Happycratie, d’Edgar Cabanas et Eva Illouz

happycratie-coverQuatrième de couverture

Le bonheur se construirait, s’enseignerait et s’apprendrait : telle est l’idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d’écouter les experts et d’appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L’industrie du bonheur, qui brasse des milliards d’euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d’elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n’aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre que la richesse et la pauvreté, le succès et l’échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?
Et si la dite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ?

Critique

Je dois vous avouer m’intéresser de près à cette thématique. Je suis psychologiquement pas bien au moment où je rédige cette chronique, même si ça va mieux. Mais on m’exhorte à aller mieux d’une certaine manière, et pas autrement. Je me sens touchée par les problèmes de société qu’on traverse ? Rien à voir, tu réfléchis trop, t’es trop pessimiste.

Si, en effet, j’ai tendance à me déprécier, je ne vois pas en quoi être tout le temps positif règle les problèmes de la vie. Je les vois, les gens positifs et qui réussissent (les deux ne vont pas toujours ensemble d’ailleurs), ils ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes, et si tout va bien pour eux, tout va bien pour tout le monde. Ils vivent dans une autre réalité et disent qu’il faut souffrir, encore et encore, sans se plaindre de préférence, pour vivre bien.

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Drawdown, de Paul Hawken

Comment inverser le cours du réchauffement planétaire

drawdown-coverQuatrième de couverture

Nous savons qu’il nous reste peu de temps pour agir. Un nombre toujours plus important de scientifiques nous mettent en garde : dans quelques années, il sera trop tard. Le changement climatique menace de défaire le tissu social, de saper les fondations mêmes de la démocratie et de précipiter la disparition de nombreuses espèces. Dont l’être humain.
Fort de cette urgence, Drawdown propose une feuille de route à l’usage des gouvernements, des territoires, des villes, des entreprises et de chacun d’entre nous. Plutôt que de baisser les bras, ce livre veut nous aider à surmonter la peur, la confusion et l’apathie, pour passer à l’acte.
Drawdown désigne le point de bascule à partir duquel la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, après avoir atteint un pic, se met à diminuer d’une année sur l’autre.
L’objectif de ce livre est de nous aider à engager cette bascule.
Pour y parvenir, Paul Hawken et soixante-dix chercheurs ont élaboré un plan inédit : quatre-vingts solutions pour inverser le cours du changement climatique. En décrivant leurs impacts positifs sur le monde financier, les relations sociales et l’environnement, ils nous enjoignent à organiser notre action : commencer par ce qui aura le plus d’impact et construire une stratégie globale.
Nous disposons de tous les outils nécessaires, à nous de nous mettre au travail.

Critique

En voici un livre dense ! (très dense) Tout le monde est au courant de la catastrophe écologique qui se déroule en ce moment même. Ce livre parle donc de l’aspect dont il est d’ailleurs le plus question dans les médias quand ils ne font pas de micro-trottoirs avec les gens ravis de ces températures à la plage : le réchauffement climatique.

Celui-ci n’est évidemment pas que de notre ressort : la planète se réchauffe toute seule, notamment à travers l’activité des volcans, la variation des rayonnements solaires, etc. Le problème, c’est que le réchauffement va beaucoup plus vite qu’il ne le devrait naturellement et c’est là qu’entre en jeu notre responsabilité. Nos activités pour nous permettre un certain confort, en plus de ne profiter qu’à certains, mettent en danger l’entièreté de la planète. Et pas seulement les humains : la faune et la flore, qu’on a eu tendance à dénigrer ces dernières décennies et à exploiter sans vergogne.

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Sorcières, de Mona Chollet – les livres féministes #12

sorcières-mona-chollet-coverTiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas sorti un article de cette série ! Et je pense que beaucoup d’entre vous ont entendu parler de la sortie de ce livre le mois dernier. Ayant beaucoup apprécié Beauté Fatale et Chez soi de la même autrice, je ne pouvais décemment pas louper celui-là. Après, pour le bien de mon porte-monnaie, je n’étais pas obligée de l’acheter aussi tôt, certes. (mais il a quand même failli bouter le nouveau livre d’Eric Zemmour de la première place des ventes, et ça, ça n’a pas de prix)

Comme vous vous en doutez, on va parler de sorcières… mais peut-être pas tout à fait de la manière que vous vous imaginez. En effet, l’autrice nous présentera un historique concis de l’image des sorcières qu’on a dans notre culture, mais aussi dans celles d’avant… qui était peu reluisante, il faut bien le dire. Elle prend d’ailleurs un exemple qui me parle, vu que ce personnage me terrifiait quand j’étais enfant, il s’agit… de la sorcière dans Blanche-Neige.

