Le Gang de la clef à molette, d’Edward Abbey

gang-de-la-clef-à-molette-coverQuatrième de couverture

Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la  » Machine « .

Un vétéran du Vietnam accroc à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon, nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molettes -et de dynamite- nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite.

Commence alors une longue traque dans le désert.
Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif à la verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l’Ouest américain.

Critique

Allez hop, premier coup de cœur de l’année côté romans.

Ce livre n’est pas exempt de défauts, mais j’ai adoré le lire. Comme vous l’avez compris, nous sommes dans le Sud-Ouest américain sauvage… J’ai dit « sauvage » ? Pas vraiment, les industriels se sont déjà pointés : ponts, routes, barrages en veux-tu en voilà. Le voilà le principal problème et qui va faire bouger nos quatre protagonistes. Ces derniers sont contre la destruction de la nature et voudraient empêcher ça de continuer inlassablement.

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Les Somnambules, de Hermann Broch

les-somnambules-coverQuatrième de couverture

Les Somnambules est le premier tome d’une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l’Allemagne impériale à l’effondrement de 1918. L’écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXe siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. « L’Histoire a détruit l’Europe centrale. Le grand roman de l’Europe centrale a détrôné l’Histoire. » Milan Kundera.

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge 12 mois, 12 amis, 12 livres.

Je… n’ai pas tout compris.

Ce roman comporte trois histoires, dans lesquelles l’auteur nous parle de la dégradation des valeurs en comparant trois époques différentes : Pasenow ou le romantisme (1888), Esch ou l’anarchie (1903) et Huguenau ou le réalisme (1918). Il m’a fallu atteindre la troisième histoire pour commencer à voir où l’auteur voulait en venir, donc armez-vous de patience durant cette lecture. D’ailleurs, je ne conseille pas cette dernière à tout le monde, j’y reviendrai plus tard en détails.

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La promesse de l’aube, de Romain Gary

promesse-aube-coverQuatrième de couverture

– Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.

Mais alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :

– Alors, tu as honte de ta vieille mère ?

Critique

Ce livre a été lu dans le cadre du mois relecture.

Si ma dernière relecture avant ce livre a été quelque peu décevante, celle-ci fut au contraire un enchantement !

Vous avez tous forcément entendu parler de Romain Gary, de ses deux prix Goncourt (alors que, logiquement, il n’aurait dû en avoir qu’un – je vous conseille de vous intéresser à cette petite entourloupe involontaire) et peut-être même de sa vie un peu dramatique.

La promesse de l’aube est une autobiographie de sa jeunesse. Étant né en Lituanie (la Russie à l’époque), il a grandi en Pologne, avant d’atterrir à Nice, en France. Sa vie fut assez remarquable, en raison d’un élément pas commode mais qui a su déplacer des montagnes pour son fils bien-aimé : sa mère.

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La porte des Enfers, de Laurent Gaudé

la-porte-des-enfers-coverCe livre a été lu dans le cadre du mois relecture.

Premier livre que je lis de Laurent Gaudé à l’époque. Gros coup de coeur. Je suis désolée (surtout pour moi-même) d’annoncer que la relecture de ce roman ne l’a pas été, par contre. On a même failli se diriger vers la déception : ça a assez mal commencé.

Situons le contexte : nous nous trouvons face à deux époques différentes. En premier lieu, on découvre la date avant de commencer à lire : 2002. Cette année, Filippo Scalfaro met à exécution sa vengeance. Celui-ci kidnappe un homme exécrable dans un café et le force à fouler le sol devant une tombe. Il lui fait lire l’inscription (son nom – tiens tiens ?), l’homme ne semble pas comprendre. Il lui coupe finalement les doigts des mains et le laisse gisant sur le sol du cimetière où il l’a trainé.

Ensuite, vient 1980. Que s’est-il passé ? Le fils de Matteo et Giuliana meurt lors d’une fusillade dans une rue alors que son père le mène à l’école. Ce dernier, Matteo, qui était présent et a tenté de faire de son corps un bouclier pour son fils, n’a finalement rien pu faire. Les parents ne se remettent pas de la mort de leur fils. Giuliana réclame vengeance, Matteo obtient le nom du responsable mais lors d’une nuit, est incapable de lui tirer dessus. Il revient tout penaud à leur appartement et il n’a rien besoin de dire, Giuliana sait rien qu’en regardant son visage qu’il a été lâche. Elle le quitte et laisse les souvenirs de son mari et de son fils derrière elle.

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Le non de Klara, de Soazig Aaron

le-non-de-klara-coverCe livre a été lu dans le cadre du mois relecture.

Ce livre, je l’ai lu pour la première fois durant mon adolescence, et je connaissais à peine l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je le considère comme une des œuvres majeures qui a traversé mon adolescence. J’avais très peur de le relire car je me suis dit qu’avec le recul, j’allais considérer ce roman plus sévèrement que je ne l’ai fait auparavant.

