Livres d’introduction aux leaders noirs américains des années 60

Il y a une semaine, j’ai craqué dans ma librairie habituelle sur deux livres qui ont été pour moi une introduction à un sujet qu’on ne connaît que très peu en général, sauf si on s’intéresse au sujet : le militantisme noir des années 1960, et plus exactement leurs chefs de file.

Note : je parle de blancs et de noirs en tant que groupe sociologique et non biologique, avant qu’on ne me saute dessus.

nous-les-nègres-coverPour commencer, j’ai lu un recueil d’interviews de trois grands hommes connus dans ce domaine : James Baldwin (qui était avant tout écrivain et pas le chef d’un groupe militant), Malcolm X et Martin Luther King. On a d’ailleurs l’habitude de mettre en opposition les deux derniers cités. Aux yeux des blancs, King est le « gentil » et Malcolm X le « méchant » ; au contraire, dans certains milieux antiracistes (bon, ok, sur des forums, paye ta crédibilité), on va plutôt prendre ce dernier comme un exemple d’une façon de militer plus sincère et efficace et Martin Luther King comme un bisounours au service des blancs. C’est effectivement l’image qui circule sur eux, et j’en sais finalement très peu sur ces deux hommes, mais je pense que cette impression n’en est qu’une. Leurs méthodes étaient différentes (Malcolm X appelait à la violence, quand Martin Luther King prônait la non-violence), mais je ne les trouve pas autant éloignés qu’on veut bien nous le prétendre. Mais avant d’en venir là, je vais commencer par James Baldwin.

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James Baldwin

Comme je l’ai mentionné, c’est un écrivain (que je n’ai jamais lu) qui a mis en avant les tensions raciales, sexuelles et sociales des sociétés occidentales dans ses écrits. Il avait quitté pendant un temps les Etats-Unis à cause du climat qui y régnait pour les noirs… mais aussi pour les homosexuels, lui-même en faisant partie. Mais ce n’est qu’une brève présentation de cet homme, et le peu de choses que je sais réellement, c’est au travers de l’interview que j’ai lu de lui. Ces trois interviews ont été diffusées à la télévision américaine en 1963, et l’ordre de diffusion de ces dernières n’étaient pas complètement anodines, comme l’a aussi mentionné le préfacier. Et ce que j’en ai conclu directement à la fin de celle de Baldwin : cet homme était d’une grande intelligence et d’une triste lucidité.

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Challenge : lire 10 auteurs de prix Nobel

Allons droit au but : les challenges, ce n’est pas mon truc. La majorité du temps, je les trouve très contraignants, surtout le Weekend à 1000 (qui consiste à lire 1000 pages en un weekend) qui me donne personnellement des sueurs froides. Je suis assez irrégulière dans mes lectures et j’aime bien être un minimum libre, pouvoir lire ce que je veux quand je veux et ne pas avoir à devoir lire tel livre à cause d’une condition, et dans un temps imparti. Pour moi, c’est presque la définition de l’enfer livresque. (oui, carrément)

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Alors, pourquoi j’ai changé d’avis ? Parce que lire des auteurs qui ont obtenu le prix Nobel (pas forcément de littérature d’ailleurs, bien que ce soit principalement ma cible), ça fait déjà partie de mes objectifs sur le long terme. J’en ai lu, mais vraiment très peu, et je suis très curieuse d’en découvrir plus, surtout que mes dernières découvertes ont été de très agréables surprises. (Kenzaburô Ôe étant le dernier à m’avoir bluffée) Ça me foutra un gros coup de pied au cul, en passant.

Ce challenge a été lancé sur Twitter par @Celestine-Aude. Vous pouvez bien entendu participer. Ce challenge dure jusqu’au 1er janvier 2018 et vous choisissez les livres que vous voulez, tant que l’auteur/l’autrice a obtenu un prix Nobel. Le tag #BookChallengeNobel vous permet de suivre l’avancement des participant.e.s et aussi de nous donner le vôtre si vous participez !

