Bullshit Jobs, de David Graeber

bullshit-jobs-coverQuatrième de couverture

Dans la société moderne, beaucoup d’employés consacrent leur vie à des tâches inutiles et vides de sens. C’est ce que David Graeber appelle les « bullshit jobs » ou « jobs à la con ». L’auteur en cherche l’origine et en détaille les conséquences : dépression, anxiété, effondrement de l’estime de soi… Il en appelle à une révolte du salarié moderne ainsi qu’à une vaste réorganisation des valeurs, qui placerait le travail créatif et aidant au coeur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d’asservissement… assouvissant enfin notre soif de sens et d’épanouissement.

Critique

Qui c’est qui n’y croyait que moyennement avant de commencer ? C’est bibi ! Qui a changé d’avis ? C’est encore bibi !

David Graeber a écrit cet essai après le succès retentissant de son article On the Phenomenon of Bullshit Jobs publié dans le magazine Strike!. Dans celui-ci, il dénonçait la multiplication des emplois inutiles, en particulier au sein des administrations, publiques comme privées (et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le champ public n’est pas le pire…). Ne pas confondre les « jobs à la con » (dont il parle) et les « jobs de merde ». Les « jobs à la con » sont inutiles, superflus et néfastes, à tel point que le salarié lui-même s’en rend compte (si ce n’est pas le cas, il y a aussi des raisons derrière ce déni). Les « jobs de merde » sont des boulots dénigrants, souvent fatigants et au bas de l’échelle sociale, et à tous les coups mal payés, alors qu’ils sont souvent les plus utiles. L’auteur relèvera cette contradiction entre des jobs super bien rémunérés alors qu’on peut souvent remettre en cause leur utilité (avant qu’on me dise que la médecine est utile : oui, merci, mais c’est très rare que ce soit le cas pour d’autres domaines) et des emplois qui le sont peu alors qu’ils servent à quelque chose (agent d’entretien et aide-soignant par exemple).

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Bilan lectures #31 – septembre 2019

A la fin du mois, j’ai eu peu de temps, mais globalement, mon bilan n’est pas si mal. Certes, je me suis pas mal énervée, mais dès que je lis Camus, ça va mieux (même s’il m’a sacrément agacée par moments lui aussi).

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faillir-être-flingué-coverFaillir être flingué (Céline Minard)

Je ne vais pas avoir grand chose à raconter sur ce livre car… je l’ai abandonné. Je m’ennuyais pas mal durant ma lecture et après m’être spoilée volontairement, j’ai bien vu que je n’allais pas obtenir un scénario plus intéressant pendant la seconde partie de ma lecture, que cela n’allait pas amener à grand chose. Et après une lecture déplaisante, j’avoue que je n’avais pas la patience ni la force de me forcer à aller plus loin. Si vous l’avez lu, dîtes-moi ce que vous en avez pensé car je ne compte pas le reprendre un jour.

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TAG – Liebster Award #2

Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ? Les TAG se font rares, mais pas que sur mon blog, j’en vois de plus en plus rarement sur la blogosphère, même si ça se fait encore.

Celui-ci, je l’ai déjà fait, mais bon, on m’a encore tagué pour de nouvelles questions, et comme c’est Babitty Lapina, je veux bien le refaire. Bien sûr, des personnes seront taguées à la fin.

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– Si tu pouvais faire ce que tu voulais sur ton blog (au-delà de contraintes de temps, financières, etc.), qu’est-ce que tu ferais ?

Je pense que je chercherai davantage de sujets à pouvoir développer, à l’instar de cet article. J’ai l’impression de manquer d’imagination, de réagir à cause de coups de gueule, j’aimerais avoir une idée en étant plus apaisée, mais je ne sais pas quoi, vous le saurez sûrement en temps et en heure. J’ai l’impression que tout a déjà été fait et je ne veux pas passer pour une copieuse. Et aussi, j’aimerais lire encore plus pour proposer plus de chroniques alors que j’ai déjà du temps libre, jamais contente.

