Dix questions sur le féminisme, de Valérie Rey-Robert – les livres féministes #30

Je ne pense pas que les féministes qui viennent voguer par ici soient forcément intéressées par ce livre. Par contre, c’est un très bon guide pour les personnes qui n’y connaissent pas grand-chose sur le sujet ou qui ont des préjugés.

J’ai été agréablement surprise par cet ouvrage. Je le trouve très actuel dans ce qu’il aborde, je m’attendais à quelque chose de plus consensuel. Mais j’avais oublié qu’il avait été rédigé par Valérie Rey-Robert, autrice et tenante du blog Crêpe Georgette qui n’est plus à présenter pour les connaisseur·se·s.

Tout d’abord, l’introduction est très rapide (deux pages) où l’autrice donne une définition du sujet qui n’est pas bâclée comme on pourrait le croire. De plus, elle est ferme dans ses propos dès le début, ne laissant pas de place aux petits malins qui oseraient passer par là (on sait que non mais on ne sait jamais).

Le premier chapitre aborde l’histoire du féminisme (occidental, on ne va pas se mentir). Il permet de remettre les pendules à l’heure sur les rumeurs qui traînent… mais pas que sur l’histoire du mouvement. Ce sera le cas pour tous les autres sujets abordés sous le prisme du féminisme. Ça répond à l’argument « les féministes, c’était mieux avant ».

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Bilan lectures #52 – septembre 2021 + demande pour une FAQ

Un mois qui n’aura pas été parfait mais j’ai quand même fait de bonnes lectures ! Pas sûr que ça s’arrange le mois prochain, une fatigue inexplicable commence à agir sur moi (c’est toujours comme ça, c’est frustrant).

Enfin, on verra bien ! En attendant, voici les lectures que j’ai faîtes, plutôt bonnes dans l’ensemble (à l’exception d’une).

Dating Fatigue (Judith Duportail)

Judith Duportail a écrit un livre qui s’est fait remarquer, donc vous la connaissez peut-être déjà : L’Amour sous algorithme. Du coup, elle pourrait paraître confiante parce qu’elle connaît bien les coulisses des applications de rencontre, notamment Tinder, mais en fait, pas vraiment. Elle est aussi perdue que nous sur les relations amoureuses et nous raconte ses doutes, ses tatônnements, causés en partie par toutes les incivilités connues sur ce genre de plateformes (le ghosting notamment). Elle fait une pause affective, ce qui lui permet de mieux observer les choses avec recul. Même si sa vie, son vécu, sont sensiblement différents du mien (qui c’est la meuf qui passe son temps à fuir ? C’est bibi), elle a réussi à me toucher. Si tout ce qu’elle raconte ne me parle pas forcément, je trouve le propos et l’analyse intéressantes. Ça m’a aussi amené à une réflexion (plus poussée, j’avais déjà commencé) sur les relations amoureuses (ou amicales) que je souhaitais ou non. L’autre livre que j’ai chroniqué et lu à la suite m’a aussi aidé sur ce plan. L’inégalité qui pèse forcément dans un couple hétéro est abordé (à un moment ou à un autre, on y vient). Judith Duportail m’a impressionnée car elle a confié des choses, des pensées assez intimes, que je n’aurais jamais osé révéler dans un livre à destination de milliers de personnes. En clair, son récit m’a fait beaucoup de bien, malgré ma gêne sur certaines révélations (plus pudique que l’autrice).

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Nos amours radicales – les livres féministes #29

Quand j’ai su qu’un tel livre allait être publié, je ne suis pas passée à côté. Huit personnes ont chacun.e écrit un texte sur leur vision de l’amour hétéropatriarcal. Ce dernier n’est pas aussi heureux qu’on ne veut nous le faire croire : c’est un lieu de reproduction des normes patriarcales après tout. De plus, il a tendance à être hiérarchisé au-dessus de tout type de relation, que dis-je, il y en aurait qu’une en plus (faux) : l’amitié qui, selon notre société, ne vaudrait pas grand-chose face à l’amour (hétéro, l’homophobie est une tradition dans ce pays).

