Celui qui pourrait changer le monde, d’Aaron Swartz

Pour que je vous parle d’un livre avec un titre pareil, c’est que je l’ai adoré. Oui, il vaut mieux oublier cette proclamation prétentieuse et se contenter du contenu.

Aaron Swartz est connu, mais surtout dans un certain milieu : celui des ordinateurs, de la programmation, d’Internet. Il a participé à la création du flux RSS et des licences Creative Commons. Il est aussi un des cofondateurs du site Reddit (quand celui-ci est racheté par Condé Nast, il finit par quitter l’affaire en raison d’incompatibilité dans leurs visions).

Et en fait, on m’en avait surtout parlé pour ça, par des mecs un peu geek. Mais ce n’est pas tout le concernant.

Bon, il a aussi commencé tout ça à l’âge de 13 ans. Un petit génie, quoi (on dit qu’il était difficile à vivre mais parlons des gens « normaux » s’il-vous-plaît).

Il a beaucoup participé à la mobilisation contre la loi SOPA (Stop Online Piracy Act). D’ores et déjà, je pense que vous avez compris que c’était un activiste. Plus exactement, il l’a été concernant la culture libre, l’accès à l’information qui est un moyen pour lui d’émanciper, de développer une vraie démocratie et une justice digne de ce nom.

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Bilan lectures #46 – février/mars 2021

Difficile, ces deux mois. J’ai fait un bilan bimensuel parce que la réunion de ces deux mois en un seul article ressemble à un bilan mensuel classique plutôt moyen. Bien sûr, il y a mes problèmes personnels, mon angoisse (qui s’allie avec les premiers), mais aussi cette gestion sanitaire détestable, insupportable. J’en parle très peu car « ça ne se dit pas », « ça ne sert à rien d’en parler », « rien ne changera ». Sûrement. Mais c’est pesant pour le moral. Après le contenu de mon article, vous pouvez râler un peu sur le sujet en commentaire si vous le voulez. Je crois qu’on en a tous besoin.

Démocratie (Samuel Hayat)

Comme je l’avais dit le mois dernier, les livres de cette collection sont abordés dans un unique article que j’ai publié en février ! Lire l’article.

Du libéralisme autoritaire (Carl Schmitt et Hermann Heller) Lire la chronique

Un essai que j’ai adoré, que j’ai trouvé très à propos dans notre actualité politique actuelle. Vous avez l’impression qu’on privilégie beaucoup en ce moment l’économie néolibérale au détriment du reste, quitte à utiliser des pratiques dignes d’une dictature ? Ce livre va rappeler que ce n’est pas la première fois dans notre histoire que ça a eu lieu… et que c’est la porte ouverte au fascisme. Et que ce n’est pas un problème pour le néolibéralisme, bien au contraire.

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Du libéralisme autoritaire, de Carl Schmitt et Hermann Heller

Quatrième de couverture

Le 23 novembre 1932, quelques semaines avant l’accession de Hitler au pouvoir, le philosophe Carl Schmitt prononce un discours devant le patronat allemand. Sur fond de crise économique, son titre annonce le programme : « État fort et économie saine ».
Mobilisant des « moyens de puissance inouïs », le nouvel État fort, promet-il, ne tolérera plus l’« émergence en son sein de forces subversives ». Ce pouvoir autoritaire musèlera les revendications sociales et verticalisera la présidence en arguant d’un « état d’urgence économique ».
Lorsqu’il lit ce texte de Schmitt, son adversaire de toujours, le juriste antifasciste Hermann Heller, ne saisit que trop bien de quoi il s’agit. Peu avant de prendre le chemin de l’exil (il mourra en Espagne l’année suivante), il laisse un court article qui compte parmi les plus clairvoyants de la période. Nous assistons là, analyse-t-il, à l’invention d’une nouvelle catégorie, un « libéralisme autoritaire ».
Ce recueil rassemble ces deux textes majeurs de la pensée politique, encore inédits en français, assortis d’une présentation qui éclaire les rapports méconnus entre Schmitt et les pères fondateurs du néolibéralisme.

Critique

Ce livre n’a pas été une claque mais la confirmation que le pressentiment que j’avais (et que d’autres bien plus intelligents que moi ont eu aussi) sur un sujet en particulier est juste.

Le gouvernement français actuel (mais pas que, c’est mondial) a une tendance à favoriser le libéralisme économique à tout prix, réprimant ainsi les contestations sociales, détruisant le service publique, and so on. Si vous connaissez la définition du libéralisme économique, vous voyez bien qu’il y a un truc qui cloche. Ce n’est pas du laisser-faire classique… Il y a bel et bien un interventionnisme, mais pas au sens social qu’on entend habituellement. Il s’agit de bloquer les revendications et protestations sociales (souvent violemment, comme on le voit aujourd’hui dans les manifestations) et d’opérer au niveau législatif pour favoriser les grandes entreprises (j’aurais pu dire l’économie mais je ne suis pas hypocrite à ce point, sachant que l’économie n’est pas néolibérale par nature comme on essaye de nous le faire croire) et leur croissance au détriment de beaucoup de choses (socialement, écologiquement, etc).

