Ce qu’il reste de nos rêves, de Flore Vasseur

ce-qu'il-reste-de-nos-rêves-coverQuatrième de couverture

Brillant programmeur à la vision politique acérée, pour les pionniers du web, Aaron Swartz est un génie, pour les progressistes un sauveur, pour les autorités américaines, l’homme à broyer. Internet, miroir aux alouettes dans lequel l’humanité se noiera, doit rester un outil de contrôle des populations. Il faut arrêter Aaron.
Pris en tenaille sur Lee Street, il tombe de vélo, se retrouve couché sur le capot, mains dans le dos, ferré comme un criminel. Le gouvernement dégaine l’arme nucléaire : trente-cinq ans de prison, un million d’amende, l’interdiction de toucher à un ordinateur à vie. Aaron refuse toute négociation, veut un procès, laver son honneur et exposer l’injustice. Il est retrouvé pendu dans sa chambre à Brooklyn, à quelques semaines de l’ouverture de son procès, le 11 janvier 2013.

Critique

Ceci est une biographie d’Aaron Swartz, programmeur surdoué et activiste. Activiste de quoi ? De la liberté de création et de diffusion sur Internet, qu’il voulait sans aucune trace du commerce et de sa volonté de faire du chiffre partout. Sans corruption, qui a souvent pour but l’argent. Aaron Swartz n’était pas qu’un nerd, comme je l’avais beaucoup entendu dire, c’était aussi et surtout un très grand idéaliste, et parfois sur des sujets autres qu’Internet (je songe notamment à l’éducation).

Je n’ai pas l’habitude de lire des biographies, ceci dit, celle-ci a tout de même un air particulier. Normalement, une biographie est supposée être neutre, n’être qu’une accumulation de faits. Celle que j’avais lu sur Albert Camus l’était. Celle-là est dans une forme différente.

Lire la suite

Publicités

Une bouche sans personne, de Gilles Marchand

une-bouche-sans-personne-coverQuatrième de couverture

Un homme vient tous les soirs dans le même bar pour y retrouver ses amis. Personne ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il cache une cicatrice derrière son écharpe. Lorsqu’un jour, il décide de raconter son douloureux passé, la fantaisie prend le relais et nous emmène à la rencontre d’une galerie de personnages improbables : un éléphant dégonflé, une mouche qui danse, un voisin spéléologue, un trapéziste, un orchestre tzigane. Pourquoi ces détours et ce besoin d’imaginaire ? Que cachent cette écharpe et cette cicatrice ? Un premier roman pudique, poétique, humain, amical, drôle et douloureux aussi, servi par une plume allègre et ciselée.

Critique

Merci à Une vie, des livres pour la lecture commune ! On est à peu près sur la même longueur d’ondes pour ce livre, mais je vous conseille quand même d’aller lire sa chronique.

Encore une fois, Gilles Marchand me fait apprécier la lecture du genre de récits qui m’ennuie d’habitude et dont je me méfie comme de la peste. Avec lui, je crois qu’il n’y a pas besoin de prendre cette précaution !

On suit l’histoire du narrateur, un homme, qui va tous les soirs rejoindre Sam, Thomas et Lisa, la tenante du bar, et qui, il s’en rend compte durant un accident, sont devenus ses amis au fil des années. En effet, celui-ci porte toujours une écharpe, et d’habitude, on lui pose des tas de questions indiscrètes, on le juge, bref, il a fini par cacher cette cicatrice, sa différence et son histoire. Eux ne l’ont jamais vraiment embêté avec ça, ne faisant que discuter vite fait et jouer à la belote, mais un soir, il renverse du café sur son écharpe, qui devient trempée, et la soirée s’écourte ainsi car il doit rentrer chez lui, il ne peut pas rester ainsi et ne veut pas la dévoiler. Mais cette fois-ci, ils insistent un peu… Ne sont-ils pas amis après tout ?

Lire la suite

Le syndrome de l’autruche, de George Marshall

Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique

le-syndrome-de-l'autruche-coverQuatrième de couverture

Dans cet essai, le sociologue et philosophe américain George Marshall propose une nouvelle approche à l’une des plus épineuses questions de notre temps : alors que le réchauffement climatique se manifeste par un nombre croissant de signaux, comment se fait-il que nous puissions encore ignorer son impact sur notre planète ? Il a découvert que nos valeurs, nos opinions, nos préjugés ont leur vie propre. Par le biais d’histoires vécues et sur la base de longues années de recherches, Marshall soutient que ce qui nous amène à nier notre responsabilité dans les changements climatiques repose sur la manière dont nos cerveaux sont formatés. Après avoir assimilé ce qui stimule et menace notre intellect et nos motivations, l’auteur nous amène à envisager le changement climatique comme un problème soluble.