Elle va aussi mentionner d’autres exemples, mais on ne va pas s’appesantir là-dessus. Elle parlera aussi des fameuses chasses aux sorcières, qui ne sont pas forcément celles qu’on s’imagine. On pense à la magie, à l’herboristerie, etc, quand on pense aux sorcières. Il ne sera pas question de celles-là dans ce livre. Non, c’est beaucoup plus compliqué que cela.

On va donc quand même parler des chasses aux sorcières (celles qui ont causé la mort de dizaines de milliers de morts en Europe à partir du 16ème siècle). Lesquelles alors ? Les sorcières en question sont… des femmes. C’est pas très clair, une précision peut-être ? En effet, il ne s’agit pas de n’importe quelles femmes : les conformistes, aucun problème, malgré la peur qui devait dévorer leur estomac assez régulièrement, elles s’en sont sorties. Par contre, celles qui ont fait preuve d’une certaine autonomie, elles ont pris cher. L’autrice va donc parler des femmes célibataires, des femmes sans enfants ainsi que des femmes âgées, dans trois parties qui détaillent ces cas (dont je fais d’ailleurs partie sur au moins deux éléments, ravie d’apprendre qu’on m’aurait torturée, violée et tuée à l’époque).

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Bilan lectures #20 – septembre 2018

Un bilan lectures sous le signe des essais… et ce sera pareil le mois prochain ! C’est la frénésie en ce moment, je n’arrive pas à me retenir. Et les essais sont loin de composer la majorité de ma PAL… Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou si ça veut surtout dire que je vais immanquablement en acheter d’autres… Ahem…

J’ai lu des choses assez diversifiées au niveau du thème comme vous allez le voir.

revenu-de-base-coverRevenu de base, un outil pour construire le XXIe siècle / comment le financer ? (Collectif du Mouvement Français pour un Revenu de Base)

Le revenu de base est un sujet qui fait parler, et pas forcément de la bonne façon. Plus d’un an après la présidentielle, où l’idée a enfin été présentée politiquement par Benoît Hamon, candidat du PS (j’aurais voté pour toi, mec, si t’avais quitté ces guignols avant), ça commençait à me titiller d’entendre un peu tout et n’importe quoi dessus, alors j’ai voulu en avoir le cœur net. Mais je ne savais pas vers quel livre me tourner, bien que les éditions du Détour aient attiré mon œil sur leur bouquin sur le sujet. Mais finalement, en faisant un tour dans ma librairie, j’ai repéré ces deux-là qui me semblaient complémentaires. (ils ont été écrits pour, vous me direz) Le premier aborde tout simplement les principes du revenu de base. Pourquoi le proposer ? Le revenu de base n’est pas là pour que les glandeurs puissent glander, contrairement à ce que disent certaines mauvaises langues : il est là avant tout pour construire un nouveau projet de société. Ne pas donner la priorité à un boulot, accorder du temps à autre chose qui est aujourd’hui dénigrée parce que ce n’est pas rémunéré, alors que c’est aussi un travail… mais on a aussi le droit de se faire du bien ! Prendre soin de nous, et pas forcément de la manière dont la société voudrait qu’on le fasse, où tout est toujours sujet à l’utilitaire. Remettre donc en cause les valeurs qu’on attribue au sacro-saint emploi. Sans compter les problèmes écologiques soulevés… C’est bien beau tout ça, mais un autre point me rendait sceptique, et je ne suis pas la seule : le financement du revenu de base. Est-ce au moins possible ? Très probablement, mais si vous voulez mon avis, ce ne sera le cas qu’avec un petit montant (aux alentours de 500-600€). Donc, je vous laisse le deviner : il faudra bien sûr bosser pour vivre un minimum ! Alors, le mythe des fainéants, hein… Alors, à quoi sert ce revenu de base, dans le fond ? A ce que tu ne sois pas dans la dèche complète si tu viens à perdre ton emploi, à ne pas avoir de contraintes administratives, et encore moins de pression de trouver un boulot genre là, maintenant, tout de suite. Chacun a le droit d’avoir un toit sur la tête, de quoi manger, se laver et s’habiller. Tu peux aussi choisir ton emploi, négocier plus facilement tes conditions de travail… Si j’ai eu quelques petites réserves à certains moments sur les sources de financement, c’est encore en discussion au sein du MFRB (Mouvement Français pour un Revenu de Base), notamment au niveau de la somme versée mensuellement et des allocations sauvegardées (même si j’ai cru comprendre dans un article que le Medef aimerait bien qu’elles disparaissent toutes… Non, sauf si tu veux créer un autre monde inégalitaire, et il en est hors de question pour le MFRB). Le débat reste ouvert, et les suggestions de chacun peuvent faire avancer le sujet. Il est clair que ce n’est pas sur un plateau de télévision en 10 minutes que tu peux expliquer le financement du revenu de base…

