Je vais à la Foire du Livre de Brive 2017 !

… J’aimerais bien vous dire « comme chaque année », mais c’est faux. Quand j’étais étudiante, je n’y allais pas. J’étais bénévole il y a quelques années au stand de BDs, ce qui était génial, et ça n’a pas l’air comme ça mais c’était sport pour les dédicaces en-dehors de cet espace. La première fois que j’ai réellement eu des dédicaces, c’était il y a deux ans. Je voulais aussi y aller l’année dernière mais j’étais malade. (autant vous dire que n’importe quelle malade dans ma formation sera évitée comme la peste)

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Donc, en 2015, je faisais mes premières dédicaces, et il était intéressant de voir à quel point ma timidité avait repris le dessus. Je me suis ridiculisée devant les trois auteurs que j’ai vu (oui, pas plus, le budget a aussi des limites) de la façon que voici :

  • Face à Yasmina Khadra : « Je suis désolée, j’ai lu que trois livres de vous… », ce qui l’a d’ailleurs bien fait rire et il m’a répondu que c’était pas grave, et pour ne pas m’enfoncer plus, je me suis murée dans le silence… (c’était nul)
  • Face à Hédi Kaddour : « J’ai encore rien lu de vous, désolée, mais votre livre a l’air bien… » ce qui l’a fait rire aussi, et il m’a posé des questions sur la provenance de mon intérêt soudain pour son livre (ma soeur), il a été très gentil, ce qui n’a pas pour autant rassuré la timide maladive que je suis qui voulait juste se barrer au plus vite. (mais au moins, il a fait la conversation, ce dont je suis bonnement incapable)
  • Face à Carole Martinez : « Désolée, je n’ai rien lu de vous, c’est elle qui… » en bredouillant et en pointant du doigt une pote que j’avais croisé et qui m’avait emmené dans son sillage car c’est une autrice qu’elle adore. Par contre, elle a très clairement montré à l’expression de son visage qu’elle ne comprenait pas ce que je foutais là et a été assez froide avec moi alors qu’elle était super chaleureuse avec ses fans. La timide que je suis ne reviendra pas la voir.

Bref, vous l’aurez compris, un vrai fiasco.

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Neige, d’Orhan Pamuk

neige-pamuk-coverLà encore, je ne copie-colle pas de résumé, car ceux que j’ai trouvé en disent à la fois trop et pas assez sur ce livre. Trop, parce qu’ils récapitulent une grosse partie des thèmes abordés en donnant même carrément le contexte (il est donc facile de deviner qu’avec tel personnage, tel évènement va se produire). Mais ils n’en disent pas assez (et tant mieux) car comme l’est souvent une quatrième de couverture, la façon de raconter brièvement ce que le roman va apporter est grossière et insuffisante, elle caricaturerait presque le livre.

Je pense que vous l’avez déjà plus ou moins perçu dans ce que je viens de dire, mais Neige n’est clairement pas un livre à lire si vous cherchez à vous détendre. Il m’a, d’une certaine façon, fait le même effet que Kenzaburô Ôe car à la fin de ma lecture, je ne savais pas trop quoi dire. Mais j’ai finalement bien plus de choses à raconter qu’avec Le jeu du siècle : cette impression a disparu peu de temps après la fin du roman alors que, paradoxalement, j’étais bien en peine de savoir ce que j’allais pouvoir dire et comment j’allais le dire durant ma chronique, arrivée au milieu du bouquin.

On se trouve à Kars, petite ville provinciale en Turquie, avec Ka, poète turque exilé en Allemagne, qui y vient pour enquêter sur une affaire de filles voilées qui se suicident, mais aussi pour retrouver Ipek, une ancienne camarade de la fac dont il est épris. Ça vous paraît banal ? On évolue aussi dans un contexte politique tendu, avec les élections municipales qui approchent, et dont l’ancien mari d’Ipek, Muhtar, est un des principaux candidats et représentant un courant islamiste assez radical. Vous avez levé les yeux au ciel ? N’en faîtes plus rien. J’étais aussi extrêmement dubitative quand j’ai vu ce que l’auteur semblait nous offrir au début, mais tout est beaucoup plus intelligent et beau que ça dans ce roman.

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Girls will be girls, d’Emer O’Toole – les livres féministes #8

girls-will-be-girls-coverMais… C’est quoi ce titre super cliché ? Et cette couverture stéréotypée ? Pas de panique, c’est bien un livre féministe, en dépit des apparences.

Et plus exactement, c’est un livre sur le genre. Mais commençons d’abord par présenter l’autrice : Emer O’Toole est irlandaise, un pays pas très connu pour être ouvert d’esprit sur les droits des femmes. (vous balancez pas des fleurs, la France non plus) A l’heure actuelle, elle publie dans The Guardian et The Irish Times et est surtout professeure d’université et maître de conférences à Montréal en théâtre irlandais. Retenez bien ce dernier point, car mine de rien, il est important pour la suite.

