Bilan lectures #61 – août 2022

A nouveau, ce mois-ci niveau lectures s’est bien passé. J’ai tenté de lire plus de romans, comparé à quelques mois où je n’en lisais pas du tout : c’est réussi !

Bref, le voici le voilà, le bilan d’août !

Une si longue lettre (Mariama Bâ)

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et je restais sceptique en lisant le début, qui me paraissait juste raconter des traditions injustes de la sociéré sénégalaise, quelque chose de somme toute assez classique. Le reste s’est révélé plus intéressant. Dans ce roman, Ramatoulaye envoie des lettres à son amie, Aïssatou. Un échange épistolaire dont on ne lit que les lettres de Ramatoulaye. On y lit à travers son histoire et ses réflexions la place de la femme au Sénégal à travers leurs mariages, la vie avec leurs maris respectifs, de la polygamie, etc. La narratrice est à la fois douce et implacable dans ses francs commentaires. Elle confie à son amie ses émotions, ses joies, ses doutes et l’injustice qu’elle ressent et qui fait que son amie est d’ailleurs partie du pays… Si on me demande mon avis (personne ne me le demande mais comme c’est mon blog…), les hommes sont tous lamentables à leur niveau, même les « hommes biens ». Y en a un qui savait que ce qu’il faisait n’était vraiment pas une bonne chose mais je pense qu’inconsciemment, il savait qu’en étant un homme, il pouvait se permettre d’être médiocre et de céder à la facilité… Et il a voulu se donner une image de mec bien et se donner des excuses avec des arguments essentialistes… (on connaît la chanson) Bref, peut-être le personnage à qui vous en voudrait le moins mais pas moi. En tout cas, l’écriture de l’autrice colle bien au récit de son personnage principal et on prend plaisir à lire ce roman.

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Bilan lectures #60 – juillet 2022

Un peu en retard pour ce bilan, je n’étais pas chez moi et j’avais clairement d’autres priorités.

Mais j’ai quand même un sacré bilan à vous offrir, donc ça serait dommage de ne pas vous en faire profiter ! Je ne pensais pas pouvoir faire ça avec mon problème personnel, mais je m’adapte. Je suis ravie !

C’est donc parti !

A Journey Beyond Heaven, tome 5 et 6 (Masakazu Ishiguro)

Des tomes globalement de meilleure qualité que le troisième et le quatrième. C’est pas plus mal car j’avais peur de commencer à m’ennuyer. Par contre (je vais spoiler un peu), j’en ai marre du viol comme ressort scénaristique. Je vous avoue que ça m’a passablement énervé et qu’une remarque mesquine mais vraie m’est passé par la tête : ça se voit que ça a été écrit par un homme cis. Bref, je vais continuer la lecture de ce manga en restant sur mes gardes.

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Bilan lectures #59 – juin 2022

Hey ! J’ai essayé de lire du mieux que je pouvais en raison d’un problème personnel, j’étais un peu désespérée à la base, mais je m’en suis pas si mal sortie que ça vu ma situation. On va pas se mentir, les températures n’ont pas aidé non plus… (mais elles n’ont aidé personne, je crois)

Donc voici un petit bilan ! Je suis soulagée, j’ai quand même quelque chose à vous offrir, aha. C’est parti !

Hilaria (Irene) Lire la chronique

Un livre qui parle du féminisme contre le capitalisme, le fascisme, la prison et du féminisme anarchiste, à travers l’histoire de Hilaria, l’arrière-arrière-grand-mère de l’autrice.. Des sujets radicaux et qu’on voit peu souvent à l’écrit dans un livre.

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Bilan lectures #58 – avril/mai 2022

Bon, je n’ai pas lu grand-chose ces deux derniers mois. Je suis occupée + la chaleur… Tout ça est en train de me convaincre un peu plus encore d’aller vers un temps partiel car je n’ai plus le temps de lire. Tout doit se faire pour la vie active et on me reproche de vouloir me reposer.

J’ai quand même des lectures à vous offrir. C’est parti !

L’entraide, un facteur de l’évolution (Pierre Kropotkine)