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Les souffrances invisibles, de Karen Messing

les-souffrances-invisbles-cover-1Quatrième de couverture

Karen Messing a consacré sa vie à la santé des travailleurs et des travailleuses et à « l’invisible qui fait mal ». À travers le récit de son parcours professionnel, d’abord de généticienne puis d’ergonome, l’auteure démontre comment certains environnements de travail rendent les gens malades, en particulier les femmes. Des ouvriers d’usine exposés à des poussières radioactives aux préposées au nettoyage, en passant par les caissières, les serveuses ou les enseignantes, elle s’est employée à porter leur voix dans les cercles scientifiques.

L’écart entre la réalité des scientifiques et celle des travailleurs et travailleuses de statut social inférieur est d’ailleurs à l’origine de graves problèmes de santé qui sont généralement ignorés, soutient l’auteure. Pour combler ce « fossé empathique » qui empêche les scientifiques d’orienter correctement leurs recherches, il est primordial d’écouter attentivement les travailleurs et travailleuses parler de leurs difficultés et de tenir compte de leur expertise. Karen Messing plaide également en faveur d’une pratique scientifique davantage interdisciplinaire.

Lier l’intime au politique, voilà le vaste défi auquel nous invite Karen Messing dans cet essai très personnel qui devrait interpeller autant les employeurs et les scientifiques que les syndicats et le grand public.

Critique

Comme d’habitude, j’ai vu ce livre dans une librairie et je me suis dit « Oh, ça a l’air intéressant ! » et j’ai laissé tomber tous les achats que j’avais donc prévu. Et effectivement, ça l’était. Karen Messing est une ergonome, dont le métier est de faire de la prévention contre les accidents au travail et d’améliorer les conditions dans lesquelles les employés travaillent. Vous l’avez deviné, ce n’était pas facile. (et ça l’est même encore moins aujourd’hui, ce qui est carrément flippant, les syndicats patronaux sont au taquet)

Avant tout, remettons les choses dans leur contexte : Karen Messing est canadienne. Elle a principalement bossé au Canada et parle donc majoritairement de son expérience et de la situation dans ce pays, et ce n’est pas sa toute petite expérience avec la SNCF qui contrebalance vraiment les faits ou prouve quoi que ce soit quant à la situation en France. Avant qu’on ne me rétorque que le Canada est un pays bien plus libéral que la France et qu’on ne peut pas comparer, il serait naïf de croire que la situation est idyllique en France : on a bien dû rencontrer le même type de difficultés. (on vit dans le même monde capitaliste après tout) Mais gardez quand même bien à l’esprit qu’elle parle du Canada.

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Ce que vos lectures disent de vous

Bon, en fait, c’est le nom d’un test sur le site Psychologies.com, je ne me suis pas foulée. J’avais partagé mon résultat sur Twitter et j’avais envie d’en parler de façon plus « développée ». (ça m’a fait… réfléchir – vu mon résultat, ça me ferait presque penser à un gag) Voici d’ailleurs le test, je suis assez curieuse de connaître vos résultats, savoir si c’est en accord avec votre vision des choses ou pas du tout, et si vous voulez aussi discuter de la description de votre résultat.

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Alors, je ne vais pas faire un article sauce Lemon June qui s’énerve sur les tests en ligne (et elle a raison) mais je trouve que la description de mon résultat est assez réductrice. Si l’intitulé est bon, le reste l’est beaucoup moins.

J’ai donc eu « Lire pour… réfléchir », ce qui s’apparente effectivement bien à ma façon de lire. Je ne lis pas que dans ce but, mais c’est principalement ce qui me guide dans le choix de mes lectures. Parfois, je ne le fais pas vraiment exprès, et pour d’autres, c’est l’échec. Ceci dit, pour ces derniers, selon les qualités du livre en question, je peux tout à fait le considérer comme étant génial, divertissant, ce qui n’est pas un mal, bien au contraire. (comme le disait Lemon June ici – encore elle) L’exemple de La Passe-miroir est d’ailleurs assez parlant : cette saga finira très sûrement dans mon top de l’année, bien qu’elle n’ait pas les qualités requises à la base dans mon petit cerveau. J’ai juste pris un énorme plaisir à suivre les personnages et à me plonger dans l’univers, c’est tout, et je n’ai pas forcément à me justifier.

