La chambre de Giovanni, de James Baldwin

la-chambre-de-giovanni-coverQuatrième de couverture

Dans le Paris de l’après-guerre, David, un jeune Américain, s’éprend de Giovanni tandis que sa fiancée est en Espagne. La sincérité et l’audace avec lesquelles James Baldwin décrit le trouble émotionnel de David, déchiré entre Giovanni et Hella, font de ce livre un classique. Publié en 1956 aux Etats-Unis, La Chambre de Giovanni est un récit bouleversant sur la confrontation culturelle, l’identité sexuelle et l’amour.

Critique

J’aimerais vous dire que cette lecture a été faite dans le cadre du mois des fiertés, mais j’ai pas fait exprès…

C’est l’histoire de David, un Américain présent à Paris dans les années 50, qui attend le retour de Hella, sa petite amie, en voyage en Espagne. Si vous voulez mon avis, il a des contacts louches (et avec des moyens financiers) mais qui lui permettront de rencontrer Giovanni, un serveur originaire d’Italie. Ils vont finir par se rapprocher assez rapidement, tomber amoureux l’un de l’autre et habiter ensemble.

Ce livre est sorti en 1956, alors je vous laisse imaginer l’état du sujet de l’homosexualité à l’époque. Celui-ci va d’ailleurs tourmenter David dans sa relation avec Giovanni. En effet, il n’assumera pas du tout sa relation charnelle avec lui, ni même son amour pour lui… qu’il ne réalisera que bien plus tard. Seulement, cela aura déjà amené à une tragédie…

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Tous les hommes du roi, de Robert Penn Warren

tous-les-hommes-du-roi-coverQuatrième de couverture

Années trente, alors que dans la chaleur du Sud, ses ennemis manœuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, «l’enfant humilié» devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de découvrir la vérité, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose à déterrer ». Mais déjà le Temps agit, les trahisons du passé dessinent celles futur et tous les hommes du roi montent sur scène pour la tragédie à venir. De l’angélique Anne Stanton à la diablesse Sadie Burke, en passant par Adam l’esthète et Sugar Boy le porte-flingue, chacun jouera son rôle dans ce magistral roman à l’écriture époustouflante, qui de la vie donne son image la plus juste et poignante : celle de la fragilité.

Critique

Je ricane un peu car la quatrième de couverture vous laisse imaginer comment le scénario peut se dérouler… mais vous aurez probablement tort. On s’imagine qu’il va y avoir de l’action… mais pas de la manière que vous croyez ni décrit de la façon que vous imaginez. Est-ce que ça fonctionne quand même ? Complètement !

Ça commence comme un simple récit fictionnel politique dans les années 30 dans le Sud des Etats-Unis, à part que c’est bien plus que ça. Mais avant de parler des autres aspects du roman, on va se concentrer sur celui-là pour le moment.

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Le Gang de la clef à molette, d’Edward Abbey

gang-de-la-clef-à-molette-coverQuatrième de couverture

Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la  » Machine « .

Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon, nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molettes -et de dynamite- nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite.

Commence alors une longue traque dans le désert.
Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l’Ouest américain.

Critique

Allez hop, premier coup de cœur de l’année côté romans.

Ce livre n’est pas exempt de défauts, mais j’ai adoré le lire. Comme vous l’avez compris, nous sommes dans le Sud-Ouest américain sauvage… J’ai dit « sauvage » ? Pas vraiment, les industriels se sont déjà pointés : ponts, routes, barrages en veux-tu en voilà. Le voilà le principal problème et qui va faire bouger nos quatre protagonistes. Ces derniers sont contre la destruction de la nature et voudraient empêcher ça de continuer inlassablement.

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Les Somnambules, de Hermann Broch

les-somnambules-coverQuatrième de couverture

Les Somnambules est le premier tome d’une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l’Allemagne impériale à l’effondrement de 1918. L’écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXe siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. « L’Histoire a détruit l’Europe centrale. Le grand roman de l’Europe centrale a détrôné l’Histoire. » Milan Kundera.

