Portrait d’une végétarienne qui n’aime pas les légumes

Titre étrange, vous vous dîtes ? Vous êtes encore loin du compte !

Tout d’abord, un petit rappel : comme vous l’avez compris, je suis végétarienne, ce qui signifie que je ne mange ni viande, ni poisson. Les végétaliens, en plus de ça, ne mange pas ce qui est produit par l’animal (le lait, les oeufs, le miel). Quant aux vegans, ils sont végétaliens, mais leurs principes ne s’arrêtent pas à l’alimentation : ils refusent de consommer, d’utiliser des choses qui ont été produites grâce à l’exploitation des animaux : le cuir, la laine, les produits (cosmétiques, pharmaceutiques) testés sur les animaux, etc. J’espère que c’est plus clair pour vous.

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Mais je suis sûre que votre esprit s’est arrêté plus ou moins sur le titre : une végétarienne qui n’aime pas les légumes ? N’est-ce pas un oxymore ? Avant de vous dire en quoi j’en suis venue au végétarisme, je pense qu’il va falloir impérativement aborder ce sujet qui régit beaucoup mon rapport à l’alimentation.

Qu’est-ce que tu manges en fait ? Tu manges au moins ?

(la dernière question de ce sous-titre m’a réellement été posée, à la fois avec de l’incrédulité et de la moquerie, et pas qu’une fois)

Oui, je mange ! Incroyable, mais vrai ! Le nombre de personnes perplexes face à mon alimentation sont nombreuses, et je dirais même que tout le monde y passe. Par contre, ne pensez pas qu’un végétarien ne mange que de la salade, j’ai déjà subi ce cliché à de nombreuses reprises. Véridique, au point que quand je réponds que je n’aime pas la salade, on me demande « Mais qu’est-ce que tu manges alors ? », genre on ne mange que ça. Ils nous prennent pour des tortues – sachant que les tortues ne se contentent pas de ça, bien au contraire.

Et quand je dis que je n’aime pas les légumes, on me regarde assez bizarrement. Là encore, les légumes ne sont pas uniques dans l’alimentation des végétariens. En tant que fille difficile, je n’en aime aucun. Et je suis vivante, miracle, non ? Plus sérieusement, je me nourris principalement de féculents, de légumineuses (petits pois, haricots blancs, pois chiches, tout ça), de fruits et de céréales et de gâteaux. Tout en n’aimant pas tout dans ces catégories. Ni n’importe comment. Par exemple, j’aime les pâtes avec de la sauce tomate mais surtout pas avec de la crème fraîche. Et ce n’est pas parce que j’aime la sauce tomate que j’aime les tomates pour autant… Vous commencez à le voir, le délire ?

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Chez soi, de Mona Chollet

chez-soi-mona-chollet-coverQuatrième de couverture

Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de  » famine temporelle  » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question  » Qui fait le ménage ? « , persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs… Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux.

Critique

J’avais déjà commencé à connaître Mona Chollet grâce à son connu Beauté fatale, qui n’a pas convaincu tout le monde, mais quand tu t’inities au féminisme, c’est vraiment un bon livre. En 2015, j’ai donc lu Chez soi que je trouve bien meilleur.

Je l’ai relu et celui-ci n’a pas eu la même portée qu’à l’époque. Normalement, quand on relit un livre, on a un peu les pétoches, on se demande si celui-ci va toujours autant nous plaire qu’avant, si on ne va pas soudainement lui trouver des défauts qui vont gâcher notre lecture. Et non seulement il m’a parlé comme lors de ma première lecture, mais au vu des mes questionnements actuels, il a eu une portée supérieure.

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Bilan lectures #18 (juin-juillet 2018)

Me voici à nouveau avec un bilan bimensuel ! Je dois avouer que le mois de juin ne fut vraiment pas fructueux et j’allais pas faire un article pour rien. Je parlerai un peu plus en détail du pourquoi du comment de mes lectures à la fin de l’article, alors c’est parti !

