Bilan lectures #20 – septembre 2018

Un bilan lectures sous le signe des essais… et ce sera pareil le mois prochain ! C’est la frénésie en ce moment, je n’arrive pas à me retenir. Et les essais sont loin de composer la majorité de ma PAL… Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou si ça veut surtout dire que je vais immanquablement en acheter d’autres… Ahem…

J’ai lu des choses assez diversifiées au niveau du thème comme vous allez le voir.

revenu-de-base-coverRevenu de base, un outil pour construire le XXIe siècle / comment le financer ? (Collectif du Mouvement Français pour un Revenu de Base)

Le revenu de base est un sujet qui fait parler, et pas forcément de la bonne façon. Plus d’un an après la présidentielle, où l’idée a enfin été présentée politiquement par Benoît Hamon, candidat du PS (j’aurais voté pour toi, mec, si t’avais quitté ces guignols avant), ça commençait à me titiller d’entendre un peu tout et n’importe quoi dessus, alors j’ai voulu en avoir le cœur net. Mais je ne savais pas vers quel livre me tourner, bien que les éditions du Détour aient attiré mon œil sur leur bouquin sur le sujet. Mais finalement, en faisant un tour dans ma librairie, j’ai repéré ces deux-là qui me semblaient complémentaires. (ils ont été écrits pour, vous me direz) Le premier aborde tout simplement les principes du revenu de base. Pourquoi le proposer ? Le revenu de base n’est pas là pour que les glandeurs puissent glander, contrairement à ce que disent certaines mauvaises langues : il est là avant tout pour construire un nouveau projet de société. Ne pas donner la priorité à un boulot, accorder du temps à autre chose qui est aujourd’hui dénigrée parce que ce n’est pas rémunéré, alors que c’est aussi un travail… mais on a aussi le droit de se faire du bien ! Prendre soin de nous, et pas forcément de la manière dont la société voudrait qu’on le fasse, où tout est toujours sujet à l’utilitaire. Remettre donc en cause les valeurs qu’on attribue au sacro-saint emploi. Sans compter les problèmes écologiques soulevés… C’est bien beau tout ça, mais un autre point me rendait sceptique, et je ne suis pas la seule : le financement du revenu de base. Est-ce au moins possible ? Très probablement, mais si vous voulez mon avis, ce ne sera le cas qu’avec un petit montant (aux alentours de 500-600€). Donc, je vous laisse le deviner : il faudra bien sûr bosser pour vivre un minimum ! Alors, le mythe des fainéants, hein… Alors, à quoi sert ce revenu de base, dans le fond ? A ce que tu ne sois pas dans la dèche complète si tu viens à perdre ton emploi, à ne pas avoir de contraintes administratives, et encore moins de pression de trouver un boulot genre là, maintenant, tout de suite. Chacun a le droit d’avoir un toit sur la tête, de quoi manger, se laver et s’habiller. Tu peux aussi choisir ton emploi, négocier plus facilement tes conditions de travail… Si j’ai eu quelques petites réserves à certains moments sur les sources de financement, c’est encore en discussion au sein du MFRB (Mouvement Français pour un Revenu de Base), notamment au niveau de la somme versée mensuellement et des allocations sauvegardées (même si j’ai cru comprendre dans un article que le Medef aimerait bien qu’elles disparaissent toutes… Non, sauf si tu veux créer un autre monde inégalitaire, et il en est hors de question pour le MFRB). Le débat reste ouvert, et les suggestions de chacun peuvent faire avancer le sujet. Il est clair que ce n’est pas sur un plateau de télévision en 10 minutes que tu peux expliquer le financement du revenu de base…

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Bilan lectures #19 – août 2018

Des lectures assez variées ce mois-ci, je dois l’admettre ! Si on sent que ce mois-ci (et les mois suivants, c’est sûr, je vais encore découvrir des choses en lisant des essais et autres livres informatifs), l’influence d’autre chose que des romans s’est fait sentir, je ne peux pas non plus complètement m’en détacher. Par contre, je sens une frustration de ne pas pouvoir lire plus vite, et donc plus, mais pas à cause d’une pression ou que sais-je, mais parce que j’ai soif d’apprendre et que j’ai hâte de lire mes nouveaux livres !