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Les livres qui ont marqué ma vie – enfance/début d’adolescence

… Je dois avouer être impressionnée par ma propre originalité.

C’est le genre d’articles que vous pouvez retrouver partout ! On a tous envie de dédier un moment à des livres qui nous sont importants. Personnellement, je vais le diviser en trois parties, car ma liste est longue, et ça me permet aussi une certaine cohérence. La chronologie et les explications pour chaque livre en dévoilent pas mal sur moi, et il y aura des livres « honteux », mais pour moi, ils ne le sont pas !

Ces livres ne sont pas tous mes préférés non plus, mais je ne peux pas nier qu’ils ont eu une certaine influence sur la lectrice que j’ai été, sur mes réflexions, etc.

On va débuter par les livres qui ont marqué ma vie d’enfant et du début de mon adolescence. Si vous vous attendez à ce que j’ai lu des classiques qui m’ont transcendé à 11 ans, vous vous trompez ! Ça reste très « populaire » et je n’en ai aucune honte car ils m’ont formé à leur manière.

Et maintenant, allons-y !


club-des-cinq-coverLe Club des Cinq (Enid Blyton)

Ça ne surprendra peut-être pas certains d’entre vous car il m’est arrivé d’y faire une ou deux petites références sur mon blog. J’ai dû lire le premier tome de la collection à l’âge de 7 ans. Ce n’était pas mon tout premier livre mais il a fait indéniablement partie des premiers. J’ai été emportée tout de suite ! Ma sœur avait la collection (non entière) d’une vieille édition que je kiffe (et je snobe les nouvelles quand je les voie, aha), les illustrations des couvertures était superbes, elles m’ont drôlement inspiré à imaginer les aventures de ces cinq membres (François, Claude, Mike, Annie et Dagobert – je connais encore leurs noms par cœur). C’était absolument génial, je les ai relu une quantité incroyable de fois ! (je pense que le nombre de relectures concurrencent celles d’Harry Potter sans problème)

Le Club des Cinq, c’est une bande d’amis (en compagnie de leur chien) qui vont enquêter sur des évènements un peu louches, parfois assez dangereuses pour des jeunes de leur âge (entre 11 et 13 ans). Je trouvais leurs aventures passionnantes, c’est un peu mon best-seller de l’enfance.

Comme pour beaucoup de jeunes filles, Claude était mon personnage préféré. J’étais loin d’être comme elle, mais j’étais fascinée par ce « garçon manqué », intrépide et courageuse. J’aimais moins Annie alors que je lui ressemblais plus (je n’avais pas son côté girly mais j’étais une chochotte) alors qu’aujourd’hui, je pense que j’aurais un peu plus d’indulgence. (même si l’auteur était clairement sexiste) Du coup, je pense que le personnage de Claude m’a ouvert à une autre forme de « féminité », assez décriée par ailleurs. (ça peut commencer tôt, le féminisme)

Aujourd’hui, ma sœur a récupéré ces livres… et apparemment, je les ai complètement dégueulassés ! Je ne m’occupais pas tellement de la propreté des livres à cet âge (contrairement à aujourd’hui), et comme je les relisais trèèès souvent…

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La supplication, de Svetlana Alexievitch

la-supplication-coverQuatrième de couverture

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :
– Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! »
Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale nucléaire ?
Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’évènement prend alors une toute autre dimension.
Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

Critique

Je crois que certains se sont souvenus de mon choc à la lecture d’un livre de la même autrice, La fin de l’homme rouge. On se trouve au même niveau avec celui-ci.

On parle donc des victimes de Tchernobyl en Biélorussie. Ou plutôt, on les laisse parler, 10 ans après cette catastrophe. Les voix des victimes de Tchernobyl qu’on n’entend jamais.

