Lettre d’une inconnue, de Stefan Zweig

lettre-d'une-inconnue-zweig-coverQuatrième de couverture

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. Avec Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore l’analyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant d’une profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolue, sans concession, si pure qu’elle touche au sublime.

Critique

L’édition en image plus haut n’est pas celle que je possède et le contenu, en plus de la nouvelle Lettre d’une inconnue, est différent de celui qui est proposé. (mais je peux me tromper) Au sein de l’ouvrage, on trouve donc Lettre d’une inconnue mais aussi La Femme et le paysage, La Nuit fantastique ainsi que La Ruelle au clair de lune. Et ce n’est donc pas seulement la nouvelle dont le livre porte le nom dont je vais traiter, mais l’ensemble des écrits présentés.

Je ne connaissais donc pas Stefan Zweig et j’avais trouvé dans une édition de Le Grand Livre du Mois Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ainsi que Lettre d’une inconnue dans un Emmaüs. Je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir cet auteur à peu de frais. #teamradin

Si ces deux œuvres n’ont pas été un coup de cœur, je peux largement comprendre pourquoi il a autant d’admirateurs. J’ai vraiment beaucoup aimé ces livres et surtout, j’ai grandement apprécié sa plume, dont je parlerai à la fin de ma critique. (je garde le meilleur pour la fin) En attendant, je vous résume vite fait le sujet de chaque nouvelle.

Dans La Femme et le paysage, on retrouve un narrateur masculin qui se trouve accablé par la lourde chaleur, presque en communion avec la nature qui souffre de la sécheresse, et se demande pourquoi il est le seul que ça affecte. Mais voilà qu’il ne semble pas être solitaire dans ce qu’il ressent, et qu’il plonge son regard dans celui terriblement noir et profond d’une jeune femme… La Nuit fantastique raconte comment un homme, qui ne ressentait plus rien et était indifférent à tout, a vu son être se réveiller et vivre une certaine exaltation lors d’une nuit qui a changé sa vie.

Lettre d’une inconnue nous montre très brièvement un homme commencer à lire une lettre qui se révèlera être la majeure partie de la nouvelle, écrite par une jeune femme tombée follement amoureuse de lui et qui lui révèle comment sa vie s’est articulé autour de cet amour. Quant à La Ruelle au clair de lune, c’est sûrement la nouvelle la plus sombre et la plus terrible des quatre, où le narrateur se retrouve embarqué dans une scène malsaine et horrible, entre deux protagonistes qu’il ne connaît absolument pas dans un bar louche.

J’ai aimé toutes ces nouvelles et si je vais en parler de manière plus globale, c’est parce qu’il y a des points communs qui m’ont frappée dans chacune d’entre elles. Je ne vais donc pas aborder leur scénario, auxquels je n’ai de toute façon rien, ou pas grand-chose, à reprocher. Elles étaient passionnantes. (et les personnages passionnés !)

L’auteur se focalise, à travers ces histoires qui ne semblent pas très originales de prime abord, sur la description des émotions des narrateurs de chacune de ces nouvelles, et c’est extrêmement puissant. Selon ce qui se passait, ça pouvait être sombre ou gai, mais l’important est que j’ai ressenti foule d’émotions durant ces lectures. Stefan Zweig a clairement un talent hors normes pour transformer ces nouvelles en quelque chose de bien plus profond et touchant. Je ne suis pourtant pas très sensible à ce genre de focalisation sur les sentiments des personnages, qui pourraient paraître assez niais si je m’aventurais à essayer d’expliquer les choses, mais faîtes confiance à l’auteur pour vous faire changer d’avis illico.

Un mot m’est venu à l’esprit quand il s’est agi de décrire son écriture pour la première fois : solaire. C’est lumineux, même quand les évènements sont horribles et laids et qu’il n’y a pas lieu de trouver ça beau. Les choses ne me paraissaient pas si fatalistes à certains moments alors qu’il n’y avait pourtant rien de positif, j’étais tout simplement envoûtée par la narration de l’auteur. Quand un des narrateurs nous fait part de son exaltation, je hochais la tête intérieurement car je ressentais la même chose que lui quand je lisais. Stefan Zweig nous décrit finalement l’humanité dans toutes ses qualités et ses défauts de la manière la plus éclatante possible. (c’est beau, c’est beau, voilà) De plus, aucune prétention ne se trouve présente et j’y ai aussi trouvé, avec étonnement, une certaine indulgence et affection envers les femmes que je ne pensais pas du tout constater.

Ma chronique est assez courte cette fois-ci mais je ne vois pas trop quoi raconter d’autre sans entacher ces nouvelles de mon incapacité flagrante à retranscrire réellement ce que l’auteur a voulu nous faire ressentir. Alors si vous voulez vivre le même tourbillon d’émotions, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Et croyez-moi, je ne suis pas une fan inconditionnelle de l’auteur mais comptez-moi dans les personnes qui n’hésiteront pas à chanter ses louanges.

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18 réflexions sur “Lettre d’une inconnue, de Stefan Zweig

  1. Pas besoin d’une longue critique, tu en as très bien parlé. J’adore Stefan Zweig justement pour ce tourbillon d’émotions que sont ses nouvelles, il écrit tellement parfaitement la passion, la jalousie, l’amour, l’obsession, toutes les émotions humaines, belles ou laides.

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  2. Peut-être que cette chronique est courte mais elle est efficace, ces mots suffisent pour attirer l’envie de découvrir Zweig. Cet auteur me tente depuis un moment maintenant, mais je ne sais pas ce que j’attends pour me pencher dessus, mais s’il raconte si bien les sentiments je devrais plonger les yeux fermés dedans parce qu’il est susceptible que je vienne à aimer ses écrits !

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  3. Je ne connais de lui que Lettre d’une inconnue que j’ai dévorée et adorée ! J’ai découvert Zweig très récemment, et je me demande pourquoi j’ai autant attendu pour le lire. Quel style ! Bref, je partage totalement ton enthousiasme et me suis promis de lire d’autres oeuvres de cet auteur.

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  4. Rien qu’avec ce petit mot tu m’as totalement chamboulé. C’est le pouvoir de la littérature de réveiller les émotions enfouies en nous et si l’auteur y arrive c’est qu’il est vraiment doué. J’ai Clarissa dans ma PAL et je pourrai faire sa rencontre avec ce titre !

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  5. C’est marrant parce que tu dis dans ton article que ces nouvelles n’ont pas été un coup de coeur, mais en fait ça a l’air du contraire en te lisant 😉 en tout cas je suis aussi un fan de Zweig et pour les mêmes raisons que toi : l’émotion et une plume riche.

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  6. J’avais adoré Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et j’ai très envie de retenter du Zweig. Il me semble que les avis étaient moins unanimes pour Lettre d’une inconnue mais au vue de mon avis sur sa plume et de ce que tu peux en dire je pense que je vais très prochainement me laisser tenter.

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    • Je dois avouer que si je les prends individuellement, j’aurais une légère préférence pour Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mais Lettre d’une inconnue est aussi très émouvant. Je trouve qu’il est aussi assez révélateur sur notre façon de juger les choses… J’ai chroniqué Lettre d’une inconnue car les autres nouvelles que j’ai dans mon édition (pas celle de l’image donc) m’ont beaucoup plu aussi 🙂

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