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

Je… n’ai pas tout compris.

Ce roman comporte trois histoires, dans lesquelles l’auteur nous parle de la dégradation des valeurs en comparant trois époques différentes : Pasenow ou le romantisme (1888), Esch ou l’anarchie (1903) et Huguenau ou le réalisme (1918). Il m’a fallu atteindre la troisième histoire pour commencer à voir où l’auteur voulait en venir, donc armez-vous de patience durant cette lecture. D’ailleurs, je ne conseille pas cette dernière à tout le monde, j’y reviendrai plus tard en détails.

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La promesse de l’aube, de Romain Gary

promesse-aube-coverQuatrième de couverture

– Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.

Mais alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :

– Alors, tu as honte de ta vieille mère ?

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du mois relecture.

Si ma dernière relecture avant ce livre a été quelque peu décevante, celle-ci fut au contraire un enchantement !

Vous avez tous forcément entendu parler de Romain Gary, de ses deux prix Goncourt (alors que, logiquement, il n’aurait dû en avoir qu’un – je vous conseille de vous intéresser à cette petite entourloupe involontaire) et peut-être même de sa vie un peu dramatique.

La promesse de l’aube est une autobiographie de sa jeunesse. Étant né en Lituanie (la Russie à l’époque), il a grandi en Pologne, avant d’atterrir à Nice, en France. Sa vie fut assez remarquable, en raison d’un élément pas commode mais qui a su déplacer des montagnes pour son fils bien-aimé : sa mère.

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La Chute, d’Albert Camus

la-chute-camus-coverQuatrième de couverture

« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. […] J’avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j’entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d’un corps qui s’abat sur l’eau. Je m’arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j’entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s’éteignit brusquement. »

Critique

Aaah, c’est comme pour L’Étranger, ça vous intrigue cette quatrième de couverture ? Hé bien contrairement à celui-ci, vous allez assez vite l’oublier pour vous plonger dans la lecture. Le narrateur et personnage principal aura tôt fait de vous distraire, car sa personnalité et ses propos vous surprendront (et vous exaspèreront sûrement) dès le début.

Ce n’est pas une lecture facile à aborder. Je l’ai lu à un moment où je n’étais pas bien dans ma vie et ça a été un véritable choc pour moi. Pas que ça aille mieux aujourd’hui mais j’ai plus de recul. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le relire le mois dernier. Oui, je ne l’avais lu qu’une fois, n’osant pas me replonger dans un tel récit. Je vous conseille donc de ne pas le lire si vous vous sentez au fond du trou, conseil d’ami.

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L’Assommoir, d’Emile Zola

assommoir-zola-coverQuatrième de couverture

Qu’est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd’hui encore? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d’Or version Second Empire? L’existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s’expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l’intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers « assommoirs » – un accident de travail, l’alcool, les « autres », la faim – ont finalement raison d’elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L’Assommoir, cette « passion de Gervaise », cet étonnant chef-d’oeuvre, avec des yeux neufs.

Critique

Encore une fois, Zola a prouvé qu’il était LE maître. Bien que j’ai été moins emballée que pour Germinal (qui restera un de mes livres préférés pour un long moment), L’Assommoir est une preuve de son travail gigantesque et de son talent d’écriture.

