Chez soi, de Mona Chollet

chez-soi-mona-chollet-coverQuatrième de couverture

Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de  » famine temporelle  » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question  » Qui fait le ménage ? « , persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs… Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux.

Critique

J’avais déjà commencé à connaître Mona Chollet grâce à son connu Beauté fatale, qui n’a pas convaincu tout le monde, mais quand tu t’inities au féminisme, c’est vraiment un bon livre. En 2015, j’ai donc lu Chez soi que je trouve bien meilleur.

Je l’ai relu et celui-ci n’a pas eu la même portée qu’à l’époque. Normalement, quand on relit un livre, on a un peu les pétoches, on se demande si celui-ci va toujours autant nous plaire qu’avant, si on ne va pas soudainement lui trouver des défauts qui vont gâcher notre lecture. Et non seulement il m’a parlé comme lors de ma première lecture, mais au vu des mes questionnements actuels, il a eu une portée supérieure.

Cet essai aborde, comme vous l’avez compris en lisant le résumé, le foyer, notre chez-soi, la place qu’il tient dans nos vies. Et aussi, la vision qu’en ont aussi les autres.

Mona Chollet n’a pas rédigé ce livre par hasard. Elle fait partie, au même titre que moi, de cette catégorie mal aimée, dénigrée, pointée du doigt : les casaniers.

Si vous en faîtes partie tout comme nous, vous devez connaître les inconvénients de la réputation qu’on se tape. Nous sommes considérés comme ayant une vie morne, inintéressante, et surtout non-productive, donc inutile par définition. L’autrice va remettre un peu les points sur les i : elle va nous faire part des avantages qu’il y a à être ainsi alors qu’on nous met souvent en opposition avec ceux qui bougent, qui voyagent. Elle a rappelé toutefois que ça ne servait  rien de voyager si on n’a pas le bon état d’esprit ! En effet, je connais des personnes hyper fermées d’esprit qui se vantent du contraire parce qu’elles ont voyagé et qu’elles ont des amis étrangers… Si ces derniers connaissaient leur propos !

Le terrain, à lui seul, ne fait pas de miracles. Nous ne sommes pas des récipients vides, des supports vierges que le nombre de kilomètres parcourus ou de pays visités viendrait emplir de clairvoyance. Relatant un voyage en Grèce qui avait changé sa vie, Henry Miller se montrait conscient de l’insuffisance du simple déplacement dans l’espace : « Le sens du voyage peut flétrir et mourir. Il est des aventuriers qui pénètrent jusqu’aux régions les plus éloignées du globe, et qui vont traînant vers un but stérile leur cadavre doué de mouvement. » Le monde ne se donne jamais de manière brute, immédiate, évidente. Il exige que l’on mûrisse une vision qui permettra de l’accoucher. L’arrogance, la condescendance, les œillères idéologiques vous laissent à sa porte. Pour pouvoir y pénétrer et le restituer, il faut avoir développé un univers propre susceptible de lui faire pièce. Il faut avoir porté à incandescence certaines qualités, avoir aiguisé une capacité de perception unique. Pour mieux écouter, observer et sentir, il faut avoir lu, réfléchi, rêvé. Il faut conserver un mélange de passion, de pureté et d’honnêteté intellectuelle intransigeante , et ne jamais relâcher sa vigilance face à la tentation des grilles de lecture trop simples.

Sans compter que même quand on est chez soi… on n’est jamais vraiment chez soi. Avec l’avènement d’Internet, on peut être en contact avec n’importe qui dans le monde. Et c’est génial ! Je suis la première à reconnaître cet avantage immense. On peut converser avec des personnes qui ont les mêmes points communs que nous, qu’on ne trouverait pas forcément dans la vie de tous les jours. On peut discuter avec des inconnus, participer à des débats où notre parole n’est pas forcément tue… Mais un problème se profile : ces personnes en contact quasi-permanent avec vous… s’incrustent ainsi dans votre sphère privé. Et donc chez vous. Vous n’êtes jamais vraiment seul. Vous pensiez être tranquille chez vous ? Qu’à cela ne tienne, il suffit que vous allumiez votre ordinateur pour être disponible pour tout le monde souhaitant un contact avec vous, en un seul clic. C’est un peu comme si des gens venaient s’incruster chez vous sans cesse.