Me concernant, je n’ai pas appris grand-chose avec ce livre. Vous pourriez vous dire que ça commence mal, mais ayant fait la majeure partie de mon éducation féministe sur Internet, des points tels que celui-ci abordés de manière globale ne me surprennent pas vraiment. Cependant, si j’en parle, c’est que je l’ai trouvé intéressant.

Tout d’abord, pour celles et ceux qui ne s’y connaissent pas sur le genre ou qui ont effleuré vraiment de très loin le sujet, ce livre a l’avantage de ne pas être très théorique et est donc une introduction sympathique sur le sujet. L’autrice parle de façon assez décomplexée et a eu tout le long de ma lecture l’étiquette de « fille super sympa » collée sur le front. Cela pourrait être un défaut aussi, ce fait pouvant être considéré comme un manque de sérieux. Mais ce n’est pas le cas. Elle a bien bossé son sujet, et cela se voit dans les références qu’elle utilise. Pour la grande majorité anglophones, vu qu’elle l’est. Si vous pensiez vous intéresser au genre à travers des publications françaises, désolée de vous décevoir.

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TAG – Mon rapport à la lecture

Me revoilà brièvement avec un TAG !  J’ai été taguée par Ambroisie, dont je vous ai carrément mis le lien de son TAG car ses réponses sont formidables. Elle doit être contente d’enfin le lire, je suis taguée depuis je ne sais combien de mois…

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© Natalico (Deviantart)

Quel est ton rythme de lecture ?

J’ai eu un trou de six ans sans vraiment de lectures, donc je ne sais pas trop comment répondre à cette question. (ahem) Si on parle exclusivement de romans, j’en suis à une moyenne de cinq livres par mois pour le moment. Ma façon de lire a changé, donc je lis plus lentement qu’avant, ça joue beaucoup. Pour les mangas, ça dépend surtout si j’ai des sous pour en acheter, et maintenant, je n’en achète carrément plus car je n’ai plus de place… Je n’aime plus trop lire de scans sur un écran d’ordinateur, j’ai mal aux yeux après.

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Semi-hiatus !

Je crois que vous l’avez compris dans le titre, le blog va ralentir son activité, et ce, pour les prochains mois.

semi-hiatus-articlePourquoi ?

En ce moment, je suis une formation courte mais qui est aussi très prenante (peu de temps pour assimiler beaucoup d’informations) et je me retrouve à ne pas pouvoir lire autant qu’avant, et je vous avoue même que cette semaine, je n’ai pas lu du tout…

Sachant que je n’en suis qu’au début de la formation, ça ne va logiquement pas aller en s’arrangeant. En plus, je stresse et dans mon cas, ça ne m’aide pas du tout. Je pense que mon stage (qui ne commencera que fin janvier 2018) va me permettre de me poser un peu, mais j’aurais encore du travail.

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Digitalism – tout en musique #3

Ce duo électronique nous vient d’Allemagne (composé de Jens Moelle et de Ismail Tuefekci) et s’inspire pourtant grandement de la French Touch. Je vous avoue que celui-ci me tient à coeur car c’est mon petit préféré. Apparemment, je suis has been car quand je suis allée acheter le dernier album sorti (sur place, donc déjà, oui, je suis à moitié ringarde), le vendeur s’est exclamé : « Ils existent encore, eux ? »

Bon.

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Si vous ne voyez pas qui c’est, ce n’est pas grave, car si vous regardiez encore la télé à l’époque (2007), vous devez sûrement vous souvenir de cette musique car elle était utilisée dans… une publicité pour une voiture allemande. (mes références sont au top)

Si ça ne vous dit rien, je ne peux plus rien pour vous.

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La servante écarlate, de Margaret Atwood

la-servante-écarlate-coverQuatrième de couverture

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Critique

Oui, oui, oui, je sais ce que vous vous dîtes : « Encore un article sur ce livre, ça commence à bien faire… », oui, bah je l’avais dans ma PAL bien avant que la série ne soit diffusée, alors ça va, hein ! (Livraddict me dit que je l’ai rajouté dans ma bibliothèque le 8 février 2017, c’est une preuve !)

Bref, de toute façon, je me devais de le lire.

On suit l’histoire de Defred (ce n’est pas son vrai nom et on ne le connaîtra d’ailleurs jamais), nom qui signifie qu’elle appartient à un dénommé Fred (« de Fred », donc, Of(/)fred dans la version originale), effaçant toute appartenance individuelle à elle-même, remplaçant son identité par une appartenance collective… Nom qui peut changer selon son propriétaire, car elle n’est peut-être pas destiné à appartenir au même maître sans arrêt. Mais quel est donc ce monde où une femme peut appartenir à un maître comme une esclave ?

