça. Mais avant de parler des autres aspects du roman, on va se concentrer sur celui-là pour le moment.

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Carnet de lecture #2 – un an après

carnet-de-lecture-2Me revoilà avec un carnet de lecture un an après le premier ! Certaines choses n’ont pas des masses changer… D’autres sont apparues quasi soudainement. Ce sera plus court car ça ne fait qu’un an depuis le premier carnet de lecture. Allez, c’est parti !


En tant que lectrice

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Toujours aussi exigeante

Parfois, je m’étranglerais. Il y a pas mal de livres que je trouve sympa au niveau de la fiction… et c’est tout ! Les coups de coeur se font toujours de plus en plus rare, comme je le disais déjà il y a un an.

De plus, je lis des livres qui me sortent de ma zone de confort grâce au challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres, et… Ben voilà, j’aime bien (à l’exception d’un) mais ils ne vont pas rester dans mes annales. Ça me fait chier car même auprès de moi-même, je passe pour une grincheuse. Ce n’est même pas comme si je n’aimais pas les livres en question, hein, j’ai juste l’impression de ne pas les aimer assez, de ne pas les honorer assez, surtout qu’on me les a donné à lire avec enthousiasme… Bref, j’ai envie de me foutre des baffes.

J’avoue aussi que je ne suis pas très fiction en ce moment… (cf. point suivant)

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Bilan lectures #27 – mai 2019

J’ai été plus motivée pour m’occuper du blog, visiblement… Et en plus de vous avoir offert quelques chroniques/articles, j’ai aussi d’autres lectures à vous présenter !

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Une grande diversité de lectures… ce qui ne sera pas le cas le mois prochain ! Vous le comprendrez plus ou moins en fin d’article…

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Traité d’économie hérétique (Thomas Porcher)

Ce petit livre est un basique pour comprendre un peu mieux l’économie et déjouer certains clichés. Vous l’avez probablement remarqué (difficile d’y échapper de toute façon…) mais c’est la logique capitaliste qui domine le débat économique au point de faire l’unanimité partout dans la presse généraliste. L’économiste va démonter nombre de stéréotypes (notamment par rapport à la fonction publique qui coûte si cheeer) et va souligner quelque chose qui est peu réalisé par la majorité des gens car on nous le cache : les fameux experts… ne le sont pas forcément. Ils n’ont souvent pas de diplôme ou eu un cursus dans le domaine de l’économie, ce qui paraît être un peu arrogant à souligner, mais le problème, ce n’est même pas qu’ils se sont construit une culture économique crédible car ils sont en réalité d’une incompétence crasse (par contre, ils sont très bons pour faire croire le contraire et en manipulation communication auprès du grand public). Bref, de nombreux sujets sont abordés au sein de ce livre. Si vous vous y connaissez un peu en économie et dans l’actualité de celle-ci, ça ne vous apprendra rien (au mieux, ça peut servir de rappel). Si, par contre, vous vous sentez maladroit sur le sujet, je vous le conseille, c’est vraiment un bon livre pédagogique, vous ne serez pas largués.

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La libération animale, de Peter Singer

la-libération-animale-coverQuatrième de couverture

Les animaux souffrent. Comme nous. Ils ont donc des droits. Ce livre a changé notre regard sur les animaux. Il a déclenché le débat contemporain en éthique animale. Traduit dans une vingtaine de langues, il s’est vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires.

Peter Singer, philosophe australien, est professeur de bioéthique à l’université Princeton (Etats-Unis). Time Magazine l’a présenté comme le plus influent des philosophes actuels.

Critique

Je m’étais dit que c’était risqué de faire une chronique sur un livre parlant des droits des animaux et du végétarisme comme solution première. Je ne lis pas beaucoup de livres de ce genre, je suis déjà végétarienne, mais je reste distante de la communauté végétarienne/vegan. Le sujet fait énormément parler, en bien ou en mal. Si j’ai décidé de parler de celui-ci, c’est parce que je le trouve assez impressionnant. Et puis pour un livre d’un philosophe, il est assez accessible (ce qu’on lui a reproché, mais laissons les élitistes rester dans leur coin comme ils le souhaitent eux-mêmes et ignorons-les).