L’autrice a donc choisi d’explorer les conséquences humaines de cette catastrophe. On a eu des chiffres, des faits, mais les victimes ? Oubliées, niées, méprisées. On ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé pour ces personnes, et vu comment, à l’époque, on a essayé de faire croire que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière de la France (LOL), autant vous dire que des choses se sont sûrement dîtes sans savoir vraiment. Déformées, surtout silenciées.

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Dans la forêt, de Jean Hegland

dans-la-forêt-coverQuatrième de couverture

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Critique

Ceci n’est pas un roman post-apocalyptique à proprement parler ! Je préfère prévenir, surtout si vous êtes un habitué du genre et que vous vous attendez plus ou moins à une certaine façon de mener la barque. Oubliez ça, ce n’est sûrement pas ce que vous vous imaginez.

Vous l’avez compris, ça ne va pas être drôle. Ça va aussi, si ce n’est pas déjà fait, vous interroger sur notre monde actuel. Après tout, Nell et Eva sont deux jeunes filles qui en font partie, bien qu’elles aient déjà une situation bien particulière. Elles vivent en pleine campagne avec leurs parents et ont été scolarisées à domicile, leur maison étant située à côté d’une forêt. Ce n’est déjà pas banal comme vie.

Celles-ci ont déjà une mentalité à part, mais qui reste très proche de n’importe quel citoyen d’un monde capitaliste. Elles sont donc habituées (et nous encore plus) à un certain confort, l’essence et l’électricité étant premiers du classement.

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Daniel Balavoine – tout en musique #8

Je vous sens ouvrir des yeux ronds comme des billes – je vous avais prévenus, ceux sur Twitter !

MUSIQUE-BALAVOINE

Je l’avais déjà dit que j’écoutais un peu de tout dans des articles précédents, et ça se confirme avec cet artiste ! J’adore Daniel Balavoine depuis plusieurs années, depuis que je l’ai entendu à la radio comme tout le monde. Bien évidemment, je n’aime pas ses succès de manière identique et je vous avoue préférer certains de ses titres moins connus du grand public. Je n’aime pas tout ce qu’il a fait de manière égale (par exemple, ses deux premiers albums me font ni chaud ni froid – mais il faudra que je les écoute à nouveau) mais il y a quand même de sacrés pépites.

Je suis aussi le genre à répondre, quand quelqu’un soupire qu’on l’entend trop à la radio… « Mais au contraire, on ne l’entend pas assez ! » Je monte le son dans la bagnole dès qu’il passe à la radio, c’est dire ! Bref, on aura compris que je l’adore, ahaha. (d’ailleurs, si vous avez des sous à balancer pour m’offrir l’intégrale de ses albums studio…)

Ma soeur, qui est de la génération qui l’a découvert étant gosse, trouve ça incompréhensible que je l’écoute dès que je peux, elle trouve ça ringard. D’ailleurs, je note qu’on est pas mal de ma génération à l’aimer, big up à vous !

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La Chute, d’Albert Camus

la-chute-camus-coverQuatrième de couverture

« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. […] J’avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j’entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d’un corps qui s’abat sur l’eau. Je m’arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j’entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s’éteignit brusquement. »

Critique

Aaah, c’est comme pour L’Étranger, ça vous intrigue cette quatrième de couverture ? Hé bien contrairement à celui-ci, vous allez assez vite l’oublier pour vous plonger dans la lecture. Le narrateur et personnage principal aura tôt fait de vous distraire, car sa personnalité et ses propos vous surprendront (et vous exaspèreront sûrement) dès le début.

Ce n’est pas une lecture facile à aborder. Je l’ai lu à un moment où je n’étais pas bien dans ma vie et ça a été un véritable choc pour moi. Pas que ça aille mieux aujourd’hui mais j’ai plus de recul. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le relire le mois dernier. Oui, je ne l’avais lu qu’une fois, n’osant pas me replonger dans un tel récit. Je vous conseille donc de ne pas le lire si vous vous sentez au fond du trou, conseil d’ami.

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Bilan lectures #19 – août 2018

Des lectures assez variées ce mois-ci, je dois l’admettre ! Si on sent que ce mois-ci (et les mois suivants, c’est sûr, je vais encore découvrir des choses en lisant des essais et autres livres informatifs), l’influence d’autre chose que des romans s’est fait sentir, je ne peux pas non plus complètement m’en détacher. Par contre, je sens une frustration de ne pas pouvoir lire plus vite, et donc plus, mais pas à cause d’une pression ou que sais-je, mais parce que j’ai soif d’apprendre et que j’ai hâte de lire mes nouveaux livres !