Critique

La problématique, vous l’avez compris, c’est pourquoi on ignore encore le changement climatique comme s’il n’existait pas alors que des tas d’études scientifiques prouvent le contraire ? Ce livre, je tournais autour depuis quelques mois sans l’acheter. J’avais peur d’être déçue (pouvons-nous aussi parler du prix des livres Actes Sud ?) et de regretter cet achat. Finalement, j’ai craqué et si je ne regrette pas cette lecture, je comprends un peu mieux mon hésitation.

Ça n’a pas été un livre agréable à lire. J’ai été de nombreuses fois en colère, je l’ai aussi trouvé à de nombreuses reprises intéressant. Bref, des sentiments parfois mitigés. Mais du coup, ce livre m’a fait m’interroger sur moi-même et ma conception du monde. Je ne me considère pas écolo mais je réagis souvent comme eux, me confrontant donc à l’incompréhension face aux opinions opposées. C’est un peu ce que reproche l’essai parfois. A raison ou à tort ? C’est la question que je me pose encore, bien que je penche plus pour la première réponse que la deuxième aujourd’hui.

Lire la suite

L’entraide, l’autre loi de la jungle, de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle

l'entraide-autre-loi-jungle-coverQuatrième de couverture

Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide… Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus. Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre tendance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internationale pour ralentir le réchauffement climatique ? A travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthropologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un immense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».

Critique

Ce livre n’a pas été une claque, plutôt une confirmation de ce que je ressentais. On nous fait tout un foin autour de la compétition, valeur sur laquelle est basée notre société, mais ce n’est qu’une (petite) composante de la nature. On oublie beaucoup trop opportunément l’entraide, qui elle, est carrément la valeur qui nous a permis d’en être là où on est aujourd’hui ! (enfin, liée avec le fait qu’on se raconte des histoires, qui, quand elles sont communes, font que l’entraide est très puissante) Je l’avais déjà lu autre part (notamment dans Sapiens) mais sans jamais rentrer dans les détails.

Ce livre se base essentiellement sur des faits qui ont été prouvés scientifiquement, et parfois historiquement. Voilà qui va en boucher un coin à certains ! L’anthropologie, l’éthologie et la psychologie, entre autres, seront à l’honneur.

Lire la suite

Bilan lectures #24 – février 2019

Bonjour ! Heureuse de revenir ici car j’ai été assez ralentie par une migraine inexplicable qui a duré (dure depuis ?) quelques jours… Donc les écrans n’ont pas été ma priorité, ce qui explique aussi mon absence des blogs que je suis habituellement.

bilan-lectures-février

Ce mois-ci, j’ai terminé ma lecture du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres, du… mois de janvier et j’ai aussi lu celle de février.

Globalement, j’ai lu un peu de tout comme vous allez le voir. A part cette fin de mois qui aura été difficile pour moi, j’ai réussi à faire quelques lectures.

les-somnambules-coverLes Somnambules (Hermann Broch) Lire la chronique

Un livre intriguant, très intelligent mais qui m’aura pas mal pris la tête (j’ai cru pendant un moment être une petite merde). Mais je pense que ce livre est aussi l’apprentissage de l’acceptation de la non-compréhension de l’histoire à certains moments quand on lit un livre, ce que j’ai eu du mal à digérer. Lu pour le challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

Lire la suite

Le Gang de la clef à molette, d’Edward Abbey

gang-de-la-clef-à-molette-coverQuatrième de couverture

Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la  » Machine « .

Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon, nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molettes -et de dynamite- nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite.

Commence alors une longue traque dans le désert.
Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l’Ouest américain.

Critique

Allez hop, premier coup de cœur de l’année côté romans.

Ce livre n’est pas exempt de défauts, mais j’ai adoré le lire. Comme vous l’avez compris, nous sommes dans le Sud-Ouest américain sauvage… J’ai dit « sauvage » ? Pas vraiment, les industriels se sont déjà pointés : ponts, routes, barrages en veux-tu en voilà. Le voilà le principal problème et qui va faire bouger nos quatre protagonistes. Ces derniers sont contre la destruction de la nature et voudraient empêcher ça de continuer inlassablement.

Lire la suite

Les Somnambules, de Hermann Broch

les-somnambules-coverQuatrième de couverture

Les Somnambules est le premier tome d’une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l’Allemagne impériale à l’effondrement de 1918. L’écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXe siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. « L’Histoire a détruit l’Europe centrale. Le grand roman de l’Europe centrale a détrôné l’Histoire. » Milan Kundera.

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

Je… n’ai pas tout compris.

Ce roman comporte trois histoires, dans lesquelles l’auteur nous parle de la dégradation des valeurs en comparant trois époques différentes : Pasenow ou le romantisme (1888), Esch ou l’anarchie (1903) et Huguenau ou le réalisme (1918). Il m’a fallu atteindre la troisième histoire pour commencer à voir où l’auteur voulait en venir, donc armez-vous de patience durant cette lecture. D’ailleurs, je ne conseille pas cette dernière à tout le monde, j’y reviendrai plus tard en détails.