Chez soi (Mona Chollet) Lire la chronique

Une relecture qui fait du bien ! L’autrice nous offre un essai intéressant et pertinent sur notre lien à notre chez soi, et comment celui-ci n’est pas forcément adapté… Un livre accessible à tout le monde, où elle aborde des problématiques qui vous parleront, en particulier si vous êtes un casanier.

vivre-la-simplicite-volontaire-coverVivre la simplicité volontaire (Collectif)

Ce recueil d’interviews a été publié chez Le pas de côté et L’échappée. On trouve en son sein nombre de témoignages de personnes ayant choisi la simplicité volontaire. Elles le vivent à différents degrés, ainsi que le montre les catégories choisies pour les répertorier (sachant qu’une interview peut finir dans plusieurs catégories aussi, mais a paru plus pertinente dans une seule d’entre elles – bon ok, fallait faire aussi un choix). On a ainsi « Se modérer » (la catégorie qui m’a le plus parlé) où les gens ayant fait ce choix se trouvent divisés entre deux pôles, « la vie réelle » (au sens où ils ont un travail classique) et « l’utopie » (la décroissance). « Déserter » est l’expression des personnes qui se sont entièrement coupées de la société, pas forcément toujours en autarcie, mais presque. Elles l’ont fait parce qu’elles ont elles-mêmes subi une simplicité involontaire, ont été élevées dans ces valeurs ou se rebellent contre celles de la société. « Militer » est, comme son nom l’indique, le moyen d’action des gens qui vivent la simplicité volontaire et qui s’impliquent dans des activités collectives (et souvent bien plus que leurs contemporains !) Ils luttent comme ils peuvent contre la publicité, le nucléaire (si vous connaissez de bons ouvrages sur la question d’ailleurs…), l’industrialisation de l’agriculture bio… « Bifurquer », c’est le nom de la catégorie de personnes dont on n’aurait pas forcément deviné le changement de vie de par leurs anciens métiers. Souvent très bien intégrés dans la société et pratiquant des métiers valorisants, voilà qu’ils laissent tout tomber grâce à un élément déclencheur (une dépression, une lecture, une catastrophe naturelle, etc). On retrouve dans « Oeuvrer » les personnes qui refusent de faire un travail aliénant, souvent rémunéré, s’attelant ainsi à faire des choses de leur main, à retourner à la terre pour certains, à exécuter des travaux artisanaux et traditionnels pour d’autres, voire à en remettre au goût du jour (je ne m’attendais pas forcément à voir ressurgir le parchemin…). J’ai trouvé ça très intéressant (ne vous attendez pas forcément à ce que tout soit facile), mais j’ai juste deux objections en tête :

  • Certains ne considèrent pas avoir coupé le contact avec les gens, vu qu’ils en créent d’autres avec leur voisinage ou d’autres personnes proches de leurs idées qui ne sont pas trop loin géographiquement. Mais en fait, pour moi, si. Appelez-moi grosse égoïste, et c’est probablement le cas, mais Internet, si décrié, me permet de rencontrer des gens avec qui je m’entends, qui sont bienveillants, contrairement à la vie réelle. Ces liens sont essentiels pour moi, et rien ne pourra remplacer ça. De plus, quid de la famille, des quelques personnes qui nous sont sympathiques sans plus ? On balaie tout ? Après, on n’aura un jour plus le choix…
  • Un autre problème a surgi tout de suite : ce genre de vie nécessite d’être en bonne santé. Excusez-moi, mais pour cultiver un potager, cela nécessite de ne pas avoir un de ses genoux « pétés » comme moi. Bref, que fait-on des non-valides ? Je n’en suis pas une mais je peux observer ce problème rien qu’avec mon petit souci de rien du tout, mais qui m’empêche de plier le genou sans avoir super mal, et donc de me mettre à genoux, accroupie… On ne peut pas juste se couper de la société comme ça. On ne peut juste pas vivre décemment par nous-mêmes si on n’est pas en forme. Est-ce que cette question est soulevée quelque part ?

