Comment suis-je devenue féministe ?

Il était obligatoire que cet article sorte un jour. Je vous fais chier avec une série d’articles sur des livres féministes quand même… Mon parcours est assez classique ceci dit. Et comme beaucoup de femmes, à quelques exceptions, j’ai commencé par penser que le féminisme était nul en plus d’être inutile (ça commence bien, cette affaire). Pourtant, j’aurais dû réfléchir plus tôt. Pas comme si je subissais le sexisme comme toutes les femmes, d’autant plus quand tu es considérée comme une fille laide par la société (du coup, tu vis aussi des choses différemment).

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(si vous vous demandez si j’ai lu tous les livres sur les photos, la réponse est non – il y en a un que je n’ai pas lu sur chaque photo)

Subir le sexisme sans pouvoir le nommer

Ça a commencé tôt pourtant, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je ne me souviens pas de tout, bien sûr. Mon premier souvenir marquant est survenu quand j’avais 7 ans.

C’est cette règle de grammaire qui dit que « le masculin l’emporte toujours sur le féminin »… Ca m’avait tellement outrée ! Alors les gens qui disent qu’on s’en fout, que ça n’a aucune incidence… Oh que si ! C’est même assez incompréhensible, alors qu’on t’avait dit qu’un des principes de ton pays, c’est « égalité »… Et quand on dit qu’à cet âge, les garçons ont autre chose à foutre que de s’en réjouir… Encore une fois, si, ils en étaient très contents ! Ils ont très bien compris, parmi les innombrables indices qui leur étaient donnés dans leur quotidien, que leur sexe les rendait supérieurs aux filles… Ils jubilaient, même ! Vous êtes bien naïfs ! On a protesté mollement (que pouvions-nous faire au CE1 ?) et j’ai « oublié » cet épisode…

Ensuite, s’est enchaîné le reste, que je considérais chiant mais « normal » : notre prétendue nullité au sport (dans mon cas, c’est vrai par contre), les jouets genrés, le harcèlement et les insultes sexistes, la sexualisation de notre corps à l’adolescence… Mais je crois que ce qui m’a vraiment bloqué, c’est l’épilation.

Je n’ai pas besoin de dire aux femmes qui lisent cet article que nous devons être glabres, sinon nous ne sommes pas des femmes (des mecs le sont naturellement, alors honte à nous si on ne l’est pas !). C’est quelque chose qui m’a pas mal stressé, pour ne pas dire angoissé. J’ai commencé à me raser (la cire loooool) à l’âge de 12 ans, j’avais eu quelques réflexions sur mes poils de jambe (sauf les cuisses, je ne les ai jamais fait, meilleure décision de ma vie), mais aussi sur ceux… dans mon cou. Sans aucun soutien à part celui de ma mère qui racontait n’importe quoi, j’ai fait ça à la crème dépilatoire… Ne faîtes pas ça chez vous. Depuis, je suis coincée, je dois le faire régulièrement alors qu’à la base, c’était rien du tout. Y en a un qui a tenté de me faire complexer sur des poils que j’avais sur le haut du dos et… on appelle ça un duvet (gneugneu), j’ai jamais craqué, vive ma flemme. Et c’est ce qui devrait se passer, avoir la flemme (qu’on appelle dans ce genre de situation une réaction saine), et ce qui devrait encore plus se passer, c’est d’en avoir rien à foutre.

Aujourd’hui, même si je le fais encore à deux endroits, je suis plus sereine, mais ce n’était pas le cas avant, peut-être la faute à des remarques incessantes, notamment sur la méthode qui laissait la repousse voyante et c’est « dégoûtant », sans compter les deux meufs en décapotable qui se sont arrêtées exprès pour se moquer de la repousse de deux jours que j’avais, des poils bruns sur peau blanche en plus (j’ai soulevé le bras, donc elles ont pu voir – j’avais 17 ans, bordel de merde). Bref, long combat qui, je le vois maintenant en lisant des témoignages, n’est pas une exception et fait du mal à toutes, sauf à celles qui ont bien intégré qu’elles devaient être belles de telle manière et qu’elles devaient souffrir pour être belles. J’ai pas honte de le dire : ce sont les femmes les pires connasses qui m’ont fait complexer sur le sujet. C’est dingue d’être nos propres ennemies à ce point, et ça ne m’a pas aidé dans le futur pour reconnaître au féminisme sa pertinence.

Est-ce que j’ai été une femme qui n’aimait pas les femmes ? Oui… et non. Parce qu’il y avait beaucoup d’hommes que je n’aimais pas non plus. C’est juste que je mettais, à de très rares exceptions, toutes les femmes dans le même panier. Mais je disais quand même que je préférais les hommes alors que mon expérience avec eux n’était pas bien plus glorieuse. Je suppose que je pensais que ça me rendrait intéressante, ce que je n’ai jamais été pour qui que ce soit de toute façon, et encore moins aux yeux des hommes. Pendant très longtemps (et c’est toujours d’actualité), j’ai subi leur mépris du fait qu’ils me trouvaient laide, et croyez-moi, les conséquences sont nombreuses : dénigrement, moqueries, silenciation, décrédibilité, invisibilité, etc. Bref, j’aimais pas grand monde, mais j’étais quand même influencée par la société sexiste dans mes raisonnements, ma perception des choses. (pour traiter les connasses qui me dénigraient et se moquaient de moi parce que pas assez féminines de « pute », y avait du monde – bon ok, elles se prennent un « pouffiasse » à la place maintenant)

Et voici enfin le sujet qui pose le plus de problèmes aux personnes intégrées dans les valeurs patriarcales, à savoir : mon manque de féminité. Si vous trouvez, après m’avoir vu sur Instagram, que je ne m’habille pas si mal, ne croyez pas que ça ait été le cas avant. J’étais pas non plus habillée avec un gros sweat et un baggy, mais bon, je ne me mettais pas « en valeur » non plus… Ce que je portais était très basique. Je détestais – et déteste toujours – porter du maquillage, d’autant plus que ça empire mon acné… Notez un truc : le maquillage m’enclenche de l’acné, que je suis sensée absolument camoufler… avec du maquillage. Magnifique cercle vicieux, hein ? La coiffure ? Euh, au revoir. Bref, comme vous le voyez, ce sont des choses qui me passent au-dessus, chose impardonnable pour le patriarcat qui a ses représentants à chaque coin de rue, donc les « T’es pas assez féminine », « Tu pourrais faire un effort », « Tu trouveras jamais de mec » (et j’en veux pas à l’heure actuelle), j’ai connu.