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Être en « retard » niveau lectures

Je n’ai pas mis les guillemets à « retard » pour rien dans le titre. Tout est une question de perception, d’opinion. Je ne généralise pas mon expérience, mais elle me fait me poser des questions et est très certainement la raison pour laquelle je suis aussi ouverte aux lectures des autres (et que je ne vais pas dire à quelqu’un sur son Curious Cat qu’il devrait avoir des lectures plus exigeantes… Bon ok, j’arrête).

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Benczue Gyula, Woman reading in a forest

C’est un peu compliqué d’expliquer mon raisonnement sans parler de mon parcours de lectrice, de ce que j’ai lu. Si vous avez lu ma série d’articles sur les livres qui ont marqué ma vie (durant l’enfance, l’adolescence et la vie adulte), vous vous doutez déjà de ce que je vais y dire, mais je vais essayer de structurer ça en quelques paragraphes et de rajouter quelques points sur ma vie personnelle.

Qu’ai-je lu dans ma vie ?

Je sais que j’impressionne certaines personnes parce que je lis des essais, mais il ne faut vraiment pas ! Ce n’était pas parti pour en plus.

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Reclaim, recueil de textes écoféministes, d’Emilie Hache – les livres féministes #16

reclaim-écoféminisme-coverCe livre aura été exigeant à lire. Pas forcément compliqué (à part un-deux textes), mais clairement, ce ne sera pas une promenade de santé pour quiconque n’est pas habitué à ce type de lectures.

Je ne sais pas vous, mais j’avais une image assez négative de l’écoféminisme. Ce livre a un peu nuancé la chose, tout de même.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’écoféminisme ? La définition même de ce qu’on en sait est trompeuse. Grosso modo, comme on le sait souvent, c’est la lutte contre l’oppression patriarcale mais aussi celle contre l’oppression de la nature. Pourquoi spécifiquement l’écoféminisme alors que la destruction de la nature concerne tout le monde ? A cause de ce parallèle qui entretient encore son trou à l’heure actuelle pour justifier les deux oppressions : femme = nature, homme = culture, culture > nature, donc les hommes sont supérieurs aux femmes. Logique implacable, mais fausse.

Tout de suite, une accusation peut vous venir en tête : celle de l’essentialisation. Elle m’est venue (et est toujours présente) dans le cadre de la transidentité. Dire que femme = vagin, euh… C’est ce qu’on appelle la transphobie ? De plus, par rapport à ce que j’ai pu lire, l’écoféminisme n’est pas obligé d’être transphobe s’il adapte son raisonnement. Mais je n’ai rien trouvé de cela au fil des textes présents dans ce recueil (on y trouve des autrices comme Starhawk, Susan Griffin, Ynestra King…). Textes essentiellement américains à l’exception de l’Indienne Vandana Shiva, mais comme l’écoféminisme était très actif aux Etats-Unis durant les années 80, on y trouve essentiellement des textes d’autrices américaines.

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La stratégie de l’émotion, d’Anne-Cécile Robert

la-stratégie-de-l'émotion-coverQuatrième de couverture

Les émotions dévorent l’espace social et politique au détriment des autres modes de connaissance du monde, notamment la raison. Certes, comme le disait Hegel, «rien de grand ne se fait sans passion», mais l’empire des affects met la démocratie en péril. Il fait régresser la société sous nos yeux en transformant des humains broyés par les inégalités en bourreaux d’eux-mêmes, les incitant à pleurer plutôt qu’à agir.

À la «stratégie du choc» qui, comme l’a montré Naomi Klein, permet au capitalisme d’utiliser les catastrophes pour croître, Anne-Cécile Robert ajoute le contrôle social par l’émotion, dont elle analyse les manifestations les plus délétères : narcissisme compassionnel des réseaux sociaux, discours politiques réduits à des prêches, omniprésence médiatique des faits divers, mise en scène des marches blanches, etc. Une réflexion salutaire sur l’abrutissante extension du domaine de la larme et un plaidoyer civique pour un retour à la raison.

