Le mois américain

Salut ! Vous savez que je ne suis pas très attirée par la littérature américaine en temps normal, même si j’en lis parce qu’on voit les livres de ces auteurs partouuut, alors difficile d’y échapper, mais je ne vais pas forcément m’y pencher de moi-même.

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J’ai décidé d’y consacrer un mois, celui de juin, afin de combler mes lacunes et d’avancer dans la littérature américaine présente dans ma PAL (enfin !).

La liste que je vais donner ne signifie pas que je lirai tout, elle montre juste les bouquins que je pourrai lire. Il y en a juste deux qui sont un peu des « obligations » on va dire.

La lecture commune

tous-les-hommes-du-roi-coverTous les hommes du roi (Robert Penn Warren)

Lecture commune avec Anaïs de La page qui marque ! On va lire ce pavé, qui est bien alléchant de par sa quatrième de couverture, mais je vous avoue que je n’en sais pas plus. Première lecture d’un livre de la maison d’édition Toussaint Louverture, connu pour ses publications de qualité et ses très bons visuels de couverture.

Le livre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres

la-tache-roth-coverLa tache (Philip Roth)

Donné à lire par la même personne avec qui je ferai la lecture commune, sachez que j’ai deux à priori négatifs pour ce livre. Le premier, tout personnel, concerne l’auteur dont j’ai peu apprécié les interviews que j’ai vu de lui (il ne m’a pas passionnée et je me méfie aussi un peu de lui). Le deuxième, c’est à cause de ma soeur : elle pense que je n’aimerais pas le livre, ou dans le meilleur des cas, que je ne l’apprécierais pas plus que ça (elle connaît bien mes goûts, alors cette affirmation me fait un peu suer). C’est quand même l’auteur préféré d’Anaïs, alors j’aimerais bien aimer un minimum.

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Mon rapport à la poésie

Dans cet article, je vais parler d’un blocage qui est sûrement partagé par beaucoup vu que la poésie est peu lue aujourd’hui.

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Claude Monet, Son Jardin à Giverny.

Je ne sais pas si vous avez écouté les deux podcasts d’Antastesia sur la poésie, mais le deuxième m’a fait me poser des questions. Ai-je vraiment un rapport conflictuel à la poésie du fait que je détestais l’étudier en cours auparavant (collège, lycée) ? Je pense que oui car ça m’a laissé un souvenir marquant et j’ai bel et bien mes raisons pour cela, sans compter que je déteste la lecture à voix haute. Mais ces podcasts m’ont fait me poser des questions plus clairement. Avant, ces questions m’effleuraient simplement l’esprit, mais je ne m’y attardais pas dessus, ce qui fait qu’elles s’envolaient vers le monde de mes pensées que je n’ai jamais attrapées, une sorte d’oubliette. (très courant chez moi, ça)

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Crépuscule du tourment, de Léonora Miano

crépuscule-du-tourment-coverQuatrième de couverture

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

Critique

Un coup de coeur magistral !

Qu’est-ce qu’il est beau, ce roman ! J’ai été très émue. Mais commençons par le commencement. Léonora Miano, écrivaine camerounaise, nous retrace la parole de quatre femmes liées à un homme (tous cis), Dio, passant chacune leur tour dans cet ordre : sa mère, l’amour de sa vie, la femme qui vit avec lui, et sa soeur. Chacune raconte leur rapport à cet homme, qui se trouve présent tout en ayant pas la parole, mais pas que. Elle se racontent, elles. Et n’ayant que très peu lu ce genre de récits où, non, l’homme n’est pas universel, j’avoue que ça m’a foutu une claque ce ressenti brut.

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Bilan lectures #26 – avril 2019

Salut ! Comme vous l’avez remarqué, j’ai été complètement absente ce mois-ci, j’ai été trois semaines malade et je suis allée une semaine chez ma soeur. (comment ça, on est allées à la librairie ? Je ne vois pas de quoi vous parlez) Je n’ai pas autant lu que je ne l’aurais voulu, j’ai avancé dans aucun projet par ailleurs.

bilan-lectures-avrilMalgré tout, en ce début de mois, à défaut d’avoir un cerveau opérationnel, j’ai quand même pris une décision rationnelle : j’ai enfin abandonné Questions de sociologie de Pierre Bourdieu. Pas que je ne le lirai plus jamais le monsieur (pas comme si j’avais trois autres livres de lui dans ma PAL…) mais celui-ci est complètement hors de ma portée et je me voilais la face en me disant que j’allais le continuer un jour. Mais soyons clairs, je n’en ai pas très envie et j’avais déjà eu beaucoup de mal à en lire la moitié. C’est un livre spécialisé sur des questions de sociologie comme vous l’avez compris, et si on ne connaît pas du tout ce domaine, on peut vite se sentir perdu et ne rien comprendre. Du coup, voilà, c’est enfin officiel dans ma tête. (je vous conseille La domination masculine de cet auteur, bien que ce ne soit pas forcément le livre sur la question le plus accessible de tous, aha)

Passons à mes lectures du mois que je n’ai pas abandonné, même si ça a été assez dur d’avancer les deux premières semaines du mois, au point d’en avoir lu qu’un seul durant cette période.