Cet amour hétérosexuel monogame apporterait soit-disant le bonheur. Pour qui ? Là est la question… Enfin, pas pour les féministes. Nous, on sait quoi répondre. En tant que femme (c’est différent pour les hommes), on nous le vend depuis notre plus tendre enfance comme le modèle ultime à atteindre. Il y a une réelle injonction à être en couple (sans compter qu’il faut aussi construire le reste avec : habiter ensemble, avoir une maison, des enfants…).

Ce schéma peut ne pas plaire à des hommes, me direz-vous, mais là n’est pas la question par contre. Qui est vraiment lésé par ce genre de relations ?

Je pense qu’il est important de critiquer l’hétérosexualité politique, lorsqu’on est une femme qui a du désir, de l’attirance (physique, romantique et/ou sexuelle) pour les hommes cisgenres. Il en va de notre survie et de notre émancipation, le désir ne suffit pas à rétablir la justice et à éliminer tous les systèmes d’oppression.

– Sharone Omankoy

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La guerre n’a pas un visage de femme, de Svetlana Alexievitch

Oui, je n’avais pas encore lu cet ouvrage emblématique de son œuvre ! (c’est le premier livre qu’elle a publié) Je m’y suis enfin collée cet été et je ne le regrette pas. Encore une très belle œuvre (nécessaire).

Dans ce livre, l’autrice a rassemblé des témoignages de personnes qui ont été essentielles pour la bonne marche de l’Armée rouge (celle de l’URSS) mais qu’on a cherché à faire taire et à effacer : les femmes. De plus, l’autrice avait une idée bien en tête : les laisser parler de leur guerre à elles, pas forcément le vécu des hommes et encore moins les faits. Il y a déjà beaucoup de livres sur ces éléments-là, ça devrait aller. Elle a passé sept années (il a été publié en 1985) à recueillir ces témoignages de femmes (vive le bouche à oreille). Ça n’a pas toujours été facile… Elles ne souhaitaient pas toutes parler, et même quand c’était le cas, elles n’ont pas tout dit, certains sujets sont passés sous silence (les viols au sein de l’Armée par exemple, qu’une femme a osé dévoiler rapidement).

Bien évidemment, son livre a été censuré dans son propre pays (citation d’une conversation avec un censeur) :

– Oui, la victoire nous a coûté bien des souffrances, mais vous devez chercher des exemples héroïques. Il s’en trouve par centaines. Or vous ne montrez de la guerre que la fange. Le linge sale. Avec vous, notre Victoire devient horrible… Quel but poursuivez-vous? – Dire la vérité. – Et vous pensez que la vérité, vous allez la trouver dans la vie ? Dans la rue ? Sous vos pieds ? Pour vous, elle est aussi basse que ça ? Aussi terre à terre ? Non, la vérité, c’est ce dont nous rêvons. Ce que nous voulons être !

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TAG – Intimidating TBR

Ce TAG vient de… l’origine s’est un peu perdue car je ne l’ai pas retrouvé (vu le titre, la source est anglaise). Je ne suis pas très en forme en ce moment alors un petit TAG s’annonce parfait pour commencer le mois avant que les articles plus sérieux arrivent (oui, je pense à vous et ce n’est pas l’envie qui manque en plus).

Donc en attendant la suite, un petit TAG modeste sur ma PAL ! (tout aussi modeste, elle, avec ses plus de 150 livres)

  1. Un livre dans ta PAL que tu n’as pas terminé

Le tome 2 de la trilogie 1Q84 de Haruki Murakami. J’étais étudiante à l’époque et j’avais lu le premier tome sans penser que je n’aurais pas le temps de lire le deuxième… Et voilà où j’en suis de ma lecture de cette trilogie.