Bref, le sexisme que j’ai vécu, ce n’était pas qu’en tant que femme, mais en tant que femme laide. C’est un peu différent. Tu es déjà foutue (tu n’es pas une femme tellement t’es moche mais j’ai quand même subi du harcèlement de rue parce que why not) mais tu dois quand même faire cent fois plus d’efforts pour paraître féminine – efforts inutiles soi-dit en passant. J’ai résisté tant que j’ai pu et aujourd’hui, j’ai un peu laissé tomber. (ça permet de se reposer mentalement, ahem)


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S’intéresser au féminisme et se considérer comme telle

Comme vous l’avez vu, ça aurait pu être mal barré. Surtout que je suis dans un entourage qui n’aime pas les féministes (pour des raisons valables ? Euh… Pas vraiment). Donc j’avais aussi des préjugés négatifs sur le féminisme, du style « on n’en a plus besoin », « elles nous font chier pour rien », « des extrémistes qui veulent être supérieures aux hommes », bref, des classiques.

J’avais 21 ans quand je suis entrée à la fac et… Non, ce n’est pas l’université qui m’a ouvert au sujet du féminisme, mais Internet. J’étais sur un forum à l’époque (celui de Madmoizelle, et non, je ne donnerai pas mon pseudo) et ça parlait beaucoup de féminisme. Intriguée, j’ai suivi les conversations sans intervenir, en observant. Bien sûr, j’ai vu des choses qui ne m’ont pas plu (il ne faut pas être trop virulent avec moi) mais globalement, je trouvais les propos de beaucoup très intéressants. Je me suis donc aventurée sur les articles sur le féminisme basique, qu’on appelle pour le dénigrer « féminisme 101 », à part que tout le monde doit bien commencer quelque part… Je me suis ensuite tournée vers des blogs connus de l’époque (Crêpe Georgette, Genre !,…), des tumblr, avec des articles plutôt théoriques, parfois non. Bref, j’ai débarqué durant l’essor du mouvement sur le net.

Pourquoi je dis que je suis aussi entrée à la fac à cette époque ? Quel rapport ? Avec la fac, aucun, ça veut juste dire une chose : j’étais étudiante à l’époque, j’aimais (et j’aime toujours) la solitude et ça m’a permis une certaine tranquillité dans mon exploration du sujet. Je ne dis pas que j’étais une ermite (oh non…) mais ça m’a laissé du temps (le temps que je n’utilisais pas alors que j’aurais dû bosser). Et surtout, ça m’a passionnée.

Ça m’a passionnée parce que, comme pour une grosse partie des femmes, ma vie (en tout cas une grande partie) était racontée. Et on me disait ce dont j’avais l’intuition mais que j’essayais de refouler car la société me disait que c’était dans la logique des choses : non, ce qui se passe n’est pas normal. N’est pas juste. N’est pas honnête.

Si une fille est en colère quand elle commence à s’intéresser au féminisme, c’est normal, je dirais même que c’est la moindre des choses. Ça ira mieux après. Enfin… Tout dépend de ce qu’on entend par « mieux ». Si vous pensez qu’on fait abstraction de nos découvertes et qu’on va continuer à être aussi sexiste qu’avant et à le subir sans broncher, je pense que vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Elle voudra peut-être même militer… Donc non, pour vous, elle n’ira pas mieux car elle ne se pliera pas à nouveau au conformisme patriarcal.

Ce que j’entends par « mieux », c’est qu’elle exprimera moins sa colère avec agressivité (quoique…) mais elle argumentera avec plus de justesse… Elle se sentira peut-être plus en paix avec elle-même mais pas sûr que ce soit à votre avantage ! Surtout qu’il se peut qu’elle ne se plie plus non plus aux injonctions, ou peut-être moins… Ou peut-être toujours, et d’ailleurs, les filles : sachez que dans tous les cas, vous serez perdantes.

Quand me suis-je considérée féministe ? Deux ans après mes découvertes, je pense. J’étais encore un bébé féministe (et même aujourd’hui, je ne suis pas au point, ne me demandez rien sur la prostitution svp) mais finalement, on s’en fiche. Le plus important à mon avis, c’est de partir avec une certaine d’ouverture d’esprit, ne pas croire qu’on est toutes puissantes et surtout, s’intéresser à l’inclusivité et la pratiquer le plus possible. Pour cela, j’essaie d’en lire le plus possible (enfin, autant que mon intérêt pour d’autres sujets et mes moyens financiers me le permettent) sur le féminisme, mais aussi sur le racisme, la précarité. (il m’en manque sur les autres sujets par contre, bien que concernant l’homosexualité et la transidentité, ce sont plus des connaissances historiques et théoriques qui me manquent)


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Dans la vie de tous les jours, ça se passe comment ?

Baaah… Comment dire… La conséquence de ce qui se passait déjà avant a eu lieu : je ne parle quasiment plus à aucun mec dans la vraie vie. A part quand j’ai fait une année d’études où il y avait une majorité de gars (je faisais des soirées avec eux, en prenant du recul, je vois des choses…), je n’en ai pas connu beaucoup (je ne les intéressais pas, je suis moche, souvenez-vous) et la relation amicale n’a jamais duré longtemps. Aujourd’hui, c’est encore pire : je suis féministe ! A l’heure où j’écris cet article, j’ai un t-shirt sur lequel est écrit « feminist » (ce n’est pas fait exprès) et j’hésite à sortir avec… Il y a des progrès à faire. Mais dans une ville conservatrice, difficile de prendre ses ovaires pour les poser sur la table.

Je crois qu’on vient au fond du problème… Va faire une révolution féministe toute seule dans une ville moyenne de province, dans un département paumé qui reste assez misogyne.

Mais je suis quand même plus sereine. Quand on vieillit (j’ai 28 ans seulement, mais ok), on se rend compte que certains regards oppressants disparaissent. Oh, il y en a qui sont toujours là, il ne faut pas trop déconner (surtout que j’ai l’âge d’avoir des enfants, m’voyez).