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Le grand mystère des règles, de Jack Parker – les livres féministes #6

Le-grand-mystere-des-regles-coverCe livre aurait franchement pu être une très grande révélation si j’avais encore été adolescente. L’autrice nous y parle des règles, sujet hautement tabou. (vous avez sûrement dû connaître les mecs qui, à peine on effleure le sujet, nous font comprendre leur dégoût par des « beeeeh » très explicites, et certaines filles les rejoignant par solidarité) Mais même au sein de la société en général, c’est un sujet confidentiel qu’on ne doit surtout pas mentionner.

Mais qui est donc l’autrice ? Jack Parker (c’est un pseudonyme) est une ancienne rédactrice du site féminin Madmoizelle, qui avait beaucoup contribué à l’époque à mes connaissances basiques sur le féminisme blanc. Je savais donc déjà à quoi m’attendre : un rapport décomplexé sur le sujet, une cordialité présente le long des lignes.

Et même si j’avais déjà fait des recherches sur le sujet auparavant, ça fait un bien fou de lire un livre sur ça ! Bien sûr, on en parle entre filles, mais selon à qui on s’adresse, ça peut vite devenir gênant et la conversation peut rapidement s’écourter. Même entre nous, le tabou flotte au-dessus de nos têtes alors qu’il n’y a aucune raison, c’est un point commun ! (sauf pour les femmes qui n’ont pas de vagin, je ne nie absolument pas leur existence, ce n’est pas mon propos)

D’ailleurs, c’est assez surprenant de voir que dans beaucoup de cultures, la maternité est mise en valeur alors que ce qui permet de savoir qu’on est en bonne santé de ce côté-là est méprisé, voire craint…

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Bilan lectures #9 (juillet 2017)

De retour de vacances cette dernière semaine, j’ai eu quelques lectures ! Pas forcément toujours de bonnes surprises d’ailleurs, je vous en parle tout de suite. J’ai quand même lu mes deux coups de cœur en début de mois et j’ai heureusement pu les chroniquer. 🙂

Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ? Lire la chronique

badine-pas-avec-amour-musset-coverOn ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset)

Cette pièce de théâtre n’a pas tellement fait son nid chez moi. Elle était sympathique à lire mais sans plus. Il y avait quand même un certain humour qui ne m’a pas déplu et je dois admettre que le dénouement à la fin était assez original. Elle peut peut-être paraître exagérée mais j’ai beaucoup aimé, je l’ai au contraire trouvée assez pertinente. La manière dont est traité la relation entre les deux cousins est pas mal, ça change quand même un peu de ce qu’on lit d’habitude. Une lecture somme toute agréable.

Petit pays (Gaël Faye) Lire la chronique

la-honte-annie-ernaux-coverLa honte (Annie Ernaux)

Je crois que je suis définitivement habituée à lire les livres d’Annie Ernaux car je n’ai eu aucune surprise. Ses bouquins sont principalement autobiographiques pour celles et ceux qui ne la connaissent pas. D’ailleurs, elle y raconte une partie de son enfance, sa douzième année. Je me suis quand même un peu reconnue : la honte d’être vers le bas des couches sociales. Une lecture sympathique, mais qui ne restera pas comme une de mes œuvres favorites de l’autrice.

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TAG – Liebster Award

Si vous voulez en savoir plus sur moi, ce TAG est fait pour vous. Si je publie ce TAG maintenant, c’est parce que c’est le dernier article du mois. Je vais être très occupée dans les prochains jours et après, je pars en vacances. (si tout va bien d’ailleurs, je devrais pouvoir lire un peu plus durant cette semaine-là) Je publie donc cet article car je suis grave à la bourre et que Niognot va finir par me tuer (oui, c’est elle qui m’a taguée) mais aussi car je ne voulais pas vous laisser totalement sans rien pendant deux semaines. (je serais joignable sur Livraddict et Twitter – vous noterez le conditionnel)

J’ai donc d’abord cité onze choses sur moi comme convenu et ensuite, j’ai répondu aux onze questions de Niognot. Manque de bol pour vous, j’ai tagué des gens qui devront répondre aussi à onze de mes questions.

