Bilan lectures de l’année 2021

Pas bien brillante, cette année. J’ai moins lu que les années précédentes… Problèmes personnels couplés à ma grosse tendance à la déconcentration, voilà le résultat : une dizaine de livres lus en moins. En plus, les mangas ont pas mal rattrapé ce bilan en demi-teinte, les rares puristes qui passeront dans le coin diront que c’est de la triche.

Les déceptions se sont faites rares mais les coups de cœur aussi. C’est la nouvelle mode depuis quelques temps, ça… Il se peut d’ailleurs qu’elle devienne intemporelle. Je deviens très difficile… Et en plus de ça, je lis moins de romans, alors comment voulez-vous ?

D’ailleurs, je vais commencer par parler de ces derniers. Il n’y en a que deux, ne vous excitez pas. Un de plus que l’année dernière ceci dit ! (c’est tellement pitoyable, ne commentez pas ça) Pour les essais, il y en aura dix, comme d’habitude. Le fait que j’en lise plus est confirmé.


2. Petits secrets, grands mensonges (Liane Moriarty)

Vous connaissez sûrement le nom anglais de la série adaptée du roman : Big Little Lies. Je ne l’ai jamais vu mais je pensais que, vu le résumé, ça devait être mignonnet, sans plus. Si vous voyez ce livre dans ce top aujourd’hui, c’est que cette lecture a été bien plus que ça ! Un thriller très efficace (naïve comme je suis, je n’ai rien vu venir, ni la personne tuée, ni le tueur), je me suis laissée embarquer sans réfléchir. Très bien rythmé, les descriptions des interactions sociales sont passionnantes. Lisez-le, vous ne regretterez pas.

1. La guerre n’a pas un visage de femme (Svetlana Alexievitch)

Il n’est certes pas celui que j’ai le plus préféré des trois que j’ai lu de cette autrice (La fin de l’homme rouge et La supplication) mais une nouvelle fois, cette dernière a réussi le coup de le mettre dans mon classement de l’année. Sacré performance ! Des récits de femmes de l’Armée Rouge lors de la Seconde Guerre Mondiale, elles qui ont été déconsidérées et dont la contribution a été en grosse partie niée… Même si c’est son premier livre, on retrouve déjà la touche poétique et touchante de ses œuvres suivantes.


10. La révolution du potager (Béné)

Ce livre peut sembler être un manuel de jardinage classique mais euh, un peu mais plus que ça, merci bien. Vous aurez en plus de ça des recettes, des conseils en tout genre et non, elle ne prône pas l’action individuelle, mais celle collective. C’est assez rare pour être souligné. Elle prend des gants rugueux pour dire les choses et elle a bien raison. Un livre rafraîchissant et nécessaire dans cette foule d’ouvrages sur l’écologie qui ne nous apprennent rien que ce qu’on sait déjà, ne sont pas très rigoureux, voire nous mentent.

9. Voyage en misarchie (Emmanuel Dockès)

Dès le titre, la question que tout le monde doit se poser est : qu’est-ce que la misarchie ? La suppression au maximum des pouvoirs et des dominations. Cet essai-roman fait la démonstration de ce que cela donnerait dans le contexte d’une société qui serait régie par ce système. C’est très intéressant et son choix de le faire sous ce format est judicieux : cela rend les choses concrètes à nos yeux, ce n’est pas juste théorique. Une lecture instructive que j’ai beaucoup apprécié et qui me paraît nécessaire.

8. Printemps silencieux (Rachel Carson)

Ceci est le classique qui a ouvert les portes du mouvement écologiste. Il est vraiment très fourni, pertinent, l’autrice a été attaquée à l’époque, c’est triste quand on voit le travail abattu… Ceci dit, j’en vois certain·e·s arriver : pourquoi ce livre n’est-il pas plus haut dans le classement ? En effet, c’est le genre d’ouvrages qui me plaît énormément. Tout d’abord, il est très dense. Ensuite, il était aussi un peu redondant par rapport à ce que je savais déjà (forcément, il date du début des années 60). De plus, il était daté, certaines informations n’étaient pas très fraîches. Il a parfois été compliqué à lire (ça me mettait en colère de voir tout ce qu’on savait déjà à l’époque et que quasi rien n’a bougé aujourd’hui – je savais qu’on en était conscients depuis les années 80 mais pas avant) mais en tout cas, vraiment un excellent livre pour l’époque, d’une très grande qualité. Lire quelque chose d’aussi fourni et intelligent, ça fait du bien.