Je fais ma chiante, mais en vrai, ce livre est vraiment très intéressant et amène à réfléchir sur nous-mêmes et à nous donner des idées, car il faudra bien modifier notre mode de vie. Mais pour moi, les choses ne sont pas si simples. (et encore, je n’ai pas abordé la question des oppressions, celle de la répartition des tâches homme-femme, etc)

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Bilan lectures #18 (juin-juillet 2018)

Me voici à nouveau avec un bilan bimensuel ! Je dois avouer que le mois de juin ne fut vraiment pas fructueux et j’allais pas faire un article pour rien. Je parlerai un peu plus en détail du pourquoi du comment de mes lectures à la fin de l’article, alors c’est parti !

Auprès de moi toujours (Kazuo Ishiguro) Lire la chronique

Kazuo Ishiguro est prix Nobel 2017 mais ce n’est pas pour ça que je voulais le lire, j’avais ce roman dans ma PAL bien avant qu’il n’obtienne ce prix. Ce fut une histoire un peu différente de ce à quoi je m’attendais, avec une écriture qui pourra sûrement en rebuter certains, mais ce ne fut pas mon cas, j’ai trouvé cette vie quotidienne d’enfants à part très intéressante.

petit-manuel-de-résistance-contemporaine-coverPetit manuel de résistance contemporaine (Cyril Dion)

Je rentrerai plus dans les détails plus loin, mais en gros, j’avais besoin de cette lecture. Dans cet ouvrage, Cyril Dion, co-fondateur du mouvement Colibris (mais si, Pierre Rabhi, tout ça, vous savez), nous explique vers quoi on se dirige et en quoi il est urgent de changer nos modes de vie. Pas forcément pour changer le cours des choses (il est probablement trop tard) mais au moins pour être paré pour survivre aux conséquences. Et pas des moindres : le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources, l’augmentation de la population sur la planète (mais faîtes quand même des gosses, qu’ils disent !)… Je sais ce que vous vous dîtes : encore un énième livre sur l’écologie, à vouloir nous culpabiliser, blablabla. Je l’ai trouvé assez différent de ce qu’on peut trouver, surtout quand on est un peu paumé comme moi. Pour les personnes qui s’intéressent déjà au sujet, vous risquez de ne pas forcément trouver chaussure à votre pied mais pour ceux qui, comme moi, n’y connaissent rien, ce livre est vraiment super ! Il contient quasiment toutes les réponses à mes questions, ça m’a clarifié mon esprit confus. Le livre est vraiment très bien structuré et amène une idée intéressante : quelles histoires nous racontent-on pour entretenir le mythe de cette société ? C’est vraiment très instructif… De plus, il est justement non-culpabilisant : il nous apprend à faire des choses par nous-mêmes, petit à petit, et nous dit aussi que politiquement parlant, il va falloir faire quelque chose aussi…

Je vous laisse avec deux chroniques qui en parlent bien mieux que je ne pourrais le faire :

Si vous avez des suggestions d’ouvrages en rapport avec ce thème, je suis toute ouïe, car je suis un peu perdue.

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Bilan lectures #17 – mai 2018

Ce mois fut assez difficile pour moi ! Je ne trouve d’ailleurs pas que j’ai lu grand-chose, j’avais du mal à avancer dans mes lectures, notamment dans mes essais. (dont je vous ferai un topo plus tard) Mes appréciations furent d’ailleurs assez diversifiées, et on ne va pas commencer par la meilleure !