Chez soi (Mona Chollet) Lire la chronique

Une relecture qui fait du bien ! L’autrice nous offre un essai intéressant et pertinent sur notre lien à notre chez soi, et comment celui-ci n’est pas forcément adapté… Un livre accessible à tout le monde, où elle aborde des problématiques qui vous parleront, en particulier si vous êtes un casanier.

vivre-la-simplicite-volontaire-coverVivre la simplicité volontaire (Collectif)

Ce recueil d’interviews a été publié chez Le pas de côté et L’échappée. On trouve en son sein nombre de témoignages de personnes ayant choisi la simplicité volontaire. Elles le vivent à différents degrés, ainsi que le montre les catégories choisies pour les répertorier (sachant qu’une interview peut finir dans plusieurs catégories aussi, mais a paru plus pertinente dans une seule d’entre elles – bon ok, fallait faire aussi un choix). On a ainsi « Se modérer » (la catégorie qui m’a le plus parlé) où les gens ayant fait ce choix se trouvent divisés entre deux pôles, « la vie réelle » (au sens où ils ont un travail classique) et « l’utopie » (la décroissance). « Déserter » est l’expression des personnes qui se sont entièrement coupées de la société, pas forcément toujours en autarcie, mais presque. Elles l’ont fait parce qu’elles ont elles-mêmes subi une simplicité involontaire, ont été élevées dans ces valeurs ou se rebellent contre celles de la société. « Militer » est, comme son nom l’indique, le moyen d’action des gens qui vivent la simplicité volontaire et qui s’impliquent dans des activités collectives (et souvent bien plus que leurs contemporains !) Ils luttent comme ils peuvent contre la publicité, le nucléaire (si vous connaissez de bons ouvrages sur la question d’ailleurs…), l’industrialisation de l’agriculture bio… « Bifurquer », c’est le nom de la catégorie de personnes dont on n’aurait pas forcément deviné le changement de vie de par leurs anciens métiers. Souvent très bien intégrés dans la société et pratiquant des métiers valorisants, voilà qu’ils laissent tout tomber grâce à un élément déclencheur (une dépression, une lecture, une catastrophe naturelle, etc). On retrouve dans « Oeuvrer » les personnes qui refusent de faire un travail aliénant, souvent rémunéré, s’attelant ainsi à faire des choses de leur main, à retourner à la terre pour certains, à exécuter des travaux artisanaux et traditionnels pour d’autres, voire à en remettre au goût du jour (je ne m’attendais pas forcément à voir ressurgir le parchemin…). J’ai trouvé ça très intéressant (ne vous attendez pas forcément à ce que tout soit facile), mais j’ai juste deux objections en tête :

  • Certains ne considèrent pas avoir coupé le contact avec les gens, vu qu’ils en créent d’autres avec leur voisinage ou d’autres personnes proches de leurs idées qui ne sont pas trop loin géographiquement. Mais en fait, pour moi, si. Appelez-moi grosse égoïste, et c’est probablement le cas, mais Internet, si décrié, me permet de rencontrer des gens avec qui je m’entends, qui sont bienveillants, contrairement à la vie réelle. Ces liens sont essentiels pour moi, et rien ne pourra remplacer ça. De plus, quid de la famille, des quelques personnes qui nous sont sympathiques sans plus ? On balaie tout ? Après, on n’aura un jour plus le choix…
  • Un autre problème a surgi tout de suite : ce genre de vie nécessite d’être en bonne santé. Excusez-moi, mais pour cultiver un potager, cela nécessite de ne pas avoir un de ses genoux « pétés » comme moi. Bref, que fait-on des non-valides ? Je n’en suis pas une mais je peux observer ce problème rien qu’avec mon petit souci de rien du tout, mais qui m’empêche de plier le genou sans avoir super mal, et donc de me mettre à genoux, accroupie… On ne peut pas juste se couper de la société comme ça. On ne peut juste pas vivre décemment par nous-mêmes si on n’est pas en forme. Est-ce que cette question est soulevée quelque part ?

Je fais ma chiante, mais en vrai, ce livre est vraiment très intéressant et amène à réfléchir sur nous-mêmes et à nous donner des idées, car il faudra bien modifier notre mode de vie. Mais pour moi, les choses ne sont pas si simples. (et encore, je n’ai pas abordé la question des oppressions, celle de la répartition des tâches homme-femme, etc)

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