Mais sur l’apparence, je suis un peu plus je-m’en-foutiste. Comble de l’insolence : je suis devenue plus féminine sur certains points… une fois qu’on m’a lâchée la grappe. Certaines personnes se glorifient que j’ai enfin écouté leurs remarques mais… à part me faire chier et me faire culpabiliser, ça ne m’avait pas fait agir pour autant. Dommage, c’est un échec. Le maquillage ? Toujours pas. La coiffure ? Malgré des tutos Youtube, rien à faire. Mais je me suis rendue compte que j’aimais bien le vernis et les boucles d’oreille (bien qu’on arrivera toujours à me dire que telle couleur ou telle paire n’est pas assez ceci, ou trop cela). Ce n’est pas de leur fait.

Je monte au créneau quand j’entends des trucs sexistes qui me font bondir… Ok, c’est peut-être pour ça, en plus de ma situation professionnelle qui ne fait rêver personne, que plus aucun homme ne me parle, à part les désespérés. J’ai déjà eu aussi des remarques de leur part sur le fait que je ne souriais pas assez, ce qui est assez amusant quand on sait que je rigole souvent (au point qu’on me sous-estime largement et que je passe pour une imbécile et une fille superficielle) ou à l’opposé, que je râle beaucoup… Si vous connaissez plutôt le dernier cas à votre encontre, remettez-vous en question, je sais pas.

Il y a aussi le fait que j’ai évité la souffrance habituelle que les femmes subissent de par leur statut. En plus du fait que je ne sois pas féminine et que j’évite du coup la corvée du maquillage chaque matin (vous ne le voyez sûrement pas toutes comme ça, mais pour moi, c’est bel et bien une corvée), j’esquive aussi tout ce qui peut être charge mentale. (charge émotionnelle, bon… On va dire que ça dépend) Je ne suis pas une as du ménage et de la cuisine et on me l’a souvent reproché. Et on me dit que je ne peux pas en parler vu que je n’ai pas souffert de ça… (tu peux pas parler de violences sexuelles si tu n’as pas été ag… oups, ça ne marche pas à tous les coups) J’en ai souffert que pendant deux mois et ça m’a bien suffi.

Bref, je fais comme je peux. Mais je suis une femme qui a déjà été récalcitrante envers le patriarcat avant d’être féministe et qui a usé de choses qui lui ont permis d’échapper à certaines contraintes. Ahem. Mais ça en dit long sur ce qu’on doit faire pour y échapper, qu’on en soit conscientes ou non.


Je pense qu’il n’y a pas grand chose à commenter. Mais je suis curieuse : si vous êtes féministe, comment est-ce que tout cela a commencé ? Qu’en tirez-vous comme conclusions, qu’est-ce que vous constatez ? (je n’ai pas réellement répondu à cette question, ma réponse serait trop radicale, aha)

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46 réflexions sur “Comment suis-je devenue féministe ?

  1. On a un peu le même parcours. Pas seulement parce que ne suis pas non plus considérée comme jolie, mais je suis aussi arrivée au féminisme par internet. Crêpe Georgette entre autres et puis des articles ici et là, des navigations un peu à l’aveugle et cette thématique qui revenait de plus en plus fréquemment, qui me parlait. Et je me suis aperçue que il y avait beaucoup de trucs que j’avais malgré tout bien intégrés – merci la société -, même si le fait de ne pas être très populaire, très entourée de gens au collège ou au lycée, de ne pas avoir un rôle à tenir m’a permis d’éviter certains écueils (le fait de devoir penser comme les autres, asséner les mêmes jugements, suivre les modes pour plaire, etc.).
    La question de la légitimité me parle beaucoup. Globalement, je n’ai pas vécu de choses terribles – genre agressions -, ça s’arrête au harcèlement de rue que toutes le femmes rencontrent à un moment ou l’autre et à un peu d’homophobie (c’est franchement désagréable, je déteste ça, mais je ne peux pas dire que ça a été jusqu’à un point traumatisant). Je ne peux même pas dire que je connais la charge mentale puisque mon copain en fait globalement autant voire plus que moi (enfin, on a nos domaines, j’aime cuisiner (sauf les jours où ça me saoule) et il aime faire le ménage (y a des gens tellement bizarres), donc on a un équilibre qui ne pèse ni sur l’un ni sur l’autre. Et quand tu n’as pas d’enfants, je pense que ça allège malgré tout.
    Bref, par contre, je suis considérée comme la féministe de service, si quelqu’un dit un truc limite, tout le monde me regarde en attendant que je monte au créneau. Pourtant, je ne suis pas du genre hyper violente, qui prend la parole à tout-va, mais il faut croire que, dès que tu causes pour lutter contre le sexisme, ça marque davantage les esprits.

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    • Héhéhé, contente de voir que la référence à Crêpe Georgette parle à quelqu’un 😉
      Finalement, ne pas être populaire, au-delà de la souffrance qu’on a pu ou non vivre à cause de ça (et je sais de quoi je parle…), ça nous a en effet, comme tu le dis, permis d’échapper à certaines choses, et perso, je trouve que ça permet de prendre du recul plus facilement.
      T’as vécu quoi côté homophobie ? Perso, j’ai vécu de la transphobie alors que… je ne suis pas trans, tellement moche pour certains que je ne pouvais être qu’un homme et c’est dégoûtant, blablabla.
      Aha, j’avoue qu’aimer faire le ménage, faut le faire ! Mais bon, tant mieux pour lui aussi, ça lui permet de ne pas se dégoûter de la tâche non plus. En effet, vous avez trouvé votre équilibre, c’est cool ! C’est quelque chose de difficile dans les couples, je trouve, c’est souvent la femme qui fait la majorité des choses.
      Ahaha, mais grave, t’es plutôt calme, mais tu passes pour l’hystéro de service dès que tu réagis à un truc sexiste. On m’a déjà dit que j’étais lobotomisée alors que la personne ne s’est jamais posée la question pour elle tellement le sexisme est ancré dans le fonctionnement normal de la société.