Et effectivement, j’ai eu plus de recul. Mais les émotions, très fortes durant ma première lecture, ont été une nouvelle fois au rendez-vous lors de cette relecture. Ce roman, c’est toujours la grosse dépression, mais avec un regard adulte et plus distant. Mais bon, même sans avoir pleuré une nouvelle fois, je n’en menais pas large quand même.

(je viens d’apprendre que je suis en réalité face à une autrice, française qui plus est, je ne savais pas)

C’est l’histoire de Klara, racontée du point de vue de sa meilleure amie, Angélika, dans un journal. Donc ne vous attendez pas à de la grosse littérature, mais tout ce qui y sera raconté sera placé sous le signe de la sincérité.

Et qui est donc Klara ? La femme du frère d’Angélika, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici. A partir de 1942, Klara est déportée. Elle finira à Auschwitz, qu’elle refuse d’appeler par son nom allemand, et qu’elle désigne sous celui polonais, Oswiecim. (pareil pour dire Birkenau, elle utilisera Brzezinka) On reviendra sur ce refus d’employer l’allemand, même si je pense que vous vous doutez déjà de la raison.

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Libérées, de Titiou Lecoq – les livres féministes #13

Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

libérées-titiou-lecoq-coverCertaines personnes m’ont dit qu’à la couverture, elles craignaient un livre pas si sérieux que ça. Alors si vous vous attendez à un essai universitaire, en effet, passez votre chemin. Par contre, j’ai trouvé ce livre très intelligent dans sa construction et son argumentation.

Pour commencer, comme vous avez déjà dû le comprendre, on va parler du ménage quotidien. Pas celui de s’installer à deux ou à plus dans un logement (quoique…), mais plutôt le ménage de ce même logement. Passer le balai, faire la vaisselle, bref, vous avez compris.

La situation est grave, les amis. Ne ricanez pas, c’est important ! En effet, on n’arrête pas de nous dire que ça y est, on a obtenu l’égalité, les hommes et les femmes sont traités pareils, youpi, on sort le champagne.

Range-moi cette bouteille tout de suite.

Nous aussi, les femmes, on y croit pour certains domaines. Le ménage en fait partie. On pense qu’on fait partie de la génération qui est éveillée à toutes ces problématiques, que les hommes participent aux tâches ménagères au même titre que les femmes, d’ailleurs la preuve, c’est que c’est mon ressenti aussi en tant que femme.

Tu as activé ma carte piège, Kaiba.

Pour revenir à un ton plus sérieux, il n’en est rien. La part des hommes aux tâches ménagères n’a pas sensiblement augmenté, et c’est encore pire quand un couple a des enfants. Plus un couple en a, moins un homme s’investit. Ah, j’ai oublié de le dire, mais l’autrice prévient aussi : cet essai se concentre sur des couples hétérosexuels. Et il y a un fort déséquilibre qui se joue entre l’homme et la femme pour des raisons diverses et variées, qui n’ont pas toujours de rapport avec les couples homosexuels.

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Les trois essais de Yuval Noah Harari, un auteur à lire

Je crois qu’on a deviné avec le titre que je vais les complimenter. Mais pas que, parce que ces essais ont aussi leurs défauts !

Je vais donc parler, dans l’ordre, de Sapiens, une brève histoire de l’humanité, d’Homo Deus, une brève histoire du futur, et du dernier écrit par l’auteur, 21 leçons pour le 21ème siècle.

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Yuval Noah Harari est un historien israélien, dont le sujet de base (l’histoire militaire médiévale) ne le prédestinait pas à rédiger ce genre d’ouvrages. Alors que l’université où il travaille demande à ce qu’on donne un cours sur la thématique de l’histoire de l’humanité, tous ses collègues ayant refusé, Harari s’y colle. S’ensuit un succès fou qui ira crescendo, en particulier après que Mark Zuckerberg et Barack Obama aient conseillé le livre. Livre qui aura essuyé une vingtaine de refus à la base, les maisons d’édition qui ne l’ont pas accepté doivent aujourd’hui s’en mordre les doigts. Sapiens est à l’origine sorti en 2011 en Israël, mais n’a connu le succès mondialement qu’autour de 2014-2015.

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Happycratie, d’Edgar Cabanas et Eva Illouz

happycratie-coverQuatrième de couverture

Le bonheur se construirait, s’enseignerait et s’apprendrait : telle est l’idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d’écouter les experts et d’appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L’industrie du bonheur, qui brasse des milliards d’euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d’elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n’aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre que la richesse et la pauvreté, le succès et l’échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?
Et si la dite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ?

Critique

Je dois vous avouer m’intéresser de près à cette thématique. Je suis psychologiquement pas bien au moment où je rédige cette chronique, même si ça va mieux. Mais on m’exhorte à aller mieux d’une certaine manière, et pas autrement. Je me sens touchée par les problèmes de société qu’on traverse ? Rien à voir, tu réfléchis trop, t’es trop pessimiste.

