Bilan lectures #33 – novembre 2019

Encore un mois où j’aurais finalement peu lu mais je vais objectivement mieux, même s’il y a eu des moments de moins bien.

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J’espère tout de même accélérer un chouïa le mois prochain. Malgré un bilan court, je suis satisfaite car j’ai eu un coup de coeur, qui plus est un roman !

La mère de toutes les questions (Rebecca Solnit) Lire la chronique

Avec Ces hommes qui m’expliquent la vie, je vous ai récapitulé dans un article l’intérêt de ces deux recueils d’articles et comment ils montrent avec brio la violence envers les femmes et comment elle est légitimée grâce au silence.

dracula-coverDracula (Bram Stoker)

Une très bonne surprise ! Inutile que je vous fasse un topo de ce que peut être l’histoire, vous la connaissez peut-être, et sûrement mieux que moi avant de commencer ce livre. Et c’est justement ma quasi-ignorance qui a joué dans mon appréciation du roman. Je connaissais un peu l’histoire dans le château en Transylvanie… et je me suis rendue compte qu’à part ça, je ne savais rien ! A part un passage que j’ai trouvé ennuyeux mais qui sert surtout de transition, j’ai trouvé la suite passionnante et je n’ai pas rechigné à reprendre ma lecture quand je pouvais me poser. C’était trépidant et un peu angoissant (mais juste ce qu’il fallait pour la personne angoissée que je suis). Je confirme que c’est pas mal comme lecture pour Halloween, même si je suis grave en retard du coup… Les personnages sont sympathiques et intéressants, note spéciale pour le docteur Van Helsing dont la moindre des paroles me fascinait. J’ai trouvé ce roman très bien construit, probablement une de mes meilleures lectures de l’année. Si j’avais eu un peu plus la foi de rédiger des articles, je vous en aurais fait une chronique… L’auteur écrivait vraiment bien, c’est même surprenamment fluide je trouve. Il y a quand même un passage dont je ne comprends pas vraiment l’intérêt, alors que je trouvais ça très intéressant de base… Bref, malgré ce défaut, vous pouvez tenter le coup !

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Le silence (forcé) des femmes dans deux livres de Rebbeca Solnit – les livres féministes #17

Non, ce n’est pas le titre du livre dont je vais vous parler – ou plutôt, des deux livres que je vais vous présenter. Rebbeca Solnit est surtout connu pour son livre de recueils d’articles (souvent publié dans le Harper’s Magazine) Ces hommes qui m’expliquent la vie mais un nouveau est sorti, La mère de toutes les questions. Ce sont ces deux-là que nous regarderons de plus près dans cet article.

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On va commencer par Ces hommes qui m’expliquent la vie. Naïve (j’avais pourtant lu l’avis de Flo lectrice !), je pensais que la majorité de son livre serait basé sur ce qu’on appelle le mansplaining (quand un homme nous explique un sujet qu’on connaît mieux que lui, souvent avec condescendance). Mais c’est une erreur : cela semble même plutôt futile comparé au reste de ce qui est abordé. Mais pas tant que ça : on verra que le mansplaining n’est finalement qu’une continuité logique du pire et qu’il sous-tend les autres violences faîtes au genre féminin.

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3 ans du blog – comme quoi !

Je ne l’aurais pas cru si on me l’avait dit quand j’ai commencé ce blog. J’ai cette tendance assez facile au découragement, donc il aurait été plutôt logique que je n’atteigne même pas les 1 an à la base. Mais je me suis accrochée aux livres, et donc à mon blog. Trop de choses dans ma tête sur mes lectures, il fallait que j’extériorise. Et donc, 3 ans que je déblatère mes opinions.

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Malheureusement, je n’ai pas eu trop le temps de penser à faire cet article, à ce que j’allais y écrire, et pourtant, ça se fête dignement, les 3 ans ! Mais ça attendra la prochaine fois, s’il y en a une…

J’ai décidé de revenir sur mes articles passés, ceux dont je suis fière. (ceux dont j’ai honte me viennent plus facilement en tête…) Avoir ce genre de recul peut me permettre de voir que je ne suis pas une complète naze car très clairement, j’ai eu le temps de me dire ces derniers temps que j’étais inadaptée à tout.

Donc je vais faire une recension, sans forcément les classer parce que je suis incapable de juger de manière aussi précise. Ou plutôt si, mais assez sévèrement, et j’aimerais lâcher du lest en ce moment.

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Braves bêtes – Animaux et handicapés, même combat ?, de Sunaura Taylor

braves-bêtes-coverQuatrième de couverture

Petite fille, Sunaura Taylor entend des enfants dire qu’elle marche comme un singe, mange comme un chien et que son handicap la fait ressembler à un animal. Elle, qui aime tant les animaux, s’étonne que cette comparaison soit péjorative car, après tout, l’être humain est un animal.