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      • Oui, je pense aussi. Prendre du recul plus facilement et peut-être plus tôt aussi. Quand tu n’as pas à t’extirper tout d’abord de la pression sociale des ami·es et compagnie, tu te forges peut-être plus tôt une opinion moins influencée par les autres.
        C’est parce que je vivais avec une fille avant. Donc on a eu droit à des remarques, des insultes de temps à autre. (Et après, alors que je n’étais plus avec elle, mais pas avec mon copain de maintenant, j’avais les cheveux courts, ce qui m’a aussi valu quelques réflexions peu sympathiques, mais bon.)
        Je ne pense pas que je pourrais être avec quelqu’un qui me laisse faire la moitié des trucs à la maison, ça ne passerait pas, ce ne serait tellement pas en accord avec mon caractère, il y aurait trop vite des étincelles. ^^
        Mais c’est ça, tu deviens une « hystérique » alors que tu es calme. C’est juste le thème, il faut croire que, pour certain·es, féministe = hystérique. Le coup de la lobotomisation est pas mal non plus…

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      • Ah oui, je vois. Vous aviez des soutiens, ton ax et toi ? Toujours plus « facile » à vivre quand tout le monde n’est pas contre toi…
        Mais c’est ça, t’es même pas en train de gueuler… MAIS SI VOUS VOULEZ QUE JE GUEULE, PAS DE SOUCIS ! Plus sérieusement, l’impression de parler face à un mur soit hostile, soit moqueur…

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      • Oui, oui, globalement, on n’a pas eu de problèmes à ce niveau-là, donc c’est pour ça que ça n’a pas été traumatisant pour nous ! C’était juste quelques connards isolés finalement.
        Oui, c’est assez frustrant et décourageant. C’est dur de se faire entendre, même si on n’a des vrais arguments. Et être plutôt du genre discrète, ça n’aide pas à faire entendre ta voix.

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  2. Olala je me retrouve tellement dans ton parcours !! Agacement vis à vis des deux poids deux mesures, le jugement vis à vis des poiles, etc. Et aussi le passage chez madmoizelle qui m’a fait devenir féministe. Pour beaucoup féministe est encore un gros mot ou bien signifie forcément être militante, alors que pour moi c’est surtout un mode de pensée. Aujourd’hui je me considère comme féministe non militante, je fuis les milieux militants xD Par contre, je sème des graines de féminisme autour de moi. Par exemple je fais découvrir à mon collègue de 50 ans sexiste comme jamais la réalité des femmes par rapport au viol ou autre. (On part de très très loin avec lui). Avec le blog aussi j’essaie de faire en sorte de montrer que les femmes existent dans la littérature, qu’elles font des trucs très cool ou comment la chick-lit et d’autres genres littéraires destinés à un public féminin participe à leur manière à ce que les femmes vivent pleinement leur choix tel qu’ils sont et ont la sexualité de leurs choix.

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    • Il me semblait bien que tu étais sur Madmoizelle ! 😀
      C’est vrai, le militantisme n’est pas une obligation, même si ça nous aiderait à avancer plus vite, mais quand on voit que le minimum demandé déclenche déjà une régression, tu te dis « bon… ». Et même, juste en parler dans une discussion, c’est déjà la panacée pour certains. Du coup, je sais pas comment tu fais avec ton collègue : il est quand même ouvert à la discussion ?

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  3. Moi j’aime beaucoup ce type d’article ! Moi je pense que j’étais féministe et que je réagissais beaucoup sur ces sujets avant d’assumer le terme lui-même finalement… j’étais déjà outrée petite des différences de traitement, mais jusqu’à quelques années en arrière j’avais pas une vision claire des mouvements féministes et j’avais encore pas mal de préjugés.

    (et sinon je compatis sur le maquillage et la coiffure^^ j’ai jamais su me coiffer, je sais même pas me faire une tresse aha)

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  4. J’ai beaucoup apprécié ton article et sa sincérité. Moi non plus au début j’avais une mauvaise image des féministes avant de me renseigner. Et tu as raison les femmes sont malheureusement cruelles entre elles parfois, par exemple un seul docteur m’a dit de m’épiler et c’était une femme. Entre ados c est pire, les mecs ils étaient horribles… Certaines féministes pensent que le sujet de l’épilation est futile comparé à d’autres mais je trouve que tout est lié.
    J’ai lu girls will be girls que tu as pris en photo et ça m’a beaucoup apporté et j’aimerais lire le livre que Buffy Mars a proposé sur le féminisme islamique.

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    • Aha, je crois qu’on en a toutes une mauvaise image à la base. Un docteur qui t’a dit de t’épiler… Mais dans quel cadre ? Pour une opération, ça peut être nécessaire, mais encore, ça dépend quel endroit… Non mais les mecs, ils me gonflent, le pire, c’est ceux qui s’épilent et qui disent « Tu vois ? Moi, je le fais », ouais enfin, personne t’a demandé d’être con…
      « Féminismes islamiques », je l’ai lu mais ça fait un moment, genre 5-6 ans, faudrait que je le relise.

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      • Pour une opération y a pas forcément le choix et je comprends tout à fait, dans ce cadre là ça m’aurait pas choqué, mais là c’était juste une consultation banale elle a vu mes poils et elle a fait son commentaire…

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      • Mon docteur me fait des frottis, je crois qu’elle va être choquée xD. Sa remplaçante m’a déjà dit que c’étaient les vieilles qui étaient poilues là normalement…

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  5. « Et comme toute fille de cette société »… Je n’approuve pas. ^^’ Je comprends cela dit puisqu’au départ on est conditionnée et ça nous passe dessus, cela dit quand j’ai « entendu parler » du féminisme je n’ai jamais songé que c’était nul et inutile. Je ne m’y intéressais pas et point, mais je n’avais pas d’avis dessus. En fait, je ne me considère toujours pas féministe, je « commence tout juste à l’être » et encore. La cause est juste, mais je ne suis juste pas assez renseignée pour me dire que je le suis je trouve.
    Je t’admets que la partie découverte + considération comme fémiiste est celle qui m’intéresse le plus puisque je suis plutôt dans cette phase. Et fun fact : 21 ans aussi ! L’âge déclic ?
    Après, la révolution féministe à Brive, tu ne la feras pas… ni moi à Limoges haha (même si je pense qu’il y a plus de féministes ici ? ) m’enfin faut juste rouler sa bosse, essayer de changer les choses quand on le peut. Tu ne vas pas faire un discours à la mairie, mais tu n’hésiteras pas à dire ton PDV quand une situation se profile, et ça amène déjà un changement si la personne n’est pas butée sur son idée.