Si, en effet, j’ai tendance à me déprécier, je ne vois pas en quoi être tout le temps positif règle les problèmes de la vie. Je les vois, les gens positifs et qui réussissent (les deux ne vont pas toujours ensemble d’ailleurs), ils ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes, et si tout va bien pour eux, tout va bien pour tout le monde. Ils vivent dans une autre réalité et disent qu’il faut souffrir, encore et encore, sans se plaindre de préférence, pour vivre bien.

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Drawdown, de Paul Hawken

Comment inverser le cours du réchauffement planétaire

drawdown-coverQuatrième de couverture

Nous savons qu’il nous reste peu de temps pour agir. Un nombre toujours plus important de scientifiques nous mettent en garde : dans quelques années, il sera trop tard. Le changement climatique menace de défaire le tissu social, de saper les fondations mêmes de la démocratie et de précipiter la disparition de nombreuses espèces. Dont l’être humain.
Fort de cette urgence, Drawdown propose une feuille de route à l’usage des gouvernements, des territoires, des villes, des entreprises et de chacun d’entre nous. Plutôt que de baisser les bras, ce livre veut nous aider à surmonter la peur, la confusion et l’apathie, pour passer à l’acte.
Drawdown désigne le point de bascule à partir duquel la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, après avoir atteint un pic, se met à diminuer d’une année sur l’autre.
L’objectif de ce livre est de nous aider à engager cette bascule.
Pour y parvenir, Paul Hawken et soixante-dix chercheurs ont élaboré un plan inédit : quatre-vingts solutions pour inverser le cours du changement climatique. En décrivant leurs impacts positifs sur le monde financier, les relations sociales et l’environnement, ils nous enjoignent à organiser notre action : commencer par ce qui aura le plus d’impact et construire une stratégie globale.
Nous disposons de tous les outils nécessaires, à nous de nous mettre au travail.

Critique

En voici un livre dense ! (très dense) Tout le monde est au courant de la catastrophe écologique qui se déroule en ce moment même. Ce livre parle donc de l’aspect dont il est d’ailleurs le plus question dans les médias quand ils ne font pas de micro-trottoirs avec les gens ravis de ces températures à la plage : le réchauffement climatique.

Celui-ci n’est évidemment pas que de notre ressort : la planète se réchauffe toute seule, notamment à travers l’activité des volcans, la variation des rayonnements solaires, etc. Le problème, c’est que le réchauffement va beaucoup plus vite qu’il ne le devrait naturellement et c’est là qu’entre en jeu notre responsabilité. Nos activités pour nous permettre un certain confort, en plus de ne profiter qu’à certains, mettent en danger l’entièreté de la planète. Et pas seulement les humains : la faune et la flore, qu’on a eu tendance à dénigrer ces dernières décennies et à exploiter sans vergogne.

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Sorcières, de Mona Chollet – les livres féministes #12

sorcières-mona-chollet-coverTiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas sorti un article de cette série ! Et je pense que beaucoup d’entre vous ont entendu parler de la sortie de ce livre le mois dernier. Ayant beaucoup apprécié Beauté Fatale et Chez soi de la même autrice, je ne pouvais décemment pas louper celui-là. Après, pour le bien de mon porte-monnaie, je n’étais pas obligée de l’acheter aussi tôt, certes. (mais il a quand même failli bouter le nouveau livre d’Eric Zemmour de la première place des ventes, et ça, ça n’a pas de prix)

Comme vous vous en doutez, on va parler de sorcières… mais peut-être pas tout à fait de la manière que vous vous imaginez. En effet, l’autrice nous présentera un historique concis de l’image des sorcières qu’on a dans notre culture, mais aussi dans celles d’avant… qui était peu reluisante, il faut bien le dire. Elle prend d’ailleurs un exemple qui me parle, vu que ce personnage me terrifiait quand j’étais enfant, il s’agit… de la sorcière dans Blanche-Neige.

Elle va aussi mentionner d’autres exemples, mais on ne va pas s’appesantir là-dessus. Elle parlera aussi des fameuses chasses aux sorcières, qui ne sont pas forcément celles qu’on s’imagine. On pense à la magie, à l’herboristerie, etc, quand on pense aux sorcières. Il ne sera pas question de celles-là dans ce livre. Non, c’est beaucoup plus compliqué que cela.

On va donc quand même parler des chasses aux sorcières (celles qui ont causé la mort de dizaines de milliers de morts en Europe à partir du 16ème siècle). Lesquelles alors ? Les sorcières en question sont… des femmes. C’est pas très clair, une précision peut-être ? En effet, il ne s’agit pas de n’importe quelles femmes : les conformistes, aucun problème, malgré la peur qui devait dévorer leur estomac assez régulièrement, elles s’en sont sorties. Par contre, celles qui ont fait preuve d’une certaine autonomie, elles ont pris cher. L’autrice va donc parler des femmes célibataires, des femmes sans enfants ainsi que des femmes âgées, dans trois parties qui détaillent ces cas (dont je fais d’ailleurs partie sur au moins deux éléments, ravie d’apprendre qu’on m’aurait torturée, violée et tuée à l’époque).

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