Manuel de résistance féministe, de Marie-Eve Surprenant – spécial FeminiBooks #9

femini-books-banAvant d’en venir au sujet principal, il faut que vous sachiez ce qu’est le FeminiBooks ! C’est une initiative de Ninon de la chaîne Opalyne, où, pendant un mois, elle propose aux Booktubeuses de faire une vidéo par jour pour parler d’un bouquin féministe ou à tendance féministe, que ce soit une fiction, un essai… D’ailleurs, vous pouvez aujourd’hui aller sur la chaîne de Il était une fois Perseneige, c’est elle qui a une vidéo à vous proposer aujourd’hui.

Et en ce mois de novembre, Opalyne a décidé de faire participer les blogueuses et blogueurs, j’ai donc naturellement décidé d’y participer, ça me semblait tout à fait en accord avec ma propre série d’articles sur le sujet. (et même sans ça, j’y aurais participé)

Voilà un des livres les plus utiles que je vous ai présenté dans ma sélection de livres féministes jusqu’à présent ! Pourquoi utile ? Vous allez le découvrir bientôt, et croyez-moi, vous allez l’adopter car il va personnellement me servir plusieurs fois au cours des prochaines années.

Tout d’abord, si vous êtes du genre à avoir une mémoire pitoyable (je ne m’aventurerai pas à insulter les poissons rouges, il paraît qu’il ne faut pas les sous-estimer) et à évoluer dans un environnement sexiste qui a voulu vous apprendre subtilement votre condition inférieure de femme et qui continue à essayer de le faire, ce livre est carrément fait pour vous.

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Girls will be girls, d’Emer O’Toole – les livres féministes #8

girls-will-be-girls-coverMais… C’est quoi ce titre super cliché ? Et cette couverture stéréotypée ? Pas de panique, c’est bien un livre féministe, en dépit des apparences.

Et plus exactement, c’est un livre sur le genre. Mais commençons d’abord par présenter l’autrice : Emer O’Toole est irlandaise, un pays pas très connu pour être ouvert d’esprit sur les droits des femmes. (vous balancez pas des fleurs, la France non plus) A l’heure actuelle, elle publie dans The Guardian et The Irish Times et est surtout professeure d’université et maître de conférences à Montréal en théâtre irlandais. Retenez bien ce dernier point, car mine de rien, il est important pour la suite.

Me concernant, je n’ai pas appris grand-chose avec ce livre. Vous pourriez vous dire que ça commence mal, mais ayant fait la majeure partie de mon éducation féministe sur Internet, des points tels que celui-ci abordés de manière globale ne me surprennent pas vraiment. Cependant, si j’en parle, c’est que je l’ai trouvé intéressant.

Tout d’abord, pour celles et ceux qui ne s’y connaissent pas sur le genre ou qui ont effleuré vraiment de très loin le sujet, ce livre a l’avantage de ne pas être très théorique et est donc une introduction sympathique sur le sujet. L’autrice parle de façon assez décomplexée et a eu tout le long de ma lecture l’étiquette de « fille super sympa » collée sur le front. Cela pourrait être un défaut aussi, ce fait pouvant être considéré comme un manque de sérieux. Mais ce n’est pas le cas. Elle a bien bossé son sujet, et cela se voit dans les références qu’elle utilise. Pour la grande majorité anglophones, vu qu’elle l’est. Si vous pensiez vous intéresser au genre à travers des publications françaises, désolée de vous décevoir.

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Chère Ijeawele, de Chimamanda Ngozi Adichie – les livres féministes #7

Chere-Ijeawele-ou-un-manifeste-feministe-cover… ou un manifeste pour une éducation féministe. C’est le sous-titre. Mais il était trop long à rajouter dans le titre.

Et c’est justement grâce à ce même sous-titre que vous avez très probablement compris de quoi il s’agissait.

Chimamanda Ngozi Adichie nous offre un manifeste féministe au même titre que Nous sommes tous des féministes, mais sous une autre forme : celle d’une lettre à une amie. Cette dernière demande des conseils pour élever sa fille de façon féministe et l’autrice avoue très clairement que, à chaud, elle n’en sait rien. Mais elle se reprend vite et nous offre tout un panel de conseils (quinze points en tout) et ça commence et se termine surtout par le même, sous des angles différents : le plus important est que sa fille se sente bien dans sa peau. Qu’elle puisse réaliser ce qu’elle a envie.

Pour être tout à fait honnête, elle commence par un conseil qui s’applique avant tout à la mère, et qui est bénéfique à la fois pour elle et pour sa fille :

Sois une personne pleine et entière.

Ça ne veut rien dire pour vous ? Trop vague ? Et pourtant, ça signifie plein de choses. De ne pas se définir seulement en tant que mère. De s’épanouir, à travers le travail, son rôle de mère ou même autrement, parce que personne n’est pareil. De ne pas écouter les injonctions des autres si elles vont à l’encontre de qui l’on est, de ce en quoi l’on croit.