Nous suivons donc Gervaise, une blanchisseuse, qui s’est enfui de chez elle avec son amant de l’époque, Gustave Lantier, dont elle a deux enfants. Ils emménagent ensemble à Paris dans un petit appartement dans un immeuble miteux et la vie n’est pas joyeuse. Ils ont des difficultés à joindre les deux bouts, sans compter que le mari est un bon à rien qui court les autres femmes. Il finira d’ailleurs par partir avec une autre donzelle, laissant Gervaise seule avec leurs deux enfants. (dont un certain Etienne Lantier, personnage principal de Germinal – Claude sera aussi au coeur d’un autre roman, L’Oeuvre)

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De sang-froid, de Truman Capote

de-sang-froid-coverQuatrième de couverture

« Il était midi au coeur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l’harmonica. Dick était debout au bord d’une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l’intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d’entre eux ne s’arrêtait pour les auto-stoppeurs… Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l’argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert. »

Critique

Celui-là ne fut pas une mince affaire ! Quand je me suis rendue compte que je m’étais ennuyée pendant 300 pages, ça m’a rappelé un des autres livres du mois spécial polar/thriller qui ne m’avait pas forcément convaincu par la suite. J’avais donc très peur de subir un bis repetita avec ce roman aussi. C’est aussi ce fait qui m’empêche de le considérer comme un très bon livre à titre personnel. Forcément, s’ennuyer pendant une grosse partie du livre, ça n’aide pas à voir ce livre d’un très bon oeil, malgré l’appréciation de la suite. Mais d’abord, rappelons le contexte de ce livre.

Truman Capote, qui publia De sang-froid en 1966, s’est basé sur un fait divers qui fit grand bruit à l’époque aux États-Unis. En 1959, à Holcomb (Kansas), dans un milieu rural, deux jeunes tuent sans mobile apparent une famille de quatre membres, dont le père est un fermier assez aisé. L’auteur s’y est intéressé et a fait de multiples recherches sur cet évènement, ce qui l’a ensuite mené à ce roman. (genre qui sera appelé true crime)

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Si Beale Street pouvait parler, de James Baldwin

beale-street-coverQuatrième de couverture

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir.
Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d’avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu’attendre, portés par leur amour, un amour qui transcende le désespoir, la colère et la haine. Ce roman charmant, malgré sa violence pas toujours contenue, a le goût doux-amer des blues tant aimés de James Baldwin qui se montre ici égal à son prodigieux talent.

Critique

J’ai un peu la pression. Je ne sais pas si j’arriverais à retranscrire précisément ce que ce livre m’a fait ressentir. Pas que ce soit un des meilleurs livres de tous les temps, mais je comprends pourquoi on dit que James Baldwin a été un talent oublié – parce qu’indéniablement, il avait du talent. Je comprends pourquoi Toni Morrison a dit que James Baldwin était sa source d’inspiration. D’ailleurs, ça se voit. D’ailleurs, l’élève a dépassé le maître, mais ça, c’est encore autre chose.

Si vous avez lu le résumé, l’histoire peut sembler extraordinairement banale. Vue et revue. J’avais d’ailleurs un peu tiqué quand j’avais vu qu’il y avait une romance dans cette histoire, mais voulant absolument découvrir cet auteur, je n’avais pas trop rechigné en le prenant. Je n’avais d’ailleurs pas le choix, c’était le seul livre de l’auteur qui était disponible à ce moment-là dans ma librairie.

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La servante écarlate, de Margaret Atwood

la-servante-écarlate-coverQuatrième de couverture

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Critique

Oui, oui, oui, je sais ce que vous vous dîtes : « Encore un article sur ce livre, ça commence à bien faire… », oui, bah je l’avais dans ma PAL bien avant que la série ne soit diffusée, alors ça va, hein ! (Livraddict me dit que je l’ai rajouté dans ma bibliothèque le 8 février 2017, c’est une preuve !)

Bref, de toute façon, je me devais de le lire.

On suit l’histoire de Defred (ce n’est pas son vrai nom et on ne le connaîtra d’ailleurs jamais), nom qui signifie qu’elle appartient à un dénommé Fred (« de Fred », donc, Of(/)fred dans la version originale), effaçant toute appartenance individuelle à elle-même, remplaçant son identité par une appartenance collective… Nom qui peut changer selon son propriétaire, car elle n’est peut-être pas destiné à appartenir au même maître sans arrêt. Mais quel est donc ce monde où une femme peut appartenir à un maître comme une esclave ?

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