7. Journalisme (Olivier Villepreux)

Mon rapport au journalisme ne date pas d’hier. Déjà, au collège, je songeais à ce métier (qu’est-ce qu’on rit aujourd’hui…). En tout cas, son exercice m’a toujours fasciné et ce qu’il est aujourd’hui et devient pour l’avenir est un sujet d’agacement chez moi. Rien ne va. L’auteur de ce livre parle des évolutions du journalisme, de ses pratiques (la candidature et surtout l’élection de Trump ont été de petites révolutions), de ses problématiques. De plus, l’auteur est un journaliste indépendant : ses propos n’auraient pas été les mêmes s’il avait été chez Cnews. Un livre que je vous conseille si le domaine vous intrigue ou vous intéresse.

6. Sauver le ver de terre (Christophe Gatineau et Sylvie Corré)

Un livre à lire après Éloge du ver de terre, clairement. Bien sûr, vous l’avez deviné : les auteurices parlent du ver de terre, de sa vie, de sa situation, de celle de son habitat, de sa protection au niveau du droit humain. C’est dans la première partie du livre : dans la deuxième, une traduction d’une partie d’un livre de Charles Darwin sur cet animal. Ce que j’aime chez les auteurices, c’est le franc-parler, qui n’empêche absolument pas d’avoir des sources scientifiques sérieuses. Ça tranche avec la complaisance ou le ton pompeux chez d’autres ! En plus de ça, le ver de terre est un animal fascinant. J’espère que ce livre vous touchera et vous ouvrira les yeux.

5. Nos amours radicales

Écrit par huit mains dont vous retrouverez les noms à la fin de l’article en lien, ces récits m’ont beaucoup intéressé, même s’ils ne sont pas de valeur égale. Les auteurices y parlent de leur rapport au couple hétérosexuel mais pas que : aussi du point de vue du racisme, d’un point de vue queer… En plus de m’avoir ouvert l’esprit sur des sujets qui ne me concernaient pas directement, ces textes m’ont aussi fait du bien et m’ont rassuré sur mon choix de ne pas être en couple. De plus, je pense qu’il peut faire réfléchir sur certains points d’autres personnes (j’avais déjà un cheminement de pensée sur le sujet). Un livre à relire, je pense.

4. Du libéralisme autoritaire (Carl Schmitt et Hermann Heller)

Bonjour, si vous voulez flipper de l’avenir en faisant le constat que ça arrive chez nous et que, je dirais même plus, ça arrive une nouvelle fois par chez nous (la première fois, c’était en Allemagne), alors vous avez le bon livre en face de vous. De quoi je parle exactement ? Du libéralisme autoritaire. Vous savez, le libéralisme économique sans la fable du laisser-faire (en faisant semblant en fait) : favoriser à fond les profits… euh, l’économie et écraser les revendications sociales de façon dictatoriale… euh, autoritaire. Ce livre commence par une mise au point de Grégoire Chamayou, et c’est pas plus mal car les textes de Carl Schmitt et Hermann Heller sont beaucoup moins accessibles, ça permet en plus de remettre en contexte. Un livre terrifiant mais passionnant, on ne pourra pas dire qu’on ne le savait pas.

3. Race (Sarah Mazouz)

Ce livre est une excellente et courte synthèse de ce qui se joue autour du mot « race » aujourd’hui. Je pense au Printemps républicain, qui se sert d’une certaine conception de la laïcité (pas celle de notre pays à la base, il faut le rappeler) pour être islamophobes, et racistes par la même occasion, mentalité qui imprègne une grande partie de la politique française actuelle. L’autrice remet les points sur les i de ce que signifiait sur plusieurs plans le mot « race » à la base, ainsi que son évolution. Cette collection des éditions Anamosa dont il fait partie est très bien mais si je devais en recommander qu’un, ce serait celui-là.

2. Radiations et révolution (Sabu Kohso)

Je ne pensais pas avoir un coup de cœur en fin d’année, et pourtant le voici. Sabu Kohso nous explique quelles ont été les conséquences sociales de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, mais ça ne s’arrête pas qu’au Japon. Nous faire intégrer les radiations dans la normalité de nos vies est un objectif très clair de nos sociétés capitalistes et le Japon a commencé avec sa population. L’auteur parle aussi de bien d’autres choses scandaleuses en rapport avec ça. Il mentionne aussi à plusieurs reprises les mouvements de lutte anti-nucléaire et leurs différentes réactions. Pas un livre révolutionnaire mais ça fait du bien que ce genre de sujets soit abordé aussi intelligemment.