Bien évidemment, la société capitaliste et productiviste va passer au sécateur. Je dis « évidemment » car elle est une des grands responsables de ce dénigrement. Pour avoir un toit, il faut travailler, et ce le plus longtemps et le plus rapidement possible. Du coup, habitons-nous réellement notre espace dédié ? Avons-nous le temps de nous l’accaparer réellement, d’y passer du temps qui ne soit qu’à nous ? La question du travail est abordé, et je vous laisse deviner que ça m’a particulièrement plu. Après tout, nous ne sommes pas encouragés réellement à y vivre : il faut être utile pour le cap… euh non, la société, donc il faut travailler, se dédier à elle. A quoi cela sert-il de payer autant (à travers un loyer ou un crédit) si ce n’est pour en profiter qu’au moment de la retraite ? Et encore, cela dépendra de votre état, de votre situation : difficile d’en profiter si vous vous trouvez en-dessous du minimum retraite si vous êtes considéré comme « riche » parce que vous êtes proprio. Je ne viens que de mentionner une raison financière : j’en mentionnerai une autre, la plus importante du livre selon moi, pour clore cette chronique.

Mais bien évidemment, ce n’est pas tout. Ce serait trop facile de se focaliser que sur cet élément-là, bien qu’il ait son importance. De plus, il y a bien d’autres choses à développer sur le sujet de notre société accro au travail, mais je ne vais pas raconter tout le contenu de l’essai. (je crois que l’autrice m’en voudrait)

Vous y avez déjà sûrement songé, et bien sûr, connaissant Mona Chollet, le sujet fait forcément partie de son essai : l’inégalité du temps passé chez soi et de sa nature entre les hommes et les femmes. Les femmes sont confinées dans leur maison… donc on pourrait se dire qu’elles y passent plus de temps ? Oui et non : non seulement leur sphère est limitée (les hommes peuvent sans problème accaparer l’espace public), mais en plus, elles sont tâchées de rendre le lieu d’habitation vivable… mais vivable pour qui ? Certains s’y prélassent, s’y reposent pendant que d’autres s’en occupent sans cesse… Vous voyez où je veux en venir ? Pour s’en sortir, une femme avec des moyens va se reposer… sur l’exploitation d’une autre. On va la blâmer pour ça, alors que c’est partie intégrante d’un système qui le cautionne et l’encourage. (et le mari, il a des gants à la place des mains ou comment ça se passe ?)

Elle va d’ailleurs aborder l’illusion du bonheur familial… qui repose encore et toujours sur les femmes. Bref, les femmes sont souvent reléguées à cette sphère domestique sans avoir réellement un droit objectif et honnête d’aspirer à autre chose.

Elle parle aussi d’un aspect qui m’a un peu surprise, preuve s’il en est que j’étais loin d’y penser et que, par conséquent, ça ne m’a jamais effleuré l’esprit pour la simple et bonne raison qu’en venant effectivement d’une classe populaire et étant partie intégrante de cette société, c’était inévitable.

Le suspense s’arrête ici : qui a déjà interrogé son rapport à son chez-soi de manière « architecturale » ? Vous ne voyez pas où je veux en venir ? C’est bien simple, je repose d’autres questions : avez-vous vous-même un rapport particulier à votre maison ? Y avez-vous participé directement ? L’avez-vous construit vous-même ? Avez-vous une conscience aiguë de ce que sa construction implique pour l’environnement ? Y a-t-il un espace suffisant et bien conçu, bien pensé pour vos activités ? Toutes ces interrogations peuvent sembler éminemment bourgeoises, et j’avoue qu’à l’approche d’une très probable fin du monde, ces considérations ne sembleront sûrement pas prioritaires. Mais elles sont quand même pertinentes. Pour être véritablement chez soi, il faut un minimum s’impliquer. Et réapprendre à vivre avec les gens autour de nous, au lieu de s’isoler.