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Le mot est faible, collection des éditions Anamosa

Peut-être que si vous regardez un peu les nouvelles sorties en essais, celles-ci ne vous ont pas échappé. La collection « Le mot est faible » des éditions Anamosa attire l’œil avec ses couvertures noires et les grosses citations blanches à la verticale. Ça donne une impression d’élégance tout en n’étant pas non plus inaccessible. On retrouve d’ailleurs des citations ainsi en grand taille sur certaines pages des livres. Mais ça, c’est pour l’aspect esthétique, et je ne suis pas là pour ça : parlons du reste.

Cette collection n’a pas pour but l’objectivité (d’ailleurs, ça n’existe pas #débat) mais celui de remettre certains termes utilisés souvent à mauvais escient ou un peu n’importe comment. De les poser dans un contexte qui a trait à une certaine réalité, à dénoncer les manipulations qui gravitent autour, voire les utilisent carrément. Exemples avec les mots « Race », « Révolution », « Peuple »… Personnellement, j’en ai quatre : Race, Science, Histoire et Démocratie.

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Bilan lectures #45 – janvier 2021

Bon, j’ai pas lu grand-chose non plus ce mois-ci mais je suis moins insatisfaite. Peut-être parce que j’ai rempli d’autres objectifs de lecture et que je n’ai eu aucune déception. Bon, vous aurez pas grand-chose à vous mettre sous la dent mais j’espère que ça vous plaira quand même !

20th Century Boys Perfect edition, tome 4 (Naoki Urasawa)

Vous savez que j’ai écrit que c’était le cinquième tome alors que c’est le quatrième ? Ça en dit long sur mon impatience. Breeeeef, je crois qu’on a compris que, comme les tomes précédents, je l’ai adoré. Quel foisonnements d’informations ! Et des rebondissements en veux-tu en voilà. C’est vraiment haletant, on se doute d’un truc mais ce n’est pas ça, et à peine le temps de s’en remettre, on passe à autre chose.

Shaman King Star edition, tome 17

Ceci est le dernier tome de la nouvelle édition de Shaman King. Pourquoi ai-je acheté directement celui-ci plutôt que les premiers ? Car j’ai l’ancienne édition et que dans la nouvelle, y a la vraie fin (oui, bah faut dire ce qui est). Suis-je satisfaite d’avoir enfin lu un vrai dénouement ? Oui. Suis-je satisfaite par celui-ci ? Baaah… J’étais déjà moyennement convaincu par le développement des derniers tomes alors je vous laisse deviner que ma réponse, c’est : meh.

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TAG- Avez-vous dans votre PAL… ?

J’ai trouvé ce TAG pour se détendre (j’en ai bien besoin en ce moment) sur le blog de Petite Plume ! Ma PAL, il y a sûrement besoin d’une échelle pour la mesurer. Je n’ai que l’embarras du choix pour ce TAG (est-ce une si bonne chose ? Qu’est-ce que ça dit sur moi ?), je vous laisse le constater en lisant cet article !

1. … un livre dont vous ne savez pas de quoi il parle

La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Ce dont ça parle m’est complètement sorti de la tête…

2. … un livre depuis plus d’un an

Pfuaha, j’en ai tellement… Allez, je vais vous sortir celui qui végète dans ma PAL depuis 15 ans. J’espère qu’il n’y a pas trop de fans d’Alexandre Dumas parmi vous car il s’agit de Les Trois Mousquetaires !

3. … un tome 2

Hamaguri, de la saga Le Poids des Secrets, d’Aki Shimazaki. Il peut se lire indépendamment, je ne sais pas trop si ça compte… Bref, j’ai le coffret des 5 livres de cette saga parce que ça m’arrive de craquer pour quelque chose de superficiel… euh, de beau, pardon.

4. … plusieurs livres d’une même série

Bon, bah… Les cinq livres de la saga Le Poids des secrets d’Aki Shimazaki, comme répondu précédemment. Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa, Hotaru. Les deux derniers tomes de 1Q84 de Haruki Murakami. Et les deux tomes de Dôme de Stephen King.

5. … un classique

Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand.

6. … un livre qui vous fait vraiment très très envie

Pff, c’est quoi cette question ? Il y en a plein… Allez, je dirais Du libéralisme autoritaire de Carl Schmitt et Hermann Heller (pour les personnes qui les connaissent et qui se poseraient des questions, non, ils n’ont pas écrit ensemble, c’est un recueil de deux textes dans une certaine perspective).

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La terreur féministe, d’Irene – les livres féministes #26

Ce livre est un peu particulier. Il a été auto-édité par @irenevrose sur Instagram et ne compte pas le rééditer tout de suite. Toutefois, j’espère qu’il trouvera preneur chez un éditeur car ce livre est important (et puis j’aimerais que vous puissiez lire un livre que je chronique quand même). J’apprends la veille au soir de la publication de cet article que les éditions Divergences vont l’éditer !