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Bilan lectures #25 – mars 2019

Ce mois-ci, j’ai encore lu de façon assez diversifiée. Romans, essais, mangas, et même une biographie !

Ma première chronique du mois concerne un livre lu le mois dernier sur l’entraide (j’étais grave à la bourre) : lire la chronique

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une-bouche-sans-personne-coverUne bouche sans personne (Gilles Marchand) Lire la chronique

Bravo à l’auteur qui me fait aimer un récit que je n’ai pas trop l’habitude d’apprécier. (plutôt le contraire, même) Il réussit l’exploit d’être juste et drôle, touchant comme il faut. Lecture commune avec Une vie, des livres.

le-syndrome-de-l'autruche-coverLe syndrome de l’autruche (George Marshall) Lire la chronique

Un essai qui m’a fait grogner, transpirer, mais un essai intéressant tout de même. Si vous voulez connaître certains mécanismes qui nous font ignorer le changement climatique… Cet essai est pour vous.

ce-qu'il-reste-de-nos-rêves-coverCe qu’il reste de nos rêves (Flore Vasseur) Lire la chronique

Vous connaissez Aaron Swartz ? Moi, avant cette lecture, juste de nom. Grand défenseur de notre accès gratuit au savoir, l’autrice nous offre une biographie touchante sur cette homme méconnu, et probablement mal connu.

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Les femmes et le pouvoir, de Mary Beard – les livres féministes #14

les-femmes-et-le-pouvoir-coverCeci est un petit livre, donc vous aurez une petite chronique. Mais c’est un livre très intéressant, qui remonte à la grande période grecque et romaine. Le pouvoir masculin qui entraîne la soumission féminine, et aussi l’incongruité et l’inexistence du pouvoir féminin, ça ne date pas d’hier.

Mary Beard est une universitaire britannique travaillant à l’université de Cambridge où elle est professeur d’humanités ainsi que professeur de littérature ancienne. Elle est connue dans son pays pour être l’une des grandes personnalités féministes du Royaume-Uni. Elle a connu le succès avec S.P.Q.R., un livre qui retrace l’histoire de l’ancienne Rome, de sa fondation à sa chute.

Personnellement, je n’ai rien lu d’elle et n’en avait jamais entendu parler jusqu’à ce que ce livre fasse parler de lui. (si vous êtes dans les cercles féministes, la couverture vous dit au moins quelque chose)

Ce livre est très court, il recense deux conférences de l’autrice, « La voix publique des femmes » et « Les femmes et le pouvoir ». Elle va démontrer comment les femmes sont toujours tenues à l’écart du pouvoir dans notre monde contemporain mais aussi que ça date de bien plus longtemps que ça (la fameuse période grecque et romaine) et que les réflexes et structures s’inspirent toujours d’aussi loin pour faire comprendre aux femmes qu’elles doivent fermer la bouche, que leur parole n’est pas crédible et, par définition, moins valorisée et valorisante que celle d’un homme.

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Ce qu’il reste de nos rêves, de Flore Vasseur

ce-qu'il-reste-de-nos-rêves-coverQuatrième de couverture

Brillant programmeur à la vision politique acérée, pour les pionniers du web, Aaron Swartz est un génie, pour les progressistes un sauveur, pour les autorités américaines, l’homme à broyer. Internet, miroir aux alouettes dans lequel l’humanité se noiera, doit rester un outil de contrôle des populations. Il faut arrêter Aaron.
Pris en tenaille sur Lee Street, il tombe de vélo, se retrouve couché sur le capot, mains dans le dos, ferré comme un criminel. Le gouvernement dégaine l’arme nucléaire : trente-cinq ans de prison, un million d’amende, l’interdiction de toucher à un ordinateur à vie. Aaron refuse toute négociation, veut un procès, laver son honneur et exposer l’injustice. Il est retrouvé pendu dans sa chambre à Brooklyn, à quelques semaines de l’ouverture de son procès, le 11 janvier 2013.

Critique

Ceci est une biographie d’Aaron Swartz, programmeur surdoué et activiste. Activiste de quoi ? De la liberté de création et de diffusion sur Internet, qu’il voulait sans aucune trace du commerce et de sa volonté de faire du chiffre partout. Sans corruption, qui a souvent pour but l’argent. Aaron Swartz n’était pas qu’un nerd, comme je l’avais beaucoup entendu dire, c’était aussi et surtout un très grand idéaliste, et parfois sur des sujets autres qu’Internet (je songe notamment à l’éducation).

Je n’ai pas l’habitude de lire des biographies, ceci dit, celle-ci a tout de même un air particulier. Normalement, une biographie est supposée être neutre, n’être qu’une accumulation de faits. Celle que j’avais lu sur Albert Camus l’était. Celle-là est dans une forme différente.