Elle parle aussi, durant une petite partie (mais fournie), de l’architecture japonaise. Celle-ci est bien mieux adéquate que notre architecture occidentale. Une ode – méritée – à cette architecture et à ses nombreux avantages.

Ce qui est, selon moi, le point commun de tout ça, le problème principal qui entraîne tous les autres, c’est le manque de temps. On manque de temps pour s’occuper de son chez-soi, de plein de manières possibles, que j’ai déjà mentionné plus haut, et d’autres nuances que vous découvrirez à la lecture de ce livre. De plus, comment récupérer ce temps pour soi quand celui-ci n’est pas réellement fait pour vous, mais pour les autres, pour l’avancement de la société capitaliste ? Que le temps pour soi est considéré comme de la paresse, noirci par une réputation peu flatteuse ? Cela rejoint mes interrogations sur d’autres sujets comme le travail, la décroissance, ce qui montre que tout cela forme un tout qu’il va falloir démêler patiemment. On ne peut juste pas gérer chaque point de manière individuelle, comme si le reste n’existait pas ou était de moindre importance. (je crois que c’est mon côté militant qui parle, là)

Cette essai parle donc du sujet du domicile de manière assez diversifiée, et surtout de façon approfondie. L’autrice y a incorporé un nombre important de références. Certaines personnes reprochaient à Beauté fatale de ne pas être suffisant, de manquer de profondeur dans son développement, et je le comprends, même s’il reste pour moi une référence quand on débute sur le sujet du féminisme. Cela dit, vous ne retrouverez pas ces défauts dans Chez soi. Je trouve cet essai judicieux, très bien structuré et consistant comme une brioche mais en plus léger.

Je trouve cet essai très accessible et je le conseille à ceux qui auraient peur de s’attaquer à des essais, il est vraiment à la portée de tous.

Je vous laisse avec cette citation, qui traduit le commencement du problème (avant de partir en embranchements multiples et difficiles, de premier abord, à discerner, mais rendus extrêmement simples par la plume de Mona Chollet) :

J’aimerais bien que l’on accepte, dans le métier, d’abaisser un strapontin – ou même d’installer dans un coin une méridienne – pour les rêveurs fourvoyés tels que moi. J’aimerais bien que l’on reconnaisse leur compétence sur certains sujets, et leur contribution, même modeste, au déchiffrement de l’époque, au lieu de vouloir à tout prix les changer, comme autrefois les gauchers dans les écoles. Mais c’est une revendication peu audible, tant la mystique du terrain est puissante. Elle accrédite ce préjugé binaire: sortir c’est bien, rester assis sur sa chaise c’est mal. Le terrain garantirait la pertinence et l’ouverture d’esprit, alors que la sédentarité dénoterait un repli coupable menant inévitablement à l’erreur et à l’abrutissement. Ce qui reflète une valorisation sociale plus générale du mouvement perpétuel et de l’arrachement à soi.

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28 réflexions sur “Chez soi, de Mona Chollet

  1. Une amie ne jure que par ce livre. C’est une référence pour elle et ta chronique me rappel qu’il faut vraiment que je prenne le temps de le lire ! J’avais vu avec cette même amie l’espace domistique féminin. Exposition fascinante, mais hyper déprimante, car le chez sois n’était qu’une prison pour les femmes. Pourtant je trouve qu’il y a une réappropriation du chez sois par les femmes et qu’à travers internet entre autre, elles quittent cet espace clos pour l’ouvrir au monde. Et surtout elles se l’approprient (pour la plupart) de manière choisie. Très bonne chronique je dois vraiment lire ce livre !!