    Bref je n’ai pas grand chose à dire outre qu’il faut que je me bouge le postérieur et que je m’y intéresse plus « théoriquement ». Finalement certaines personnes peuvent penser que je « suis féministe » parce que je suis contre un tas de présupposés et de conditionnements de la femme, mais je n’ai aucun apport théorique, je n’ai jamais vraiment fait de recherches dessus, pour l’instant je me laisse m’ouvrir et intégrer ça dans mes positions. Mais ça reste assez faible. En même temps je sais qu’il faut que je commence par quelque chose, mais entre le féminisme, les maladies et troubles mentaux, la question LGBTQIA+, je ne sais pas par quoi attaquer…

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    • Je vais modifier alors 😀 Tu as raison, mais le féminisme avait (et a toujours) une telle mauvaise image que je me suis dit qu’on y a forcément adhéré à un moment ou à un autre. Mais c’est vrai qu’il y a des exceptions… comme toi 😉
      Sinon, oui, je vois ce que tu veux dire, je ne me prétends pas alliée de causes que je ne connais pas bien.
      J’ai découvert le féminisme à l’âge de 21 ans à peu près, je dis ça je rien 😛

      Dans nos coins respectifs, ça va être dur pour nous deux, surtout que des gens ouverts à la discussion, y en a pas des masses à Brive… Ils ont un avis arrêté sur plein de sujets, je trouve ça impressionnant de condescendance.

      S’y intéresser plus « théoriquement », ça dépend, j’ai pas beaucoup de livres théoriques, même si j’en ai quelques-uns… et certains que je n’ai pas lu xD
      Si tu veux, tu peux commencer par des ouvrages sympas, juste pour te « mettre à jour » en quelque sorte, ça met les idées en ordre. Sinon, je t’ai catalogué spécialiste des troubles mentaux et petite connaisseuse des questions LGBTQ x)

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      • Je ne pense pas forcément être une exception haha, mais je me dis que quand même plusieurs personnes ont dû montrer plus une forme « d’indifférence » ( ou alors est-ce que c’est juste moi qui suis blasée, et depuis trop longtemps ? ) et non un réel dédain.
        A voir s’il s’agit de l’âge révélateur haha.

        Ah ça c’est certain… Un des trucs que j’aimerais sincèrement changé à Limoges, c’est d’avoir une gay pride, même toute petite tu vois. Mais ça apporterait tellement. M’enfin bon on est dans une région où les gens votent à droite, même à l’extrême alors kesketuve en tirer.

        On va dire : s’y intéresser plus en profondeur haha. Mais oui, j’y compte bien. Je compte emprunter des bouquins dessus mais en même temps, baisser ma PAL, le dilemme.
        Haha c’est chou, mais tu sais ma connaissance reste vraiment faible même pour les maladies et troubles mentaux. ^^’

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      • Justement, de ce que j’en vois l' »indifférence » cache une certaine hostilité, du coup… Bon, je vais aller voir pour reformuler (non, toujours pas fait).

        … Il n’y a pas de gay pride à Limoges ? Vu que c’est quand même une grande ville, je pensais. Dingue que ce soit autant une région de droite, mais bon, mentalité hyper conservatrice… Comme tu le dis, pas grand chose à en tirer.

        Je ne te conseillerais pas quelque chose pour les débutants, ni une truc trop théorique… (tu es un mystère, aha)
        Plus que moi en tout cas x)

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      • Pas à ma connaissance en tout cas, pourtant j’ai beaucoup beaucoup cherché en juin parce que je voulais vraiment faire une gay pride. Il faudrait que je me renseigne sur toutes les assoc’ de la ville, et que je me renseigne sur comment amener une gay pride dans une ville.

        Aaaah ça tout le monde me le dit que je suis un mystère haha.

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  6. j’aime beaucoup ton article et le ton que tu utilises!!! RRRRR
    parcours assez proche même si je suis aux portes du 3e âge!!
    j’avais trente ans dans les années 80 adhérente au PS avant la période « Mitterrand président » et je suis partie en claquant la porte!
    réunion du PS dans mon village (5000 habitants max à l’époque) on était 2 femmes, chaque fois qu’on émettait une opinion ou qu’on n’était pas d’accord avec les mecs, on avait droit à des réflexions du style: ce sont des vapeurs de ménopause pour ma copine plus âgée et pour moi: « te te laisses emporter par tes émotions primaires » florilège donc
    depuis je soutiens mais je ne m’engage plus je tiens à conserver ma liberté de parole… et ma pilosité 🙂

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire !
      Ah oui, le militantisme, à n’importe quel bord, le sexisme y est partout, même aujourd’hui. Des efforts sont faits, mais on est encore loin du compte. Je comprends ta décision, d’autant plus qu’en tant qu’introvertie, il en faut peu pour que je retourne dans ma grotte 😉

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  7. Ton article me rassure en me faisant voir que par rapport à là où tu vis, les gens de mon lycée sont pas si sexistes que ça. Je pense que si des femmes font plus de remarques sexistes que certains hommes, par exemple en ce qui concerne l’épilation, c’est par ce que elles ont été élevées comme ça et comme c’est la norme et qu’elles en font partie elles se moquent des femmes différentes. Alors que chez les hommes comme ils n’ont pas à rentrer dans cette norme, si ils voient des femmes en sortir ça les choquent moins. Par exemple lorsqu’en SVT on a vu une image de sexe féminin par rapport à la contraception c’est une fille qui a dit d’un air moqueur -Hé elle s’est même pas rasée! alors que les garçons n’y prêtaient pas particulièrement attention. Si j’avais osée, je lui aurais rétorquée-Et alors? 😉

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    • Ca dépend un peu des coins, en effet, je suis dans une ville assez conservatrice. Quand j’en suis partie pour mes études, je n’ai pas découvert un autre monde mais presque… Les gens étaient un peu plus je-m’en-foutistes. (ou plus hypocrites à ne pas dire en face ce qu’ils pensaient ?)
      Comme quoi, les femmes peuvent être nos plus grandes ennemies quand elles s’y mettent… Nous aussi, on est sexistes et tant qu’on s’est pas déconstruites…

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  8. Moi ça a commencé avec l’uni. J’étais en science po et on avait un cours de sociologique politique qui s’appelait « Fondement de la domination » et qui explorait les rapports de pouvoir et de domination dans la société (pas seulement homme-femme, jeunes-vieux, riches-pauvres, blancs-noirs, etc.) et la ça a fait « badaboum » dans mon cerveau (effet pilule rouge dans le style Matrix). Tout ce qui m’énervait, tout ce que je soupçonnais, que je n’arrivais pas forcément à nommer, était exposé devant moi de manière scientifique! Depuis (c’était il y a 12 ans) j’ai agrandis ma culture féministe, notamment avec Internet, mais surtout en lisant plein d’autrices pour moi et pour mon blog!