Les derniers jours de Rabbit Hayes (Anna McPartlin) Lire la chronique

Voilà un livre auquel je n’aurais pas prêté grande attention si celui-ci n’avait pas soulevé un point qui me paraît important en littérature : le devoir de recherche pour mieux informer ses lecteurs. N’est pas Zola qui veut mais il ne faut pas exagérer, un moteur de recherche était suffisant. On l’aura compris, cette lecture m’aura mise en colère.

je-fais-de-ma-vie-un-grand-projet-coverJe fais de ma vie un grand projet (Guillaume Fond)

Oui, vous avez bien remarqué : il s’agit d’un livre de développement personnel. D’habitude, je déteste ça et je les critique et m’en moque pas mal. Certains vont te culpabiliser de ne pas faire tous leurs exercices qui vont bien évidemment « te changer la vie », et faudra pas venir pleurer si tu n’y arrives pas, après tout, tu n’as pas fait l’exercice p.58 paragraphe 2. Vous croyez que j’exagère ? Dans certains livres de DP (développement personnel), c’est beaucoup ça. Celui-là est différent. Je l’ai découvert grâce à Babitty Lapina qui en a fait une chronique. Peu convaincue par les livres de DP, celui-ci me paraissait un peu plus adapté à mes attentes : en effet, l’auteur, un psychiatre, nous propose des solutions un peu plus concrètes. Il va nous parler du rôle de l’alimentation, va tenter de nous inculquer une vision moins rigoriste et fataliste de certains aspects de nos vies. Il abordera aussi le rôle de la lumière (qui a un rôle assez important sur mon humeur), de l’imagination, de la communication non violente. S’il y a deux passages où j’ai grincé des dents et où il manque clairement d’empathie et de réalisme à mon goût (si vous êtes une victime de viol, passez votre chemin), je le trouve globalement assez ouvert. Il offre aussi une définition des différents spécialistes que vous pouvez consulter ainsi qu’une définition des médicaments et de leur rôle. Je vous conseille de jeter un coup d’oeil à la chronique de Babitty Lapina pour en savoir plus.

L’Assommoir (Emile Zola) Lire la chronique

Une valeur sûre me diriez-vous, mais j’ai l’habitude de me méfier maintenant de n’importe quel classique. Mais je pense qu’avec Zola, cette précaution est bien inutile. J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de Gervaise et savouré la description du monde populaire du Second Empire à Paris. Les descriptions sont toujours aussi pertinentes et immersives.

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Bilan lectures #16 – spécial polars/thrillers – avril 2018

Ne vous fiez pas au titre, il n’y a pas que des polars et des thrillers ! Mais ce bilan lectures me sert aussi de bilan pour mon mois polar/thriller, j’en ferai d’ailleurs une petite conclusion à la fin de l’article.

Globalement, ce mois-ci aura clairement été plus satisfaisant en terme de quantité de livres lus. Mais quantité ne veut pas forcément dire qualité, comme on le sait déjà, et ce mois-ci aura encore bien reflété cette observation.

Je rajoute quelques lignes aux livres que j’ai chroniqué, mais sans développer, histoire de vous donner un petit aperçu si vous avez la flemme de les lire.

Carrie (Stephen King) Lire la chronique

Un bon livre qui paraissait prometteur pour l’auteur à l’époque, celui-ci étant son premier roman. C’est là qu’on voit que le monsieur sait y faire sur les ressorts psychologiques.

millenium-tome-1-coverMillenium, tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Stieg Larsson)

Pour un polar renommé comme étant un des meilleurs de ce début de siècle, ce fut une franche déception ! Ça a même failli se terminer plus tôt que prévu. Tout le monde disait qu’il fallait passer le cap des 100 pages (ou les 200 premières pour les estimations les plus pessimistes) pour que l’auteur ait fini d’installer son intrigue, et il m’aura bien fallu atteindre les 300 pages avant de me dire que mon intérêt commençait enfin à s’éveiller. Mais j’ai failli abandonner avant, ce qui ne me ressemble pas. Bref, il n’a pas su gérer le rythme selon moi. Et la suite fut un peu plus intéressante, mais pas franchement à la hauteur de ce que j’en attendais. Le livre est féministe ? Le livre est très noir ? Bah, je m’attendais à mieux/pire… Et les 50 dernières pages se sont elles aussi révélées d’un ennui profond, sans compter que j’ai trouvé l’auteur assez prompt aux clichés à certains passages. L’association des deux personnages principaux était intéressante mais sans pour autant m’y accrocher plus que ça. Globalement, j’ai trouvé que le tout n’avait rien de révolutionnaire. J’ai le deuxième tome en ma possession mais je ne suis même pas sûre de le lire un jour… Je pense que je me suis fait avoir en partie par les critiques dithyrambiques sur ce livre (d’où ma sévérité ?), mais pas que. Je n’ai vraiment pas trouvé ce roman à la hauteur. Et non, ce ne sont pas les descriptions des questions économiques qui m’ont perdu, contrairement à certains sous-entendus que j’ai pu voir par-ci par-là. (j’ai eu des cours d’économie, alors je n’ai pas eu de mal à comprendre) Je lui ai bien évidemment trouvé des qualités (notamment le personnage de Lisbeth Salander et la description des enjeux, très bien maîtrisée) mais ce fut loin de me satisfaire. Ça a trop traîné en longueur.