Bien entourée par sa famille pendant toute son enfance, Sunaura Taylor désire ardemment se mettre en lien avec le monde et vivre sa vie. Mais atteinte d’arthrogrypose, une maladie congénitale qui affecte les articulations, elle va s’apercevoir que la société est pensée par et pour les bien-portants, les seuls qu’elle valide et légitime.

Qu’est-ce qui nous autorise à déconsidérer certains êtres vivants jusqu’à parfois les déclasser ? Militante de longue date pour la cause animale, Sunaura Taylor montre combien la discrimination envers des personnes non valides procède du même mécanisme social et culturel que la maltraitance et l’exploitation des animaux. Personnes handicapées et animaux sont vus comme des êtres incapables, des fardeaux, dépourvus des facultés qui donneraient sa valeur à l’existence.

En partageant son expérience, nourrie par un corpus de connaissances, Sunaura Taylor signe un premier livre récompensé en 2018 par l’American Book Award et pour la première fois traduit en français.

Critique

Voilà un livre essentiel pour le raisonnement antispéciste. Pourquoi donc ? Les militants antispécistes ont tendance à reproduire des oppressions en voulant défendre les animaux. Quand ils sont validistes en plus de ça, ils ne défendent pas aussi bien les animaux qu’ils le croient.

Le sous-titre est parlant : est-ce que les droits des personnes handicapées et des animaux non-humains sont liés ? Pour quelle raison ?

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Bilan lectures #32 – octobre 2019

Bon… Ce mois n’a pas été terrible sur tous les plans. L’avantage de toute cette merde, c’est que j’aurais – normalement – plus de temps pour lire, m’occuper de mon blog, etc. Oui, parce que côté lecture, ça n’a pas été très glorieux. Vive les livres courts, quoi, sinon mon bilan ne ressemblerait à rien.

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nos-richesses-coverNos richesses (Kaouther Adimi)

Ce petit roman a la qualité de présenter un travail de recherche de la part de l’autrice. Je vais expliciter : dans ce livre, on se trouve en Algérie, à deux époques différentes. La nôtre et celle en plusieurs dizaines d’années de la vie d’Edmond Charlot, de sa librairie Les Vraies Richesses (nom inspiré d’un livre de Jean Giono) et de sa période en tant qu’éditeur. On sera aussi amené à voir les troubles qui traversent l’Algérie grâce aux notes d’Edmond Charlot, inventées par l’autrice. Dans le présent, la librairie est devenue une bibliothèque de quartier très peu fréquentée qui a été rachetée pour être transformé en… un magasin de beignets. Pour débarrasser l’intérieur, Ryad est embauché (au titre de stagiaire) pour faire le travail. Il rencontrera Abdallah, un habitué des lieux… Ce petit roman est une déclaration d’amour faite aux livres (et puis on voit vite fait Camus, j’étais aux anges bien sûr), même si la fin ne me satisfait pas car elle comporte tout le fatalisme de ce monde selon moi (mais on ne peut pas lui reprocher d’être irréaliste). J’ai bien apprécié ce roman, qui aurait pu être un tantinet mieux selon moi.

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Bullshit Jobs, de David Graeber

bullshit-jobs-coverQuatrième de couverture

Dans la société moderne, beaucoup d’employés consacrent leur vie à des tâches inutiles et vides de sens. C’est ce que David Graeber appelle les « bullshit jobs » ou « jobs à la con ». L’auteur en cherche l’origine et en détaille les conséquences : dépression, anxiété, effondrement de l’estime de soi… Il en appelle à une révolte du salarié moderne ainsi qu’à une vaste réorganisation des valeurs, qui placerait le travail créatif et aidant au coeur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d’asservissement… assouvissant enfin notre soif de sens et d’épanouissement.

Critique

Qui c’est qui n’y croyait que moyennement avant de commencer ? C’est bibi ! Qui a changé d’avis ? C’est encore bibi !

David Graeber a écrit cet essai après le succès retentissant de son article On the Phenomenon of Bullshit Jobs publié dans le magazine Strike!. Dans celui-ci, il dénonçait la multiplication des emplois inutiles, en particulier au sein des administrations, publiques comme privées (et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le champ public n’est pas le pire…). Ne pas confondre les « jobs à la con » (dont il parle) et les « jobs de merde ». Les « jobs à la con » sont inutiles, superflus et néfastes, à tel point que le salarié lui-même s’en rend compte (si ce n’est pas le cas, il y a aussi des raisons derrière ce déni). Les « jobs de merde » sont des boulots dénigrants, souvent fatigants et au bas de l’échelle sociale, et à tous les coups mal payés, alors qu’ils sont souvent les plus utiles. L’auteur relèvera cette contradiction entre des jobs super bien rémunérés alors qu’on peut souvent remettre en cause leur utilité (avant qu’on me dise que la médecine est utile : oui, merci, mais c’est très rare que ce soit le cas pour d’autres domaines) et des emplois qui le sont peu alors qu’ils servent à quelque chose (agent d’entretien et aide-soignant par exemple).