Le titre du livre peut paraître assez choquant, il fait écho à une expression banalisée par la revue Causeur, et bien plus récemment par Valeurs actuelles. Mais la « terreur féministe » n’existe pas tout à fait selon ce qu’ils imaginent. Bien sûr que le féminisme est effrayant pour les réactionnaires, il a pour but de faire effondrer le système patriarcal. Est-il aussi violent qu’ils le prétendent ?

Bah… Qu’entend-on par violence ? Il l’est nécessairement socialement, vu qu’il tente de remettre en cause le système établi et reconnu par tous. Violent physiquement, bah… Oui, ça peut parfois arriver. Mais ce n’est pas ce que l’on croit.

Le féminisme n’a-t-il vraiment jamais tué personne ? Est-il authentiquement pacifique ? Et surtout, faut-il brandir cette non-violence supposée comme valeur suprême ? Devons-nous perdre du temps à montrer patte blanche et à tenter de convaincre le monde de notre gentillesse et de notre inoffensivité ?

Que se passerait-il si la Terreur féministe devenait réelle ? Si les hommes commençaient vraiment à avoir peur ? Une peur intense, profonde, viscérale. Puisque la raison, l’empathie et la honte ne permettent pas de mettre fin à la violence misogyne, à l’oppression patriarcale, aux viols, aux agressions sexuelles et aux féminicides, la seule issue pourrait être de susciter la crainte.

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Bilan lectures de l’année 2020

2020 était une année pourrie, n’est-ce pas ? Il faut croire que mon rythme de lecture s’est adapté à l’angoisse permanente qui m’habite. Même encore maintenant, je ne peux pas prétendre m’en être sortie.

Je viens de relire mon bilan lectures de l’année 2019 et j’ai envie de rire. Je me plaignais du peu de romans qui m’avaient énormément plu… Cette année, je n’en ai qu’un à proposer ! Par contre, pas mal d’essais intéressants, donc vous aurez un top 10 comme en 2018, il n’y a pas à chipoter, surtout que je n’ai rien à dire pour les romans du coup. J’en ai peu lu et si certains ont été appréciables, je ne peux pas dire qu’ils m’ont marqué. Sauf un… Bien évidemment, je vais vous le présenter ! (et certaines personnes auront peut-être deviné duquel il s’agit)

Les essais, ça n’a pas manqué par contre, comme vous l’avez compris ! Une sélection digne de ce nom !

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Bilan lectures #44 – décembre 2020

Bon, comme je l’avais annoncé le mois dernier, c’est pas terrible les lectures ce mois-ci… Beaucoup de mangas, une BD et trois essais. Ça pourrait être pire… mais ça pourrait aussi être mieux (j’ai décidé de voir le verre à moitié vide, laissez-moi).

Faire (l’)école – Un collège associatif sur la Montagne limousine (Les archéologues d’un chemin de traverse) Lire la chronique

Les écoles alternatives, soit on ne connaît pas, soit on en a entendu des rumeurs (souvent négatives d’ailleurs) mais dans tous les cas, on ne sait probablement pas grand-chose. Ce livre ne raconte pas les écoles alternatives, mais juste une en particulier. J’en ai fait une chronique pour en dire plus, avec le livre Cravirola (une coopérative), lu le mois dernier.

Magic Knight Rayearth, tome 1, réédition (CLAMP)

Je n’allais pas passer à côté de la réédition d’un manga d’un collectif que j’adore et que je n’ai jamais lu. Ça reste basique et attendu, je trouve, mais c’est du CLAMP, c’est bien dessiné, c’est beau, c’est bien construit. Tout y est : l’action, l’émotion, l’humour. J’ai un coup de coeur sur le personnage d’Umi qui n’arrête pas de râler, ça me rappelle étrangement quelqu’un de très très proche…

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Challenge Lire des autrices des 5 continents

Ce n’est pas moi qui ait inventé le concept. Il y en a sûrement un très similaire qui existe quelque part (j’en ai vu plusieurs) mais je ne suis même pas allée vérifier où exactement, qui l’avait créé. Je le fais à ma sauce, on va dire.

Mon objectif : lire plus d’autrices. Mais surtout : lire plus d’autrices d’horizons différents que la France (et que je n’ai jamais lu). Une fois par mois, je lirai donc une autrice d’un continent différent. En voici la liste !

Europe

  • Orgueil et Préjugés (Jane Austen) – Royaume-Uni

Un grand classique que je n’ai toujours pas lu ! Je me sens très ignorante dès qu’on parle de cette autrice. Je ne pense pas adorer ce livre comme beaucoup mais j’espère au moins apprécier ma lecture !

  • Sous les ossements des morts (Olga Tokarczuk) – Pologne

Cette autrice est juste là parce qu’elle a eu le prix Nobel en 2019 et que je suis curieuse, voilà. En plus, on m’en a dit que du bien… Si ça se trouve, un coup de coeur m’attend, qui sait ?

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