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Bilan lectures #15 (mars 2018)

Encore un bilan lectures très loin d’être positif ! Comme vous allez le voir, Camus aura été la star de ce mois-ci, c’est bien le seul que j’arrivais à lire un peu. (avec une exception aussi à la fin du mois)

Si vous n’êtes déjà pas saoulés par avance, c’est parti !


albert-camus-pléiade-2-coverActuelles, chroniques 1944 – 1948

Si vous ne l’aviez déjà pas compris, c’est un recueil de chroniques, d’éditoriaux et d’interviews, souvent publiés dans Combat (journal résistant et puis libre de l’époque susmentionnée), sinon ailleurs. Parfois on a juste l’opinion de l’auteur sur des faits d’actualité, et parfois une réponse à l’opinion de quelqu’un d’autre. (Mauriac, pour ne citer que lui) A la fin du deuxième tome de La Pléiade, on trouve des notes pour chaque article, ainsi qu’une mise en contexte qui n’était clairement pas de trop. C’était un bordel sans nom à la Libération, les politiques étaient les mêmes qu’aujourd’hui, alors que l’époque aurait voulu un semblant d’intégrité. Camus était très honnête, il a choisi de publier des chroniques qui exprimaient des opinions qui n’étaient plus les mêmes que celles qu’il avait au moment de la publication de cet ouvrage, il n’est pas courant d’assumer ce genre de choses. Le plus marquant est son altercation avec François Mauriac (écrivain lui aussi détenteur du prix Nobel en 1952) à qui il finit par donner raison concernant l’épuration : une fois que Camus remarqua la débâcle et la justice qui n’en était pas une condamner les personnes qui ont collaboré (ou soupçonnées de collaboration) pour tout et n’importe quoi, il changea d’avis sur la question, lui qui était pour une justice sévère. Il finira par signer la pétition des écrivains réclamant la grâce de Robert Brasillach (écrivain collabo qui sera quand même exécuté) aux côtés de ce même Mauriac. (en précisant bien qu’il vomissait un tel être, mais que la peine de mort, c’était trop) Il aurait pu se taire et n’en rien faire, histoire de ne pas se donner la honte de donner raison à quelqu’un d’autre que lui, comme c’est très courant de le faire, surtout aujourd’hui. Mais il a reconnu ses torts, et c’est ce qui témoigne d’une certaine grandeur d’esprit. Je ne sais pas si c’est moi mais j’ai remarqué qu’il avait pas mal d’ennemis… alors que ce qu’il disait était l’évidence même ! Mais on me dira que je ne suis pas objective.

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Bilan lectures #14 (février 2018)

J’avais dit que ce mois ne serait pas très glorieux non plus. Le mois prochain le sera encore moins…

tortues-à-l'infini-coverTortues à l’infini (John Green)