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Une bouche sans personne, de Gilles Marchand

une-bouche-sans-personne-coverQuatrième de couverture

Un homme vient tous les soirs dans le même bar pour y retrouver ses amis. Personne ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il cache une cicatrice derrière son écharpe. Lorsqu’un jour, il décide de raconter son douloureux passé, la fantaisie prend le relais et nous emmène à la rencontre d’une galerie de personnages improbables : un éléphant dégonflé, une mouche qui danse, un voisin spéléologue, un trapéziste, un orchestre tzigane. Pourquoi ces détours et ce besoin d’imaginaire ? Que cachent cette écharpe et cette cicatrice ? Un premier roman pudique, poétique, humain, amical, drôle et douloureux aussi, servi par une plume allègre et ciselée.

Critique

Merci à Une vie, des livres pour la lecture commune ! On est à peu près sur la même longueur d’ondes pour ce livre, mais je vous conseille quand même d’aller lire sa chronique.

Encore une fois, Gilles Marchand me fait apprécier la lecture du genre de récits qui m’ennuie d’habitude et dont je me méfie comme de la peste. Avec lui, je crois qu’il n’y a pas besoin de prendre cette précaution !

On suit l’histoire du narrateur, un homme, qui va tous les soirs rejoindre Sam, Thomas et Lisa, la tenante du bar, et qui, il s’en rend compte durant un accident, sont devenus ses amis au fil des années. En effet, celui-ci porte toujours une écharpe, et d’habitude, on lui pose des tas de questions indiscrètes, on le juge, bref, il a fini par cacher cette cicatrice, sa différence et son histoire. Eux ne l’ont jamais vraiment embêté avec ça, ne faisant que discuter vite fait et jouer à la belote, mais un soir, il renverse du café sur son écharpe, qui devient trempée, et la soirée s’écourte ainsi car il doit rentrer chez lui, il ne peut pas rester ainsi et ne veut pas la dévoiler. Mais cette fois-ci, ils insistent un peu… Ne sont-ils pas amis après tout ?

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Le syndrome de l’autruche, de George Marshall

Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique

le-syndrome-de-l'autruche-coverQuatrième de couverture

Dans cet essai, le sociologue et philosophe américain George Marshall propose une nouvelle approche à l’une des plus épineuses questions de notre temps : alors que le réchauffement climatique se manifeste par un nombre croissant de signaux, comment se fait-il que nous puissions encore ignorer son impact sur notre planète ? Il a découvert que nos valeurs, nos opinions, nos préjugés ont leur vie propre. Par le biais d’histoires vécues et sur la base de longues années de recherches, Marshall soutient que ce qui nous amène à nier notre responsabilité dans les changements climatiques repose sur la manière dont nos cerveaux sont formatés. Après avoir assimilé ce qui stimule et menace notre intellect et nos motivations, l’auteur nous amène à envisager le changement climatique comme un problème soluble.

Critique

La problématique, vous l’avez compris, c’est pourquoi on ignore encore le changement climatique comme s’il n’existait pas alors que des tas d’études scientifiques prouvent le contraire ? Ce livre, je tournais autour depuis quelques mois sans l’acheter. J’avais peur d’être déçue (pouvons-nous aussi parler du prix des livres Actes Sud ?) et de regretter cet achat. Finalement, j’ai craqué et si je ne regrette pas cette lecture, je comprends un peu mieux mon hésitation.

Ça n’a pas été un livre agréable à lire. J’ai été de nombreuses fois en colère, je l’ai aussi trouvé à de nombreuses reprises intéressant. Bref, des sentiments parfois mitigés. Mais du coup, ce livre m’a fait m’interroger sur moi-même et ma conception du monde. Je ne me considère pas écolo mais je réagis souvent comme eux, me confrontant donc à l’incompréhension face aux opinions opposées. C’est un peu ce que reproche l’essai parfois. A raison ou à tort ? C’est la question que je me pose encore, bien que je penche plus pour la première réponse que la deuxième aujourd’hui.

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L’entraide, l’autre loi de la jungle, de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle

l'entraide-autre-loi-jungle-coverQuatrième de couverture

Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide… Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus. Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre tendance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internationale pour ralentir le réchauffement climatique ? A travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthropologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un immense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».

Critique

Ce livre n’a pas été une claque, plutôt une confirmation de ce que je ressentais. On nous fait tout un foin autour de la compétition, valeur sur laquelle est basée notre société, mais ce n’est qu’une (petite) composante de la nature. On oublie beaucoup trop opportunément l’entraide, qui elle, est carrément la valeur qui nous a permis d’en être là où on est aujourd’hui ! (enfin, liée avec le fait qu’on se raconte des histoires, qui, quand elles sont communes, font que l’entraide est très puissante) Je l’avais déjà lu autre part (notamment dans Sapiens) mais sans jamais rentrer dans les détails.

Ce livre se base essentiellement sur des faits qui ont été prouvés scientifiquement, et parfois historiquement. Voilà qui va en boucher un coin à certains ! L’anthropologie, l’éthologie et la psychologie, entre autres, seront à l’honneur.

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