Auprès de moi toujours (Kazuo Ishiguro) Lire la chronique

Kazuo Ishiguro est prix Nobel 2017 mais ce n’est pas pour ça que je voulais le lire, j’avais ce roman dans ma PAL bien avant qu’il n’obtienne ce prix. Ce fut une histoire un peu différente de ce à quoi je m’attendais, avec une écriture qui pourra sûrement en rebuter certains, mais ce ne fut pas mon cas, j’ai trouvé cette vie quotidienne d’enfants à part très intéressante.

petit-manuel-de-résistance-contemporaine-coverPetit manuel de résistance contemporaine (Cyril Dion)

Je rentrerai plus dans les détails plus loin, mais en gros, j’avais besoin de cette lecture. Dans cet ouvrage, Cyril Dion, co-fondateur du mouvement Colibris (mais si, Pierre Rabhi, tout ça, vous savez), nous explique vers quoi on se dirige et en quoi il est urgent de changer nos modes de vie. Pas forcément pour changer le cours des choses (il est probablement trop tard) mais au moins pour être paré pour survivre aux conséquences. Et pas des moindres : le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources, l’augmentation de la population sur la planète (mais faîtes quand même des gosses, qu’ils disent !)… Je sais ce que vous vous dîtes : encore un énième livre sur l’écologie, à vouloir nous culpabiliser, blablabla. Je l’ai trouvé assez différent de ce qu’on peut trouver, surtout quand on est un peu paumé comme moi. Pour les personnes qui s’intéressent déjà au sujet, vous risquez de ne pas forcément trouver chaussure à votre pied mais pour ceux qui, comme moi, n’y connaissent rien, ce livre est vraiment super ! Il contient quasiment toutes les réponses à mes questions, ça m’a clarifié mon esprit confus. Le livre est vraiment très bien structuré et amène une idée intéressante : quelles histoires nous racontent-on pour entretenir le mythe de cette société ? C’est vraiment très instructif… De plus, il est justement non-culpabilisant : il nous apprend à faire des choses par nous-mêmes, petit à petit, et nous dit aussi que politiquement parlant, il va falloir faire quelque chose aussi…

Je vous laisse avec deux chroniques qui en parlent bien mieux que je ne pourrais le faire :

Si vous avez des suggestions d’ouvrages en rapport avec ce thème, je suis toute ouïe, car je suis un peu perdue.

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Le refus du travail, de David Frayne

le-refus-du-travail-coverComme je le dis à chaque fois que je présente ce livre quelque part : ce n’est pas un truc de feignasse ! Mais j’assume moins alors que je vis chez mes parents, je cache toujours la couverture… au cas où. Une incompréhension est si vite arrivée…

Mais revenons-en au livre ! Celui-ci ne prône pas la paresse, il n’est pas question de ça. Il remet plutôt en cause notre société basée sur le travail et plein d’autres domaines de notre vie qui sont grandement influencés par ce facteur. Et quand il entend « travail », il veut surtout dire « emploi ».

Dans ce livre, le sociologue David Frayne va diviser son livre en huit parties distinctes. Si vous avez des questions, vous pouvez être sûr qu’il va y répondre à un moment ou à un autre. En attendant, il fallait bien donner la définition du travail (ou de l’emploi, j’utiliserai le terme travail dans la suite de l’article), l’histoire derrière ce qui nous semble acquis de nos jours (et qui ne l’était pas forcément selon les époques), et donc, comment notre vision actuelle du travail a commencé. Jusque-là, il ne fait que poser les bases, mais si vous n’êtes pas trop au fait de ce sujet, vous risquez d’apprendre des choses.

Il parle aussi d’un sujet auquel nous pensons sans forcément nous attarder dessus, ni même penser que la chose doit changer, vu qu’elle est considérée comme normale : la politique du temps. Avec les progrès qu’on rencontre, ne devrions-nous pas avoir plus de temps pour nous ? Mais nous n’en avons finalement pas… Pourquoi donc ? Parce que le capitalisme a un principe simple : produire encore plus pour toujours plus de profit. Ce n’est donc pas dans l’intérêt des capitalistes que nous travaillions moins.

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La Condition ouvrière, de Simone Weil

La_condition_ouvriere.qxd:La condition ouvriere.qxdQuatrième de couverture

En décembre 34, Simone Weil entre comme « manœuvre sur la machine » dans une usine. Professeur agrégé, elle ne se veut pas « en vadrouille dans la classe ouvrière », mais entend vivre la vocation qu’elle sent être sienne : s’exposer pour découvrir la vérité. Car la vérité n’est pas seulement le fruit d’une pensée pure, elle est vérité de quelque chose, expérimentale, « contact direct avec la réalité ». Ce sera donc l’engagement en usine, l’épreuve de la solidarité des opprimés – non pas à leurs côtés mais parmi eux.