Je vais mettre les pieds dans le plat dès maintenant : John Green n’a pas su susciter l’engouement chez moi qu’il a provoqué chez beaucoup d’entre vous. Je regarde son succès à distance, ayant aimé Nos étoiles contraires sans comprendre pourquoi ce livre a une telle notoriété. Ce fut la même chose avec Tortues à l’infini : comme d’habitude, je trouve l’auteur assez juste dans sa façon de dépeindre certains aspects de l’adolescence. Quant à la maladie mentale dont il est question avec Aza, le personnage principal, il ne m’a pas semblé sonner faux non plus. (à voir avec des concernés) J’ai aussi beaucoup apprécié la fin, l’auteur a su ne pas se casser la gueule, c’était réaliste et très touchant. Je pense que si le roman ne m’a pas plus touché que ça, c’est parce que je suis à un âge où je cherche autre chose : en prenant du recul, je sais qu’il m’aurait énormément plu si je l’avais lu étant adolescente. Toutefois, ne croyez pas que je l’ai trouvé moyen, c’est un bon roman jeunesse ! Il valait quand même le coup et je l’ai en plus lu à un moment où j’en avais besoin, donc je suis assez reconnaissante envers cette lecture.

L’Art de perdre (Alice Zeniter) Lire la chronique

C’est moi qui éteins les lumières (Zoyâ Pirzâd) Lire la chronique

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Bilan lectures #13 (janvier 2018)

Un bilan assez irrégulier, que ce soit niveau lectures ou articles, et pas sûr que ça s’arrange !

de-la-terre-à-la-lune-coverDe la Terre à la Lune (Jules Verne)

Très franchement, j’ai été assez déçue par ce roman-là. Même si je pouvais reprocher le racisme de Cinq semaines en ballon, j’avais trouvé l’aventure assez exaltante. Mais là, beaucoup de détails techniques ont été décrits par l’auteur, ce qui n’est pas hyper étonnant vu l’histoire : le Gun Club (qui, comme vous l’avez deviné, vend des armes) aux Etats-Unis se trouve bien embêté de ne pas avoir de guerre sous la main (sic). Mais leur président trouve le moyen de recycler le club avec un objectif inédit : envoyer un projectile sur la Lune ! De ce fait, nous avons tous les détails de l’élaboration de ce projectile-fusée, qui doit bien tenir sur la moitié du livre. En temps normal, j’aurais réussi à passer outre mais je n’étais clairement pas d’humeur à lire ce genre de choses. Je n’avais pas choisi un livre de Jules Verne à ce moment-là pour ça. De plus, je n’ai pas forcément trouvé le reste bien palpitant, bien que l’humour de l’auteur et l’excentricité du personnage français ont réussi à me faire tenir sur ce roman. Mais s’il avait été plus long… Bref, si vous voulez tenter Jules Verne, ne commencez pas par celui-ci.

Si Beale Street pouvait parler (James Baldwin) Lire la chronique

correspondance-camus-guilloux-coverCorrespondance Albert Camus – Louis Guilloux (1945 – 1959)

Je vais commencer par un point très important à savoir sur Louis Guilloux : c’était un peu l’homme que personne ne méritait d’avoir comme ami. Plus évident comme sous-entendu, il n’y a pas, mais je vais quand même m’expliquer : je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi gentil et tendre. Toutes ses lettres à Camus en sont la démonstration, alors que ce dernier lui-même peut faire preuve d’une grande gentillesse et d’une franche camaraderie, mais rien à voir avec Louis Guilloux. Je l’ai trouvé très mignon et sincère, ne cachant pas ses sentiments – en tout cas, pas avec Camus – tout en conservant une certaine pudeur. Par rapport à mes scrupules de lire ses correspondances, à part deux ou trois lettres où je ne me suis pas sentie légitime pour lire ça, je connaissais pas mal d’éléments… Voilà ce que c’est que d’avoir déjà fait sa curieuse en lisant une biographie. Dans les annexes, on a pu voir des propos que Guilloux a tenu sur Camus, et je le rejoins sur pas mal de points : il admire l’homme, mais il n’est pas dupe non plus.

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Mon bilan lectures de l’année 2017

Le voici, le fameux bilan de toutes mes lectures de 2017. Des coups de cœur, des déceptions, comme une année de lecture se doit de l’être. Mais j’ai quand même eu la chance d’avoir eu beaucoup de livres que j’ai profondément aimé, et j’ai découvert des autrices et des auteurs qui m’ont l’air formidable, et que vous reverrez peut-être cette année.

bilan-lectures-2017

J’ai aussi complété mon challenge sur les auteurs de prix Nobel, ce qui m’a permis de fantastiques découvertes. Certains d’entre eux vont d’ailleurs se retrouver dans mes livres préférés de l’année.