Critique

Un livre qui parle de l’utilisation de l’émotion pour servir certains intérêts, ça m’intéressait beaucoup. Avouez que vous trouvez ça alléchant aussi. Et il y a effectivement des développements pertinents dans cet essai… et d’autres moins, voire carrément faux.

Ce livre a eu beaucoup de succès (à son petit niveau), et je n’en menais pas large moi non plus. Je tournais beaucoup autour en librairie, et puis un jour, j’ai craqué, son prix n’étant pas excessif et la couverture étant plutôt chouette (je n’ai pas dit que j’étais immunisée aux raisons superficielles d’acheter un livre). Mais bien mal m’en a pris… Nous allons voir ensemble ce qui n’allait pas dans cette lecture qui m’a passablement énervée.

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Bilan lectures #30 – août 2019

Salut ! J’espère que vous avez passé un bon été de lectures ! Le mien peut paraître court, mais j’ai passé une semaine sans lire vu que j’étais ailleurs. Donc c’est finalement pas mal malgré mon absentéisme ! La lecture du premier essai que je vous présente (et que j’ai chroniqué) m’a aussi pris un temps de dingue (mais la biographie de l’auteur juste après était pas mal dans le genre).

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A31537_Metamorph_Trav.inddMétamorphoses du travail (André Gorz) Lire la chronique

Un essai très complet sur le travail, son histoire, son évolution, comment est-ce que sa place actuelle détruit la société. C’est assez terrifiant de lire ça mais pourtant nécessaire pour comprendre que la structure de notre société est centrée sur le travail et que toute décision passe par ça.

andré-gorz-une-vie-coverAndré Gorz, une vie (Willy Gianinazzi)

Une biographie sur l’auteur mentionné plus haut pour son brillant essai. André Gorz (qui n’est pas son vrai nom, il en a d’ailleurs utilisé plusieurs) est né en Autriche et y a grandi. S’en est suivi des études en Suisse pendant la guerre (à laquelle il a pu échapper alors qu’il est Juif, même si cette religion n’avait aucune place dans sa vie, on sait que ça n’arrêtait pas les nazis…) et par certaines circonstances, il s’est retrouvé en France pour travailler, pays dans lequel il est resté et dont il a, on va dire, épousé la langue (il refusait de parler allemand le plus possible). Bref, un philosophe et journaliste autodidacte qui en a bluffé plus d’un avec sa perspicacité et son intelligence. Personnellement, c’est sa capacité de remise en question, son ouverture d’esprit, qui m’ont impressionnée. Il était connu pour être solitaire et a provoqué l’incompréhension de beaucoup, alors que je criais en mon for intérieur « LA SOLITUUUUUDE, TROP BIEN ! ». Je me suis aussi reconnue dans son rejet, assez tôt, du travail et de ce qu’il implique. Voilà peut-être pourquoi il a analysé principalement le travail : ce n’est pas comme s’il tenait une place centrale dans la société… Je pense qu’il n’était pas forcément très heureux, heureusement que sa femme était là… D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur leur relation, lire Lettre à D. d’André Gorz lui-même sera plus pertinent, car cette biographie explore surtout les idées de l’homme et son évolution. Il y a des moments où c’est un peu lourd, notamment quand il y a des énumérations de sigles de syndicats, mais globalement, c’était très intéressant.

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Comment suis-je devenue féministe ?

Il était obligatoire que cet article sorte un jour. Je vous fais chier avec une série d’articles sur des livres féministes quand même… Mon parcours est assez classique ceci dit. Et comme beaucoup de femmes, à quelques exceptions, j’ai commencé par penser que le féminisme était nul en plus d’être inutile (ça commence bien, cette affaire). Pourtant, j’aurais dû réfléchir plus tôt. Pas comme si je subissais le sexisme comme toutes les femmes, d’autant plus quand tu es considérée comme une fille laide par la société (du coup, tu vis aussi des choses différemment).

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(si vous vous demandez si j’ai lu tous les livres sur les photos, la réponse est non – il y en a un que je n’ai pas lu sur chaque photo)

Subir le sexisme sans pouvoir le nommer

Ça a commencé tôt pourtant, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je ne me souviens pas de tout, bien sûr. Mon premier souvenir marquant est survenu quand j’avais 7 ans.

