Les raisins de la colère, de John Steinbeck

Quatrième de couverture

« Le soleil se leva derrière eux, et alors… brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l’immense vallée. Al freina violemment et s’arrêta en plein milieu de la route. – Nom de Dieu ! Regardez ! s’écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d’arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit : – Dieu tout-puissant !… J’aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau ! »

Critique

Oui, le résumé de la quatrième de couverture de l’édition Folio est une citation du roman, comme pour beaucoup de classiques. Celle-ci retranscrit bien l’émerveillement de la famille Joad quand ils arrivent en Californie… avant la désillusion.

Bon, on va quand même partir du début, parce que là, ça vous dit juste qu’une famille américaine se rend en Californie… Mais pourquoi, en fait ?

La famille Joad, en Oklahoma, est composée de deux grands-parents, des parents, et d’une tripotée d’enfants (Tom, Noah, Al, Rose, Ruthie et Winfield). Il y a aussi l’oncle John, dévoré par la culpabilité et la honte de n’avoir pas pu sauver sa femme alors qu’elle était enceinte, de ne pas avoir pris ses douleurs au sérieux. L’histoire commence avec Tom Joad, un des fils de la famille Joad, qui sort de prison pour meurtre involontaire. Sur son chemin du retour, il va croiser Casy, un ancien pasteur (ses réflexions seront intéressantes par la suite quand on y réfléchira). Tous les deux décident de faire le chemin ensemble jusqu’à la ferme des Joad. Problème : quand ils arrivent, la maison est vide…

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Bilan lectures #42 – septembre 2020

Bon, y aura pas eu grand-chose… Mais comme je suis satisfaite de mes lectures (voire plus), ça passe mieux.

Frère d’âme (David Diop)

Je sais que beaucoup ont été déçus par ce livre. Ils s’attendaient à plus et peut-être qu’avec l’avertissement en tête que ce ne serait pas le cas, je l’ai mieux apprécié. Une chose est sûre : je comprends pourquoi il a eu le prix Goncourt des lycéens. C’est typiquement le genre de roman que j’aurais adoré étant lycéenne. C’est l’histoire d’Alfa Ndiaye et de son ami mort dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale, Mademba Diop, tirailleurs sénégalais tous les deux. On y croise la violence, celle du sang en particulier, l’amitié, les remords, les superstitions et la conséquence sociale qui en découle souvent. Il finit par effrayer ses camarades, noirs et blancs, pour une raison bien précise. Il est envoyé à l’Arrière quelques temps pour se « reposer » (comprendre : le mettre à l’écart) et on a le temps de voir défiler son passé dans son pays. Tout ceci prend la forme d’un conte. L’écriture de l’auteur a aussi ses défauts selon moi mais ça reste plaisant à lire. Ne vous attendez pas à en savoir plus sur les tirailleurs sénégalais, ce ne sera pas le cas. Mais à mon sens, ce n’est pas bien grave. Je pense au contraire qu’on a besoin de ce type de romans. Qu’il ne soit pas là pour apprendre aux personnes blanches ce qu’il y a à apprendre (y a des livres de non-fiction pour ça). David Diop, a, de mon avis, juste écrit l’histoire d’une personne dont aucun ne s’intéresse réellement à l’histoire des siens, à part pour écrire un essai. Il en fallait une. J’ai trouvé ce livre plutôt bien, sans plus. Et il a eu raison de l’écrire tel quel.

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Les besoins artificiels, de Razmig Keucheyan

Quatrième de couverture

Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s’acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d’à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l’épuisement des ressources naturelles et les pollutions.

À l’âge d’Amazon, le consumérisme atteint son « stade suprême ». Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s’appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins « authentiques » collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le cœur d’une politique de l’émancipation au XXIe siècle.
Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins « authentiques » ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx, « une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ».

Critique

Ce livre est une occasion de prendre du recul sur l’espèce humaine, ou du moins une partie de sa vie. Les besoins qu’on connait tous à l’heure actuelle viennent-ils tous de nous ? Si les anti-consuméristes du coin se diront « lol, facile », peut-être ne connaîtront-ils pas tout. Pas la peine de se percher sur un piédestal.

L’introduction de l’auteur peut paraître assez curieuse au premier abord : il y parle de la pollution lumineuse. On se demande ce qu’il fabrique à ne pas aborder le sujet de manière frontale, on se demande où il veut en venir.

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Clit Révolution : Manuel d’activisme féministe – les livres féministes #24

Rajoutons les noms des deux autrices (car sinon, ça faisait un titre à rallonge) : Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles. Le livre a été illustré par Alice Des. Les deux premières susmentionnées sont aussi les créatrices de la websérie, en replay sur France tv, Clit Révolution. Celle-ci décomplexifie les sujets autour du sexe féminin. Ça vous dit peut-être quelque chose maintenant.

