Écologie : la perte de temps n’est plus permise

Cet article sonnera un peu « donneur de leçons » à certain·e·s mais il faut être honnête et réaliste. Je me suis intéressée au sujet de l’écologie en 2018 à travers deux livres sur la décroissance qui étaient très bien, là n’est pas le problème. Le problème, c’est le reste : ce qu’on nous conseille (très fortement) de lire. Franchement, comme j’étais perdue au début, je pense m’être laissée avoir (et je ne suis probablement pas la seule).

Lire Pierre Rabhi (ok, ça, je n’ai jamais fait à part à travers des articles), des collapsos ou d’autres livres sur l’écologie individuelle (qui ne remettent pas en question le système politique), tout est inoffensif et quelque part, culpabilisant envers l’individu. Il faut quand même rappeler que le consommateur/citoyen est responsable entre 25% et 30% de ce qui arrive (je donne une fourchette car c’est différent selon les sources).

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Mon évolution politique : de la droite à l’extrême-gauche

Il faut commencer par un fait que peu de gens soulignent dans les témoignages où ils expliquent être passé de la gauche à l’extrême-droite. Je mets au masculin car je n’ai vu que des hommes – bien qu’on pourrait rajouter d’autres femmes médiatiques mais des hommes aussi, et ils sont bien plus nombreux. Je les vois très rarement dire d’où ils partent comme milieu social, ce serait intéressant pourtant… (une exception venant des classes populaires ne prouve rien).

Personnellement, je suis un mélange entre la classe populaire et la classe moyenne basse. J’ai un privilège : celui d’être blanche (pas celui d’être valide mais je ne l’ai su vraiment que plusieurs années après être devenue majeure, même si je m’en doutais vaguement). Et dans ma ville de bourgeois·es, y a plutôt intérêt… Je navigue dans une famille qui vient de la classe populaire des deux côtés mais qui a franchi la barrière pour atteindre la classe moyenne, voire la classe moyenne haute pour certain·es.

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Bilan lectures #57 – mars 2022

Bon, certain·es diront qu’il y a moins de livres à se mettre sous la dent, ce qui est vrai, mais ça va, je suis quand même satisfaite de mon mois de lectures. Est-ce l’effet du mois de février qui se fait encore sentir ? Possible. Je vous dirai le mois prochain si c’est encore le cas…

En tout cas, voici mes lectures du mois !

Tout le monde peut être féministe (bell hooks) Lire la chronique

bell hooks est super connue dans les mouvements féministes et je ne l’avais toujours pas lu, honte à moi. C’est chose faite avec ce livre qui, malgré son manque de sources, est encore d’actualité sur certains propos. Une bonne introduction, à conseiller à votre entourage car la couverture, bon…

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Être femme en Asie, d’Anne Garrigue – les livres féministes #32

A la base, je tournais autour de sa première sortie en grand format mais je n’étais pas convaincue que je voulais payer ce prix-là (ce n’est pas une question de radinerie mais de pragmatisme – bon, un peu, si). Je l’ai donc en poche et par rapport au contenu, ça me satisfait.

Ce livre concentre donc des informations, principalement statistiques (et sourcées), sur l’évolution des droits des femmes en Asie, sur leur situation. Tout d’abord, l’ouvrage commence par un état des lieux général (niveau santé, éducation, politique), un peu comme une sorte d’introduction, puis parle de leur présence sur ce continent.

Il va forcément être question dans ce chapitre du fait que certains pays, comme la Chine et l’Inde, privilégient les foetus, bébés et enfants garçons et que ça crée un fossé dans le ratio filles/garçons naturel en faveur de ces derniers. Mais cela créera des problèmes sociaux dont on ne connaît pas encore l’étendue, bien qu’on perçoive déjà quelques dégâts : certains hommes vont acheter leurs femmes dans des pays étrangers. Je vous laisse imaginer les conditions… Et puis la dot, toujours présente dans certains pays, est une malédiction pour bon nombre de familles qui doivent payer. Du coup, quelle est la solution ? Avoir un garçon ! Et puis l’héritage, tout ça… Et même quand la dot n’existe plus, la tradition patriarcale est très forte…

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Tout le monde peut être féministe, de bell hooks – les livres féministes #31

Oui, ça fait neuf ans et demi que je suis féministe et je n’avais jamais lu bell hooks, lancez-moi des tomates. J’ai entamé ma découverte de l’autrice avec un livre qui me paraît, avec d’autres, faire partie de bonnes entrées au féminisme. C’était d’ailleurs le but avoué de l’autrice et c’est réussi.