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Bilan lectures #31 – septembre 2019

A la fin du mois, j’ai eu peu de temps, mais globalement, mon bilan n’est pas si mal. Certes, je me suis pas mal énervée, mais dès que je lis Camus, ça va mieux (même s’il m’a sacrément agacée par moments lui aussi).

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faillir-être-flingué-coverFaillir être flingué (Céline Minard)

Je ne vais pas avoir grand chose à raconter sur ce livre car… je l’ai abandonné. Je m’ennuyais pas mal durant ma lecture et après m’être spoilée volontairement, j’ai bien vu que je n’allais pas obtenir un scénario plus intéressant pendant la seconde partie de ma lecture, que cela n’allait pas amener à grand chose. Et après une lecture déplaisante, j’avoue que je n’avais pas la patience ni la force de me forcer à aller plus loin. Si vous l’avez lu, dîtes-moi ce que vous en avez pensé car je ne compte pas le reprendre un jour.

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TAG – Liebster Award #2

Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ? Les TAG se font rares, mais pas que sur mon blog, j’en vois de plus en plus rarement sur la blogosphère, même si ça se fait encore.

Celui-ci, je l’ai déjà fait, mais bon, on m’a encore tagué pour de nouvelles questions, et comme c’est Babitty Lapina, je veux bien le refaire. Bien sûr, des personnes seront taguées à la fin.

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– Si tu pouvais faire ce que tu voulais sur ton blog (au-delà de contraintes de temps, financières, etc.), qu’est-ce que tu ferais ?

Je pense que je chercherai davantage de sujets à pouvoir développer, à l’instar de cet article. J’ai l’impression de manquer d’imagination, de réagir à cause de coups de gueule, j’aimerais avoir une idée en étant plus apaisée, mais je ne sais pas quoi, vous le saurez sûrement en temps et en heure. J’ai l’impression que tout a déjà été fait et je ne veux pas passer pour une copieuse. Et aussi, j’aimerais lire encore plus pour proposer plus de chroniques alors que j’ai déjà du temps libre, jamais contente.

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Être en « retard » niveau lectures

Je n’ai pas mis les guillemets à « retard » pour rien dans le titre. Tout est une question de perception, d’opinion. Je ne généralise pas mon expérience, mais elle me fait me poser des questions et est très certainement la raison pour laquelle je suis aussi ouverte aux lectures des autres (et que je ne vais pas dire à quelqu’un sur son Curious Cat qu’il devrait avoir des lectures plus exigeantes… Bon ok, j’arrête).

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Benczue Gyula, Woman reading in a forest

C’est un peu compliqué d’expliquer mon raisonnement sans parler de mon parcours de lectrice, de ce que j’ai lu. Si vous avez lu ma série d’articles sur les livres qui ont marqué ma vie (durant l’enfance, l’adolescence et la vie adulte), vous vous doutez déjà de ce que je vais y dire, mais je vais essayer de structurer ça en quelques paragraphes et de rajouter quelques points sur ma vie personnelle.

Qu’ai-je lu dans ma vie ?

Je sais que j’impressionne certaines personnes parce que je lis des essais, mais il ne faut vraiment pas ! Ce n’était pas parti pour en plus.

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Reclaim, recueil de textes écoféministes, d’Emilie Hache – les livres féministes #16

reclaim-écoféminisme-coverCe livre aura été exigeant à lire. Pas forcément compliqué (à part un-deux textes), mais clairement, ce ne sera pas une promenade de santé pour quiconque n’est pas habitué à ce type de lectures.

Je ne sais pas vous, mais j’avais une image assez négative de l’écoféminisme. Ce livre a un peu nuancé la chose, tout de même.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’écoféminisme ? La définition même de ce qu’on en sait est trompeuse. Grosso modo, comme on le sait souvent, c’est la lutte contre l’oppression patriarcale mais aussi celle contre l’oppression de la nature. Pourquoi spécifiquement l’écoféminisme alors que la destruction de la nature concerne tout le monde ? A cause de ce parallèle qui entretient encore son trou à l’heure actuelle pour justifier les deux oppressions : femme = nature, homme = culture, culture > nature, donc les hommes sont supérieurs aux femmes. Logique implacable, mais fausse.

Tout de suite, une accusation peut vous venir en tête : celle de l’essentialisation. Elle m’est venue (et est toujours présente) dans le cadre de la transidentité. Dire que femme = vagin, euh… C’est ce qu’on appelle la transphobie ? De plus, par rapport à ce que j’ai pu lire, l’écoféminisme n’est pas obligé d’être transphobe s’il adapte son raisonnement. Mais je n’ai rien trouvé de cela au fil des textes présents dans ce recueil (on y trouve des autrices comme Starhawk, Susan Griffin, Ynestra King…). Textes essentiellement américains à l’exception de l’Indienne Vandana Shiva, mais comme l’écoféminisme était très actif aux Etats-Unis durant les années 80, on y trouve essentiellement des textes d’autrices américaines.

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