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    • C’est un peu déprimant, oui… Pour Internet, c’est à double tranchant en effet. Personnellement, ça m’a apporté beaucoup sur le plan personnel, mais l’analyse de l’autrice n’est pas fausse non plus.
      Merci en tout cas 🙂

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  2. Merci pour cette chronique forte intéressante et qui me parle beaucoup.

    Je rajoute cet essai dans ma pile de livres à lire. Je n’ai pas encore lu Beauté fatale de Mona Chollet dont j’aime pourtant les propos.

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  3. Une lecture qui interroge. Je voulais le lire il y a quelques temps mais je suis contente d’avoir finalement attendu d’avoir mon propre chez moi et d’être ancrer dans une vie professionnelle ; ce sera une lecture plus enrichissante encore.

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  4. Faut absolument que je lise Beauté fatale, j’attends encore un peu avant de faire ma grosse commande. J’aime te lire quand tu parles des essais que tu as lu, tu as une capacité synthétique impressionnante, qui rend accessible les propos des auteurs à tous. Ça donne envie de tout lire !

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  5. J’avais lu Beauté Fatale dans mes débuts de lectures féministes, et comme toi je trouve que c’est bien pour commencer, je n’ai d’ailleurs pas le recul ou les connaissances pour y voir les défauts. Jusque là « Chez soi » ne m’attirait pas spécialement mais je crois que j’avais pas vraiment saisie le sujet, et je dois dire que ta chronique est superbe, et donne très envie.

    J’ai mis longtemps avant de comprendre que j’étais moi aussi casanière, à me forcer à croire que je voulais vivre mille aventures, faire des randos, des voyages incroyables etc (que j’aime bien, mais à petites doses) plutôt que juste lire chez moi (dont je ne me lasse jamais). Parce que comme tu dis la société, et notamment avec l’avénement des réseaux sociaux, tout nous pousse à être actif, à avoir de la valeur aux yeux des autres en accumulant le plus d’activité, voyages, photos inoubliables…

    Tout ce que tu écris et analyse me semble très juste sur la notion de travail biensur, et le fait de pouvoir profiter de ce chez soi tant rêver, ou si dur à obtenir parfois. La partie sur l’architecture et le fait de participer à sa construction est intéréssante aussi, je pense que ce n’est pas seulement une conception bourgeoise mais qui va avec le courant actuel d’autarcie, de faire les choses soi même, de retour au source où un chez soi n’a pas besoin d’être immense mais doit être agencé de manière harmonieuse, investit par nous même.
    Pour la maison en tant que prison pour la femme, je sais que c’est une réalité, mais que je ne ressens pas spécialement de mon côté… après peut être que cet essai soulève des emprisonnements inconscients et j’aurais à me poser des questions après ma lecture (ce qui est le but d’un essai après tout) ˆˆ.

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    • Je dois avouer que pour prendre du recul, il faudrait le relire… Je vois ce que les reproches veulent dire, mais je ne trouve pas ça grave ! Merci beaucoup pour le compliment sur ma chronique en tout cas !

      Pareil… Mais comme toi, j’ai réalisé que c’était à très petite dose et que j’aime rester chez moi. Dans un sens, ce livre me soulage beaucoup. Vu c que tu dis, je pense qu’il devrait te parler 😉

      Oui, sur le coup, j’avais un peu grimacé pour l’architecture, mais c’est parce que je ne voyais que les choses à travers mes stéréotypes, mais j’ai finalement compris au fil de ma lecture…
      Je pense que quand t’es célibataire, ça va mieux en quelque sorte, même si on n’est pas à l’abri de la pression de la société de tenir son chez soi propre et bien rangé. Je ne peux pas juger ton cas, alors à toi de voir !