Critique

Vous voici devant l’essai d’une grand dame comme il y en a très rarement en un seul siècle. Simone Weil est une philosophe et autrice du début du XXème siècle, malheureusement décédée assez jeune en 1943. (à l’âge de 34 ans !) Et non, ce n’est pas une faute d’orthographe, Simone Weil et Simone Veil ne sont pas les mêmes personnes.

Celle-ci décide, en 1934, de vivre la vie d’ouvrier dans toute sa dureté, et ceci pendant un an. Elle veut savoir ce qu’il en est réellement, elle veut se rapprocher le plus possible de la réalité souvent minimisée des travailleurs en usine, ne pas se barricader dans une aura d’élitisme propre à son milieu. Pour elle, il faut le vivre pour le comprendre et l’analyser. De plus, il y a un trait de sa personnalité qui m’a sacrément impressionnée pour une intellectuelle. On en reparlera car cela fait d’elle une personne à part. Ses écrits ont d’ailleurs été publiés dans la collection Espoir de Gallimard par un certain Albert Camus. (je vous assure que je ne le fais pas exprès)

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Janelle Monáe – tout en musique #7

En voilà une artiste pas comme les autres ! Janelle Monáe est une artiste américaine qui a le talent de mélanger hip-hop, soul, funk, rock’n’roll et dance. C’est une chanteuse noire avec une créativité qui nous offre quelque chose d’original, avec un look toujours travaillé qui lui va toujours à merveille. (encore une qui pourrait porter un sac poubelle, ça ne changerait rien…)

Janelle Monáe photo

J’ai découvert Janelle Monáe lors de la sortie de son premier album, The ArchAndroid, en 2010. Au vu de mes préférences de l’époque, je ne pensais pas que ce qu’elle avait à proposer me plairait. Grossière erreur ! Son premier album est juste génial.

Comme je l’ai déjà dit, elle mélange souvent les genres et c’est d’autant plus visible dans son premier album, une véritable pépite.

Voici Tightrope, la chanson qui a sûrement éveillé l’intérêt de beaucoup pour cette artiste :

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TAG – Sunshine Blogger Award

C’est l’été, alors on peut bien se reposer avec un petit TAG ! De toute façon, je n’ai pas le choix, le blog Une vie, des livres me surveille. Oui, c’est elle qui m’a taguée ! N’ayant de toute façon pas d’idée d’articles en-dehors de mes chroniques, ça tombe bien.

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La meuf qui revendique la maternité de son montage de merde, elle a pas honte.

(et en plus, y a une faute)

Voici donc les principes à respecter :

– On insère le logo du TAG (vous pouvez le faire à votre sauce… genre, comme moi. Sinon, vous avez le logo d’origine sur le TAG d’Une vie des livres). On doit aussi citer la personne qui nous nomine.

– On répond aux 11 questions posées par cette personne.

– On nomine 11 autres blogueurs, et on leur pose 11 questions différentes.

Les questions posées par Kathleen

1. Quel type d’articles préfères-tu écrire ? 

Les chroniques ! Ce serait un peu embêtant sinon pour un blog sur les livres, me direz-vous… J’aime énormément parler de mes lectures (ou, en tout cas, de celles que je chronique), analyser tout ce que j’ai pu noter et ressentir durant ma lecture, c’est passionnant. Avant, prendre du recul sur les livres que je lisais, ça arrivait parfois des années après ! Bref, ça me permet de mieux cerner ce qui m’a plu ou déplu… de façon plus rapide /tousse/ mais aussi de manière plus sérieuse et appliquée.

shutter-island-film-pic2. Quelle adaptation cinématographique d’un livre as-tu préférée au livre lui-même ?

Le voici mon point faible : le cinéma ! Je ne regarde que trèèès peu de films, et les adaptations cinématographiques de romans ne font pas exception. Cependant, sans avoir forcément lu le livre, il y a un film qui me paraît être excellent et je vous avoue que je vois mal comment le roman peut être mieux. Il s’agit de Shutter Island (Dennis Lehane). Si vous avez vu le film et lu le bouquin, je veux bien votre avis.

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Un funambule sur le sable, de Gilles Marchand

funambule-sur-le-sable-coverQuatrième de couverture

C’est l’histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. A l’école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l’ignorance des adultes et des enfants. A ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s’avère être un atout qui lui permet de rêver et d’espérer. Roman de l’éducation, révérant la différence et le pouvoir de l’imagination.