  1. Un livre que tu n’as juste pas eu le temps de lire

Bon, comme l’a dit une certaine blogueuse, on pourrait techniquement répondre « tous les livres de ma PAL ». Mais comme je suis mignonne, je vais quand même vous donner une réponse plus précise : Personne ne gagne de Jack Black. J’attends un moment où je pourrais vraiment me poser et être en capacité de le savourer.

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Bilan lectures #51 – août 2021

Pas d’article ce mois-ci mais j’espère me rattraper en septembre ! Pas lu tout ce que je voulais mais globalement, j’en ressors quand même avec un bilan pas mal (pas de mangas pour faire genre cette fois-ci).

Et c’est parti !

Habiter en oiseau (Vinciane Despret)

Un essai qui est moyennement accessible mais intéressant tout de même. L’autrice y explore ce qui fait territoire pour les oiseaux. Il n’y a pas vraiment de conclusion, et tant mieux, car il n’y a pas une réponse manichéenne. Les oiseaux ont plusieurs raisons de tenir à leur territoire (ou de ne pas y tenir), les ressources ne sont pas suffisantes pour établir un territoire, la présence de femelles non plus (et elles ne sont pas interchangeables, pas merci à la vision misogyne de l’époque d’avoir fourré son nez absolument partout). Les chants n’ont pas forcément la vocation qu’on peut habituellement leur prêter, comme d’attirer les femelles, ça peut aussi servir de « combat ». Je mets entre guillemets car on ne parle pas forcément de se battre au premier degré, de combat physique : c’est même assez rare. Les chants, le plumage de l’oiseau, sont de meilleurs outils. A une exception près, les oiseaux aiment avoir du voisinage et se jouent des partitions et des pièces dont je ne pourrai rendre compte ici. Mais j’ai beaucoup aimé la rigueur dans ses recherches de l’autrice, sa sensibilité qui permet souvent une nouvelle analyse. Est-elle fausse, est-elle plus juste ? Aucune idée mais elle permet de voir les choses autrement, avec des yeux plus lucides peut-être. Certains chercheurs ne l’avaient pas été à l’époque, aveuglés par leurs préjugés. Quelque chose qu’elle remet en cause et qui a tendance, ces dernières décennies, à changer. Ce livre aura été passionnant à lire mais l’autrice reste une philosophe, pas forcément le premier essai que je vous conseillerai si vous voulez les commencer, bien que son ton soit accessible par rapport à d’autres de ses collègues.

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Bilan lectures #50 – juillet 2021

Ce mois-ci est un peu plus satisfaisant… mais ça aurait quand même pu être mieux (jamais contente). J’espère que je lirai plus de choses en août… C’est que j’ai une PAL à rallonge et que j’aimerais bien avancer, figurez-vous.

Bon, j’arrête de râler et je vous présente mes lectures du mois de juillet !

Magic Knight Rayearth, tome 2, 3 et 4 (CLAMP)

Hé bien pour un « vieux » manga, il réussit à me surprendre. Je ne m’attendais pas forcément à ce qui s’est passé dans le tome 3… ni à ce que la continuité soit ainsi dans le tome 4. Cela apporte de nouveaux éléments et un regain d’intérêt pour une histoire qui semblait juste être classique, sans plus. Le dessin des CLAMP, vous prêchez une grande convertie, pas besoin d’en dire plus.

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Scum Manifesto, de Valerie Solanas – les livres féministes #28

Je pense que les féministes en ont tou·te·s entendu plus ou moins parler : ce manifeste, sorti en 1968, est connu de par sa misandrie assumée et d’un projet qui va même au-delà de ça : renverser le patriarcat, quitte à tuer des hommes.