Les autrices ont décidé de répondre à une demande croissante chez les personnes féministes : comment agir concrètement ? Quelles actions militantes entreprendre ? Comment être bien préparée ?

Elles vont donc donner des pistes d’actions, qui ne seront pas forcément applicables pour tout, mais ce sera à vous de réfléchir et d’agir en fonction. Mais avant tout, il faut, comme elles le disent, « se révolutionner soi-même ».

C’est-à-dire ? Changer d’avis sur soi-même au-delà des règles imposées chaque jour par le patriarcat (donc sur son corps, souvent). Oser s’affirmer (le plus dur, je pense que quelques-unes d’entre vous seront d’accord avec moi, c’est un travail qui peut prendre du temps). Changer aussi sa conception du consentement (on a trop tendance à faire des concessions qui tombent souvent dans la fameuse « zone grise » du viol). Bref, se changer soi et son intimité car c’est ça qui nous rendra plus forte pour militer.

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Bilan lectures #41 – août 2020

(on aura vu que je suis relancée sur le blog mais qu’avec des types de livres bien spécifiques)

Le mois d’août s’est bien passé ! Comme d’habitude, j’ai voulu lire des livres, puis finalement non, j’en ai choisi d’autres… C’est un peu le même cirque chaque mois. J’ai lu pas mal de livres pratiques, comme vous allez le voir, ainsi que des essais (mais ça, c’est habituel).

Les bases pour jardiner (quand on n’y connaît vraiment rien) (Jean-Michel Groult)

Oui, le jardin chez mes parents est loin d’être mon territoire, je n’y fais rien. Mais j’avais déjà testé dans un jardin partagé (alors qu’il ne faudrait pas à cause d’un problème de santé) et ça m’avait bien plu. Mais je sais que j’ai des lacunes et je voulais mettre au point les choses… en lisant un livre (ce que je fais le mieux). Je ne sais pas vous mais les bouquins de jardinage avec moult précisions et au vocabulaire obscur, j’en ai vu passer dans les rayons des librairies. J’attendais donc la perle, qui est venue grâce à ma soeur (cette perle-là, je la garde). Certains experts et faux experts n’aimeraient pas ce livre. Je dois en être une alors… Parce que, justement, ce livre ne nous prend pas pour des idiots tout en expliquant des choses qui pourraient paraître couler de source, il m’a beaucoup plu. Je vous le conseille mais pour le trouver, c’est chaud (il n’existe plus en neuf). Mais si vous feuilletez en librairie, vous trouverez peut-être autre chose d’approchant.

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Moi, les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange – les livres féministes #23

(la couverture n’est pas sensée être violette ?)

Vous n’avez déjà pas envie de lire ma chronique à cause du titre du livre ? Ben allez-vous-en, vous ne serez pas une grosse perte. Un véritable allié du féminisme ne s’arrêterait pas à ça.

Il fallait que je joue la provocation aussi. C’est sûrement ce que vous pensez du titre, non ? Que c’est de la provocation ? Baaah… Oui et non.

Oui, dans le sens où cela va effectivement attirer votre attention. Non, car il s’agit bien de détester les hommes et qu’encore une fois, non, ce n’est pas une déclaration ironique.

Je vous sens déjà sceptique. Voici une citation qui explique un peu mieux ce qu’implique l’accusation de misandrie (détester les hommes, donc) :

L’accusation de misandrie est un mécanisme de silenciation : une façon de faire taire la colère, parfois violente mais toujours légitime, des opprimées envers leurs oppresseurs. S’offusquer de la misandrie, en faire une forme de sexisme comme les autres et tout aussi condamnable (comme si le sexisme était condamné…), c’est balayer sous le tapis avec malveillance les mécanismes qui font de l’oppression sexiste un phénomène systémique, appuyé par l’histoire, la culture et les autorités. C’est prétendre qu’une femme qui déteste les hommes est aussi dangereuse qu’un homme qui déteste les femmes – et prétendre qu’elle n’a aucune raison de ressentir ce qu’elle ressent, que ce soit de l’hostilité, de la méfiance, ou du mépris.

(je suppose que je déteste les hommes vu que je m’en méfie)

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Backlash, de Susan Faludi – les livres féministes #22

Ce livre est très connu, au moins de nom, dans la sphère féministe. Il a été publié en 1991, donc il peut paraître daté. Mais ce n’est pas tout à fait le cas. Malheureusement pour les femmes, si, en effet, les stratégies décrites ont eu des conséquences qui peuvent sembler extrêmes par rapport à aujourd’hui, j’ai eu parfois malheureusement l’impression qu’on nous tendait un miroir.

Susan Faludi est une féministe américaine, c’est donc aux Etats-Unis que ses recherches et sa démonstration ont lieu. Inutile donc de faire un parallèle avec la France, même s’il y a des similarités, d’où mon impression que peu de choses ont réellement changé.

