Comment suis-je devenue féministe ?

Il était obligatoire que cet article sorte un jour. Je vous fais chier avec une série d’articles sur des livres féministes quand même… Mon parcours est assez classique ceci dit. Et comme toute fille de cette société, j’ai commencé par penser que le féminisme était nul en plus d’être inutile (ça commence bien, cette affaire). Pourtant, j’aurais dû réfléchir plus tôt. Pas comme si je subissais le sexisme comme toutes les femmes, d’autant plus quand tu es considérée comme une fille laide par la société (du coup, tu vis aussi des choses différemment).

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(si vous vous demandez si j’ai lu tous les livres sur les photos, la réponse est non – il y en a un que je n’ai pas lu sur chaque photo)

Subir le sexisme sans pouvoir le nommer

Ça a commencé tôt pourtant, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je ne me souviens pas de tout, bien sûr. Mon premier souvenir marquant est survenu quand j’avais 7 ans.

C’est cette règle de grammaire qui dit que « le masculin l’emporte toujours sur le féminin »… Ca m’avait tellement outrée ! Alors les gens qui disent qu’on s’en fout, que ça n’a aucune incidence… Oh que si ! C’est même assez incompréhensible, alors qu’on t’avait dit qu’un des principes de ton pays, c’est « égalité »… Et quand on dit qu’à cet âge, les garçons ont autre chose à foutre que de s’en réjouir… Encore une fois, si, ils en étaient très contents ! Ils ont très bien compris, parmi les innombrables indices qui leur étaient donnés dans leur quotidien, que leur sexe les rendait supérieurs aux filles… Ils jubilaient, même ! Vous êtes bien naïfs ! On a protesté mollement (que pouvions-nous faire au CE1 ?) et j’ai « oublié » cet épisode…

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Métamorphoses du travail, d’André Gorz

A31537_Metamorph_Trav.inddQuatrième de couverture

Cela ne s’appelait pas encore la «mondialisation libérale», que déjà André Gorz, voilà bientôt vingt ans, en pionnier critique d’une rare intelligence analytique, dénonçait la croyance quasi religieuse que «plus vaut plus», que toute activité – y compris la maternité, la culture, le loisir – est justiciable d’une évaluation économique et d’une régulation par l’argent.
Gorz détermine les limites – existentielles, culturelles, ontologiques – que la rationalité économique ne peut franchir sans se renverser en son contraire et miner le contexte socioculturel qui la porte.
Le lecteur découvre pourquoi et comment la raison économique a pu imposer sa loi, provoquer le divorce du travail et de la vie, de la production et des besoins, de l’économie et de la société. Pourquoi, sous nos yeux, elle désintègre radicalement la société ; pourquoi nombre d’activités ne peuvent être transformées en travail rémunéré et en emploi, sans être dénaturées dans leur sens.

Critique

Un essai compliqué à lire, mais passionnant ! Faut dire qu’André Gorz est un philosophe autodidacte, et vous connaissez mon rapport à cette discipline… Là, on est sur quelque chose qui flirte avec la théorie politique et la critique sociale. Le vocabulaire m’était donc accessible, même si j’ai eu quelques moments de doute (on est sur un style universitaire après tout). Mais je ne regrette pas cette lecture !

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Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult – les livres féministes #15

ainsi-soit-elle-coverBenoîte Groult, l’autrice de ce livre, est une féministe de la deuxième vague. Elle est assez connue par ces dernières, donc vous croiserez forcément son nom à un moment ou à un autre.

Elle a reconnu son féminisme assez tardivement : en tant que femme dans cette société patriarcale, même si on se rend compte de choses, on les réalise inconsciemment, et elle n’a pas dérogé à la règle. De plus, même entre femmes, on n’en parle pas, c’est tacitement interdit, contraire aux bonnes moeurs, etc.

C’est un sujet qu’elle dénoncera… parmi ceux qu’elle va aborder. En effet, les conséquences du patriarcat sur les femmes sont multiples. On pourrait croire que ce livre est daté (il est sorti en 1975) mais il est toujours tristement d’actualité sur certaines choses, notamment certains comportement des hommes à notre égard, le système forcément à notre détriment parce qu’on a un vagin entre les jambes, etc.

L’autrice va parler de tout en quelques 200 pages et elle réussit à aborder avec brio le problème du système pour les femmes, la haine des hommes (oui oui, la haine, la guerre des sexes n’est pas faite par les femmes à la base) à l’encontre des femmes, leur peur de nous dont découle cette volonté de garder le pouvoir à tout prix. Je n’ai pas encore lu Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé mais ça m’a donné très envie de le lire rapidement car Benoîte Groult parle du sujet de la virilité sans concession. Le sujet reste non exhaustif dans son livre en raison du nombre de pages mais il recense toutes les abominations qu’on a fait subir aux femmes sous des prétextes fallacieux… et qui sont toujours réelles dans certaines parties du monde.

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Bilan lectures #29 – juillet 2019

Un bilan satisfaisant ! Plus que satisfaisant même. Un coup de coeur côté romans et un autre qui n’en est pas loin, que demander de plus ? Côté essais, je ne peux pas dire non plus que j’ai été en reste. Même s’il m’est arrivé de grincer des dents, j’ai clairement beaucoup aimé mes lectures. Je suis vraiment très contente de ce mois de juillet, que je vous présente dès maintenant.