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    • Trop bien, un cours de sociologie politique ! Ca devait être super intéressant, d’autant plus que ça abordait ce sujet qui n’est plus tabou mais qui l’était avant… On a toutes ce moment de révélation, la société ne nous y aide pas du tout à la base, alors quand on nous met la vérité sous le nez…
      Merci pour ton commentaire en tout cas ! 😉

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  9. Très intéressant cet article! Du coup, ça m’amène à me demander où j’en suis… Déjà, comme La Récolteuse je n’ai jamais été opposée au féminisme.
    Je pense que j’ai toujours eu une sensibilité féministe sans forcément utiliser ce terme. Pour moi ça tient beaucoup au fait que je n’ai jamais aimé les trucs « de filles », genre les poupées, les bébés, le maquillage, les fringues, etc. (ouais je préférais les livres). Donc j’étais un peu à part, et pas du tout populaire non plus. Sauf que je dirais plus que c’est cette différence qui m’a rendue impopulaire (mais pas que), plutôt que l’impopularité qui m’a permis d’être différente.
    Ensuite j’ai formalisé un certain nombre de choses pendant mes études. Là j’ai commencé à me considérer comme féministe. Je n’ai pourtant pas tellement de background théorique, et je suis toujours très influencée par les autrices que je lisais à l’époque. Bref, il me faudrait une mise à jour.
    Sinon je pense qu’un élément déterminant a été que j’ai su très jeune que je ne voulais pas d’enfant, et que j’ai persévéré dans cette voie jusqu’à maintenant (40 ans, en couple hétéro stable, bref je suis un monstre). Quand on voit la réaction des gens, ça fait quand même pas mal réfléchir sur la place que la société veut imposer aux femmes, et sur la manière dont on l’accepte. D’ailleurs ce sont en général les femmes qui sont scandalisées quand je dis que je ne veux pas d’enfants.
    Actuellement je pense que je suis surtout lucide sur un certain nombre de choses. Typiquement, les poils, je sais que ça n’a pas de sens mais je sais aussi que je suis trop conditionnée, impossible d’arrêter de m’épiler. Par contre je suis aussi devenue plus féminine qu’ado, mais je me dis que je le fais pour moi avant tout.
    Un truc qui s’oppose un peu à ma prise de conscience féministe, c’est que j’ai très peu confiance en moi. Du coup, si on me contredit ou qu’on ne m’écoute pas, ma première réaction va forcément être que c’est parce que mon idée n’était pas bonne ou que l’autre sait mieux que moi. Ca m’a joué des tours au travail, ça fait très peu de temps que j’ai commencé à penser que parfois ça n’avait rien à voir avec mes compétences mais plutôt avec le fait d’être une femme… Et le pire c’est que récemment, c’est un jeune collègue qui s’est énervé parce qu’on m’avait mal parlé, sans lui je me serais peut-être même pas rendu compte que j’étais victime de mansplaining. Le positif c’est que ça veut dire qu’il y a de l’espoir dans la jeune génération:-)
    Oups, désolée d’avoir autant raconté ma vie!!

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    • C’est dingue, la mauvaise image du féminisme ne vous a pas atteint 😮
      C’est intéressant ce que tu dis par rapport à l’impopularité, je pense que c’est un mélange des deux chez moi : j’ai été impopulaire parce que je n’étais pas comme les autres (sachant que je suis assez banale et classique comme fille, c’est quand même pitoyable) mais c’est aussi mon impopularité qui a renforcé la chose vu que j’étais repoussée, donc autant aller « de l’autre côté »… Sinon, j’ai pas énormément de bouquins théoriques dans le sens universitaire du terme dans mes chroniques de livres féministes, mais si tu veux, tu peux piocher quand même !
      Aha, pareil, quand je dis que je veux pas d’enfants, ça scandalise surtout les femmes. (mais je sais que les hommes n’en pensent pas moins) Ca m’est encore arrivée il y a peu (je note que j’ai un problème psychologique…).
      L’épilation, c’est hyper compliqué encore et il faut le comprendre, c’est hyper mal vu de ne pas le faire au point d’être rejeté socialement de façon violente parfois… C’est pour ça que je me rase toujours mais ça dépend où et je suis plus sereine sur la repousse.
      Ahaha, je suis pareille ! Parfois, je crois que la personne en face a peut-être raison, alors qu’en prenant du recul après, selon si la personne a été condescendante ou pas, ça aurait pu mériter une baffe. Sinon, ton collègue est top ! C’est rare, d’habitude ça valide le mansplaining.

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  10. Le succès et l’efficacité dans le public francophone de Valérie et de son blog Crêpe Georgette est sans doute considérable ! Je note que tu as été dès le départ attirée par la théorie et les systèmes d’idées, plutôt que par des fictions, pétitions ou autres. C’est un parcours d’intellectuelle ! Et ta bibliothèque dee livres féministes est vraiment impressionnante, plus que la mienne…

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    • Ahaha, je crois que toutes les jeunes féministes de l’époque où elle était très active y sont passées. Je sais pas si on peut dire que c’est un parcours d’intellectuelle (beaucoup de classiques de la théorie féministe ne sont pas dans ma bibliothèque, je pense à Judith Butler, bell hooks…) mais en effet, je me suis plutôt dirigée vers les essais car je voulais vraiment comprendre tout ce qui se passait, ce qu’il en était dans le féminisme actuel. Grosse lacune sur l’histoire du féminisme par contre…
      Oh, moi qui pensait que tu étais le big boss des livres féministes, aha. J’avoue que quand j’ai sorti tous mes bouquins sur le féminisme, je me suis rendue compte que j’en avais pas mal en fait… Mais j’ai quand même une marge de progression 😉

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  11. Pingback: Femmes de lettres