Onze choses sur moi

1 – Mon premier point sera le même que Niognot : je suis végétarienne. (pour des raisons éthiques)

2 – Le deuxième point va un peu vous choquer par rapport au premier : je suis très difficile pour la nourriture. Je n’aime pas grand-chose et je sais d’avance que vous me croyez à moitié. Les gens réalisent vraiment quand ils constatent l’étendue des dégâts pour de vrai. (il y a même un mec réputé difficile dans son entourage qui a compris qu’il ne l’était pas comparé à moi, c’est dire) Et pour vous convaincre définitivement qu’il y a un truc qui cloche : je n’aime pas les légumes. Végétarienne, légumes, voilà, je ne vous fais pas un dessin. (je n’étais pas une viandarde avant non plus d’ailleurs) Les gens difficiles ont tendance à s’améliorer en grandissant et on ne peut pas dire que ce soit vraiment mon cas. Je vous le demande une dernière fois : inutile d’avoir de l’espoir pour moi, il n’y en a pas.

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Très bonne illustration de mon comportement petite.

3 – J’ai eu un trou de six ans sans quasiment aucune lecture de roman. Quelques mangas, des essais féministes, des livres sur le Japon… Les romans que j’ai tenté de lire ont été inachevés à l’époque par manque de temps et par manque d’implication.

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Petit pays, de Gaël Faye

petit-pays-coverQuatrième de couverture

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Critique

J’ai pleuré en lisant ce livre. A cause de ce qui s’y passe bien évidemment. A cause de mon ignorance aussi.

J’ai un peu de mal à écrire cet article. Je sors juste de ma lecture, j’ai tenté de lire des chroniques sur d’autres blogs, en vain. Mon esprit est complètement imprégné des évènements de ce livre.

Comme vous l’avez déjà lu dans le résumé, Gabriel est l’enfant d’une union entre deux cultures différentes, l’une rwandaise, l’autre française, et cette fameuse union va éclater. Je n’ai pas des masses appréciés les Français dans ce livre, ils sont comme je m’y attendais, avec cette arrogance sous-jacente envers le pays où ils vivent et ses habitants. Heureusement, on ne les voit pas beaucoup.

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Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ?, de Frans de Waal

intelligence-des-animaux-coverQuatrième de couverture

Qu’est-ce qui distingue votre esprit de celui d’un animal ? Vous vous dites peut-être : la capacité de concevoir des outils ou la conscience de soi – pour citer des traits qui ont longtemps servi à nous définir comme l’espèce dominante de la planète.

Dirons-nous que nous sommes plus stupides qu’un écureuil parce que nous sommes moins aptes à nous souvenir des caches de centaines de glands enterrés ? Ou que nous avons une perception de notre environnement plus fine qu’une chauve-souris dotée de l’écholocalisation ?

De Waal retrace l’ascension et la chute de la vision mécaniste des animaux et ouvre notre esprit à l’idée d’un esprit animal bien plus raffiné et complexe que nous ne l’imaginions…

Critique

Ne vous fiez pas au titre volontairement provocateur, le contenu de ce livre est bien plus intelligent et bien moins manichéen. Les animaux ont besoin d’être défendus car tout est fait par une certaine frange de scientifiques et par des croyances opportunistes de la part de gens lambda pour faire croire que les animaux sont stupides.

A la question du titre, l’auteur répond par « non » dès l’introduction. Et il a raison, on est clairement en capacité de comprendre l’intelligence des animaux. Ma question serait plutôt : veut-on réellement la comprendre ? Et c’est là que le bât blesse. Frans de Waal nous raconte les progressions de l’éthologie (en gros, ils étudient le comportement des animaux (nous inclus) grâce à des méthodes qui prennent en compte leurs spécificités biologiques) mais aussi ses obstacles, et dieu sait qu’ils sont nombreux !

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Alice in Videoland – tout en musique #2

Généralement, les gens sont assez surpris que j’écoute ce genre de musique. Il faut dire qu’avec ma tête de bambin, mon apparence discrète et ma timidité visible de loin, on ne s’imagine pas un groupe de ce genre dans ma playlist. Je profite donc que vous ne me connaissez pas dans la vraie vie pour sortir ce groupe l’air de rien.

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Alice in Videoland est donc un groupe d’électro-punk. (l’ambiance doit être assez brûlante durant leurs concerts) Ils sont composés de quatre membres, l’un des fondateurs ayant quitté le groupe et ils ont débuté en 2002.

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