De toute façon, comme le dit lui-même Peter Singer, comment mobiliser du monde sur cette cause si on garde une manière de s’exprimer et d’expliquer les choses obscure ? Cette cause est bien trop importante pour ça.

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Le mois américain

Salut ! Vous savez que je ne suis pas très attirée par la littérature américaine en temps normal, même si j’en lis parce qu’on voit les livres de ces auteurs partouuut, alors difficile d’y échapper, mais je ne vais pas forcément m’y pencher de moi-même.

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J’ai décidé d’y consacrer un mois, celui de juin, afin de combler mes lacunes et d’avancer dans la littérature américaine présente dans ma PAL (enfin !).

La liste que je vais donner ne signifie pas que je lirai tout, elle montre juste les bouquins que je pourrai lire. Il y en a juste deux qui sont un peu des « obligations » on va dire.

La lecture commune

tous-les-hommes-du-roi-coverTous les hommes du roi (Robert Penn Warren)

Lecture commune avec Anaïs de La page qui marque ! On va lire ce pavé, qui est bien alléchant de par sa quatrième de couverture, mais je vous avoue que je n’en sais pas plus. Première lecture d’un livre de la maison d’édition Toussaint Louverture, connu pour ses publications de qualité et ses très bons visuels de couverture.

Le livre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres

la-tache-roth-coverLa tache (Philip Roth)

Donné à lire par la même personne avec qui je ferai la lecture commune, sachez que j’ai deux à priori négatifs pour ce livre. Le premier, tout personnel, concerne l’auteur dont j’ai peu apprécié les interviews que j’ai vu de lui (il ne m’a pas passionnée et je me méfie aussi un peu de lui). Le deuxième, c’est à cause de ma soeur : elle pense que je n’aimerais pas le livre, ou dans le meilleur des cas, que je ne l’apprécierais pas plus que ça (elle connaît bien mes goûts, alors cette affirmation me fait un peu suer). C’est quand même l’auteur préféré d’Anaïs, alors j’aimerais bien aimer un minimum.

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Mon rapport à la poésie

Dans cet article, je vais parler d’un blocage qui est sûrement partagé par beaucoup vu que la poésie est peu lue aujourd’hui.

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Claude Monet, Son Jardin à Giverny.

Je ne sais pas si vous avez écouté les deux podcasts d’Antastesia sur la poésie, mais le deuxième m’a fait me poser des questions. Ai-je vraiment un rapport conflictuel à la poésie du fait que je détestais l’étudier en cours auparavant (collège, lycée) ? Je pense que oui car ça m’a laissé un souvenir marquant et j’ai bel et bien mes raisons pour cela, sans compter que je déteste la lecture à voix haute. Mais ces podcasts m’ont fait me poser des questions plus clairement. Avant, ces questions m’effleuraient simplement l’esprit, mais je ne m’y attardais pas dessus, ce qui fait qu’elles s’envolaient vers le monde de mes pensées que je n’ai jamais attrapées, une sorte d’oubliette. (très courant chez moi, ça)

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Crépuscule du tourment, de Léonora Miano

crépuscule-du-tourment-coverQuatrième de couverture

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

Critique

Un coup de coeur magistral !

Qu’est-ce qu’il est beau, ce roman ! J’ai été très émue. Mais commençons par le commencement. Léonora Miano, écrivaine camerounaise, nous retrace la parole de quatre femmes liées à un homme (tous cis), Dio, passant chacune leur tour dans cet ordre : sa mère, l’amour de sa vie, la femme qui vit avec lui, et sa soeur. Chacune raconte leur rapport à cet homme, qui se trouve présent tout en ayant pas la parole, mais pas que. Elle se racontent, elles. Et n’ayant que très peu lu ce genre de récits où, non, l’homme n’est pas universel, j’avoue que ça m’a foutu une claque ce ressenti brut.