Critique

Je m’attendais à un traitement plus sérieux, pas forcément à l’histoire d’une vie. Est-ce que cela a finalement influencé mon opinion dans le mauvais sens ? Pas vraiment. Au contraire, ce livre m’a un peu servi de pansement mais on reparlera plus tard.

C’est l’histoire de Stradi (surnom donné par ses camarades de classe parce que Stradi = Stradivarius, un des meilleurs violons existants), un jeune garçon très attachant, dont on suivra son évolution en tant qu’adolescent, puis dans sa vie d’adulte. Et des complications, il va en avoir dès le début de sa vie : naître avec un violon dans la tête, ce n’est pas banal, et ça en fait un sujet de questionnements très intéressants pour la médecine… qui n’en mène de toute façon pas large. Faut-il l’opérer pour lui enlever ce violon ? N’est-ce pas un peu trop dangereux ? Faut-il lui donner un traitement ? Finalement, les médecins opteront pour le laisser grandir avec ce violon dans la tête pour ne pas perturber sa croissance. (et puis jamais personne n’a enlevé un violon d’une boîte crânienne)

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Si par une nuit d’hiver un voyageur, d’Italo Calvino

si-par-une-nuit-italo-calvino-coverQuatrième de couverture

Vous, lecteur, vous, lectrice, vous êtes le principal personnage de ce roman, et réjouissez-vous : c’est non seulement un des plus brillants mais aussi un des plus humoristiques qui aient été écrits dans ce quart de siècle.
Vous allez vous retrouver dans ce petit monde de libraires, de professeurs, de traducteurs, de censeurs et d’ordinateurs qui s’agitent autour d’un livre. Vous allez surtout vous engager dans des aventures qui vous conduiront chaque fois au point où vous ne pourrez plus retenir votre envie d’en savoir davantage, et là, ce sera à vous de continuer, d’inventer. Bon voyage.

Critique

En voilà un livre atypique ! Il m’aura bien surpris de par son thème, et surtout, sa structure. Je l’ai lu en lecture commune avec La viduité, merci à lui 🙂

En effet, nous suivons des réflexions à propos de la lecture, des livres, des lecteurs, des librairies, des éditeurs, des censeurs… Il y a eu pas mal de choses qui m’ont parlé, notamment celle-ci :

Écouter quelqu’un qui lit à haute voix, ce n’est pas la même chose que lire en silence. Quand tu lis, tu peux t’arrêter, ou survoler les phrases : c’est toi qui décides du rythme. Quand c’est un autre qui lit, il est difficile de faire coïncider ton attention avec le tempo de sa lecture : sa voix va ou trop vite ou trop lentement.

Bien évidemment, en tant que lecteur/lectrice, les remarques sont multiples et correspondant pour la plupart à notre vécu parmi les livres. Elles sont un vrai plaisir durant cette lecture, elles nous ramènent forcément à quelque chose que l’on connaît, grâce auquel l’auteur crée une sorte de lien de connivence, de compréhension, avec nous, les lecteurs. Ces passages m’ont souvent fait sourire, c’est une vraie régalade. En tant que lectrice, je me suis forcément sentie concernée.

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Carnet de lecture #1 – mes observations

Le début du titre vous dit quelque chose ? C’est peut-être parce que j’ai copié le concept sur La viduité (blog que je vous conseille cent fois d’ailleurs), mais bien évidemment, mon article ne sera jamais à la hauteur de sa brillante prose et de ses raisonnements.

Je compte reprendre le principe mais à ma sauce. Je compte aborder de façon un peu aléatoire certains points que j’ai remarqué au fil de mes lectures qui se sont faites bien plus nombreuses depuis deux ans. Des choses changent et des remarques se font, et les poser « sur le papier » vous permet de me suivre un peu mieux, mais me permet aussi de faire un point.


En tant que lectrice

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La lectrice, Federico Faruffini.

Mes goûts évoluent

Et oui, même si ça reste peu perceptible, je me sens bien plus exigeante, ce qui influe pas mal sur mon jugement des livres que je lis. Je suis beaucoup moins satisfaite, beaucoup moins indulgente qu’avant, ce qui s’en ressent sur… ma PAL. J’en ai constitué la grande partie il y a deux ans en faisant une razzia dans les livres d’occasion. J’ai surtout suivi les conseils d’à peu près tout le monde, ce qui a provoqué une immense erreur avec Les derniers jours de Rabbit Hayes.

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