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  6. La petite réflexion sur le mari qui va bien ♥
    Mais c’est tellement ça. Ça me fait penser à une réflexion d’une tristesse inouïe que j’ai lue il y a pas longtemps : quand il s’agit de s’occuper des enfants, un père un peu investi (il change les couches, il s’occupe du bain…) sera considéré comme un saint et quelqu’un d’incroyable. Si une mère fait exactement les mêmes tâches, elle sera au mieux « normale », au pire « mauvaise mère » parce qu’elle n’en fait pas assez.
    Ma mère m’a déjà raconté qu’elle s’est souvent mise en colère contre de la famille, des ami·e·s, des connaissances… Parce qu’ils trouvaient incroyable que mon père l’aide à nous élever (omg il nous a changé des couches !!! et fait à manger !!!! incroyable !!!!!!). Sous-entendu qu’elle était presque castratrice de l’obliger à faire ça.
    Alors que de un : il aimait s’occuper de nous, c’est comme ça qu’on bâti une relation ; de deux : il ne « l’aidait » pas, a priori il a aussi une part de responsabilité dans la naissance de ses gosses, c’est un père pas une baby-sitter….

    Et forcément, avec la maison c’est le même délire, les hommes cis sont vus comme d’éternels bambins, je serais vexée à leur place…
    Je me suis faite engueuler par une de mes grands-mères pour avoir oser partir en vacances chez des copines sans mon mec. « C’est pas sympa, comment il va manger ? » baaaaah c’est un grand garçon, il se démerdera :’)

    Bon, et sinon, comme d’habitude, super chronique !
    J’ai déjà lu et aimé Chez soi pour toutes les raisons que tu mentionnes.
    Le passage sur architecture m’avait aussi un peu surprise mais c’est très intéressant.
    J’ai hâte de lire son essai sur les sorcières qui paraît en septembre !

    (Et ouiiin la fin du monde est proche, j’angoisse tellement dès que j’allume mon ordi et que je regarde els news scientifiques 😥 …)

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    • C’était le sarcasme en direct xD
      Oulala, je plains ta mère, ça ne devait pas être facile. (et un peu ton père aussi, il a dû se prendre des réflexions, même si c’était pas le « coupable » aux yeux des gens /rolling eyes/) Une fois aussi, ma tante a dit que je ne garderai jamais un homme si je ne savais pas cuisiner. Euh, ben… tant mieux ? 😀 /tousse/ (c’était par rapport à mon ex qu’elle disait ça, alors qu’il aime cuisiner, mais on s’en fiche, c’est à la femme de faire des bons petits plats, hein)

      Oh mais ils sont pas vexés, ils en voient les avantages de ne rien foutre malheureusement… La plupart avec qui j’en ai discuté s’en accommodent très bien !
      Bon, encore, c’est ta grand-mère qui a dit ça. Quand c’est quelqu’un de notre génération…

      Merci beaucoup ! Oui, j’avais un peu tiqué sur l’architecture, mais je vois où elle veut en venir.
      Moi aussiiiiiii 😀

      (je les croise, mais j’évite de les regarder de moi-même, c’est ce qu’on appelle être lâche…)