Ce livre a été publié en 1902 (je vous conseille de garder en tête cette information) et avait l’ambition de contrebalancer tous les ouvrages élogieux qui ne donnaient qu’un seul son de cloche : celui de la lutte individuelle et de la compétition dans la nature. Ils ont pullulé suite à la publication de Charles Darwin, L’Origine des espèces. Bien évidemment, ne parler que de cet aspect a aussi des intérêts, notamment pour le capitalisme. Mais Pierre Kropotkine ne parle pas beaucoup de ça, et va surtout aborder l’aspect manquant et opportunément oublié : l’entraide. De plus, l’égalité entre les deux ne serait pas réelle, ni une nécessité : l’entraide est un tantinet plus importante. Tout d’abord, il sera question de cela chez les animaux pour qui cela importe plus que ça en a l’air pour la survie. Vont suivre les « sauvages » et les « barbares » : vous me connaissez, j’ai un peu grincé des dents sur l’utilisation de ces termes, et j’ai craint le pire pour la suite. Je vous rassure, aucune trace de racisme, sûrement un petit peu de paternalisme (même si je ne l’ai pas vu, je préfère quand même préciser au cas où). Bref, c’étaient sûrement la terminologie de l’époque mais comme je suis une « woke » selon la droite, j’ai failli crier au loup. Ces parties ont pour but de montrer que l’entraide était bel et bien présente et à un niveau supérieur que nos représentations stéréotypées nous le font croire… Au niveau humain, ça continue de façon chronologique et l’auteur parlera des structures du Moyen-Âge, bien plus propices à la pratique de l’entraide qu’on nous le dit. Et enfin, on atterrit sur des périodes plus modernes, où on voit que l’État et ses lois ont voulu réduire les possibilités d’entraide mais que certaines ont subsisté quand même malgré les difficultés. Un livre essentiel à l’époque et dont l’objectif l’est encore aujourd’hui. Ceci dit, pas mal d’informations sont à actualiser, la science a évolué depuis le temps : même avec mon petit niveau, certaines m’ont un peu choqué ! (dont une dont je me remets pas) Ça se voit que le livre date… A compléter avec une ou des parutions plus récentes. En tout cas, l’objet livre est superbe : belle couverture, illustrations, photos de l’auteur… Ce dernier avait une barbe impressionnante, qu’il ait été vieux ou jeune ! Un peu dense en informations, alors attendez le bon moment pour le lire.

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Bilan lectures #57 – mars 2022

Bon, certain·es diront qu’il y a moins de livres à se mettre sous la dent, ce qui est vrai, mais ça va, je suis quand même satisfaite de mon mois de lectures. Est-ce l’effet du mois de février qui se fait encore sentir ? Possible. Je vous dirai le mois prochain si c’est encore le cas…

En tout cas, voici mes lectures du mois !

Tout le monde peut être féministe (bell hooks) Lire la chronique

bell hooks est super connue dans les mouvements féministes et je ne l’avais toujours pas lu, honte à moi. C’est chose faite avec ce livre qui, malgré son manque de sources, est encore d’actualité sur certains propos. Une bonne introduction, à conseiller à votre entourage car la couverture, bon…

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Bilan lectures #56 – février 2022

Franchement, un mois sympa niveau lectures ! Pour une fois que je ne râle pas… Bon, on voit bien que la tendance est toujours à une majorité de non-fictions mais j’ai redonné une chance à une autrice de romans et je ne regrette pas car c’était vraiment très bien !

Je vous laisse avec mes lectures (satisfaisantes) du mois !

Le Coeur cousu (Carole Martinez)

Je ne pensais pas aimer autant. J’avais lu Du domaine des murmures de la même autrice il y a 5 ans, voire plus, et j’avais trouvé ça bien mais pas de là à me dire que j’allais lui redonner une chance. Ce livre relance les dés. On suit Frasquita et sa ribambelle d’enfants, son enfance et adolescence d’abord, sa vie de famille avec un homme très égoïste, puis son voyage sur les routes avec ses mômes après avoir été joué par son mari. Un secret de famille, sur fond de fantastique, est transmis de mère en fille : un coffret en bois à ne pas ouvrir avant quelques mois après ce qu’on appelle l’Initiation, qui consiste à transmettre des prières qui ont des effets différents, mais surtout une durée de vie limitée pour éviter certains abus à mon avis. Frasquita a un don avec la couture (elle magnifie tout), ses enfants ont des talents différents, souvent liés à ce qu’il se trouvait dans la fameuse boîte. Une sorte de saga familiale que j’ai beaucoup aimé suivre, avec de la magie, de la lumière et du sombre, du soleil, de la poussière, du sable, la campagne espagnole (pas de date précisée mais vu certains évènements, je dirais début du XXe siècle). On voit aussi beaucoup le poids des superstitions et de la peur, conférant une aura maudite à Frasquita puis, plus tard, à ses enfants, un rejet clair de leur existence, alors que Frasquita est souvent utile pour les personnes qui la critiquent, l’hypocrisie est à l’œuvre. C’est très bien écrit mais je l’avais déjà remarqué avec le premier roman que j’ai lu d’elle. J’ai beaucoup aimé ce récit, n’hésitez pas à m’en conseiller d’autres de l’autrice !

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Bilan lectures #55 – janvier 2022

Ça n’a l’air de rien mais je suis satisfaite par mon mois de lectures ! (plus de détails à la fin de l’article) C’est plutôt une bonne entrée en matière dans l’année 2022.