Lire la suite

Mes « unpopular opinions »

J’ai longuement hésité à faire cet article. J’ai confié quelques-unes de mes potentielles bombes polémiques à quelqu’un qui m’a dit « Ouiii, vas-y, fais-le » et, dubitative par cette réaction, j’ai fait un sondage sur Twitter et Instagram pour savoir si je le faisais et la réponse était globalement oui.

unpopular-opinions

Si vous le regrettez, vous ne pourrez donc ne vous en prendre qu’à vous-mêmes car je n’y vais pas avec le dos de la cuillère (je dirais même que je suis assez intransigeante et un peu… désagréable ?). Généralement, je trouve que les unpopular opinions que j’ai vu jusqu’à maintenant ne prennent pas trop de risques, ou alors, même si elles le sont quand même au sein de la société, c’est relativement plutôt accepté et partagé par la communauté du Youtubeur ou du blogueur. Vous risquez peut-être de partager certaines de mes opinions… ou de vous récrier sur d’autres. Pour une fois, je ne suis pas pressée de voir vos commentaires. /pan/

Allez, c’est parti, qu’on en finisse !

Lire la suite

Bilan lectures #23 – janvier 2019

Ce mois-ci, j’ai un peu lu… mais pas que des livres ! Du coup, je vais vous partager mes lectures de revues vite fait, sinon ce bilan lectures ne contiendra pas grand chose…

Livres

éloge-du-ver-de-terre-coverÉloge du ver de terre (Christophe Gatineau)

Ce livre me faisait de l’œil sur les tables de ma librairie et en déambulant à la Foire du Livre de Brive, mon regard est tombé sur la table de l’auteur. Je regrette de ne pas avoir pu discuter plus longtemps avec lui, il est très sympathique, et son livre l’est aussi tout en étant très instructif. Je pense même que je le relirai ! Dans ce livre, on apprend le rôle absolument essentiel que joue le ver de terre pour la terre, comment il vit et quel est son statut actuel (une vaste blague). J’ai appris des choses sur l’agriculture et la permaculture que j’ignorais totalement (je veux en apprendre plus et j’ai fait des achats en ce sens mais je me suis rendue compte avec ce livre que je partais non seulement de loin, ça, je le savais, mais aussi de très très loin). J’ai beaucoup aimé le ton de l’auteur, qui n’a pas la langue dans sa poche et en plus, j’ai eu l’agréable impression qu’il parlait un peu comme moi (en étant meilleur écrivain que je ne le serai jamais). Il va aussi dialoguer, dans ce livre, avec un ver de terre imaginaire, mais est-il vraiment si imaginaire que ça ? Si les vers de terre pouvaient parler, ils auraient la même franchise envers nous, voire pire… (après tout, on les détruit, eux et leur habitat, ce ne serait que justice) J’ai été assez surprise sur son empathie envers les animaux et sur sa lucidité sur leur situation qui m’a fait beaucoup penser à l’antispécisme, que je relie plutôt aux vegans alors qu’il ne semble pas végétarien ? Et en plus, il a l’air de connaître un peu Aymeric Caron, je suis vraiment allée de surprise en surprise. Vous pouvez dire « Bouuuh, elle croit que les mangeurs de viande ne pensent pas vraiment aux animaux » et effectivement, je crois qu’ils n’y pensent pas assez, ou pas vraiment, ou pas du tout, mais pour lui, je n’ai pas du tout eu cette réflexion, surtout que je me suis carrément demandée s’il était végétarien ! En plus, ça avait l’air de relever du bon sens pour lui, je suis restée agréablement surprise, mais surtout surprise. Mais sachez qu’après renseignements, il n’est pas antispéciste, il réclame juste du bon sens. Bref, l’urgence soulevée par ce livre, c’est de sauver le ver de terre impérativement. Je vous conseille le site de l’auteur, Le Jardin Vivant, pour des renseignements plus généraux. Un livre à lire d’urgence ! (surtout pour le ver de terre, sa situation est ubuesque, vraiment)

Lire la suite

Comment lire des essais ?

Je vois que beaucoup de personnes hésitent à lire ou non des essais. Et ça va être justement le maître mot de cet article : on n’est pas là pour se prendre la tête !

Lire des essais : d’accord, mais lesquels ?

20190123_101504.jpg

Cette question peut sembler naïve, mais elle ne l’est pas tant que ça. Le problème, c’est que les essais se traînent une réputation de livres imbuvables, mais en même temps, si on m’avait sorti de lire Schopenhauer tout de suite, je pense que j’aurais magistralement fait un doigt d’honneur et serait retourné à mes romans et mangas sans regret. Je sors un nom d’un philosophe, d’une discipline avec laquelle j’ai encore certains… à prioris, mais vous avez compris. (ne me demandez pas de conseils pour lire de la philosophie svp)

Lire la suite