Les chapitres parlent d’un sujet différent à chaque fois : le combat politique qu’est le féminisme, la sororité, le travail, la race et le genre, la violence patriarcale, les droits reproductifs, le mariage, etc.

Pour un livre sorti en 2000, la majorité du contenu de son livre est très actuelle, ce qui est assez triste en réalité, ça montre qu’énormément de choses n’ont pas changé en une vingtaine d’années. Que ce soit à cause des hommes (elle est assez sympa avec eux, on en reparlera) ou aussi à cause des femmes. Nous avons intériorisé le sexisme, le patriarcat et ce n’est pas parce que nous sommes des femmes et que nous vivons une oppression que nous sommes conscientes de tout et que nous ne pouvons pas la reproduire (y a pas mal de preuves de l’inverse).

Il faut aussi apprendre à déconstruire, surtout en tant que femme blanche, les rapports de race et de classe (et pas que mais je me contente de ce qu’elle dit ici) car ces derniers sont des entraves à la libération de toutes les femmes. Non, en parler ne détourne pas l’attention de vos chères valeurs de genre, c’est bon. Oui, c’est encore parfois un argument qu’on entend encore. (quand ce sont pas celles-là, ce sont les questions de classe dont les hommes blancs viennent nous rabattre les oreilles avec)

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La peur et la haine – enquête chez les survivalistes, de Mathieu Burgalassi

Résumé

« Et on s’est mis à hurler. A pleins poumons, sans aucune retenue. Des bruits d’animaux déchaînés et furieux. De l’autre côté, ils faisaient pareil, et tout tremblait sous les coups et les cris. Il n’y avait plus de civilisation ici. On était redevenus des singes, des putains de macaques. Quand la porte s’ouvrirait, on s’entretuerait jusqu’au dernier debout… »

Livre mutant, à la fois récit de voyage, essai politique et autobiographie, La Peur et la Haine est la chronique lucide et sans concessions de son obsession pour le survivalisme. Une enquête de quatre ans, insensée et furieuse, à la poursuite des peurs les plus enfouies de l’Occident moderne.

Chronique

Ce livre est un peu particulier. Si vous vous attendez à un essai explicatif sur le survivalisme, passez votre chemin. Non, le ton de l’auteur est accessible, comme s’il s’adressait directement à nous, sur un ton qui me parle en tant que jeune. Mais la grande particularité de ce récit, c’est que l’auteur raconte des éléments pertinents de sa vie pour analyser ce qui va suivre… et comment lui-même a donné du crédit au survivalisme.

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Fascisme fossile, de Zetkin Collective

Résumé

L’élévation des températures et la montée de l’extrême droite forment deux menaces chaque jour plus pressantes. Or leur combinaison est explosive. Ce livre est une première tentative de penser ensemble les deux phénomènes. Qu’ont dit, écrit et fait les partis nationalistes en matière d’écologie et de climat durant les deux dernières décennies ? Devant l’abondance de preuves scientifiques, ils ont nié le réchauffement et se sont placés en défenseurs de l’industrie fossile. Dans son ensemble, l’extrême droite abhorre les éoliennes, s’oppose aux accords climatiques et nourrit de théories conspirationnistes sa détestation des mouvements écologistes. Même quand elle se revendique d’un « nationalisme vert », ses positions restent en toutes circonstances déterminées par la défense du territoire et son obsession de l’immigration. […]

Chronique

Je vais d’abord vous présenter le Zetkin Collective car ils ne sont pas connus du grand public. Le nom vient de Clara Zetkin, que vous connaissez peut-être déjà, qui était une marxiste allemande qui a étudié le mouvement fasciste dans les années 1920, entre autres (dans ma tête, c’était surtout une féministe qui a créé la journée des droits des femmes). Ce collectif suédois a cet objectif-là, mais pas que. Ils analysent donc bien le fascisme mais aussi et surtout le rapport de ce dernier à l’écologie, et cela va les mener au nationalisme (évidemment) et aux énergies fossiles. Allez, je vous embarque avec moi pour parler de ce livre déprimant (passionnant mais déprimant).

