Les Somnambules, de Hermann Broch

les-somnambules-coverQuatrième de couverture

Les Somnambules est le premier tome d’une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l’Allemagne impériale à l’effondrement de 1918. L’écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXe siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. « L’Histoire a détruit l’Europe centrale. Le grand roman de l’Europe centrale a détrôné l’Histoire. » Milan Kundera.

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

Je… n’ai pas tout compris.

Ce roman comporte trois histoires, dans lesquelles l’auteur nous parle de la dégradation des valeurs en comparant trois époques différentes : Pasenow ou le romantisme (1888), Esch ou l’anarchie (1903) et Huguenau ou le réalisme (1918). Il m’a fallu atteindre la troisième histoire pour commencer à voir où l’auteur voulait en venir, donc armez-vous de patience durant cette lecture. D’ailleurs, je ne conseille pas cette dernière à tout le monde, j’y reviendrai plus tard en détails.

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La supplication, de Svetlana Alexievitch

la-supplication-coverQuatrième de couverture

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :
– Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! »
Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale nucléaire ?
Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’évènement prend alors une toute autre dimension.
Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

Critique

Je crois que certains se sont souvenus de mon choc à la lecture d’un livre de la même autrice, La fin de l’homme rouge. On se trouve au même niveau avec celui-ci.

On parle donc des victimes de Tchernobyl en Biélorussie. Ou plutôt, on les laisse parler, 10 ans après cette catastrophe. Les voix des victimes de Tchernobyl qu’on n’entend jamais.

L’autrice a donc choisi d’explorer les conséquences humaines de cette catastrophe. On a eu des chiffres, des faits, mais les victimes ? Oubliées, niées, méprisées. On ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé pour ces personnes, et vu comment, à l’époque, on a essayé de faire croire que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière de la France (LOL), autant vous dire que des choses se sont sûrement dîtes sans savoir vraiment. Déformées, surtout silenciées.

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La Fin de l’homme rouge, de Svetlana Alexievitch

la-fin-de-l'homme-rouge-coverEncore une fois, je ne vais pas mettre de quatrième de couverture car celle-ci est vraiment beaucoup trop longue.

J’ai commencé ce livre suite au #BookChallengeNobel sur Twitter, mais je l’aurais certainement lu plus tard. L’autrice a parcouru l’ancienne URSS (la Russie et d’anciens pays soviétiques) pour récolter des témoignages de personnes ayant vécu l’effondrement du communisme, et donc de l’empire soviétique. (avec l’aide d’un magnétophone, d’un carnet et d’un stylo) On appelle ça une forme polyphonique, c’est-à-dire la multiplicité des narrations.

On y trouve des témoignages très différents : des gens pauvres, des personnes encore plus pauvres, mais aussi des individus plus aisés, des femmes, des hommes, jeunes ou âgés. Ils n’ont pas tous le même vécu, pas tous la même vision des choses, ni de la perestroïka, l’ensemble des réformes sociales et économiques conduites par Gorbatchev à la fin des années 80.

Je ne sais pas pour vous, mais l’effondrement de l’URSS en 1991, on nous l’a vraiment vendu comme quelque chose de positif des deux côtés durant les cours d’histoire, avec des photos de gens fêtant leur nouvelle liberté et que c’était un bienfait pour tout le monde. C’était effectivement le cas… pour deux témoignages dans ce livre. Le reste est plutôt partagé sur la question, certains regrettent même le régime soviétique…

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Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ?, de Frans de Waal

intelligence-des-animaux-coverQuatrième de couverture

Qu’est-ce qui distingue votre esprit de celui d’un animal ? Vous vous dites peut-être : la capacité de concevoir des outils ou la conscience de soi – pour citer des traits qui ont longtemps servi à nous définir comme l’espèce dominante de la planète.

Dirons-nous que nous sommes plus stupides qu’un écureuil parce que nous sommes moins aptes à nous souvenir des caches de centaines de glands enterrés ? Ou que nous avons une perception de notre environnement plus fine qu’une chauve-souris dotée de l’écholocalisation ?

De Waal retrace l’ascension et la chute de la vision mécaniste des animaux et ouvre notre esprit à l’idée d’un esprit animal bien plus raffiné et complexe que nous ne l’imaginions…

Critique

Ne vous fiez pas au titre volontairement provocateur, le contenu de ce livre est bien plus intelligent et bien moins manichéen. Les animaux ont besoin d’être défendus car tout est fait par une certaine frange de scientifiques et par des croyances opportunistes de la part de gens lambda pour faire croire que les animaux sont stupides.

A la question du titre, l’auteur répond par « non » dès l’introduction. Et il a raison, on est clairement en capacité de comprendre l’intelligence des animaux. Ma question serait plutôt : veut-on réellement la comprendre ? Et c’est là que le bât blesse. Frans de Waal nous raconte les progressions de l’éthologie (en gros, ils étudient le comportement des animaux (nous inclus) grâce à des méthodes qui prennent en compte leurs spécificités biologiques) mais aussi ses obstacles, et dieu sait qu’ils sont nombreux !

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Lettre d’une inconnue, de Stefan Zweig

lettre-d'une-inconnue-zweig-coverQuatrième de couverture

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. Avec Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore l’analyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant d’une profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolue, sans concession, si pure qu’elle touche au sublime.

Critique

L’édition en image plus haut n’est pas celle que je possède et le contenu, en plus de la nouvelle Lettre d’une inconnue, est différent de celui qui est proposé. (mais je peux me tromper) Au sein de l’ouvrage, on trouve donc Lettre d’une inconnue mais aussi La Femme et le paysage, La Nuit fantastique ainsi que La Ruelle au clair de lune. Et ce n’est donc pas seulement la nouvelle dont le livre porte le nom dont je vais traiter, mais l’ensemble des écrits présentés.

Je ne connaissais donc pas Stefan Zweig et j’avais trouvé dans une édition de Le Grand Livre du Mois Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ainsi que Lettre d’une inconnue dans un Emmaüs. Je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir cet auteur à peu de frais. #teamradin

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