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  7. Alors, Ada. (j’aime commencer comme ça,souvent ça fait peur. )
    Je pense que je ne vais pas commenter ta chronique à proprement parler : cet essai soulève des points très intéressants qui en plus, me touchent peu à peu comme j’ai mon supposé « chez moi » maintenant. (ça fait peur) (je suis pas sereine de vivre seule) (puis c’est pas vraiment chez moi parce qu’en plus c’est un studio meublé alors à part mes livres… ) Tiens, d’ailleurs, elle parle du rapport du chez soi avec la littérature ? Parce qu’avec une horde d’auteurs qui s’invitent tranquille pépouze dans ton salon ou ta chambre, on peut considérer que c’est pas vraiment chez soi en un sens comme c’est une porte ouverte sur d’autres mentalités que la tienne, sur le monde, etc.
    Je voulais davantage te dire ceci : tu as pu et pourras remarquer qu’à par les bouquins je ne sais pas grand chose, et je suis manifestement très passive dans notre société, et donc aveuglée. Le contexte et notamment le blog m’ont appris à ouvrir les yeux, à m’interroger beaucoup plus, chose normale. Ton blog est l’un de ceux qui m’a le plus chamboulé, je pense. ( Camille aussi, et Pauline, elles ont elles aussi de belles idéologies. ) Tes questionnements et ta lecture d’essais mine de rien me touchent beaucoup, tu me fascines et tu me fais très envie de devenir plus juste, d’aller plus dans ton sens. J’espère me débrouiller pour y consacrer plus de toi, me bouger un peu pour faire les choses. Mais voilà, toutes tes chroniques dernièrement me sont très bénéfiques ( que vais-je dire face à la décroissance quand je lirai l’article… Dans la semaine, j’ai prévu pour l’idéal de le lire demain ! ) elles m’amènent à tout remettre en cause, à découvrir, à penser mieux, tout ça tout ça. Je ne sais pas si tu espérais secrètement ça en nous partageant ces dernières lectures bien que ton intérêt premier était de pouvoir trouver une réponse à tes questions je pense. Je trouvais important de te dire que tes questionnements ont lieu d’être, qu’ils sont même essentiels je pense, et que tu parviens à diffuser cet intérêt autour de toi, alors merci.
    J’ai d’autres choses qui parasitent plus mon esprit en ce moment sur lesquelles je voudrais me pencher davantage mais en tout cas, féminisme, travail, etc rentrent de plus en plus en mire grâce à toi !

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    • Putain, j’avoue, tu m’as fait peur, en plus je ne voyais que le début de la phrase d’après (« je pense que je ne vais pas »), alors j’imaginais un truc du genre « je pense que je ne vais pas y aller par quatre chemins », bref, petite montée de stress.
      Tu parles, une fois que tu t’y sentiras bien, ce sera ton « chez-toi » un peu 😉
      Non, elle parle pas des auteurs… Pourtant, tu as raison… Mais d’un autre côté, c’est particulièrement consenti… C’est une bonne question.
      N’importe quoi, les livres, c’est la vie, c’est l’ouverture d’esprit, alors la passivité, oui et non. Sinon, ça me touche un peu ce que tu dis. Après, je veux pas que ta soeur me prenne pour une méchante qui a retourné le cerveau de sa petite soeur, aha. (pour Camille et Pauline, je suis bien d’accord !)
      Pour la décroissance, je me pose encore des questions, ça ne visera pas à te convaincre ni quoi que ce soit, on se posera encore des questions toutes les deux, aha. Sinon, je vais retourner vite fait aux romans, j’ai mes limites quand même, aha.
      Sinon, mon intérêt premier est de m’interroger d’abord avec mes lectures, et en vous les partageant, peut-être de vous interroger aussi ? On n’est pas obligés d’en tirer les mêmes conclusions. Surtout que moi-même, je suis une chieuse qui pose des questions en mode « ouais mais euh, comment on va faire si… ? » ou ce genre de trucs.
      De toute façon, au-delà de nos articles (je pense à Camille et Pauline en disant ça), le plus bénéfique pour toi sera de lire quelques ouvrages, nos articles restent incomplets dans un sens. Ils donnent envie mais ne développent pas le sujet. (narmol)
      Bref, merci pour tous ces jolis compliments :3