1. Celui qui pourrait changer le monde (Aaron Swartz)

Un recueil de textes au titre ampoulé (Aaron Swartz n’aurait pas validé du tout), textes d’Aaron Swartz, vous l’aurez compris. Ce dernier était un programmeur très doué, un petit génie de l’Internet, et il était surtout connu pour ça, mais il se représentait surtout lui-même en tant qu’activiste. Ces textes sont majoritairement tirés de son blog où il parlait d’Internet, évidemment, mais aussi de politique, de lectures d’essais, de la culture, des médias, de la non-scolarisation… Et tout ça avec une intelligence brillante et une honnêteté et une humilité admirables (on remarquera que j’utilise les mêmes adjectifs que pour Camus…). C’était franchement un régal de lire ce recueil et le mec m’a aussi complètement séduite. Je l’aimais déjà beaucoup avant grâce à une biographie de Flore Vasseur et clairement, je comprends l’admiration de cette dernière envers lui, il est génial ! Là, ce sont ses propos directs, alors j’ai pu en juger par moi-même. J’ai adoré ce recueil et je vous le conseille car je trouve que le lire est rafraîchissant, vraiment.


En BD et mangas, j’ai aussi eu quelques lectures qui m’ont marqué. Je pense au tome 2 de L’homme le plus flippé du monde, j’avais déjà adoré le tome 1 l’année dernière. Une nouvelle fois, je me suis sentie représentée dans mon anxiété, les situations m’ont fait rire.

Ensuite, ma deuxième mention ira au manga Aria The Masterpiece, série en 7 tomes rééditée dans une sublime collection (trop fière de l’avoir dans ma bibliothèque). C’est calme, doux, apaisant et ça fait du bien à lire.


Tous mes objectifs de l’année dernière n’ont absolument pas été remplis. Baisser ma PAL sous les 100 livres ? Lire des essais sur la condition noire ? Lire plus d’essais féministes ? Réussir mon challenge Lire des autrices des 5 continents ? Rien de tout ça n’a eu lieu. Je crois que je vais me taire pour 2022. Comme je perds parfois la tête en regardant ma PAL et que je ne sais parfois même pas par quoi commencer, je pense que c’est une sage décision. Le contexte se prête trop, pour moi, à l’impulsivité et aux choix de dernier moment…

En plus, ma vie est à la fois calme et bordélique en ce moment, comprenez : rien n’est sûr. C’est l’instabilité qui va primer. Imaginez que je pense que c’est calme, que c’est le bon moment pour promettre un truc et que bam ! Évènement exceptionnel. Nous savons déjà toutes et tous que je ne suis pas une personne fiable, pas la peine d’en rajouter…

J’aimerais quand même avoir plus le temps de lire, snif. Relire des œuvres d’Albert Camus, ce serait bien aussi. C’est déjà trop demandé, j’imagine…


Une nouvelle fois, un bilan annuel assez court mais je pense que ça sera comme ça pour les prochains temps. A l’année prochaine pour celui de 2022 !

11 réflexions sur “Bilan lectures de l’année 2021

  1. Je passe par ici pour te souhaiter une nouvelle fois une bonne année, comme ça au moins tu peux voir que je suis passé lire l’article. En dehors de ça, j’aurais bien du mal à rebondir sur tes lectures car elles sont assez différentes des miennes on va dire.

    Même si cette année ne fut « pas bien brillante » comme tu dis, j’espère quand même que tu en as tiré suffisamment de positif, et on va donc espérer que 2022 le soit davantage (sur tous les points, tant qu’à faire !).

    Aimé par 1 personne

    • Merci ! Oui, je peux rebondir sur certains mangas, mais tu peux pas trop rebondir sur mes lectures actuelles. C’est pas grave, tu sais. Et encore bonne année ! J’espère que 2022 sera mieux côté lectures. Et merci pour ton mot !

      J’aime

  2. j’ai vu passer certains titres : « Celui qui pourrait changer le monde » et « Du libéralisme autoritaire » notamment mais je n’ai pas eu le courage de m’y lancer 🙂
    « Petits secrets et grands mensonges » me narguent sur une étagère de ma bibliothèque mais « Le secret du mari » de l’auteure m’avait laissée sur ma faim 🙂
    2022 va nous motiver 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai bien noté tes deux conseils romans qui me font terriblement envie car tu les as super bien vendus et cette liste d’essais est chouette pour y piocher des idées (si on part du principe qu’en 2022 je lirai des essais…)
    Je te souhaite une très belle année et beaucoup de plaisir avec tes lectures à venir !

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s