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Bilan lectures #56 – février 2022

Franchement, un mois sympa niveau lectures ! Pour une fois que je ne râle pas… Bon, on voit bien que la tendance est toujours à une majorité de non-fictions mais j’ai redonné une chance à une autrice de romans et je ne regrette pas car c’était vraiment très bien !

Je vous laisse avec mes lectures (satisfaisantes) du mois !

Le Coeur cousu (Carole Martinez)

Je ne pensais pas aimer autant. J’avais lu Du domaine des murmures de la même autrice il y a 5 ans, voire plus, et j’avais trouvé ça bien mais pas de là à me dire que j’allais lui redonner une chance. Ce livre relance les dés. On suit Frasquita et sa ribambelle d’enfants, son enfance et adolescence d’abord, sa vie de famille avec un homme très égoïste, puis son voyage sur les routes avec ses mômes après avoir été joué par son mari. Un secret de famille, sur fond de fantastique, est transmis de mère en fille : un coffret en bois à ne pas ouvrir avant quelques mois après ce qu’on appelle l’Initiation, qui consiste à transmettre des prières qui ont des effets différents, mais surtout une durée de vie limitée pour éviter certains abus à mon avis. Frasquita a un don avec la couture (elle magnifie tout), ses enfants ont des talents différents, souvent liés à ce qu’il se trouvait dans la fameuse boîte. Une sorte de saga familiale que j’ai beaucoup aimé suivre, avec de la magie, de la lumière et du sombre, du soleil, de la poussière, du sable, la campagne espagnole (pas de date précisée mais vu certains évènements, je dirais début du XXe siècle). On voit aussi beaucoup le poids des superstitions et de la peur, conférant une aura maudite à Frasquita puis, plus tard, à ses enfants, un rejet clair de leur existence, alors que Frasquita est souvent utile pour les personnes qui la critiquent, l’hypocrisie est à l’œuvre. C’est très bien écrit mais je l’avais déjà remarqué avec le premier roman que j’ai lu d’elle. J’ai beaucoup aimé ce récit, n’hésitez pas à m’en conseiller d’autres de l’autrice !

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Je me pose des questions sur mes articles de livres féministes

Hey ! Un petit article car je me pose des questions depuis un moment sur mes chroniques de livres féministes et je vais demander votre contribution plus tard dans l’article. Tout d’abord, je vais exprimer mes doutes.

Je ne sais plus vraiment quelle est la ligne de cette série d’articles, dans le sens où ce n’est pas forcément que des conseils. Par exemple, pour Clit Révolution : Manuel d’activisme féministe (Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles), je critique clairement l’hypocrisie et l’indulgence des autrices, surtout par rapport à leurs (pas si anciennes ?) fréquentations islamophobes et transphobes, et pourtant, j’en ai bien rédigé une chronique (même si j’y ai exprimé mes doutes). Le mythe de la virilité (Olivia Gazalé), je ne le conseille pas forcément non plus : en lisant la chronique, je pense que vous avez compris que l’autrice nous la faisait un peu à l’envers quand elle saute rapidement à la conclusion qui l’arrange alors que la réalité est beaucoup plus compliquée que ça. J’ai aussi souligné sa transphobie (vous pouvez aussi rajouter son islamophobie et sa putophobie à la liste, dont je ne parle pas, ça fait un peu trop tout ça). Bref, je ne les conseille pas.

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TAG – Autour d’un·e auteurice

Un TAG très intéressant de La Récolteuse de mots. Son blog est abandonné mais je vous dirige vers son compte Instagram pour voir ses oeuvres (et rendons à César ce qui appartient à César, tout ça).

Je ne peux pas passer à côté de l’idée de parler de mon auteur préféré, héhé, les plus ancien·ne·s lecteurices de ce blog le savent. J’ai donc répondu à une série de questions, surtout sur son oeuvre. C’est parti !

Tout d’abord, quel·le auteurice choisis-tu ?

Quelle question ! Albert Camus, bien évidemment ! (j’aurais pu choisir quelqu’un d’autre mais il n’y aurait pas eu la même passion, ni les mêmes connaissances d’ailleurs)

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