Japon, société camisole de force (Masao Miyamoto)

C’est un témoignage (de la fin des années 90) d’un fonctionnaire japonais qui travaille au sein du ministère de la Santé et qui dénonce la trop grande rigidité de son travail : peu de souplesse envers la nouveauté, un environnement conservateur, le collectif qui efface l’individu (au point d’en arriver à certaines aberrations et extrémités), le ijime (harcèlement) qui a un intérêt différent au Japon et qui s’applique souvent, dans le monde adulte, pour faire revenir quelqu’un sur le « droit chemin », le rejet systématique du « dehors » (ce qui n’est pas inclus dans le cercle, dans la norme si vous préférez)… Je connaissais déjà énormément de faits, ayant été passionnée par le Japon et ne me voilant pas la face sur ses défauts. Le truc que j’ai appris par contre, c’est au début du livre : il n’y a pas réellement de frontière entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, en tout cas juste théoriquement… Elle n’existe pas en vrai. Si la limite est en effet de plus en plus poreuse en France à ce niveau-là, on n’en est pas encore là. Sinon, j’ai trouvé ce témoignage assez prenant (et addictif pour les personnes qui ne connaissent pas trop le Japon), c’est écrit assez simplement, la lecture est donc fluide mais pas ennuyeuse pour autant. Tant mieux car l’auteur a aussi ses défauts selon moi. Je ne les ai pas tous retenus mais en voici deux : il idéalise trop l’Occident et son analyse peut s’en ressentir (plusieurs fois eu envie de protester sur ce qu’il disait, on n’est pas aussi francs qu’il ne le croit) et comme il a séjourné dix ans aux États-Unis en tant que médecin, il ne s’est pas imprégné que de ses droits en tant qu’individu, mais aussi de la vision américaine du capitalisme. Bref, un livre pas trop mal à lire mais il faut savoir prendre du recul.

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Bilan lectures de l’année 2021

Pas bien brillante, cette année. J’ai moins lu que les années précédentes… Problèmes personnels couplés à ma grosse tendance à la déconcentration, voilà le résultat : une dizaine de livres lus en moins. En plus, les mangas ont pas mal rattrapé ce bilan en demi-teinte, les rares puristes qui passeront dans le coin diront que c’est de la triche.

Les déceptions se sont faites rares mais les coups de cœur aussi. C’est la nouvelle mode depuis quelques temps, ça… Il se peut d’ailleurs qu’elle devienne intemporelle. Je deviens très difficile… Et en plus de ça, je lis moins de romans, alors comment voulez-vous ?

D’ailleurs, je vais commencer par parler de ces derniers. Il n’y en a que deux, ne vous excitez pas. Un de plus que l’année dernière ceci dit ! (c’est tellement pitoyable, ne commentez pas ça) Pour les essais, il y en aura dix, comme d’habitude. Le fait que j’en lise plus est confirmé.


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Bilan lectures #54 – décembre 2021

Bon… Pas super non plus, ce mois-ci, mais j’y trouve moins matière à râler que pour les deux mois précédents, c’est déjà pas mal. Je recommence à avoir un peu de temps pour lire malgré les dérangements intempestifs et vu la taille de ma PAL, ce n’est pas plus mal.

C’est parti pour découvrir les quelques lectures de décembre !

Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité (Christophe Gatineau et Sylvie Corré)

La couverture est au top. On n’arrête pas de me dire qu’elle est superbe… Super travail. Mais bon, c’est accessoire face au contenu. On est comme sur Éloge du ver de terre durant la première moitié du livre, mais en plus poussé et moins accessible. Rappelons que le ver de terre est essentiel à la terre et donc, à notre survie (pas que nous mais si je commence à parler du reste, je vais perdre des gens). Si le ver de terre disparaît, pas la peine de vous tourner vers les pollinisateurs, ils vont mourir comme nous… Les auteurices parlent du statut du ver de terre au niveau politique : il est inexistant ! Les méthodes de l’agriculture intensive contribuent à son déclin, vous l’avez deviné… Dans la deuxième moitié du livre, la traduction d’une partie d’un livre de Charles Darwin (oui oui) sur le ver de terre. On comprend sa fascination pour cet animal… C’est passionnant, je trouve. Le ton plein de franchise de la narration est habituel pour moi (j’ai déjà lu les auteurices auparavant) mais ça me plaît toujours autant. Cet ouvrage est nécessaire, surtout aujourd’hui : le ver de terre, au-delà de considérations antispécistes qu’on va peut-être venir me reprocher, s’appelle aussi notre avenir, notre survie. Si vous avez peur, vous pouvez tenter Éloge du ver de terre dont je parlais plus tôt.

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Bilan lectures #53 – octobre/novembre 2021

Comme quoi, il ne faut s’attendre à rien… Je trouvais que le mois d’octobre était nul, nul, nul… Le mois de novembre a été pire (une lecture au compteur). On se retrouve donc avec un bilan mensuel à peu près normal alors que c’est un bilan bimensuel… Quelle blague.

Bon… Voici mes quelques lectures en deux mois (j’ai honte).

Dix questions sur le féminisme (Valérie Rey-Robert) Lire la chronique

Un petit guide qui apprend des choses de manière concise mais complète pour un livre pour personnes novices sur le sujet du féminisme. Oui, car si vous vous y connaissez déjà sur le sujet, vous pouvez le lire par curiosité (comme moi) mais ça ne vous apportera pas grand-chose, le public cible n’étant pas vous.

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