American Psycho, de Bret Easton Ellis

american-psycho-coverQuatrième de couverture

Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman est l’incarnation du golden boy new-yorkais. Mais, à la nuit tombante, il laisse libre cours à sa démence. En bon serial killer, Patrick viole, torture et tue. Dans un monde lisse de tout sentiment, jusqu’où l’horreur peut-elle aller ?

Critique

J’avais un peu peur de lire ce livre au début. D’ailleurs, heureusement qu’on l’a lu en lecture commune avec Ambroisie car j’aurais mis plus de temps à m’y mettre sans ça. (elle n’a pas encore publié sa chronique)

Alors oui, c’est extrêmement violent. Patrick Bateman est détestable, profondément, surtout lors de la description de son premier méfait. Mais finalement, ce n’est pas ce qui m’a le plus choquée.

Ce qui m’a interpellé en premier, c’est la superficialité de la classe sociale dans laquelle il évolue. Le personnage principal énonce souvent les marques de ses vêtements ou de ceux de ses interlocuteurs, les juge dans l’air du temps ou pas et s’énerve quand ce n’est pas le cas. (ça l’agace aussi qu’on ne reconnaisse pas de quelle marque est tel vêtement ou tel accessoire) Le premier passage du genre m’a fait grincer des dents, mais par la suite, j’ai bien réalisé que le but de l’auteur était qu’on s’imprègne de son monde à lui, de ses préoccupations. Pareil d’ailleurs pour les nouvelles technologies : il connaît en détail leurs fonctions et options, c’est assez dingue, et je peux aussi en dire de même pour la musique, les films, bref, la culture de l’époque.

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Profanes, de Jeanne Benameur

profanes-cover.jpgQuatrième de couverture

Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.

Critique

Après avoir lu cette critique d’un livre de cette auteure, je me suis souvenue que j’avais Profanes dans ma PAL depuis un peu moins d’un an et que ça commençait sérieusement à bien faire de laisser traîner des bouquins aussi longtemps sans les lire. J’avais eu l’intuition (fortuite) de le prendre lors d’une visite dans un Emmaüs et je ne regrette pas, bien que ce ne soit pas un coup de coeur non plus.

Si vous avez bien lu le résumé, vous savez qu’Octave Lassalle est un ancien chirurgien, proche de la fin de sa vie, bien qu’il soit encore assez en forme. Celui-ci embauche néanmoins quatre personnes, trois femmes et un homme et il fracture la journée en quatre moments où chacune de ces personnes vient s’occuper de lui dans sa maison à tour de rôle. Maison qui est un véritable pied-à-terre pour eux – ils ont chacun leur chambre.

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Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

les-délices-de-tokyo-coverQuatrième de couverture

« Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Critique

Je crois que je ne trompe absolument personne ici : c’est Lemon June qui m’a donné envie de lire ce livre qu’elle a chroniqué lors du Sun & Books l’été dernier, des concepts de vidéos postés chaque jour par un Booktubeur pour faire découvrir un livre qui se passe dans un autre pays, histoire de nous faire voyager. Une très belle initiative, à mon avis. Même s’il est clair que cette chronique ne va pas transpirer la passion comme celle de Lemon June, j’ai apprécié de lire ce roman et ne regrette pas de l’avoir acheté, même si mon porte-monnaie m’en veut encore d’avoir pris le grand format.

Au début, l’histoire démarre comme le résumé l’indique. C’est très doux, serein, et même si l’on sait que ça ne va peut-être pas forcément durer (Tokue cache un secret, vous vous rappelez ?), on apprécie cette ambiance au sein d’une cuisine où la préparation du an par Tokue se passe de manière calme, sans l’effusion qu’on s’imagine dans un tel lieu. Les voir observer les haricots rouges en train de cuire a quelque chose d’apaisant. Les descriptions de la préparation de ce plat (les dorayaki plus précisément) pourraient sembler très ennuyeuses de prime abord, mais pas du tout, c’est passionnant de voir l’ambiance de méditation qui en ressort, et j’avais personnellement besoin de ce genre de lectures ces derniers temps.

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Rosa Candida, de Audur Ava Ólafsdóttir

rosa-candida-coverQuatrième de couverture

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s’en rendre compte les dernières paroles d’une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C’est là qu’Arnljótur aura aimé Anna, une amie d’un ami, un petit bout de nuit, et l’aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Critique

Je suis assez embêtée. Je ne sais pas si j’ai aimé ou non ce livre, si je l’ai vraiment apprécié à sa juste valeur ou si, au contraire, je l’ai peut-être jugé trop sévèrement. J’ai bien aimé le lire mais je n’arrivais pas à savoir s’il valait vraiment le coup. Et puis, détail qui a son importance : c’est de la romance. (bon, ok, ce n’est pas que le sujet mais c’est déjà beaucoup pour moi) Et d’habitude, je fuis ce genre comme la peste. J’ai quand même voulu donner une chance à ce livre, le titre et la quatrième de couverture m’ayant intriguée.

Un autre détail a été pas mal décisif dans ma décision de me mettre à sa lecture : l’auteure est islandaise. Et j’ai clairement signifié dans mes résolutions que lire des auteurs venant de pays différents ferait partie de mes obligations cette année. Raison de plus pour m’y mettre.

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Ecoutez nos défaites, de Laurent Gaudé

ecoutez-nos-defaites-coverQuatrième de couverture

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d’une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste… Un roman inquiet et mélancolique qui constate l’inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu’on meure pour elles.

Critique

Il faut savoir que j’apprécie beaucoup Laurent Gaudé. Il n’est pas trop hasardeux de dire qu’il fait partie de mes auteurs contemporains préférés : j’ai commencé par lire La Porte des Enfers, suivi d’Ouragan et de son prix Goncourt, Le Soleil des Scorta, avant d’enchaîner avec d’autres œuvres. J’en attends à la fois beaucoup et pas tant que ça de sa part non plus car je sais que je ne serai pas déçue la plupart du temps quoi que j’espère. Cette fois-ci, on se retrouve avec son dernier roman en date, mais aussi celui qui m’aura causé le plus de « problèmes ».

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Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

reparer-les-vivants-coverQuatrième de couverture

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Critique

Vous avez déjà sûrement entendu parler de ce livre car il a rencontré un gros succès, ayant remporté le Grand Prix RTL Lire en 2014, année de sa sortie, et ayant bénéficié d’une adaptation cinématographique, diffusé pour la première fois en novembre 2016. Bref, ce roman a fait parler de lui… et de mon côté aussi, même si je n’ai clairement pas été séduite par celui-ci, à l’inverse des critiques. Je l’ai lu un an après sa sortie… et ce fut à peu près le temps qu’il m’aura aussi fallu pour le terminer. Je pense que ce détail mérite une explication.

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No et moi, de Delphine de Vigan

no-et-moi-coverQuatrième de couverture

« Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur. »

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

Critique

Je partais légèrement sceptique en ouvrant ce livre. Auparavant, j’avais déjà lu Un soir de décembre et Les heures souterraines de la même auteur et je les avais trouvé plaisants à lire, mais sans plus. J’avais donc peu d’espoir en commençant No et moi mais ce récit s’est avéré finalement une bonne surprise.

Le début commence avec Lou qui fait la bêtise d’improviser son sujet d’exposé en prenant pour thème les sans-abris. Et en plus, elle en rajoute une couche en prétendant vouloir faire une interview d’une femme SDF. Heureusement, elle a croisé No, une jeune fille à la rue, dans une gare et un lien se tisse entre elles, qui va aller beaucoup plus loin que le besoin de Lou de faire son exposé.

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