Valerie Solanas est passée pour une « folle » à l’époque, et beaucoup d’hommes, de femmes (et même de féministes !) ont fait en sorte que ça soit le cas. La postface de Lauren Bastide en parle bien. Seulement, comme cette dernière, je ne pense pas qu’il y ait matière à rire de ce livre ou à s’en moquer. Cette souffrance que j’ai entrevu dans les lignes de son manifeste, à travers la colère et la grossièreté, ce n’est pas drôle. Et je pense qu’il n’y a qu’une femme pour comprendre, même si elle désapprouve sa stratégie. Oui, désolée les alliés cis mecs, je pense que ça va être très difficile pour vous de prendre du recul sur ses propos, et pour les autres hommes, n’en parlons même pas. Ils sortiraient le briquet pour faire un feu de camp avec.

Les quatre premières pages m’ont un peu déplu mais la suite a été géniale. Je rejette tout le regard essentialiste qu’elle pose sur les hommes (et même les femmes, en renversant le paradigme négatif à notre encontre) mais si on analyse ses propos en remplaçant ce caractère fataliste par ce qu’on connaît de la construction sociale genrée, bah… Elle a raison en fait.

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TAG – Est-ce que j’ai ce livre ?

Le TAG de l’été ! Non, je déconne, c’est juste que l’été est assez propice aux TAGs, je trouve.

Celui-ci pose des questions pour savoir si je possède tel livre selon tel critère. Je me suis bien amusée à le faire. Je le trouve vraiment intéressant, il fait appel à notre mémoire, mais pas que, il faut fouiller dans sa bibliothèque pour pouvoir répondre à certaines (ou sur Livraddict, on est feignasse ou on ne l’est pas).

Bref, un petit article pas prise de tête !

Est-ce que je possède un livre avec les pages “rognées”/ »irrégulières » ?

J’ai fait la grossière erreur de commander en occasion (oui, je dis « grossière » parce que ce n’est pas la première fois que je commande d’occasion en ligne et que j’ai des problèmes, votre dieu Momox, là…) La permaculture de 1978 à nos jours de Christophe Gatineau. La couverture est rognée légèrement sur le haut… « Très bon état », qu’ils disaient…

Est-ce que je possède un livre avec trois personnes ou plus sur la couverture ?

Germinal d’Émile Zola. On voit une bande de joyeux lurons qui gambadent sur la couverture. On peut dire que c’est aussi un résumé du livre… Non, je déconne. Voici ma chronique et allez le lire, oubliez ce que je viens de dire.

Est-ce que je possède un livre basé sur une autre fiction ?

Meursault contre-enquête de Kamel Daoud, basé sur mon livre préféré, L’Étranger d’Albert Camus. Un roman intéressant où l’auteur laisse la place au frère de « l’Arabe » que Meursault a tué, où il lui donne un nom alors qu’il était anonyme, où il remet en question et dénonce le paradigme colonialiste qu’a pu avoir Camus dans ce roman, n’en déplaise à ce dernier.

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Bilan lectures #49 – juin 2021

Comme je m’en doutais, ce mois-ci a été maigre en lectures. J’ai fait comme j’ai pu mais comme j’ai dû un peu bossé (sans être rémunéré, c’était un stage) et que c’était très fatigant et intense, j’ai eu d’autres priorités (comme dormir plus tôt) que de lire.

J’ai quelques petites lectures à vous montrer quand même. C’est parti !

Fullmetal Alchemist Perfect Edition, tome 7 (Hiromu Arakawa)

Bon, vous savez que je n’ai pas grand-chose à dire que des compliments sur ce manga. Par contre, j’ai été assez perturbée par le choix du personnage sur la couverture. Pas que je sois contre, du tout, mais… on ne la voit pas du tout apparaître dans ce tome ! Du coup, j’ai du mal à comprendre ce choix…

La révolution du potager (Béné) Lire la chronique

Plus qu’un livre de jardinage ! Vraiment, si vous vous intéressez à l’écologie, je trouve qu’il donne un fil conducteur sans nous culpabiliser parce que, bah… là, présentement, on peut pas. Et puis croyez pas que vous devez rester dans votre coin ! L’autrice offre des pistes pour s’engager collectivement aussi.

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