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Ainsi soit-elle (Benoîte Groult)

En fait, je l’avais entamé au mois de juin. Livre féministe dont la chronique est d’ailleurs prévue le mois prochain !

Ces hommes qui m’expliquent la vie (Rebecca Solnit)

J’attends de lire La mère de toutes les questions de la même autrice avant de vous en faire un retour, mais même si ça prend du temps, vous aurez une chronique sur ces deux livres !

Plutot_couler_en_beaute-coverPlutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Corinne Morel Darleux)

Je tournais autour de ce livre à la librairie et c’est l’avis de La page qui marque qui m’a convaincue de passer le cap de l’achat. Comme elle, je ne regrette pas ! Si vous vous intéressez à l’effondrement, vous n’apprendrez sûrement rien, et d’ailleurs, ce n’est pas l’objectif de ce livre. Après tout, le sous-titre est « Réflexions sur l’effondrement », donc on comprend bien qu’il y a une portée personnelle, et c’est d’ailleurs bien tout ce qu’il y a ! Mais attention, il est aussi plaisant car il soulève des sujets que les grands chantres de l’effondrement ont tendance à oublier, et je pense notamment au volet social. L’autrice pointe aussi du doigt ce qui ne va pas dans notre société, mais pas qu’au plan matériel : il s’agit aussi de notre mentalité (qui fait qu’on en est principalement là aujourd’hui) par rapport à nous-mêmes, aux animaux et à la nature, à tout ce qui nous entoure, quoi. L’intérêt (vital) de ne pas aller trop vite, de prendre son temps… De plus, même si elle fait appel à plusieurs références, deux d’entre elles reviennent souvent : le navigateur Bernard Moitessier (au travers duquel elle interroge la désobéissance civile) mais aussi le roman Les Racines du ciel de Romain Gary… que j’ai lu ! Absolument ravie qu’il rentre en compte dans son analyse. C’est un petit livre plein de réflexions assez utile pour celles et ceux qui n’arrivent pas à voir au-delà du discours catastrophiste de certains collapsologues. Je le relirai sûrement car il m’a fait du bien, je me suis sentie moins seule et en plus, l’autrice est bienveillante !

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Bilan lectures #28 – spécial mois américain – juin 2019

J’ai lu mes lectures d’auteurs américains ! J’en ai pas lu autant que l’aperçu que vous avez dans cet article mais c’est un peu normal. Je n’ai pas privilégié les pavés pour pouvoir découvrir le plus de choses possibles.

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C’est parti pour le bilan !


tous-les-hommes-du-roi-coverTous les hommes du roi (Robert Penn Warren) Lire la chronique

Un grand roman, où le pire de la politique et le grand chamboulement des émotions se mêlent. Willie Stark devient gouverneur de son Etat et malgré sa bonne volonté, il n’échappera pas à la corruption. Ce roman est tellement puissant, pour en savoir plus, lisez ma chronique… ou lisez le livre, vous ne le regretterez pas.

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La chambre de Giovanni, de James Baldwin

la-chambre-de-giovanni-coverQuatrième de couverture

Dans le Paris de l’après-guerre, David, un jeune Américain, s’éprend de Giovanni tandis que sa fiancée est en Espagne. La sincérité et l’audace avec lesquelles James Baldwin décrit le trouble émotionnel de David, déchiré entre Giovanni et Hella, font de ce livre un classique. Publié en 1956 aux Etats-Unis, La Chambre de Giovanni est un récit bouleversant sur la confrontation culturelle, l’identité sexuelle et l’amour.

Critique

J’aimerais vous dire que cette lecture a été faite dans le cadre du mois des fiertés, mais j’ai pas fait exprès…

C’est l’histoire de David, un Américain présent à Paris dans les années 50, qui attend le retour de Hella, sa petite amie, en voyage en Espagne. Si vous voulez mon avis, il a des contacts louches (et avec des moyens financiers) mais qui lui permettront de rencontrer Giovanni, un serveur originaire d’Italie. Ils vont finir par se rapprocher assez rapidement, tomber amoureux l’un de l’autre et habiter ensemble.

Ce livre est sorti en 1956, alors je vous laisse imaginer l’état du sujet de l’homosexualité à l’époque. Celui-ci va d’ailleurs tourmenter David dans sa relation avec Giovanni. En effet, il n’assumera pas du tout sa relation charnelle avec lui, ni même son amour pour lui… qu’il ne réalisera que bien plus tard. Seulement, cela aura déjà amené à une tragédie…

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Tous les hommes du roi, de Robert Penn Warren

tous-les-hommes-du-roi-coverQuatrième de couverture

Années trente, alors que dans la chaleur du Sud, ses ennemis manœuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, «l’enfant humilié» devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de découvrir la vérité, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose à déterrer ». Mais déjà le Temps agit, les trahisons du passé dessinent celles futur et tous les hommes du roi montent sur scène pour la tragédie à venir. De l’angélique Anne Stanton à la diablesse Sadie Burke, en passant par Adam l’esthète et Sugar Boy le porte-flingue, chacun jouera son rôle dans ce magistral roman à l’écriture époustouflante, qui de la vie donne son image la plus juste et poignante : celle de la fragilité.