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Le grand mystère des règles, de Jack Parker – les livres féministes #6

Le-grand-mystere-des-regles-coverCe livre aurait franchement pu être une très grande révélation si j’avais encore été adolescente. L’autrice nous y parle des règles, sujet hautement tabou. (vous avez sûrement dû connaître les mecs qui, à peine on effleure le sujet, nous font comprendre leur dégoût par des « beeeeh » très explicites, et certaines filles les rejoignant par solidarité) Mais même au sein de la société en général, c’est un sujet confidentiel qu’on ne doit surtout pas mentionner.

Mais qui est donc l’autrice ? Jack Parker (c’est un pseudonyme) est une ancienne rédactrice du site féminin Madmoizelle, qui avait beaucoup contribué à l’époque à mes connaissances basiques sur le féminisme blanc. Je savais donc déjà à quoi m’attendre : un rapport décomplexé sur le sujet, une cordialité présente le long des lignes.

Et même si j’avais déjà fait des recherches sur le sujet auparavant, ça fait un bien fou de lire un livre sur ça ! Bien sûr, on en parle entre filles, mais selon à qui on s’adresse, ça peut vite devenir gênant et la conversation peut rapidement s’écourter. Même entre nous, le tabou flotte au-dessus de nos têtes alors qu’il n’y a aucune raison, c’est un point commun ! (sauf pour les femmes qui n’ont pas de vagin, je ne nie absolument pas leur existence, ce n’est pas mon propos)

D’ailleurs, c’est assez surprenant de voir que dans beaucoup de cultures, la maternité est mise en valeur alors que ce qui permet de savoir qu’on est en bonne santé de ce côté-là est méprisé, voire craint…

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King Kong Théorie, de Virginie Despentes – les livres féministes #5

Je reviens pour cette série sur les livres féministes avec… Non, non, pas Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, non, toujours pas, non. Pour cette fois-ci, ce sera un livre contemporain, publié en 2006, donc encore largement actuel.

king-kong théorie-coverVirginie Despentes est plutôt connue pour son franc-parler assez cru, et bien que King Kong Théorie soit le seul que j’ai lu de cette auteure, je peux confirmer ce point. Ne vous attendez pas à licornes et paillettes, à douceur et mots tournés sept fois dans la bouche avant d’être vomi sur le papier, ce n’est pas du tout le style de Virginie Despentes. Elle vous balance ce qu’elle a à dire de la façon dont elle a envie de le dire. Et non, ce n’est pas vulgaire, contrairement à ce que des critiques prétendent : ce qui est vulgaire pour vous, c’est qu’elle dise une vérité qui vous dérange. (et pim !)

Car il est effectivement question de cela : Virginie Despentes n’a pas la langue dans sa poche, comme en témoigne cet extrait, qui est tout simplement le premier paragraphe de l’introduction :

J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre aucune autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire.

Rien qu’avec ça, elle nous démontre sa volonté de s’adresser aux femmes oubliées et méprisées, et je dois admettre que ça a été assez libérateur de mon côté. Ce paragraphe nous montre aussi une certaine confiance en soi que je lui envie. L’introduction en entier met les points sur les i sur ce qu’elle pense de la fameuse « féminité » qu’on doit toutes atteindre, sur ces pressions qu’on vit, en faisant partager ses observations à travers sa vie personnelle.

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Moi, Malala, de Malala Yousafzaï – les livres féministes #4

moi-malala-coverJe vous entends dire « Non mais celui-là, c’est facile » et retourner à vos bouquins théoriques mais je pense très sincèrement que ce livre reste un témoignage  essentiel de ce qu’une grande partie des femmes vivent dans le monde. (on n’est pas toutes Françaises – et même en France, ça ne casse pas des briques) Par contre, si vous venez avec votre rhétorique habituelle « Ça, c’est les vrais combats, il y a des femmes qui souffrent plus dans le monde, blablabla », vous êtes en tort parce que 1) en tant que femmes françaises, on n’a ni les capacités, ni la légitimité pour intervenir directement, 2) si on doit attendre que toutes les femmes dans le monde voient leurs droits s’améliorer avant de commencer à lutter pour les nôtres restants, on n’avancera jamais. Voilà, maintenant que cette mise au point est faite, on peut commencer.

C’est donc l’autobiographie de Malala Yousafzaï, une jeune fille pakistanaise que les talibans ont tenté d’assassiner quand elle avait douze ans (DOUZE ANS !!!) parce qu’elle militait pour le droit à l’éducation des filles dans son pays. Vous en avez sûrement entendu parler, son histoire a fait grand bruit et en plus, elle a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2014 pour son implication dans ces combats.

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Beauté fatale, de Mona Chollet – les livres féministes #3

Je ne trompe personne avec la couverture actuelle de mon blog, j’avais déjà annoncé indirectement que cet article viendrait un jour.

 » – Et Le Deuxième Sexe alors ? – Plus tard, plus tard. »

Toujours pas lu.

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Ce livre de Mona Chollet, journaliste franco-suisse au Monde Diplomatique, sorti en 2012 aux éditions Zones, a fait grand bruit lors de sa publication. Ou plutôt, il a fait parler de lui dans la sphère féministe en particulier car des réfractaires au féminisme, qu’ils aient des raisons ou pas de l’être, il n’y en a pas eu beaucoup pour le lire. Bref, passons. Si j’ai commencé cette série d’articles, c’est aussi pour faire découvrir à celles et ceux qui ne savent pas vers quoi s’aiguiller des petites recommandations en fonction de leur avancement (ou non) sur le sujet.