  12. C’est pas facile de faire cette introspection ! Je crois que j’ai très, très longtemps simplement ignoré le système dans lequel on était : mes parents ne m’ont pas donné d’éducation spécialement genrée, j’ai toujours eu la conviction que je pourrais faire tout ce que je voulais, ma soeur collectionnait les ambulances et les camions de pompier, mes meilleures amies faisaient du judo et des jeux vidéo, j’aimais autant les Meccano que les barbies et mon côté « première de la classe » fait que j’ai échappé aux remarques de type « les filles sont moins intelligentes, moins bien en maths, moins machin ».
    Du coup, en fait, je me suis retrouvée dans des « milieux masculins » sans vraiment le conscientiser, je suis partie faire des maths à l’université sans jamais me poser la question de ma légitimité en tant que femme et pareil quand j’ai été engagée dans une boîte d’ingénieurs informatiques.
    Je ne pense pas être passée totalement entre les mailles de la discrimination, loin de là, mais du coup je ne l’ai pas ressenti comme un poids pendant toute mon enfance et toute mon adolescence. Je pense avoir aussi découvert le féminisme grâce à Madmoizelle, et j’ai doucement commencé à ajuster certains comportements que j’avais forcément (la culpabilisation des victimes, le jugement de l’apparence, tous ces trucs à la con) mais j’étais toujours surprise lorsqu’on me félicitait d' »ouvrir la voie » en sciences puisque je ne l’avais jamais fait dans un état d’esprit militant.
    Du coup, la première fois que je me suis pris une inégalité dans la figure, c’était l’année dernière (à presque 25 ans, oui oui), lorsque pour la première fois j’ai été forcée d’admettre que mon client me prenait de haut simplement à cause de mon genre. J’ai cherché d’autres raisons, je ne comprenais pas son attitude, et c’est un autre collègue qui a dû me dire qu’il était sexiste pour que la connexion se fasse dans ma tête, et là je suis tombée de très, très haut. Peut-être que j’avais déjà croisé ce genre de comportement ou réflexion plus tôt dans ma vie (probablement, tu me diras), mais c’était tellement incompatible avec ma perception de la vie que j’avais interprété autrement, trouvé d’autres explications.
    Bref, oui aujourd’hui je suis consciente des différences, je me renseigne bien plus qu’avant et je suis vraiment heureuse d’avoir eu mon parcours et mon éducation pour me permettre de faire les choses sans jamais avoir à me demander si c’est ma place.
    Par contre, vu que tu parlais aussi de la discrimination de la beauté, là j’avoue que j’ai la chance de rentrer dans les normes (sans être une déesse non plus hein, mais juste je suis en général considérée comme mignonne), et là très certainement je suis favorisée sans m’en rendre compte, et c’est aussi un combat qu’il faudrait mener (même si pour le coup, ça tape dans des perceptions encore moins faciles à contrôler j’imagine).

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    • Je t’avoue que j’ai hésité à le faire cet article, j’avais l’idée depuis quelques mois mais je savais pas si être franche allait m’attirer des ennuis, notamment sur le sujet de la laideur (sachant que je pourrais même en faire un article de ça, mais j’ai voulu rester dans le général).
      Ta soeur avait des voitures et des camions ? Bon sang, je me souviens quand des cousins m’en ont donné certaines des leurs, j’étais aux anges, quelle chance !
      Ah ben toi, c’est sûr que si on t’avait dit que t’étais moins bonne en maths parce que t’es une fille, ça aurait été du foutage de gueule flagrant, comme un bouton en plein milieu de la figure, crédibilité zéro !
      C’est quand même vachement cool que tu n’aies pas ressenti de pression ! Ca veut dire que tu étais beaucoup plus libre de faire comme tu le sens au lieu de te poser mille questions sur ce que tu avais le droit de faire, comment ça allait être perçu, etc.
      Oh non, ma pauvre, ton client était un gros con ! Et il a demandé à changer de personne ou pas ? Avec certains, ça peut carrément aller jusque-là… Et ton collègue (masculin ?) a été hyper lucide sur la situation. T’as eu d’autres clients comme ça ?
      Considère-toi chanceuse surtout de ne pas avoir subi de sexisme, c’est bien mieux comme ça ! Il vaut mieux que tu le prennes comme un avantage, tant que tu prends pas de haut les autres femmes en mode « moi je l’ai pas vécu, alors ça n’existe pas » (vécux100). Les perceptions de beauté et de laideur sont subjectives mais très influencées par nos normes de beauté de plus en plus restrictives, même si je vois de plus en plus de femmes dire merde à ça 😛

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      • Bon en vrai je pouvais pas trop jouer avec les trucs de ma soeur parce que c’était des collections haha alors je bavais juste devant les vitrines.
        J’ai surtout eu un client relou, le reste ça a été ^^ Mais c’est remonté assez haut, mon chef a dû lui parler et tout…
        Alors oui c’est sûr qu’au début de #metoo et compagnie, j’ai un peu levé un sourcil parce que je ne me doutais pas que c’était aussi global et aussi répandu… Mais j’apprends !

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  13. Bravo pour cette article. J’ai été très touchée en lisant tes mots. Et bravo pour ton cheminement qui te rend de plus en plus libre. Pour ma part c’est plus facile car j’ai une famille où les femme sont très féministes. Ma grand-mère surtout. Après j’ai découvert Causette et j’ai pu aller plus loin dans mon féminisme. C’est ce magasine qui m’a formé, ça fait presque dix ans que je le lis. J’ai découvert des problématiques que j’ignorais. J’avais néanmoins beaucoup intériorisé le fait de devoir être élégante/maquillée/épilée en grande partie car je lisait « Elle » quand j’étais ado. Je du déconstruire tout ça. Je m’épile encore (enfin surtout l’été) mais j’ai renoncé au maquillage. Je porte presque que des robes mais parce que c’est un vêtement dans lequel je me sent l’aise. Par contre le week-end dernier on était invité à très gros et très traditionnel mariage et je me suis sentie obligée de me maquillée les yeux… Je me suis trouvée nulle mais face à tout ces femmes hyper apprêtées je me sentais pas à l’aise. C’est débile…

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    • Waaah, trop bien ! /zieute sa famille conservatrice/ Ah oui, ça fait un moment que tu le lis, donc t’es au courant depuis bien longtemps ! (je sais même pas depuis combien de temps Causette existe)
      L’été, même celles qui font la démarche de ne plus s’épiler peuvent craquer à cause de la pression sociale, je trouve que ce n’est pas évident comme décision. Oui, je pense pas du tout que porter des robes, souvent ou non, soit synonyme de patriarcat forcément car je connais une personne qui ne porte que ça par confort.
      Genre t’étais à un mariage chic ? Tant que t’avais la robe… 😉