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      • Niarkniarkniark je suis machiavélique ! Non sérieusement, j’ai jamais rien à te reprocher et je ne le ferai pas comme ça si ça venait à être le cas !
        J’espère en tout cas !
        C’est vrai que là c’est un rapport plus complexe comme on l’accepte mais en même temps je pense qu’on a pas tant conscience de ça, on y voit juste « l’objet » et pas tant l’intrusion d’une autre pensée par exemple… Enfin je sais pas, je vais loin peut-être.
        Bouarf t’inquiète elle pensera pas ça, elle est quand même assez ouverte d’esprit et puis elle comprend ( que ce soit grâce à toi, à d’autres, ou juste en activant mes neurones ) que j’ai envie de vivre un peu autrement.
        Et certes pour la décroissance mais déjà tu me fais découvrir le terme et c’est pas rien.
        Oui mais je trouve ça encore plus intéressant parce que tu te questionnes donc tu lis des livres que tu vas questionner en grande curieuse, et ça interroges les personnes qui te lisent qui ont peut-être des questions en te lisant ! Ca fait un chaînon pas déplaisant je trouve.
        Oh oui ne t’en fais pas je compte bien. Pour le moment je privilégies les articles par soucis de temps, déjà que je ne vais pas pouvoir beaucoup lire au cours de l’année, je pense que ce sera encore moins possible pour les essais donc si je veux débuter pour le moment c’est plus via mon ordi avec un format plus court.
        C’est rien que la vérité donc c’est normal !

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      • J’ai oublié de répondre à celui-là…
        Je te trouve un peu trop triomphante !
        Je le prends effectivement pas comme une intrusion… Je suis lobotomisée par les auteurs si ça se trouve !
        Elle a l’air quand même sacrément compréhensive, ta soeur !
        Ah oui, je vois ce que tu veux dire ! Vous allez vous faire plaisir, il y a plein d’essais dans ma PAL en ce moment !
        J’avoue qu’il vaut peut-être mieux commencer par là… (pour le féminisme, j’avais commencé sur Internet après tout)

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      • C’pas grave haha.
        Va savoir ! J’avais jamais réfléchi à cette question mais es-tu vraiment toi suite à tout ce que tu as lu ? Tintintin, complot illuminati !
        Je trouve qu’elle l’est en tout cas oui ! Par exemple là pour mon logement je voulais des bocaux en verre comme contenant ( recyclable, meilleur hermétisme, moins d’odeur que les tupperware, bref c’est mieux ) et malgré que ce soit plus cher et que elle elle a des tupperware elle a pas essayé de me convaincre de l’inverse alors que je pense que d’autres m’auraient un peu fait la morale vu nos revenus etc. Donc j’ai de la chance de l’avoir haha.
        Alors, oui et non, parce que comment te dire que tu deviens la Tentatrice chaude et qu’on peut pas se permettre de craqueeeer èé

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      • … Et bah je pense que oui. (la fille qui ne se démonte pas, aha) Tous les auteurs n’arrivent pas à faire tout intégrer, et il y a toujours une sorte de protestation intérieure qui fait que, même si on y réfléchit, on ne possède pas l’idée entièrement. (mon métier dans une autre vie : philosophe – tuez-moi /pan/)
        Ah oui, effectivement, elle aurait pu te dire un truc ! Plutôt sympa… Tu lui en as parlé un peu ? Tu as des supermarchés qui ont des contenants où t’es obligé d’avoir ton bocal pour te servir du produit en question ? (j’avoue que quand je me relis, c’est pas clair)
        Ahaha, désolée. (j’ai pensé à la « patate chaude », ahem)

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      • Moi je lirai ta philosophie avec plaisir. :3
        Bah j’ai fais un gros mangeage d’articles zéro déchet etc, donc je lui en ai parlé au fur et à mesure mais sans lui dire explicitement « j’veux vivre comme çaaa » parce que toute manière je vais le faire tout petit à petit. Sur Limoges y’a un vrac bio, puis après des supermarchés lambdas si grand besoin et pas très loin de mon studio (env. 10 min de marche je pense ) y’a un marché donc je vais essayer de vivre avec le vrac et le marché au départ voir si c’est gérable en budget et en temps pour ensuite voir ce que je fais sur le long terme. Pour le vrac tu peux ramener tes contenants (faudrait que je fasse des sacs en tissus ), mais après y’a toujours des sacs en kraft ou alors des bocaux à disposition que tu peux acheter j’imagine. En supermarchés ça dépend vraiment de ce qu’ils mettent en oeuvre…
        Alors j’adore les patates aussi c’est pas un soucis hihi.