Mais revenons-en au sujet qui nous intéresse ici : Beauté Fatale est, de mon humble avis, un des livres phares de la génération féministe d’aujourd’hui. Il aborde un sujet qui nous touche absolument toutes en tant que femmes et qui est très actuel : la place de la beauté dans notre société et les injonctions sociales et systémiques à être parfaite selon la définition de tout-un-chacun, et surtout du monde de la mode et des cosmétiques. (tout en vous faisant croire que vous êtes une femme libre, le marketing est admirable d’efficacité)

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Des livres sur le féminisme pour les novices – les livres féministes #2

Je me suis rendue compte que, certes, je possédais des livres sur le féminisme mais qu’ils n’étaient pas forcément accessibles au premier venu et que ma découverte s’était en grosse partie fait sur Internet. Mais j’ai découvert il n’y a pas longtemps deux bouquins qui sont à mon sens une porte d’entrée, quoique sous un format différent.

1. La BD : Le féminisme de la collection La petite bédéthèque des savoirs, de Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu

le-feminisme-bedetheque-coverJe ne m’attendais pas à ce qu’une simple BD en contienne autant et explique aussi clairement et sérieusement le féminisme, ou plutôt, l’histoire du féminisme. Si vous ne les connaissez pas déjà, Anne-Charlotte Husson est une doctorante en sciences du langage mais est plutôt connue sur le web pour tenir le blog Genre !, une mine d’informations sur le féminisme et sur le genre. Quant à Thomas Mathieu, il s’est fait connaître grâce à son blog Projet Crocodiles, où il dessine les histoires de harcèlement dont des femmes lui envoient des témoignages avec la particularité de dessiner tous les hommes comme étant… des crocodiles.

C’est donc la collaboration de ces deux géniales personnes (on sent déjà l’objectivité de cet article) qui a amené à la création de cette bd très pédagogique. On y suit différents sujets à travers six slogans célèbres de la lutte féministe (par exemple « Le privé est politique » ou encore « On ne naît pas femme, on le devient ») et on en apprend autant sur l’histoire du féminisme que sur les différents mouvements actuels et leurs revendications.

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La collection Egale à égal des éditions Belin – les livres féministes #1

Vous vous dîtes sûrement que tant qu’à faire des articles sur des bouquins féministes, autant commencer par le grand classique, Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Et bien figurez-vous que je ne l’ai pas terminé (shame on me), étant dans une période assez surchargée au moment où je l’ai commencé. Et vous en conviendrez, ce n’est pas le genre de livre à lire une minute vite fait de temps en temps. Je m’y remettrai donc quand j’aurais la motivation de le lire.

Néanmoins, ne pas avoir lu ce livre ne m’a pas empêché d’en avoir lu d’autres – plus actuels d’abord, et avec des propos souvent plus inclusifs. (je vous laisse regarder la définition du féminisme intersectionnel ici) Je n’irai pas prétendre que tous les livres féministes que je présenterai sur ce blog seront inclusifs mais je veillerai un maximum à ce qu’ils n’insultent pas d’autres groupes vivant une oppression. (pour la peine, le livre de Beauvoir n’entre pas dans cette liste pour le peu que j’en sais mais il a l’excuse d’être d’une autre époque)

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Je vais commencer cette rubrique par des livres qui montrent que certains faits d’inégalité existent toujours et qu’ils ne sont pas prêts de disparaître si on est pessimiste. La collection Égale à égal des éditions Belin a le mérite de réunir des problématiques féministes dans des petits livres d’environ 80 pages. Ils fournissent différents points sur lesquels l’égalité homme-femme n’est pas atteinte et qu’en grand pays des droits de… l’homme (coïncidence ? Dans d’autres pays et à l’ONU, c’est les droits de l’humain), on n’a pas tant de leçons à donner.

J’ai personnellement lu ceux sur l’éducation à l’école, les femmes en politique et à la télé ou comment être une femme augmente les risques de précarité. Ils sont vraiment intéressants, je les déconseillerai cependant pour ceux qui sont loin d’être des néophytes sur le sujet : ça ne vous apprendra rien. Néanmoins, ils sont remplis de faits et de statistiques assez utiles, toujours bons à ressortir lors d’un débat et essentiels si vous avez une mauvaise mémoire comme la mienne. En plus, ils sont courts, tout est très bien réparti de façon logique au sein des chapitres et ils sont faciles à lire, donc vous pouvez les prêter à quelqu’un qui n’aura même pas l’excuse de dire « Non mais j’y arrive pas/c’est trop long », ce serait de la mauvaise foi !

Ces livres-là me semblent donc une bonne porte d’entrée à la réalisation des problématiques sur l’inégalité des sexes. Cet article est assez court car il n’y a pas grand-chose à discuter, j’aurais sûrement plus de matière pour les prochains livres.