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  14. Cet article me parle beaucoup car mon parcours est un peu similaire. Ca va paraître arrogant, mais je ne pense pas être moche et pourtant je m’en suis prise des réflexions sur mon physique et notamment sur mes poils, mes vergetures et mon poids. Sans subir de harcèlement, soit je me prenais des réflexions balancées comme ça par des mecs qui pensaient que leur avis sur mon physique était important, soit c’était dit derrière mon dos ou pire par mes proches. Le sujet de l’épilation, c’est exactement pareil que toi: j’ai piqué le rasoir de mon père à 11 ans pour l’utiliser lorsque j’avais des cours de natation, l’été je ne mettais jamais de T-shirt… Maintenant, j’ose mettre des débardeurs en été, c’est un progrès énorme pour moi.
    J’ai aussi vécu un évènement dans mon enfance qui bien qu’un peu flou a bouleversé le reste de ma vie, même aujourd’hui. Et tout ça, c’est la face immergée de l’iceberg, c’est quasiment impossible pour n’importe quelle femme de lister la liste d’oppressions, d’agressions et de micro-agressions qu’on subi au quotidien.
    Les webzines comme Madmoizelle, les blogueuses Crêpes Georgette, Buffy Mars m’ont ouvert les yeux, vraiment sans les ressources d’internet et sans le féminisme, je ne sais pas ce que je serais devenue. C’est clair que je suis plus en paix avec moi-même.
    Là ou j’ai aussi commencé à comprendre que le système patriarcat était culturel, c’est aussi à la lecture d’un des poèmes de Pierre Ronsard qui m’avait sérieusement mise mal à l’aise et aussi en regardant The Vampire Diaries qui pour moi regroupe tout les pires stéréotypes sexistes, racistes, homophobes qu’on ait pu voir. A partir de ce moment-là, c’est vrai que j’analyse beaucoup les contenus que je lis ou que je regarde sous un angle féministe.
    Je ne me considère pas comme militante même si j’ai mon opinion sur certains sujets mais lorsque je rédige sur mon blog je le fais avec une conscience féministe.
    Merci pour cet article super intéressant.

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    • Rooh, mais sérieux ? Les gens peuvent pas nous foutre la paix un peu ? Même quand t’es pas moche, ils te font chier. Non mais pour les poils, c’est terrible, et j’ai l’impression que les jeunes filles ont encore plus de pression et que ça commence de plus en plus tôt…
      Oh, j’espère que ça va un peu mieux quand même.
      Oui, le féminisme est salutaire pour beaucoup ! Je vois qu’on a un peu les mêmes références 😛
      Sinon, jamais lu Pierre Ronsard ni vu The Vampire Diaries, mais je te crois, ça ne m’étonne guère…
      Sans être militante, on peut agir à notre niveau, ne pas laisser passer certaines paroles et certains actes, donc on peut être un peu utiles. Mais selon l’entourage qu’on a, ce n’est pas facile…

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      • Ca va beaucoup mieux. Je t’avoue que je me questionne sur nos rapports à la beauté. J’ai conscience que c’est une notion très subjective mais j’ai surpris une fois un pote de mon cousin expliquer de façon très détaillée pourquoi Kelly Kelly (la catcheuse) était « laide » ça m’a un peu ouvert les yeux sur les standards qu’on attend de nous. Surtout que ce n’est pas la première fois que j’entends des mecs critiquaient le physique de femmes célèbres et ça va de Marion Bartoli à Nicki Minaj… bref jamais content. Et si je cumule avec toutes les remarques que je me suis prise… au bout d’un moment faut se dire que si des mecs trouvent Kelly Kelly « laide » (c’est vraiment le terme utilisé) c’est qu’il doit faire peser un sacré standard de beauté dans la balance. Ce qui est marrant, c’est que les mecs donnent souvent leurs avis sur nos physiques mais ne se regardent jamais dans un miroir. Du coup objectivement, j’évite de considérer la beauté d’un point de vue masculin même si c’est pas facile. Pour les poils c’est terrible, si tu visites les forums tu peux aussi voir des mères s’inquiéter de la pilosité de leur fille de 4 ou 5 ans parce qu’elles reçoivent déjà des remarques à l’école. Je ne sais même pas si les crèmes de décoloration ou dépilatoire sont adaptée pour la peau de petites filles.

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  15. Je suis féministe et travaille dans une organisation féministe. Ma vision du féminisme est plus large que ce qui est évoqué ici. Je pense que le féminisme est plutôt une autre version de la société basée sur l’acceptation, la tolérance et le respect. Ce qui veut dire bien sûr que les hommes comme les femmes sont au même niveau. Le féminisme pour moi n’est pas que caractérisé par le sexisme envers les femmes, même s’il en est une des images les plus violentes et malsaines. Je pense sincèrement que l’on peut être féministe et féminine.. Se maquiller et porter des tenues qualifiées de « féminines » (même si je n’aime pas les catégorisations de ce type) ne transforme pas une personne en antiféministe. Certains homme sont féministes. La radicalité est justement ce qui rend le féminisme méchant et cliché aux yeux de certains. Après, ce n’est que mon point de vue bien sur.

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    • Merci pour votre commentaire. Sachant que je n’ai pas exprimé ma vision du féminisme dans cet article, qu’entendez-vous par « vision plus large » ? Et je pense que vous avez confondu mes propos sur les gens me reprochant de ne pas être assez « féminine » comme des propos anti-féminins. Je ne dis pas qu’il ne faut plus l’être, juste arrêter de ne voir qu’une seule manière de l’être et ostraciser les personnes qui ne sont pas comme tel, ou pas comme nous. J’ai peut-être mal compris votre commentaire ceci dit.

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      • Effectivement, j’avais mal compris. L’article pour moi montrait aussi votre vision du féminisme, qui bien sur ne se limite pas à être féminine ou pas. Concernant les remarques sur la façon dont les gens perçoivent la féminité, je pense aussi que notre société est très dure et peu ouverte. Hors l’acceptation des gens dans toute leur diversité est clairement vers où on devrait tendre à se rapprocher. même si c’est pas gagné… Mais rester soi même en rejetant les personnes toxiques et qui empêchent les femmes d’être comme elles ont envie d’être au lieu d’être comme les autres veulent qu’elles soient est déjà un bon début.

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