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      • Ca fayote ici, je trouve 😛
        Un vrac bio ? Mais vous avez trop de la chance 😮 Tu penses faire un article de tes conclusions ? (genre après plusieurs mois) Ca serait intéressant que tu nous fasses part de ton parcours.

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      • Elle est jamais contente quand on lui fait des compliments, pfeuh !
        Je ne sais pas si tu connais la filiale Day by day, c’est implanté dans plusieurs villes en France, on a la chance d’en avoir un à Limoges yup ! Puis ce matin j’ai trainé en ville et j’ai vu qu’une épicerie bio toute neuve avait ouverte, je pense y faire un tour du bientôt, genre samedi quand mon frigo commencera à se vider davantage haha. Là je m’en veux parce que pour mes 1ere courses (aka le truc énorme qui te coûte un rein ;; ) pour justement économiser je les ai faites à Lidl, donc emballage en veux-tu en voilààà… Après je me dis que c’est le début, qu’il fallait bien partir de quelque part et que je ferais mieux « après » ^^’
        Alors à vrai dire je n’y pensais pas comme je ne sais pas si mon blog est fait pour abriter ce genre d’articles… Si je m’écoutais je traiterai de pleiiiins de choses, mais en même temps la Récolteuse s’est affirmée comme blog littéraire (ce qui fait que j’avais hésité un moment donné à faire un blog plus lifestyle, bien moins mis à jour genre 1article/mois à tout casser) pour parler de diverses choses, et l’idée me turlupine encore… Peut-être que je ferai un sondage sur instagram pour savoir si ça peut intéresser les gens qui me suivent, ou alors à la fin d’un article Pérégrinations, ou même une partie de cet article d’ailleurs… En tout cas je garde l’idée en tête, merci. :3

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      • C’est vrai, je suis jamais contente ! x)
        Pas du tout ! Tu m’apprends que ça existe. Faudra que je vérifie pour ma ville mais ça m’étonnerait…
        Quand tu déménages et que tu n’es pas du tout habituée au nouveau mode de vie que tu voudrais adopter, c’est normal de reprendre les bonnes vieilles habitudes. Tu n’as pas encore de repères après tout ! Tu feras mieux après, effectivement 😉

        Hmm… T’as pas obligée de traiter de ça tout le temps, ton blog peut rester majoritairement « lectures », mais tu peux dévier de temps à autre. (la preuve avec mon article sur mon rapport à l’alimentation et au végétarisme) Mais oui, un sondage, c’est une bonne idée !

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      • Espèce de grincheuse va ! :p Bon, ça coûte cher par contre… Une amie y avait acheté des pâtes pour refaire son stock et quelques autres trucs, elle en a eu pour 18€, tu serres les dents quand t’as pas non plus une quantité énorme…
        C’est vrai, oui… Après j’ai trouvé un magasin bio où je pense faire mes courses, y’avait un peu de vrac là-bas, pas beaucoup mais c’est déjà ça, faudrait que je zieutte les prix si c’est moins cher je pourrais bannir des emballages de manière raisonnable !

        C’est vrai, oui, mais j’ai du mal à voir poindre sur mon blog un article totalement déconnecté… Je ne sais pas, je suis compliquée haha. Je verrai du coup quand j’aurais réussis à établir un mode de vie plus correct !

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      • Oui, et en fait si, j’ai un magasin spécialisé (Biocoop) qui fait du vrac, et Leclerc a commencé à s’y mettre il me semble, même si ça reste limité dans les deux cas. Tiens d’ailleurs, tu dois avoir un Biocoop dans ta ville mais le mien est très excentré, donc pour y accéder, bof.

        Que tu es difficile 😛 Enfin oui, à toi de voir !

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