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Bilan lectures #26 – avril 2019

Salut ! Comme vous l’avez remarqué, j’ai été complètement absente ce mois-ci, j’ai été trois semaines malade et je suis allée une semaine chez ma soeur. (comment ça, on est allées à la librairie ? Je ne vois pas de quoi vous parlez) Je n’ai pas autant lu que je ne l’aurais voulu, j’ai avancé dans aucun projet par ailleurs.

bilan-lectures-avrilMalgré tout, en ce début de mois, à défaut d’avoir un cerveau opérationnel, j’ai quand même pris une décision rationnelle : j’ai enfin abandonné Questions de sociologie de Pierre Bourdieu. Pas que je ne le lirai plus jamais le monsieur (pas comme si j’avais trois autres livres de lui dans ma PAL…) mais celui-ci est complètement hors de ma portée et je me voilais la face en me disant que j’allais le continuer un jour. Mais soyons clairs, je n’en ai pas très envie et j’avais déjà eu beaucoup de mal à en lire la moitié. C’est un livre spécialisé sur des questions de sociologie comme vous l’avez compris, et si on ne connaît pas du tout ce domaine, on peut vite se sentir perdu et ne rien comprendre. Du coup, voilà, c’est enfin officiel dans ma tête. (je vous conseille La domination masculine de cet auteur, bien que ce ne soit pas forcément le livre sur la question le plus accessible de tous, aha)

Passons à mes lectures du mois que je n’ai pas abandonné, même si ça a été assez dur d’avancer les deux premières semaines du mois, au point d’en avoir lu qu’un seul durant cette période.

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Bilan lectures #25 – mars 2019

Ce mois-ci, j’ai encore lu de façon assez diversifiée. Romans, essais, mangas, et même une biographie !

Ma première chronique du mois concerne un livre lu le mois dernier sur l’entraide (j’étais grave à la bourre) : lire la chronique

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une-bouche-sans-personne-coverUne bouche sans personne (Gilles Marchand) Lire la chronique

Bravo à l’auteur qui me fait aimer un récit que je n’ai pas trop l’habitude d’apprécier. (plutôt le contraire, même) Il réussit l’exploit d’être juste et drôle, touchant comme il faut. Lecture commune avec Une vie, des livres.

le-syndrome-de-l'autruche-coverLe syndrome de l’autruche (George Marshall) Lire la chronique

Un essai qui m’a fait grogner, transpirer, mais un essai intéressant tout de même. Si vous voulez connaître certains mécanismes qui nous font ignorer le changement climatique… Cet essai est pour vous.

ce-qu'il-reste-de-nos-rêves-coverCe qu’il reste de nos rêves (Flore Vasseur) Lire la chronique

Vous connaissez Aaron Swartz ? Moi, avant cette lecture, juste de nom. Grand défenseur de notre accès gratuit au savoir, l’autrice nous offre une biographie touchante sur cette homme méconnu, et probablement mal connu.

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Les femmes et le pouvoir, de Mary Beard – les livres féministes #14

les-femmes-et-le-pouvoir-coverCeci est un petit livre, donc vous aurez une petite chronique. Mais c’est un livre très intéressant, qui remonte à la grande période grecque et romaine. Le pouvoir masculin qui entraîne la soumission féminine, et aussi l’incongruité et l’inexistence du pouvoir féminin, ça ne date pas d’hier.

Mary Beard est une universitaire britannique travaillant à l’université de Cambridge où elle est professeur d’humanités ainsi que professeur de littérature ancienne. Elle est connue dans son pays pour être l’une des grandes personnalités féministes du Royaume-Uni. Elle a connu le succès avec S.P.Q.R., un livre qui retrace l’histoire de l’ancienne Rome, de sa fondation à sa chute.

Personnellement, je n’ai rien lu d’elle et n’en avait jamais entendu parler jusqu’à ce que ce livre fasse parler de lui. (si vous êtes dans les cercles féministes, la couverture vous dit au moins quelque chose)

Ce livre est très court, il recense deux conférences de l’autrice, « La voix publique des femmes » et « Les femmes et le pouvoir ». Elle va démontrer comment les femmes sont toujours tenues à l’écart du pouvoir dans notre monde contemporain mais aussi que ça date de bien plus longtemps que ça (la fameuse période grecque et romaine) et que les réflexes et structures s’inspirent toujours d’aussi loin pour faire comprendre aux femmes qu’elles doivent fermer la bouche, que leur parole n’est pas crédible et, par définition, moins valorisée et valorisante que celle d’un homme.

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