Et oui, comme l’année dernière, je fais un top 10 des livres que j’ai adoré et un flop 5. Pour les départager afin de pouvoir faire un classement, ce ne fut pas simple, mais j’y suis arrivée ! Contrairement au bilan précédent, je vais tout de même rédiger deux ou trois lignes sur chaque livre et ne pas vous balancer une liste et puis hop, démerdez-vous. Non non, un peu de respect.

Je suis donc très fière de vous présenter tout d’abord mes 10 livres préférés.


Top 10

10. La lettre écarlate (Nathaniel Hawthorne) – American Psycho (Bret Easton Ellis)

la-lettre-ecarlate-coverDépartager un classique et un contemporain, ce n’était pas possible ! Ils m’ont chacun marqué à leur façon. La lettre écarlate pouvait avoir un côté vieillot pour certains (je lis d’autres chroniques sur les livres que je lis après avoir balancé ce que j’avais à dire dans la mienne histoire de tester la température) et difficile à lire pour d’autres, mais ce fut tout l’inverse pour moi, je l’ai trouvé assez moderne et facile à lire. J’ai dévoré ce livre, et le relire ne me dérangerait absolument pas, c’est une histoire brillante.

american-psycho-coverQuant à American Psycho, il est effrayant de réalisme sur notre réalité contemporaine. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il faut absolument le lire car il faut s’accrocher (certaines scènes sont juste écœurantes), mais bon… Il fait indéniablement partie de ceux qui nous l’avaient bien dit, et même plus, car il dépeint sans tabou une réalité déjà existante à l’époque. (le début des années 90) Et puis bon, on y trouve Trump comme référence de Patrick Bateman, ça ne vend pas vraiment du rêve sur le personnage… Mais c’est dingue de se dire qu’en fait, les Américains savaient déjà plus ou moins la vérité sur ce sinistre personnage.

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Bilan lectures #12 (novembre-décembre 2017)

Voici mon dernier bilan de l’année, et je dois avouer en être assez fière ! En plus d’avoir terminé le #BookChallengeNobel, j’ai lu pas mal de livres ces deux derniers mois, en tout cas plus que je ne l’espérais.

Les lunes de Jupiter (Alice Munro) #BookChallengeNobel Lire la chronique

Quartier perdu (Patrick Modiano) #BookChallengeNobel Lire la chronique

discours-de-suède-camus-coverDiscours de Suède (Albert Camus)

J’avais déjà lu ce discours une dizaine de fois sur Internet (vous pouvez trouver l’audio et la transcription écrite) mais quand j’ai vu que Folio le rééditait dans un poche pas trop mal foutu et en édition limitée, j’ai cédé face au marketing et je l’ai commandé le jour même de sa sortie. Je suis irrécupérable, il n’y a bien que pour cet auteur que je fais des coups de folie comme ça. Le discours de la réception du Nobel était parfait, comme d’habitude, et il y a aussi celui qu’il a fait lors d’une de ses deux conférences là-bas et une postface de Carl Gustav Bjurström. J’ai, ma foi, beaucoup aimé relire ça.

1001-vies-urgences-coverAlors voilà : les 1001 vies des urgences (Baptiste Beaulieu)

Un livre qui a l’air léger, mais finalement pas tant que ça ! Baptiste Beaulieu est médecin et raconte dans ce livre son quotidien quand il était interne à l’hôpital. Des journées très intenses, et ça on le comprend rapidement. On rit sur certaines anecdotes et sur d’autres, on est juste choqués… Oui, on passe du rire aux larmes très facilement et ça fait la force de ce livre ! Malgré une écriture anecdotique (et ça se comprend, ce n’est pas un romancier mais un docteur, et ça peut toujours être sujet à améliorations), ce livre est très intéressant si on se demande à quoi ressemble le quotidien d’un médecin dans un hôpital, et surtout aux urgences. Un livre qui m’a fait du bien malgré des passages prenants mais un ton plus léger après d’autres lectures fortes en émotions.

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