Tout d’abord, il faut le dire : ce livre est extrêmement fourni. Plus d’une centaine de pages de sources. Difficile de trouver des faits qui remettent en question les siens, elle parle de quelques-uns et je ne doute pas qu’elle en a plein d’autres à nous soumettre si on le désire (ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas avec l’anecdote d’une femme à qui vous avez dû payer le resto que vous allez prouver quoi que ce soit). Les chiffres qu’elle donne sont implacables, elle ne donne pas n’importe quelle source de n’importe quel média. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas nos alliés, comme elle le montrera… On en reparlera.

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Bilan lectures #40 – juillet 2020

Comme le mois précédent, il ne s’est pas passé grand-chose sur le blog, à l’exception d’un article. J’aurais dû publier cet article un poil plus tôt, mais faute de souci technique, il n’est là que maintenant.

bilan-lectures-juillet

asadora-le-chat-sept-vies-2-coverAsadora !, tome 2 (Naoki Urasawa) – Le chat aux sept vies, tome 2 (Gin Shirakawa)

Oubli du bilan du mois dernier, je les case donc ici ! Des suites directes des premiers tomes : ont-elles donné envie de lire la suite ? Oui ! Le chat aux sept vies, c’est une série courte et agréable, sans prétention. C’est mignon et le troisième tome le sera sûrement autant… à moins qu’on ait droit à une fin triste et là, je pleure. Je vais taper du pied en chouinant si ça se passe comme ça, c’est sûr. Concernant Asadora, y a intérêt à ce que ce soit grandiose car ce tome 2 tease autant que le premier ! Très envie de savoir ce qu’il se passe et je ne peux pas spoiler, scrogneugneu. En tout cas, le mystère va encore nous tenir en haleine quelques tomes, sûrement. Mon petit cœur pourra-t-il le supporter ?

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Ces classiques que j’aimerais lire… ou pas

Ça faisait longtemps ! Et je vous avoue que je ne pense pas être très productive cet été, mes lectures partent dans tous les sens, va faire une chronique avec ça…

Bref, je vous retrouve quand même avec un petit article, juste pour le plaisir de s’occuper un peu l’esprit deux minutes. Je me posais la question des classiques que j’aimerais lire. Mais aussi ceux qui ne me donnent pas très envie… Je sais que c’est dur à admettre avec l’élitisme ambiant mais il faut bien le dire, avec ma résolution de moins perdre mon temps avec mes lectures, il y a forcément des classiques qui vont passer à la trappe.

Et puis j’ai horreur de cette pression qu’on nous met pour qu’on lise tous les classiques archiconnus et reconnus…

Ces classiques que j’aimerais lire

les-raisins-de-la-colère-coverLes raisins de la colère (John Steinbeck)

La chance de l’avoir dans ma PAL, celui-là. Plus j’en entends parler, plus je me dis que je passe à côté de quelque chose tellement il me paraît évident qu’il va me plaire. A chaque fois que je le vois sur mes étagères, je me sens un peu stupide de ne toujours pas l’avoir lu. Pas bon pour l’estime de soi, ça.

orgueil-et-préjugés-coverOrgueil et Préjugés (Jane Austen)

Celui-là, je ne m’inquiète pas trop, j’ai pour objectif de le lire l’année prochaine pour un challenge dont vous saurez tout… en décembre. Je vous tease à mort, là, aha. Contrairement au livre précédent, je ne sais pas s’il me plaira par contre. Je ne veux pas un coup de coeur, juste qu’il me plaise…

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Bilan lectures #39 – juin 2020

A l’heure où vous me lisez, je pète un plomb à cause de la chaleur. Et ce n’est que le début. Je pense que vous avez remarqué mon inactivité sur le blog et j’aimerais bien vous promettre que ça va changer cet été mais… La chaleur me fait dire que ça peut potentiellement être pareil que ce mois-ci. Après, je vous avoue aussi que l’angoisse a joué le plus grand rôle…

bilan-lectures-juin

Énormément du mal à me concentrer pour lire… Ça allait mieux le mois dernier mais j’ai à nouveau des difficultés. J’ai quand même quelques lectures à vous présenter.

fma-barakamon-juin-cover

Fullmetal Alchemist, Perfect edition, tome 3 (Hiromu Arakawa) – Barakamon, tomes 3 et 4 (Satsuki Yoshino)

Je vous présente ces mangas ensemble car je ne suis pas comme les experts, je ne sais pas ne pas spoiler sur des suites. Fullmetal Alchemist, ce manga est fidèle à l’esprit que j’avais vu dans l’animé Brotherhood. Très contente de lire de l’action avec des émotions comme la colère, la joie, la tristesse. Hâte d’avoir la suite (qui était sensé sortir en juillet ! Puis ça a changé, snif snif). Pareil pour Barakamon, sans la colère cette fois-ci : ce manga est une grosse boule de bonne humeur quand même. J’ai la musique de l’animé dans la tête tant qu’on sera dans les moments adaptés en animé. Je me demande comment ce sera par la suite…

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