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Chère Ijeawele, de Chimamanda Ngozi Adichie – les livres féministes #7

Chere-Ijeawele-ou-un-manifeste-feministe-cover… ou un manifeste pour une éducation féministe. C’est le sous-titre. Mais il était trop long à rajouter dans le titre.

Et c’est justement grâce à ce même sous-titre que vous avez très probablement compris de quoi il s’agissait.

Chimamanda Ngozi Adichie nous offre un manifeste féministe au même titre que Nous sommes tous des féministes, mais sous une autre forme : celle d’une lettre à une amie. Cette dernière demande des conseils pour élever sa fille de façon féministe et l’autrice avoue très clairement que, à chaud, elle n’en sait rien. Mais elle se reprend vite et nous offre tout un panel de conseils (quinze points en tout) et ça commence et se termine surtout par le même, sous des angles différents : le plus important est que sa fille se sente bien dans sa peau. Qu’elle puisse réaliser ce qu’elle a envie.

Pour être tout à fait honnête, elle commence par un conseil qui s’applique avant tout à la mère, et qui est bénéfique à la fois pour elle et pour sa fille :

Sois une personne pleine et entière.

Ça ne veut rien dire pour vous ? Trop vague ? Et pourtant, ça signifie plein de choses. De ne pas se définir seulement en tant que mère. De s’épanouir, à travers le travail, son rôle de mère ou même autrement, parce que personne n’est pareil. De ne pas écouter les injonctions des autres si elles vont à l’encontre de qui l’on est, de ce en quoi l’on croit.

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Attention, monument littéraire ! L’Étranger, d’Albert Camus

l'étranger-camus-coverQuatrième de couverture

« Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français… »

Critique

Vous avez cru que la citation de la quatrième de couverture spoilait tout ? Et bien vous êtes loin du compte ! Certes, ce passage se déroule dans la deuxième partie du livre mais je ne trouve finalement pas que ce soit le plus révélateur. Ce qui est important, c’est comment se déroule le procès. (et comment on en vient donc à la condamnation à mort du personnage principal, qui a aussi son importance, mais non pas indépendamment du déroulement du procès) Et ce qui se passe après. Et même avant, d’ailleurs. Tout dans ce bouquin est fichtrement intéressant.

Je tiens à mettre les choses au clair dès le début histoire qu’il n’y ait pas de malentendu sur cet article : oui, L’Étranger est mon livre préféré. Et contrairement à ce que la logique me commanderait de faire, je n’en ferai pas une analyse. (surtout qu’il y en a à foison sur la toile, plus ou moins bonnes, et que je ne pense pas apporter quelque chose de plus) Non, je vais en faire une chronique comme pour tous les autres livres, en essayant de ne pas trop en dévoiler. (rigolez pas, hein !)

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Bilan lectures #10 (août 2017)

Je n’ai finalement pas lu tant que ça (je n’avais pas forcément le moral) mais la majorité de mes lectures m’ont beaucoup plu. Sauf la première et vous allez vite comprendre pourquoi…

alexis zorba-coverAlexis Zorba (Nikos Kazantzaki)

S’il y a un livre qui m’a foutu en rogne ce mois-ci, c’est celui-là ! Un pote sur Internet me l’avait conseillé, c’est son livre préféré et naturellement, j’étais curieuse. Au début, tout ce que je remarquais, c’était les descriptions chantantes, l’ambiance chaleureuse de la Crète. Certaines réflexions philosophiques sur les êtres humains auraient pu être intéressantes, mais c’était sans compter le sexisme évident du personnage principal et la misogynie crasse des autres habitants du village où le narrateur et lui se trouvent. (au point que Zorba était finalement le personnage le plus sympa avec les femmes, alors que sa façon de les qualifier et son paternalisme m’ont hérissé le poil tout le long) J’ai quand même lu que « nouléfêmes » on ne méritait pas de lois car on est trop faibles d’esprit et la question « si elles sont des humains ou non » a été posée. (je vous laisse deviner mon indignation) Je vous renvoie à une chronique bien plus positive et détaillée, celle d’Histoires Vermoulues. Ça m’embête car le reste était très bon, mais ça, c’était juste insupportable et ça m’a bien gâché la lecture, même en remettant le livre dans son contexte. Furieuse comme je l’ai été, j’ai trouvé plus sage de ne pas en faire une chronique.

Les souffrances invisibles – pour une science du travail à l’écoute des gens (Karen Messing) Lire la chronique

Nous, les Nègres (James Baldwin, Malcolm X et Martin Luther King) et Révolution non-violente (Martin Luther King) Lire la chronique

La Fin de l’homme rouge (Svetlana Alexievitch) Lire la chronique

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