Critique

Je ricane un peu car la quatrième de couverture vous laisse imaginer comment le scénario peut se dérouler… mais vous aurez probablement tort. On s’imagine qu’il va y avoir de l’action… mais pas de la manière que vous croyez ni décrit de la façon que vous imaginez. Est-ce que ça fonctionne quand même ? Complètement !

Ça commence comme un simple récit fictionnel politique dans les années 30 dans le Sud des Etats-Unis, à part que c’est bien plus que ça. Mais avant de parler des autres aspects du roman, on va se concentrer sur celui-là pour le moment.

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Carnet de lecture #2 – un an après

carnet-de-lecture-2Me revoilà avec un carnet de lecture un an après le premier ! Certaines choses n’ont pas des masses changer… D’autres sont apparues quasi soudainement. Ce sera plus court car ça ne fait qu’un an depuis le premier carnet de lecture. Allez, c’est parti !


En tant que lectrice

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Toujours aussi exigeante

Parfois, je m’étranglerais. Il y a pas mal de livres que je trouve sympa au niveau de la fiction… et c’est tout ! Les coups de coeur se font toujours de plus en plus rare, comme je le disais déjà il y a un an.

De plus, je lis des livres qui me sortent de ma zone de confort grâce au challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres, et… Ben voilà, j’aime bien (à l’exception d’un) mais ils ne vont pas rester dans mes annales. Ça me fait chier car même auprès de moi-même, je passe pour une grincheuse. Ce n’est même pas comme si je n’aimais pas les livres en question, hein, j’ai juste l’impression de ne pas les aimer assez, de ne pas les honorer assez, surtout qu’on me les a donné à lire avec enthousiasme… Bref, j’ai envie de me foutre des baffes.

J’avoue aussi que je ne suis pas très fiction en ce moment… (cf. point suivant)

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Bilan lectures #27 – mai 2019

J’ai été plus motivée pour m’occuper du blog, visiblement… Et en plus de vous avoir offert quelques chroniques/articles, j’ai aussi d’autres lectures à vous présenter !

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Une grande diversité de lectures… ce qui ne sera pas le cas le mois prochain ! Vous le comprendrez plus ou moins en fin d’article…

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Traité d’économie hérétique (Thomas Porcher)

Ce petit livre est un basique pour comprendre un peu mieux l’économie et déjouer certains clichés. Vous l’avez probablement remarqué (difficile d’y échapper de toute façon…) mais c’est la logique capitaliste qui domine le débat économique au point de faire l’unanimité partout dans la presse généraliste. L’économiste va démonter nombre de stéréotypes (notamment par rapport à la fonction publique qui coûte si cheeer) et va souligner quelque chose qui est peu réalisé par la majorité des gens car on nous le cache : les fameux experts… ne le sont pas forcément. Ils n’ont souvent pas de diplôme ou eu un cursus dans le domaine de l’économie, ce qui paraît être un peu arrogant à souligner, mais le problème, ce n’est même pas qu’ils se sont construit une culture économique crédible car ils sont en réalité d’une incompétence crasse (par contre, ils sont très bons pour faire croire le contraire et en manipulation communication auprès du grand public). Bref, de nombreux sujets sont abordés au sein de ce livre. Si vous vous y connaissez un peu en économie et dans l’actualité de celle-ci, ça ne vous apprendra rien (au mieux, ça peut servir de rappel). Si, par contre, vous vous sentez maladroit sur le sujet, je vous le conseille, c’est vraiment un bon livre pédagogique, vous ne serez pas largués.

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La libération animale, de Peter Singer

la-libération-animale-coverQuatrième de couverture

Les animaux souffrent. Comme nous. Ils ont donc des droits. Ce livre a changé notre regard sur les animaux. Il a déclenché le débat contemporain en éthique animale. Traduit dans une vingtaine de langues, il s’est vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires.

Peter Singer, philosophe australien, est professeur de bioéthique à l’université Princeton (Etats-Unis). Time Magazine l’a présenté comme le plus influent des philosophes actuels.

Critique

Je m’étais dit que c’était risqué de faire une chronique sur un livre parlant des droits des animaux et du végétarisme comme solution première. Je ne lis pas beaucoup de livres de ce genre, je suis déjà végétarienne, mais je reste distante de la communauté végétarienne/vegan. Le sujet fait énormément parler, en bien ou en mal. Si j’ai décidé de parler de celui-ci, c’est parce que je le trouve assez impressionnant. Et puis pour un livre d’un philosophe, il est assez accessible (ce qu’on lui a reproché, mais laissons les élitistes rester dans leur coin comme ils le souhaitent eux-mêmes et ignorons-les).

De toute façon, comme le dit lui-même Peter Singer, comment mobiliser du monde sur cette cause si on garde une manière de s’exprimer et d’expliquer les choses obscure ? Cette cause est bien trop importante pour ça.

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