C’est cette règle de grammaire qui dit que « le masculin l’emporte toujours sur le féminin »… Ca m’avait tellement outrée ! Alors les gens qui disent qu’on s’en fout, que ça n’a aucune incidence… Oh que si ! C’est même assez incompréhensible, alors qu’on t’avait dit qu’un des principes de ton pays, c’est « égalité »… Et quand on dit qu’à cet âge, les garçons ont autre chose à foutre que de s’en réjouir… Encore une fois, si, ils en étaient très contents ! Ils ont très bien compris, parmi les innombrables indices qui leur étaient donnés dans leur quotidien, que leur sexe les rendait supérieurs aux filles… Ils jubilaient, même ! Vous êtes bien naïfs ! On a protesté mollement (que pouvions-nous faire au CE1 ?) et j’ai « oublié » cet épisode…

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Métamorphoses du travail, d’André Gorz

A31537_Metamorph_Trav.inddQuatrième de couverture

Cela ne s’appelait pas encore la «mondialisation libérale», que déjà André Gorz, voilà bientôt vingt ans, en pionnier critique d’une rare intelligence analytique, dénonçait la croyance quasi religieuse que «plus vaut plus», que toute activité – y compris la maternité, la culture, le loisir – est justiciable d’une évaluation économique et d’une régulation par l’argent.
Gorz détermine les limites – existentielles, culturelles, ontologiques – que la rationalité économique ne peut franchir sans se renverser en son contraire et miner le contexte socioculturel qui la porte.
Le lecteur découvre pourquoi et comment la raison économique a pu imposer sa loi, provoquer le divorce du travail et de la vie, de la production et des besoins, de l’économie et de la société. Pourquoi, sous nos yeux, elle désintègre radicalement la société ; pourquoi nombre d’activités ne peuvent être transformées en travail rémunéré et en emploi, sans être dénaturées dans leur sens.

Critique

Un essai compliqué à lire, mais passionnant ! Faut dire qu’André Gorz est un philosophe autodidacte, et vous connaissez mon rapport à cette discipline… Là, on est sur quelque chose qui flirte avec la théorie politique et la critique sociale. Le vocabulaire m’était donc accessible, même si j’ai eu quelques moments de doute (on est sur un style universitaire après tout). Mais je ne regrette pas cette lecture !

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Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult – les livres féministes #15

ainsi-soit-elle-coverBenoîte Groult, l’autrice de ce livre, est une féministe de la deuxième vague. Elle est assez connue par ces dernières, donc vous croiserez forcément son nom à un moment ou à un autre.

Elle a reconnu son féminisme assez tardivement : en tant que femme dans cette société patriarcale, même si on se rend compte de choses, on les réalise inconsciemment, et elle n’a pas dérogé à la règle. De plus, même entre femmes, on n’en parle pas, c’est tacitement interdit, contraire aux bonnes moeurs, etc.

C’est un sujet qu’elle dénoncera… parmi ceux qu’elle va aborder. En effet, les conséquences du patriarcat sur les femmes sont multiples. On pourrait croire que ce livre est daté (il est sorti en 1975) mais il est toujours tristement d’actualité sur certaines choses, notamment certains comportement des hommes à notre égard, le système forcément à notre détriment parce qu’on a un vagin entre les jambes, etc.

L’autrice va parler de tout en quelques 200 pages et elle réussit à aborder avec brio le problème du système pour les femmes, la haine des hommes (oui oui, la haine, la guerre des sexes n’est pas faite par les femmes à la base) à l’encontre des femmes, leur peur de nous dont découle cette volonté de garder le pouvoir à tout prix. Je n’ai pas encore lu Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé mais ça m’a donné très envie de le lire rapidement car Benoîte Groult parle du sujet de la virilité sans concession. Le sujet reste non exhaustif dans son livre en raison du nombre de pages mais il recense toutes les abominations qu’on a fait subir aux femmes sous des prétextes fallacieux… et qui sont toujours réelles dans certaines parties du monde.

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